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Le Souk de Moustafette
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Le Souk de Moustafette
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16 mai 2008

Nihilisme américain

9782757806470Pour savoir de quoi il retourne, je vous renvoie à ce très bon article qui m'avait fait noter ce livre et tenter de lutter mollement contre mon allergie étatsunienne.
CATHULU et SERIAL LECTEUR ayant également apprécié l'ouvrage, je l'avais donc surligné.

Quant à moi, me direz-vous, qu'en ai-je pensé, mis à part le fait que je ne pouvais rater une telle couverture ?
Eh bien, ni envoûtement enthousiaste, ni rejet excessif, juste une grande vague dépressive qui m'a saisie dès le début, agrémentée d'une pointe d'ennui surgie au trois quarts du livre. Cependant, je suis allée jusqu'au bout.
Rien d'étonnant donc à tout cela, les Etats-Unis ayant la fâcheuse habitude d'éveiller en moi ces sentiments. Ma culture littéraire américaine s'étant tarie avec la disparition de Kérouac, c'est peu dire...
Roman noir à souhait, mais comment pourrait-il en être autrement , je vous invite donc à me pas suivre mon exemple, et à apprécier ce livre à sa juste valeur.

La vie secrète de E. Robert Pendleton     Michael Collins     Editions Points Seuil

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28 septembre 2008

Une belle action

97822661727072006, deux couples, accompagnés de leurs enfants, se croisent dans un grand magasin d'usine du Nord de la France.
Chassés-croisés de regards entre eux. Ceux qui se reconnaissent et ceux qui s'ignorent encore.

"Ils sont beaux.
Je les ai trouvés beaux.
Je me suis trouvé beau, moi aussi, en train de les observer.
Si nous avons réussi à survivre, alors, la vie miroite et lance des éclats dorés."

Un des pères, Fred, reçoit comme un uppercut en plein plexus. Flash back, 1985, Fred est pion dans un collège, Myriam y est prof de dessin et vit avec Thomas, un jeune cadre dynamique aux dents longues, dont elle attend un enfant.
Jeux de séduction, éviction, persistance de l'attirance, distance... Le temps passe, un enfant naît, un drame survient.
C'est vers Fred que se tournent alors Myriam et Thomas. Fred qui répond présent. Et la valse des sentiments reprend, sournoise, teintée du plus profond désespoir et de la plus belle espérance, comme seuls le désir et ses ambiguités savent les révéler.

Ce roman m'a chamboulée. Il m'a propulsée dans mes années 80 à moi. Celles de tous les possibles, quand à vingt ans on tourne le dos à sa famille en se disant que les amis, eux, seront toujours là. Il a fait frémir des strates d'émotions que je m'efforce de tasser quotidiennement au fond de ma mémoire. Il a ravivé le manque, l'absence de ceux qui m'ont lâché la main au milieu de la rivière, me laissant seule poursuivre la route avec, sur les épaules, le poids des souvenirs que je ne sais plus avec qui partager.

"Ce sentiment étrange de l'identité.
Et puis celui de l'altérité, reçu de plein fouet."


Une troublante et bouleversante histoire d'amour et d'amitié comme j'aimerais que toutes elles se terminent, tournées vers la vie.

L'émotion d'une autre lectrice ICI

Passage du gué    Jean-Philippe Blondel    Editions Pocket

 

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14 septembre 2008

Un été 48

9782070358144Quelques temps après le décès de son épouse, Trond Sander s'est retiré du monde.
A la recherche de solitude, il s'est installé dans une région sauvage du nord de la Norvège avec pour seule compagnie sa chienne Lyra. Sa vie est rythmée par la remise en état de la maison, les promenades entre lac et rivière, l'observation de la nature et l'anticipation de l'hiver qui approche. Sans oublier quelques cogitations sur le temps qui passe.
Un soir, il fait la connaissance de son voisin, Lars. Cette rencontre déclenche les souvenirs en cascade.

En 1948 Trond a quinze ans. Dernier été d'innocence entre son père, qu'il accompagne à la frontière suédoise pour des travaux forestiers, et son ami Jon, un adolescent qui l'entraîne "à voler des chevaux". Mais cet été là un drame survient qui change le cours de la vie du narrateur.

"Il régnait une odeur de bois fraîchement coupé. Elle se répandait de la route jusqu'à la rivière, elle remplissait l'air et flottait au-dessus de l'eau, elle pénétrait partout, elle m'engourdissait et me faisait tourner la tête. J'étais au centre de tout. Je sentais la résine, mes vêtements et mes cheveux sentaient la résine; la nuit, dans ma couchette, ma peau sentait la résine. Je m'endormais avec l'odeur de résine, je me réveillais avec l'odeur de résine, l'odeur de résine m'accompagnait du matin au soir. Je faisais un avec la forêt."

L'auteur nous offre un récit pudique et nostalgique des amitiés adolescentes mais surtout des relations père-fils, sur fond de nature omniprésente, sauvage, fougueuse, somptueuse et prometteuse de liberté.
Une atmosphère toute masculine, sans machisme aucun. Mais cependant, cherchez la femme...
Est-on toujours rattrapé par son passé ? Sur ses vieux jours Trond serait-il venu retrouvé ce sentiment de plénitude rencontré cinquante ans plus tôt lors de cet été 48 ?

Ce livre a obtenu le prix des lecteurs au Salon de la Littérature européenne de Cognac en 2007. Il était en compétition entre autres avec "Le demi-frère" de Lars Saabye Christensen, autre roman qui explorait aussi les relations filiales, mais à mon sens de façon plus romanesque et plus aboutie.
Comme  PAPILLON , j'aurais aimé un développement un peu plus approfondi, notamment de la relation à Lars qui se révèlera être tout autre qu'un simple voisin.
ELFIQUE  elle aussi vous donne son avis.

Pas facile de voler des chevaux    Per Petterson    Editions Folio

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15 juin 2008

Frôlures

9782742773510"J'aurais voulu la toucher. La chose me paraissait impossible. J'ai avancé ma main et je l'ai posée à côté de la sienne. Tout près. Sur la table.
- La frôlure... elle a dit en regardant ma main, et je me suis demandé si ce mot que je n'avais jamais entendu existait vraiment ou si elle venait de l'inventer.
La frôlure. Ce moment ineffable.
Bientôt je ne la verrais plus. Je le savais. Parce que j'allais partir. Qu'elle allait mourir.
- J'ai aimé cela de vous, votre étonnante simplicité.
- Vous le dites au passé...
Oui, c'était cela, je parlais d'elle au passé. Je parlais d'elle, avec sa voix."

Pas gai tout ça, me direz-vous...
Mais Alice, la vieille femme qui invente de si jolis mots, est une ensorcelleuse. Et elle a jeté son dévolu sur le narrateur pour en faire le dépositaire d'une histoire. Elle aurait pu choisir de se taire à jamais comme sa soeur Clémence qui, elle, un soir de Noël lointain a décidé de se faire muette.
Non, Alice jette des mots comme d'autres lancent des sorts, elle raconte des histoires de voyages, la fuite de l'Europe en guerre et la longue traversée sur un vieux rafiot jusqu'à New-York, l'épopée au pays des Indiens Hopi, en Arizona où elle séjourna avec son père, photographe et amis des surréalistes réfugiés comme lui sur la côte Est.
Elle entraîne sur les pas de Breton venu là lui aussi, à la recherche de savoirs invisibles. Elle dit la vie, la mort d'un peuple décimé.

Au coin du feu dans sa maison de la côte normande, elle réveille les sages qui martellent de leurs pieds la poussière des mesas afin d'invoquer les hommes-nuages qui feront tomber la pluie. Avec parcimonie, elle exhume de ses armoires des trésors, carnets, photos, correspondance, objets sacrés aux faciès inquiétants.
Le narrateur, tour à tour appâté et rejeté, comme hypnotisé, se laisse prendre au piège et navigue à vue. Réalité ou fabulation ? Peu importe, le charme opère dans cet entre-deux.

"- Je ne viens plus là depuis longtemps.
Les murs étaient recouverts de livres. Un grand escabeau sur lequel il fallait monter pour atteindre ceux qui étaient tout en haut. Des tapis. Des tableaux contre les murs. Au milieu de la pièce, le bureau de son père. En face, une armoire. Elle a posé sa main sur la clé.
- Tout est là-dedans.
Elle a tourné la clé.
- Je ne sais pas pourquoi je vous montre tout ça. Sans doute je ne devrais pas...
J'ai cru qu'elle allait ajouter quelque chose mais elle n'a rien dit. Elle m'a tendu la lampe.
- Vous avez cinq minutes.
Elle est allée s'asseoir au bureau."


Dans l'autre vie, celle des vacances familiales et d'un certain laisser-aller, des maillots claquent sur le fil à linge, des vélos posés contre la barrière, des pelles et des seaux éparpillés sur la terrasse. Des enfants jouent et rient pendant qu'un couple prend l'eau et sombre à bas bruit.

Deux magnifiques rencontres.
Celle d'une vieille dame grincheuse et chafouine et d'un jeune mec un peu paumé dans les méandres de sa vie. Celle d'une auteure qui sait caresser son lecteur avec la douceur d'une plume et l'entraîner dans la simplicité des sentiments comme dans la violence des émotions les plus terribles.
Cette lecture a déposé des frissons sur ma peau; de ceux que l'on ressent à l'évocation des beaux souvenirs qui ne sont plus mais qui flottent, encore et toujours, autour de notre existence tels des électrons nous éloignant ou, au contraire,  nous attirant vers ceux des autres. Ainsi parfois, une étincelle suffit, ça produit des petites explosions. Alors se révèlent des réminiscences qui se fardent de pudeur avant d'éclore en magnifiques fleurs de mémoire.

"Il y a ce que nous comprenons, tout ce que nous sommes capables de transcrire en essayant d'être au plus près. Et puis il ya le reste. Tout le reste. Le monde des apparences, des silences. La vastitude de l'innommable.
Ce monde est intranscriptible. Il répond à une autre logique. Parfois même, il n'y a pas de logique.
Il faut décoder.
Le déplacement imperceptible. Sans doute est-ce là ce fameux pas de côté cher à André Breton. La juste mesure à prendre pour avoir une vision différente.
Un pas peut suffire."

Laissez-vous allez à ces douces frôlures.

Comme KATELL et quelques autres.

Dans l'or du temps    Claudie Gallay    Editions Actes Sud Babel

 

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9 septembre 2008

A la recherche...

9782848761121du doux temps perdu de l'enfance.
L'histoire de cette famille de cafetiers du Nord nous ramène vers ce tendre paradis.

"Chez nous", le café familial, est le centre d'un petit monde où tout n'est que douceur et générosité.
Même les joies et les chagrins y sont tout enveloppés de pudeur, comme pour ne pas écraser l'autre de son bonheur ou l'éclabousser de ses peines.

On y parle de fleurs, de courses dans la campagne, d'amours adolescentes auxquelles se mêle l'amour de la lecture sous l'égide du grand Proust.
Et Marcel va faire se déplacer des montagnes lorsqu'un glas pourrait bien recouvrir de son son funeste le doux tintement de la petite cloche.

"(...). Est-ce que nous mêmes, nous comprenons tout ce que nous lisons ? Je n'en suis pas persuadée. Au fond, n'est-ce pas mieux comme cela ? Lire, c'est aller vers l'inconnu, c'est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes... Sans garantie de succès. D'ailleurs, on ne fait jamais le tour d'un livre, on n'épuise jamais la totalité de son mystère. C'est même peut-être ce qui nous échappe qui est le plus important..."

(Bien sûr j'émets quelque réserve à cette citation, il y a vraiment des livres dont on a vite fait le tour et dont le mystère ne nous empêche pas de dormir ! Mais il est vrai que ceux qui nous touchent profondément n'en finissent jamais de nous séduire.)

Même si celui-ci ne sera pas ma "madeleine", j'avoue m'être laisée emporter par ce récit au ton un peu naïf, voire fleur bleue, qui réussit à habiller de légèreté les cycles de l'existence.
La nostalgie y revêt des habits aux couleurs de sucre d'orge; elle est fraîche comme un grand verre de limonade et sa simplicité n'a d'égal que ces souvenirs d'enfance gommés de tout ressentiment.
Un bel hymne à la vie, à l'amour filial et à l'altérité.

Rien d'étonnant qu'il ait tant plu à BELLESAHI !!!
Coup de coeur aussi pour  MIREILLE

La petite cloche au son grêle    Paul Vacca    Editions Philippe Rey

 

cloche

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20 août 2008

Tonton flingueur

9782253122326Road-movie très sympathique pour une fine équipe qui, à priori, n'aurait rien eu à faire ensemble.
Prenez un tueur à gages sur le retour, un naïf au grand coeur et sa mère la reine du Négrita, une paumée qui n'est pas trop regardante sur la direction que doit prendre sa vie et une vieille Belge à la libido bouillonnante.
Faites courir tout ce petit monde sur les routes du Sud, ajoutez-y d'inévitables imprévus ainsi que des soucis de santé, une larme de chance mêlée à quelques des gouttes de sang, et vous aurez un cocktail délicieux à consommer sans modération.

Comme on a déjà parlé énormément, et en bien, de ce livre, je me contenterai de vous citer de savoureuses petites phrases relevées deci-delà.

"Un ballon rouge vint rebondir auprès de lui. Un petit garçon et son père lui couraient après. Ils avaient l'air heureux, le ballon surtout."

"La ville n'avait rien vu, rien entendu. Les passants passaient, les chiens pissaient, les arbres poussaient."

"Il fut pris d'une panique étrange, comme s'il était mort et que personne ne l'avait prévenu."

C'est drôle et tendre à la fois; une écriture qui ne s'embarrasse pas de grands développements mais dont l'économie fait mouche à chaque fois.
Et comme l'auteur n'en est pas à son coup d'essai, je pense que ça sent la lecture en série, ça !

L'avis de PAPILLON qui vous mènera vers quelques autres.
Et KATHEL vient aussi de le lire.

Comment va la douleur ?    Pascal Garnier    Editions Le Livre de Poche

 

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8 août 2008

Haine-moi

robe_medLe regard d'une femme adulte sur trois personnages qui ont à jamais marqué son esprit tout autant que son corps.
Le livre s'ouvre sur la mort du père. Un homme rigide, autoritaire et redouté, qui a dressé sa fille à être une autre, l'ombre d'elle-même, celle qui contentera, qui se conformera.
Ainsi s'éteint le désir propre, pour épouser celui de l'autre. Ainsi se baillonne la volonté d'être, ainsi se travestit la vie.

"Tu aimais l'ordre. L'exactitude. Les collections. Les catalogues. Les inventaires. Tu es mort méticuleusement. Une métastase ici. Une autre là. Le pancréas. Le foie. La vésicule. Les poumons. L'estomac."

Point de salut ne viendra de la mère qui, jusque sur ses vieux jours, cultive encore et toujours l'art du ressentiment et de l'aigreur. Elle mettra jusqu'au bout un point d'honneur à repousser toute manifestation affective et tout épanchement qui, sans doute, se révèleraient synonymes de faiblesse.

"(...) et j'ai cherché à deviner sur son visage offert ce que nous avions en commun, notre air de famille, les traits qui nous reliaient, elle et moi, à toutes ces femmes au-dessus de nous, ces aïeules terribles, les lutteuses, les battantes, cette respectable généalogie de matrones aux mâchoires crispées, cette lignée de laquelle, fièrement, elle se réclame et qui, incongrûment, aboutit à moi, le mauvais embranchement."

Alors inévitablement, lorque l'âge sera venu, la fille se soumettra à la violence de son premier amant. Pas de mots, pas de larmes, pas de plaintes. Et à défaut d'amour, juste un sexe qui la poignarde et les marques des coups qui s'incrustent dans sa chair.

Mais derrière les façades des belles demeures bourgeoises l'honneur est sauf. Car chacun le sait, les murs y sont épais.
Heureusement, au bout des allées, il y a la mer qui permet tous les vagabondages et offre consolation.

"Voilà des heures que je suis assise ici, le regard en équilibre entre le ciel et l'eau. Des heures que j'admire dans le bleu lointain la docilité des nuages. Des heures que j'écoute le frémissement des coquillages sous la caresse des vagues, que je me laisse bercer par la rumeur babillante, volubile, le ronronnement bienséant de l'été. J'ébauche autour de moi dans le sable des arabesques, des volutes."

Voilà, c'est concis, net, précis.
En 111 pages, sans pathos, on fait le tour de la question.
Comme la narratrice, on reprend souffle sur les beaux rivages de la mer du Nord. Et cette douceur fait un bien fou au milieu de toute cette sècheresse et de cette solitude.
Un très beau texte sur l'emprise. La suite logique de celui que je vous avais présenté ICI.

Ma robe n'est pas froissée    Corinne Hoex    Editions Les Impressions Nouvelles

 

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5 août 2008

Quoi de neuf ?

9782266156721J'aime les maths maintenant !
Melle Oudin, ma si farfelue prof que je n'ai jamais pu oublier, en serait ravie...
Suffit juste de savoir comment aborder la matière. Quand c'est par la littérature, on peut tout me faire avaler.
La preuve, j'ai découvert toute seule que ce livre commençait à la page 9, se terminait à la page 152, bon 1+5+2= 8 d'acord, mais 9X8=72, et 7+2=9. Il y a 9 nouvelles dans ce recueil et j'ai mis exactement 1h30 pour les lire, soit 90 minutes, et 9+0=9 !!! Arf, j'y crois pas...
Bon, trève de plaisanterie. Même si ce petit bouquin n'est pas un précis de mathématiques, on y calcule beaucoup, et ce pour le plus grand plaisir du lecteur.

Tel cet homme qui ne veut pas rater la seconde à laquelle sa vie va basculer dans sa seconde moitié (39,6) Et je vous le donne en mille, 3+9+6=18, 1+8=9, aaaaaah c'est formidable ça marche encore !!!.
Ou cette ado néopunk-gothique au si joli prénom, Violaine, ( "Moi c'était Violaine. Pour "viol" et pour "haine". La vie est un viol, j'avais pas demandé à naître."), et qui rédige Le testament.
Ou encore cette épouse phobique du devoir conjugal qui met un point d'honneur à ne céder aux assauts de son tendre époux rien qu' Une fois par semaine, quand elle ne se perd pas en calculs et conjectures pour échapper à la chose. Ah, si les semaines avaient neuf jours ! ("Elle n'est pas du genre à feindre la migraine, ni même à l'avoir quand elle l'a. Le truc est si répandu dans la bouche des femmes qu'elle soupçonne le mot "migraine" de provoquer un effet aphrodisiaque sur les hommes.")

Ma Chère est un petit bijou. Ces messieurs réfractaires de la paternité y trouveront pléthore d'arguments pour convaincre leur maîtresse des bienfaits de l'IVG ! ("La pilule est un excellent contraceptif. Ajoutée à la capote anglaise et à un bon spermicide, je ne vois pas comment vous avez fait pour arriver à ce terrible résultat.")
Petite fille, lâche-moi s'adresse à toutes celles qui font toujours l'inverse de ce qu'elles avaient prévu, surtout lorsque face à elles se dresse le prince charmant...
Et qui n'a pas connu, comme dans L'envie , une de ces soirées où, même vêtue d'une simple serpillière, une bombe reste une bombe, et ce d'autant plus qu'elle est célibataire et abêtit tous les maris présents pendant que leurs épouses essaient vainement de faire bonne figure ? ("Je me souviendrais toujours de sa réponse quand je lui ai demandé le plus innocemment possible si Sonia avait un compagnon: plusieurs, elle m'arépondu en riant, elle donne dans l'homme marié, question de liberté.")

Je vous laisse la surprise de découvrir quel est ce Quelque chose de malsain dans l'air qui bousille un couple mais peut tout autant le réconcilier. C'te connerie la guerre fait rire aussi, enfin... presque jusqu'à la fin. C'est souvent lucide, un militaire...("Je suis descendu. Maintenant je sais que je n'aurais pas dû. J'auraismieux fait de m'occuper de mes trophées de guerre accrochés au mur du salon.")

L'auteure sait y faire pour dépeindre les petits arrangements que nous faisons tous plus ou moins avec nos angoisses, nos complexes et autres travers.
A lire sous le soleil. C'est drôle, pétillant, jubilatoire, rafraîchissant.
Et ça m'a coûté 4€95, soit 4+9+5=18 donc 1+8=9... Ahhhhhhh, re-j'y crois pas !!!!!

CATHULU  aussi a beaucoup aimé.

La preuve par neuf    Dorine Bertrand    Editions Pocket

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27 mai 2008

Sauce aigre-douce

9782742775491Des cousins se retrouvent en vacances chez leur grand-mère tandis que leurs parents se sont envolés pour Hawaï au chevet d'un grand oncle mourant.
La vieille femme qui, si elle est ravie d'accueillir toute cette jeunesse chez elle, semble plus désemparée par les problèmes d'intendance que cela ne manque pas d'entraîner plutôt que par le décès imminent de son frère.
Tami, âgée de dix-sept ans, va tout naturellement seconder sa grand-mère à la cuisine et au potager.

Un lien particulier va se tresser entre les deux femmes. Si l'une prend soin de l'autre, la grand-mère, elle, ne prendra pas de gants pour révéler les secrets de familles.

"Au-dessus des reflets scintillants de l'eau du bain, se détachaient nos deux têtes, celle de grand-mère et la mienne. Avec la chaleur son visage était devenu rouge, et j'avais l'impression de voir une noix boursouflée. A côté de cette tête flottait doucement ce paradis qu'elle aimait tant.
Ma grand-mère devait toujours vivre ainsi en compagnie de ce paradis. Alors, la moitié de son coeur restait sans doute là-bas, et les choses issues d'un temps remontant à plusieurs dizaines d'années devaient ressembler à un rêve."

Un récit tout en retenue, pour un passage de relais entre générations. La transmission ne se fait pas sans douleur, mais comme souvent dans la littérature japonaise, pudeur et poésie remplacent les longs discours.
La duplicité des êtres est parfaitement incarnée par cette minuscule grand-mère, d'apparence fragile comme une pousse de bambou, mais cependant tout aussi robuste.

N'est-ce pas dans les vieux chaudrons que l'on fait les meilleures soupes ?
Si les secrets de familles ont parfois un goût amer, ce petit livre, lui, peut laisser sur sa faim le lecteur peu habitué à la cuisine littérature japonaise.

L'avis de NAINA

Le Chaudron    Kiyoko Murata    Editions Actes Sud

ynour39 

23 juillet 2008

Ricochet de Gallay...(2)

9782742755738Après avoir été séduite par les frôlures littéraires de l'auteure ICI , je me suis embarquée pour Venise avec la narratrice de ce roman qui date de 2004.

En plein hiver, une femme esseulée s'en vient cicatricer ses plaies au baume vénitien.
Elle trouve refuge dans l'ancien palais Bragadin transformé en pension.
Sous l'égide du sympathique Luigi et dans un décorum un peu décrépit, vont cohabiter Vladimir Pofkovitchine, un vieux prince russe en exil, ainsi que Carla et Valentino, un jeune couple amoureux de danseurs italiens et elle, la femme brisée, qui en dernier recours est venue s'échouer parmi les ors, les effluves et les soupirs de la cité lacustre.

Sans amour Venise ne serait pas fidèle à elle-même, alors forcément des pas de hasard mèneront des êtres à se rencontrer. Tiens, et pourquoi pas au détour d'une petite librairie, hein, je vous le demande ! Des livres, des chats, des flocons de neige et du chocolat chaud au café Florian... Allez flâner...

"Il est quatre heures et il fait déjà nuit.
Campo Bruno Crovatto. Un chat déboule d'une ruelle, un chat jaune, presque roux, il traverse le campo désert et va miauler devant une porte. La porte s'entrouvre et le chat entre.
Je m'approche de la fenêtre.
Une vieille grille en fer rouillé. Une lampe allumée. Des livres derrière, sur des étagères, empilés. C'est une boutique. Un pantin rouge pend, accroché par ses ficelles au battant intérieur de la fenêtre.
Derrière la fenêtre, il y a un bureau. Sur le bureau, des livres, des papiers, des cartons.
Maintenant, il y a le chat.
Et derrière le bureau, il y a vous.
C'est comme ça que je vous vois la première fois. En homme assis. En train de lire alors que dehors la bora souffle et menace de tout arracher.
La lumière de la lampe éclaire vos mains. Les livres sur la table. Elle éclaire tout le haut de votre corps penché.
C'est comme ça que je vous vois ce jour-là."

Telle une dentellière, Claudie Gallay fait naître par petites touches subtiles un réseau de sentiments fragiles, parfois ambivalents mais toujours authentiques. Des fils, des points, et aussi parfois des noeuds, qui relieront entre eux les différents personnages de ce théâtre baroque.
Mais Venise est aussi la ville des masques... Qui en porte ? qui le tombe ?

Avec simplicité et délicatesse, l'auteure sait nous parler d'amour sans jamais s'enliser dans la vase des clichés que l'on pourrait craindre de voir surgir au bout des gondoles. Mais non, elle nous parle d'art, d'histoire, de littérature, d'humanité, bref, de tout ce qui sauve l'être lorsqu'il aurait la tentation de se laisser aller à se morfondre sur le manque de l'autre.

"- Ici, l'été, c'est envahi de monde. Il ne faut pas venir.
- Où il faut aller l'été ? je demande.
- Nulle part. Il faut acheter des livres et rester chez soi. "

Je vais suivre le conseil !

Seule Venise    Claudie Gallay    Editions Actes Sud Babel

 

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1 novembre 2007

Rions un peu...

9782909240756en attendant la mort !
Ne vous fiez pas à la gravité des mots qui inaugurent ce roman. Le livre n'a rien à voir avec un récit larmoyant, bien au contraire...

"La mort... la seule décision qu'on puisse prendre quand on refuse que la vie décide de tout. Tu as toujours été trop orgueilleux pour accepter le destin. Et moi trop censeur pour te laisser croire qu'on choisit sa vie. Tu es mort de mes renoncements."

Le narrateur écrit à Laurent, un ami récemment disparu. C'est l'occasion pour lui de se pencher sur les petits arrangements que chacun passe avec la mort et les fantômes qui viennent hanter le quotidien.
Et François s'y connait en bidouillage... pensez, avec un père suicidé et une soeur décédée d'une crise d'asthme, il a bien potassé le sujet ! Si sa mère affiche froideur et indifférence, si son autre soeur, après avoir flirté un temps avec la folie, choisit religion et gris-gris, lui, il a trouvé un remède infaillible à la tentation suicidaire, devenir père de famille nombreuse. Mais que feront de tout cela les descendants ?

"Les câbles grincèrent, secourables. La grille s'ouvrit tel un rideau de théâtre sur une scène étrange composée seulement de deux personnages. Un petit homme roux, triomphant, tenait une petite fille toute ronde, vêtue de noir, qui toussait en souriant. Paul entra sans même se rendre compte qu'Anne restait à l'étage, étendue, inconsciente. La grille se referma derrière lui, très vite. On entendit un bruit fort et sec, suivi de l'écho long et comique d'une guimbarde géante. La cabine s'écrasa au niveau jeux et jouets."

La mort a plus d'un tour dans son sac et surgit toujours là où on l'attend le moins. Tout comme le narrateur d'ailleurs ...
Une sympathique surprise que ce petit roman, entre farce et regrets. Personnellement, j'aurais aimé que le ton soit encore plus mordant et certains personnages plus étoffés. Mais on sait que les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures... Alors en attendant le second roman de l'auteur, vous pouvez toujours brandir celui-ci pour exiger votre dose de friandises halloweenesques !

Petites farces de la mort     Pierre-Henri Loÿs     Editions Ecriture

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29 avril 2008

Carpe diem

9782253123910En 1803, Vassili Evangelisto, moine orthodoxe, est envoyé en terre d'Arabie par le tsar Alexandre Ier, avec pour mission d'évangéliser les populations. Vassili n'arrivera jamais à destination, son navire faisant naufrage sur une île grecque non répertoriée, l'île de Labyrinthe, entourée d'un courant mystérieux précipitant les bateaux sur ses côtes, mais empêchant aussi à l'inverse de s'en éloigner.
Viendront ainsi s'échouer le Général Mendoza et le capitaine Spyros Parga.
Bloqués à jamais, ces trois hommes prendront en main le destin de l'île et de ses habitants, tout en essayant de découvrir le secret des coffrets de Tahar le Sage afin de détenir le trésor de vérité.

"(...) il se mit à neiger des papillons bleus. Les mêmes papillons, le même signe divin, la même neige insolite et colorée qui était tombée pour annoncer chacun des moments importants qu'avait connus l'île de Labyrinthe. Un nuage bleuté, aérien, obscurcit le ciel avant de s'abattre sur le village comme un ouragan. Il y eut des papillons bleus jusque dans les puits, les citernes, sur les toits et les terrasses, dans les cours et les ruelles. Tout était merveilleusement bleu, comme un ciel renversé et posé à terre sur lequel on n'osait marcher, de peur d'en blesser la beauté."

C'est avec toujours autant de sensualité et de poésie que l'auteur d'Opium, de L'Apiculteur et autres contes philosophiques, nous livre une réflexion sur le temps et toutes ses déclinaisons.
Cela dit, rien de renversant. Bien que j'aie trouvé l'histoire moins surprenante, elle n'en reste pas moins sympathique, et le charme opère une fois de plus.
Et pourquoi se refuser un petit moment de lecture colorée au milieu de cette grise et pluvieuse semaine ?

Le Labyrinthe du temps     Maxence Fermine     Editions Le Livre de Poche

 

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17 mai 2008

Anne, ne lis pas ce billet...

9782253124719Je m'y suis reprise à trois fois pour lire ce petit roman de 189 pages, c'est dire si j'étais passionnée...
L'article d' INSATIABLE LECTRICE , concernant le film m'avait pourtant conquise. Albert Dupontel aidant, j'ai donc commencé ma lecture pour me retrouver en pleine crise conjugale, moi qui fuis ce genre de scénario comme la peste. Premier abandon.

Voilà que SYLIRE , qui vient aussi de voir le film, enfonce le clou et qu'un commentaire d'Anne m'encourage à poursuivre ma lecture. Consciencieuse, je reprends le livre et me retrouve là où j'avais laissé ce petit monde. A la crise conjugale, s'ajoute un anniversaire surprise, événement par moi honni entre tous. Décidément, j'ai pas de bol. Je poursuis cependant ma lecture, en diagonale je l'avoue, toujours aidée en cela par le cynique Albert Dupontel qui trotte dans ma tête. Le jeu de massacre me lasse à nouveau et la femme d'Albert m'énerve au plus haut point, sans doute la jalousie ! Deuxième abandon.

Hier, CATHULU , oh joie, émet un avis qui aurait tendance à se rapprocher du mien. Ouf, je me sens moins seule ! Je replonge donc dans le chapitre neuf, bien décidée à régler leur compte aux quelques soixante-dix pages restantes, avec le secret espoir que la fin saura enfin me faire apprécier ce pétage de plomb abracadabrantesque.
Et alors là, c'est tellement énorme que je suis morte de rire.
Pour garder l'effet de surprise, je ne peux guère en dire plus, si ce n'est que dans le genre pas crédible pour deux sous, on ne fait pas mieux. Franchement, la chute est à la hauteur du reste. Du grand n'importe quoi.
Contrairement à Cathulu, je n'ai pas réussi à entrer dans l'intensité dramatique de ce déchaînement qui va pourtant crescendo, tout simplement parce qu'on n'y croit pas. Cet homme aux abois, ce couple parfait, cette petite société de quadras embourgeoisés n'ont pas réussi à me faire compatir à leur triste sort. Mais SURTOUT, la logique des bons sentiments qui motive le héros à s'embarquer dans ce jeu de massacre, laisse plutôt à désirer côté crédibilité et véracité.

Je ne doute pas que le film soit d'un autre niveau, Jean Becker et Albert Dupontel réunis ne pouvant donner naissance à un navet. Et Dupontel est ABSOLUMENT taillé pour ce genre de tableau. Mais que fait-il, sur la couverture du livre, au bord de ce magnifique rivage, alors que le roman navigue entre Yvelines et Paris ?
Je ne le saurai jamais car j'ai perdu l'envie de voir ce film.

A lire vraiment si vous avez deux heures à tuer et rien d'autre sous la main...

Deux jours à tuer     François d'Epenoux     Editions Le Livre de Poche

 

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17 avril 2008

Il l'a rêvé, il l'a fait

9782864246350Et il a bien eu raison, y'a pas d'âge pour se faire la belle !
C'est ce que pense Sébastien Lesquettes, dit "Einstein", qui en a assez de végéter aux "Cannabis" comme il a baptisé la maison de retraite où ses enfants l'ont laissé pour un mois et qui, trois ans plus tard, ne sont toujours pas revenus le chercher.

C'est accompagné de Laurent, chauffeur de taxi sénégalais qui le véhicule dès ses premières heures de liberté retrouvée, qu'Einstein nous balade parmi ses souvenirs, entre jours heureux et drames de sa jeunesse pendant la guerre et dans la Résistance, événements qui le mèneront à l'âge d'homme, mari et père de famille, mais aussi amant comblé de Paula.

Paula, désormais seul but de la vie d'Einstein.
Et nous voilà embarqués dans un road-movie entre Paris et province d'aujourd'hui, zone occupée et zone libre d'hier, à la recherche de Paula, jeune résistante croisée et aimée à la vitesse de la lumière, disparue dans la tourmente, retrouvée des années plus tard, aimée encore et à nouveau envolée.

"J'aime les femmes et les livres, Laurent, je les adorais, je les adore. Lire...aimer...les seules vérités qui restent accessibles et acceptables pour tous quand les utopies s'écroulent. Le reste... idéologies, blablas, révolutions, rêves, tout n'est qu'avortements, fausses couches, morts et résurections, spectacle permanent. (...) On tue pour rien, on ressuscite pour débouler sur le même néant. Vanité des vanités... Sauf... Sauf lire et aimer ! Ouvrir un bouquin, une femme, laisser courir le regard, accrocher une phrase sur l'écran de papier blanc, tourner une page, découvrir qu'une peau couleur d'ivoire contient mille palindromes que tu peux déchiffrer avec tes lèvres et tes doigts dans tous les sens de la volupté, ânonner l'alphabet de l'amour, une fois, puis une deuxième, une troisième... et entrer, en invité, dans une histoire qui n'a été écrite que pour toi. Ce jour-là, Paula était son histoire, la mienne, une folle envie de vivre que je lisais à voix basse pour elle et moi."

On se demande bien pourquoi un tel homme devrait finir ses jours enfermé dans un mouroir doré, entouré de mémères gâteuses en charentaises sucrant les fraises ou claquant du dentier à longueur de journée !

Prendre la poudre d'escampette n'est pas seulement une dernière bouffée d'air pur. C'est aussi l'occasion de revisiter l'Histoire, celle d'une génération, écloppée de la guerre et de ses souffrances.
Opportunité aussi de revisiter Paris et d'alpaguer, sur un ton gouailleur digne d'Audouard, notre société moderne.
Et enfin, ultime possibilité de partager deux jours de liberté avec un autre exclu, un autre déraciné, Laurent, personnage en exil, amoureux de la vie et pour qui la solidarité a encore un sens. Peut-être est-il le fils auquel Einstein aurait pu confier sa part d'ombre et de lumière, le fils qui aurait dû pouvoir témoigner pour son père ; mais on ne choisit pas sa famille...

Une très belle leçon de vie et de mort donnée par un vieux rebelle non dépourvu d'humour !
Un rôle en or pour Gabin. Comment ça, il est mort ? N'importe quoi !!!!!

Le Jour où Albert Einstein s'est échappé   Joseph Bialot   Editions Métailié

 

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"l'imagination est plus importante que le savoir" A.E

 

25 mai 2008

UN INDEX

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Cette charmante créature
brave tous les riques de fatwa
pour vous aider à vous y retrouver
dans ce Souk !
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* ABDOURAZZOQOV Barzov    Huit monologues de femmes  
* ADAMO Christine    Noir austral   
* AGUALUSA José Eduardo    Le marchand de passés
* ADIMI Kaouther      Nos richesses

* AÏTAMOV Tchinghiz    Djamilia 
*
ALMEIDA Eugenia     L'autobus

* ALTAN Ahmet     L'amour au temps des révoltes      Comme une blessure de sabre
* AMADO Jorge     Gabriela, girofle et cannelle
* ARIAS Alfredo       Peines de coeur d'une chatte française
* ARDITI Metin    La pension Marguerite   
* ARMSTRONG Charlotte     Et merci pour le chocolat
* ARRIVE Michel    La walkyrie et le professeur   
                              Une très vieille petite fille
*
ASCHER Marie-Odile     Pain amer
*
AUBERT Brigitte    Freaky Fridays
                               Une âme de trop 
                                     Le chant des sables

* AUDEGUY Stéphane    Fils unique 
                                       La théorie des nuages
                                          Petit éloge de la douceur
 

* AZAROVA Katerina      L'appartement communautaire

 

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* BACHMAN Ingeborg     Trois sentiers vers le lac   
* BAIL Murray    Eucalyptus   
* BANVILLE John    La mer
                              Infinis   

* BARRERA TISZKA Alberto    Les derniers jours du commandant

* BARTELT Franz    Le jardin du bossu
                                Une belle maison

* BATOV  Andreï       Le Tao du saxophoniste
* BAUERDICK Rolf        Le jour où la vierge a marché sur la lune
* BEAUJON Nicolas    Le patrimoine de l'humanité   
* BECK Béatrice    L'enfant chat  
* BERADT Charlotte     Rêver sous le IIIe Reich
* BERGER John         De A à X
* BERTHAUD Fabienne      Un jardin sur le ventre
* BERTRAND Dorine    La preuve par neuf 
* BESSON Yvonne     Meurtres à l'antique
* BIALOT Joseph   Le jour où Albert Einstein s'est échappé   Le
* BISSEL Tom    Dieu vit à Saint-Pétersbourg  
* Blas de Roblès Jean-Marie      La montagne de minuit

* BLONDEL Jean-Philippe    Passage du gué
* BOBIĆ  Mijana     Autour de ton cou

* BOLAN Gaetaño    La boucherie des amants   
* BOUÏDA Iouri      Potemkine ou le troisième coeur
                                       Le train zéro  
* BRAGANCE Anne    La reine nue   
* BROCHART Gilles    Le thé dans l'encrier   
* BRUEN Ken    La main droite du diable
                             Toxic blues   

                             Délirium tremens    En ce sanctuaire

 

alphabet_animaux_3  comme ...

* CAMILLERI Andrea    La pension Eva
* CARMORA José Carlos       Pour l'amour du chocolat

* CAREY  Peter    La chimie des larmes
* CARRERE Emmanuel    Un roman russe   
* CATHRINE Arnaud    L'invention du père   
* CAUCHY Nicolas    De manière à connaître le jour et l'heure  
* CAUVIN Patrick       L'immeuble
* CHATELAIN Gaël       La voleuses de vies
* CHAUVEAU Sophie    La passion Lippi  
* CHALAMOV Varlam    Mes bibliothèques

* CHEREL Guillaume    Un bon écrivain est un écrivain mort

* CIRINO Linda D.    La coquetière   
* CLAUDEL Philippe    La petite fille de monsieur Linh  
* CLEMENT Frédéric     Grains de beautés et autres minuties d'un chasseur de mouches

* CLEMENT Nicolas   Sauf les fleurs

* COATALEM Jean-Luc       Le dernier roi d'Angkor
* COLLECTIF   Nouvelles de Bretagne
* COLLINS Michael   La vie secrète de E . Robert Pendleton 

* COMMERE Hervé     Sauf
* COSNAY Marie    Déplacements
*
COULON Cécile   Le roi n'a pas sommeil
*
COUTO Mia       L'accordeur de silences
*
CUNNINGHAM Peter      La mer et le silence
* CYPRIEN Michel      Le chocolat d'Apolline

alphabet_animaux_4  comme ...

* DARS Sarah        Des myrtilles sous la yourte
* DELAFLOTTE MEHDEVI Anne      Fugue        Le portefeuille rouge

* DELLA VECCHIA  Andrea       Confessions solitaires
* DELOFFRE Virginie        Léna
* DELZONGLE Sonja      Boréal

* DIVRY Sophie       La cote 400
* DJEBAR Assia      Femmes d'Alger dans leur appartement

* DJEMAI Abdelkader   La dernière nuit de l'émir     La vie (presque) vraie de l'abbé Lambert

* DJIAN Philippe   Doggy bag saison I
* DOGAN Zehra    Les yeux grands ouverts

* DONES Elvira     Une petite guerre parfaite

* DORJE Péma    Tibet or not Tibet   
* DUGAIN Marc    Une exécution ordinaire 
 

alphabet_animaux_5  comme ...

* EGGELS Elle    La maison des sept soeurs   
* ENARD Mathias      L'alcool et la nostalgie
                                Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
                               
La perfection du tir
* EPENOUX François d'    Deux jours à tuer

*ENGEL Vincent      Maramisa

* ERNAUX Annie       Les armoires vides       Mémoire de fille

* ESTIVEL Laura     Chocolat amer 

alphabet_animaux_6  comme ...

* FAYE Eric    Parij  
* FEDOU Emilie    Nue comme un ver(s)
* FERGUS  Jim         Marie-Blanche
*
FERMINE Maxence    Le labyrinthe du temps  
* FEREY Caryl            Norilsk     Mapuche

* FERRANTE Elena       L'amie prodigieuse

* FICHTE Johann G.   De la liberté de penser
*
FIGUERAS Marcelo     Kamchatka
*
FILIPOWICZ Kormel    Romance provinciale
* FILHOL Elisabeth        La Centrale
*
FITZGERALD Penelope    L'affaire Lolita
* FRAIN Irène       Au royaume des femmes
* FRAPPAT Hélène      Inverno
* FOUGERAY Karine    Elle fait des galettes, c'est toute sa vie   
* FOURNIER Gisèle    Non-dits

alphabet_animaux_7  comme ...

* GALLAY Claudie     Dans l'or du temps
                                 Seule Venise
                                 Les Déferlantes
                                 Les années cerises
* GARAT Anne-Marie    Les mal famées    La Source
                                     Dans la main du diable   
                                     Chambre noire 
                                    
Aden
* GARDE François      Ce qu'il advint du sauvage blanc
* GARDELL Jonas    Et un jour de plus
* GARNIER Pascal    Comment va la douleur ? 
                                       Cartons 
* GARY Alexandre Diego     S. ou l'espérance de vie
*
GATTEGNO Jean-Pierre    Longtemps je me suis couché de bonne heure    
* GAUDE Laurent    La mort du roi Tsongor  
* GAUTIER Pascale    Les amants de Boringe  
                                 
Les vieilles
* GAZAN Sissel-Jo        Les plumes du dinosaure
* GERMAIN Sylvie    Immensités  
                                Magnus   
                                La pleurante des rues de Prague 

                                  L'enfant méduse
* GODDARD  Robert     Par un matin d'automne
* GOFFETTE Guy    Une enfance lingère    Les derniers planteurs de fumée      

* GOUR Betya    Meurtre à l'université      
* GRAN Iegor    O.N.G   

* GRANDES Almudena     Le Coeur glacé      Vents contraires
* GRENVILLE Kate     Le Lieutenant
* GRONDAHL Jens Christian    Virginia   
* GUEZ Olivier    La disparition de Josef Mengele  

* GRUSHIN Olga    La vie rêvée de Sukhanov 
  *                           Le kiosque
 

 

alphabet_animaux_8  comme ...

* HALBERSTADT Michèle    Café viennois 
*
HARRIS Joanne  Le rocher de Montmartre
                           Chocolat
* HELLMUND Saskia    La fille qui venait d'un pays disparu

* HENRICHS Bertina  La joueuse d'échecs
* HENRY Françoise       Juste avant l'hiver
* HOEX Corinne     Le grand menu
                              Ma robe n'est pas froissée

                              Décidément je t'assassine

* HORNAKOVA-CIVADE Lenka       Giboulées de soleil
* HUG Nathalie   La demoiselle des tic-tac

* HUGO-BADER Jacek   La fièvre blanche

alphabet_animaux_9  comme ...

* IKONIKOV Alexandre    Dernières nouvelles du bourbier   
* INDRIDASON Arnaldur    La voix   Dans l'ombre
* INOUE Hisashu    Je vous écris
* ISHIGURO Kazuo    Auprès de moi toujours   

alphabet_animaux_10  comme ...

* JANNIN Bernard    Une vraie boucherie
* JAUNAY CLAN    Milosz ou l'idiot magnifique
* JENSEN Liz    La 9ème vie de Louis Drax   
* JERGOVIC Miljenko   Volga, Volg
      Le palais en noyer   
* JEZEGOU Mickaël      Arbres remarquables du Finistère

* JOHNSON Jennifer    Ceci n'est pas un roman   
* JOYAUD Béatrice   Plaisir en bouche
* JUHEL Fabienne      La femme murée        Les bois dormants   

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 comme ...

*KAMINER Wladimir & Olga    La cuisine totalitaire

* KARINTHY  Ferenc   Épépé

* KASMAÏ Sorour    La vallée des Aigles   
* KEEGAN Claire   Les trois lumières    
*
KEHLMAN Daniel    Les arpenteurs du monde   
* KEMAL Yachar  La tempête des gazelles
* KEPLER Lars        L'Hypnotiseur                                                                                                                                  
* KESSEL Joseph    La steppe rouge   
                             Les temps sauvages   
* KIYOURO Miura   Je veux dev
enir moine zen !  
* KONOPNICKI Guy    Ligne 9   
* KOSZTOLANYI Derzo    Alouette   Anna la Douce
* KOUMANDAREAS Mènis      La femme du métro

alphabet_animaux_11  comme ...

* LA BOETIE Etienne de    Discours de la servitude volontaire
* LÄCKBERG Camilla     La princesse des glaces 

* LACOMBE Benjamin   Frida
* LADJALI Cécile         Aral
* LAFON Marie-Hélène     Le soir du chien
* LALUMIERE Jean-Claude    Le front russe
*
LANDON Emmeline    Le voyage à Vladivostok   
* LARHER Erwan     Autogenèse
* LARSSON Stieg    Les hommes qui n'aimaient pas les femmes  
                              La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
                              La reine dans le palais des courants d'air

* LE CALLET Blandine      La ballade de Lila K
* LEDUN Marin     Les visages écrasés
* LE REST Marc &  ESCULIER Christian     Les bistrots merveilleux 
                                                               Délicieuses obsèques

* LESBRE Michèle    Le canapé rouge  
                               La petite trotteuse

                               Une simple chute   
* LE TREUT Brigitte    Lumière du soir   
* LEUNEMS Christine    Le ciel en cage   
* LEWYCKA Marina     Des adhésifs dans le monde moderne
* LINQUIST Hakan    Mon frère et son frère   

* LITVINA Alexandra     L'Appartement
* LOUBIERE Sophie        L'enfant aux cailloux      
* LOY  Rosetta      Un chocolat chez Hanselmann
* LUCARELLI Carlo     Albergo italia

* LOYS Pierre-Henri    Petites farces de la mort  

alphabet_animaux_12  comme ...

* McCALL SMITH Alexander    Le club des philosophes amateurs   
* McCARTHY Cormac    La route
* McCORMACK Eric    L'épouse hollandaise   Le nuage d'obsidienne
* MAHFOUZ  Naguib     Karnak Café
* MAINARD Dominique    Le ciel des chevaux
                                       Je voudrais tant que tu te souviennes

* MAISONNNEUVE Michel    Le chien Tchétchène
* MALTE Marcus    Garden of love 
* MANAI  Yamen      La sérénade d'Ibrahim Santos      
* MANKELL Henning     La voix         Les chaussures italiennes 
* MARAI Sandor      Les braises

* MARSH  Willa            Meurtres au manoir
                                    Meurtre entre soeurs
     
                                     Le journal secret d'Amy Wingate
* MARTIN Lionel-Edouard   La vieille au buisson de roses  
* MAY Peter       L'île des chasseurs d'oiseaux
*
MEEK James    Un acte d'amour   
* MENDELSOHN Daniel   Les disparus

* MEUR Diane    La carte des Mendelsshon
* MINIERE Isabelle    La première marche      
* MOLLA  Jean     Sobibor
* MONNEREAU Michel    On s'embrasse pas ?   
* MOOTOO Shani    Fleur de nuit   
* MORGIEVE Richard  Un petit homme de dos 
* MULISCH Harry    La découverte du ciel  
                               Sigfried, une idylle noire   
* MURAKAMI Haruki    Les amants du Spoutnik
                                    Sommeil
 
* MURATA Kiyoko    Le chaudron   

alphabet_animaux_13  comme ...

* NEMEROVSKY Irène    Le bal   
* NESBØ Jo    Le Léopard        
Rouge-Gorge
                      Rue sans-souci
* NOHANT Gaëlle    L'ancre des rêves   
* NOIVILLE Florence    La donation   

alphabet_animaux_14  comme ...

* OGAWA Yoko    Le musée du silence   
                             La petite pièce hexagonale   
* ÖRKENY  Istvan   Les boîtes

* OSSORGUINE  Mikhaïl    Les gardiens des livres

* OULITSKAIA Ludmila      Les pauvres parents       Le chapiteau vert
OUMHANI Cécile      Le café d'Yllka   
* OVALDE Véronique       Ce que je sais de Vera Candida

alphabet_animaux_15  comme ...

* PADURA Leonardo      L'Homme qui aimait les chiens
* PAGE Martin    De la pluie   
* PARIS Thomas    Pissenlits et petits oignons
* PAVLOFF Franck    Le pont de Ron-Mositar   
* PEJU Pierre     La diagonale du vide
* PELEVINE Victor    La mitrailleuse d'argile   
* PELLISSIER Colette    Le chat dans la gorge
* PETROVIC  Goran          Sous un ciel qui s'écaille
                                      
Soixante-neuf tiroirs
* PETTERSON PER     Pas facile de voler des chevaux
                                 Jusqu'en Sibérie

* PEYRAMAURE Michel    Le chat et la plume 
* PLUYETTE Patrice    La traversée du Mozambique par temps calme
* POMMAUX Yvan    Avant la télé  
* PONCINS Michel de   La luxure régnait sur la ville...   
* POSCHENRIEDER Christoph     Le Monde est dans la tête
* POUY Jean-Bernard    Nus
                                    Samedi 14

* PRUDHOMME  David       Rébétiko   

alphabet_animaux_16 comme ...

alphabet_animaux_17 comme ...

* RAGDE Anne B.      Zona frigida
* RAMSLAND  Morten    Tête de chien
* REYBOZ Cécile    Chanson pour bestioles   
* RIVERA LETELIER Hernan     Malarrosa
* ROIG  José Miguel    Le rendez-vous de Berlin  
* ROLIN Olivier     Sibérie
* RUSCART Marc     Noir désert
* RUY-SANCHEZ Alberto   9 fois 9 choses que l'on dit de Mogador 

alphabet_animaux_18  comme ...

* SAFRAN FOER Jonathan    Tout est illuminé      
                                          Extrêmement fort et incroyablement près  
* SAKHNOVSKI Igor    Roza               
* SALEM Carlos       Aller simple
                               Nager sans se mouiller
                               Je reste roi d'Espagne

* SCHLINK Bernhard    Le retour   
* SCHNEIDER Vanessa    Tâche de ne pas devenir folle
* SEONNET Michel     La marque du père
* SEPULVEDA Luis      L'ombre de ce que nous avons été
* SERRANO Marcela    L'auberge des femmes tristes
* SERS Caroline     La maison Tudaure 
                              Les petits sacrifices
* SETTERFIELD Diane    Le treizième conte   
* SHIMAZAKI Aki    Tsubaki  
                              Hamaguri  
* SOMOZA José Carlos    La dame N° 13  
* SPAHIC Ognjen       Les enfants de Hansen
* STAÏKOS Andréas    Les liaisons culinaires   
* STEINER Michel    La machine à jouir   
                               Mainmorte   
                               Petites morts dans un hôpital psychiatrique de campagne              
* STEINFEST Heinrich     Requins d'eau douce
* STRACHAN  Mari  La terre fredonne en si bémol
* STROGOFF Ilya    Le livre blanc   
* SVIT Brina     Un coeur de trop 
* SYLVAIN Dominique     Le Roi Lézard
* SZABO Magda    Rue Katalin   

alphabet_animaux_19  comme ...

* TAVERNIER Tiffany    A table !
* TELLKAMP Uwe      La Tour
* TEJPAL Tarun J.    Loin de Chandigarh 
* THEROUX  Marcel      Au Nord du monde   
                         
           Jeu de pistes
* TIANO Joëlle     L'illustrissime et enchanteur gâteau café café d'Irina Sasson 

                                Le sel des larmes est parfois doux
* TORREGROSSA Giuseppina      Les tétins de sainte-Agathe
* TREICHEL Hans-Ulrich    Le disparu
* TRUEBA David         Savoir perdre 

alphabet_animaux_20  comme ...

alphabet_animaux_21  comme ...

* VACCA Paul    La petite cloche au son grêle
*
VALJAREVIC  Srdjan      Côme   Journal de l'hiver d'après

* VAN DER MEER Vonne    Les invités de l'île   

* VAN REYBROUCK David     Zinc
* VARESI Valerio     La pension de la via Saffi 

* VASQUEZ Juan Gabriel    Le bruit des choses qui tombent        Histoire secrète du Costaguana

* VELLE Catherine    Soeurs Chocolat
* VERONESI Sandro   La force du passé
* VIGNE Fabrice     TS

alphabet_animaux_22    comme ...

* WESTPHALEN Marie-Hélène   L'homme qui marche au bord du monde 
* WINTERSON Jeanette    Garder la flamme   
* WOLKENSTEIN Julie    Happy End  

alphabet_animaux_23  comme ...

alphabet_animaux_24  comme ...

 * YOUNG David     Stasi child

                   

alphabet_animaux_25  comme ...

* ZIAMATINE Evgenie    L'inondation   
* ZIVKOVIC Zoran     La bouquineuse         
* ZIMMERMANN Daniel    Le spectateur   
* ZOUROUDI  Anne          L'inconnu d'Athènes
* ZUSAK Markus
    La voleuse de livres  

 

bibmous

Mise à jour Avril 2019
BONNE LECTURE !

 

6 avril 2008

Au poil !

9782213632162Le groupe ZO, collectif alternatif et libertaire, pose ses valises à l'Edena, un camp naturiste du Sud-Ouest de la France, le temps de faire le point sur leurs actions de l'année écoulée et de préparer les luttes à venir.

"Calo, subitement attendri, observe ses compagnons. Force est d'admettre que ce sont des gens formidables. Une belle brochette de modernité. Des humains, de vrais humains sur qui comptent dorénavant, en gros, cinq cents êtres responsables et ingénieux dont la vie est devenue plus franche, plus douce. Maintenant, il faut juste la rendre plus simple. Beaucoup de ceux qui participent à ce semblant d'utopie ont un travail, une fonction, un rang. Même s'ils avouent, en voyant que ce qu'ils ont mis en route fonctionne parfaitement, commencer à en avoir marre du turbin, et vive Paul Lafargue."

Toujours sympas ces zozos-là, ne ratent pas une occasion de joindre l'utile à l'agréable !
Les tentes dressées, la bouffe bio déballée et les premières appréhensions passées, "parce qu'à poil on ne peut plus rien cacher", la répartition des taches s'organise et les groupes de réflexion vont bon train entre trempettes dans l'Océan et dégustation de vin blanc.
Lutte contre le gaspillage et recyclage, décroissance et microcrédit, clandestinité ou passage à Internet, rappels historiques et modernité, pouvoir et contre-pouvoir, prises de bec et auto-critiques, les sujets ne manquent pas.

Pour pimenter un peu cette université d'été à la sauce anar, voilà qu'un crime est commis à l'Edena. Rosa, une vieille femme d'origine espagnole qui donnait un coup de main au camping est retrouvée le crâne fracassé. Quand il s'avère que cette Rosa pourrait bien être la fille du célèbre Buenaventura Durruti, militant anarchiste lui-même assassiné par les franquistes pendant la guerre d'Espagne, le groupe ZO ne peut que prêter main forte au gérant de L'Edena afin de démasquer le coupable. Juste une question d'honneur. Seulement, il va falloir composer avec la maréchaussée...

"Etrange moment, en vérité, que ces deux libertaires et ce membre de l'armée, souriants et détendus, en train de cueillir des légumes, déterrer des oignons et des radis, tout partager en trois, bien disposer la cueillettes dans de vieux cageots grisâtres, et de transbahuter tout ce butin dans leurs véhicules respectifs.
On aurait dit une toile de Millet, en plus potager, moderne, joyeux."

Un polar chaleureux mais rafraîchissant, servi par l'écriture toujours aussi mordante et critique de l'auteur.
On passe vraiment un bon moment avec ces personnages plus vrais que nature. Prenez-en de la graine !

SERIAL LECTEUR  est aussi d'accord, il vous le dit ICI.
A lire aussi un bel hommage à Buenaventura Durruti

 

Nus   Jean-Bernard Pouy   Editions Fayard Noir

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19 janvier 2008

Sacré frangin !

9782070349135Le 15 mars 1705 naît en la République de Genève, François Rousseau.
Isaac Rousseau, le père, s'enfuit dès le lendemain vers Constantinople où il exerce sa profession d'horloger.
L'histoire pourrait s'arrêter là si ce n'est que six ans plus tard, ce cher homme réapparaît et offre à ce fils qu'il ne connait pas, un petit frère qu'on appela Jean-Jacques.
Un malheur n'arrivant jamais seul, Suzanne Rousseau décède des suites de ses couches, laissant seul Isaac qui n'a pas d'autre choix que d'assumer enfin sa double paternité.

Ainsi commence l'autobiographie imaginaire du frère du célèbre Jean-Jacques Rousseau.
Attachement oblige, Isaac Rousseau concentre son attention sur son dernier né, délaissant ce pauvre François. A lui de se trouver d'autres figures paternelles sur lesquelles s'appuyer et parfaire son éducation.
Très tôt, François prend la poudre d'escampette. Il a la chance de croiser Maximin de Saint-Fonds qui le prend sous son aile et l'instruit. Ce bourgeois genevois l'initie également aux choses de la vie et de la nature, armant ainsi solidement François qui, à dix-huit ans, se lance à la conquête de la France puis de sa capitale.

"L'officier de garde examina à peine cette pièce, et en un instant je fus dans Paris. Le soir commençait de s'annoncer. Un vent léger se leva, je reçus en plein visage l'haleine puissante de la ville. J'apprendrais bientôt que la puanteur de Paris était proverbiale; mais pour moi, qui avais toujours eu la passion des senteurs capiteuses, ce souffle lourd, méphitique, m'enivra: à l'entrée d'Enfert je m'arrêtai pour savourer ce fumet entêtant."

Sur un ton léger et dans un style fleuri très XVIIIe, c'est avec talent que l'auteur nous entraîne dans le monde du libertinage et dans le foisonnement intellectuel et politique du Siècle des Lumières. Pour le plus grand plaisir du lecteur, les sens et les idées se disputent le devant de la scène et donne au texte un fond de modernité dans lequel il fait bon se plonger en ces temps de quasi-monarchie...
De loin en loin, François règle ses comptes avec son illustre frère, mais c'est surtout le portrait d'un homme libre que nous offre là l'auteur, faisant montre d'une originalité bien différente de celle qu'il mit au service des nuages (voir La théories des nuages) mais toute aussi riche.

"Souvent la misère, la bêtise des Jacobins, la bienfaisance elle-même me lassaient. Je travaillais de moins en moins, et je me remis à arpenter les nuits de Paris. Elles avaient changé, elles aussi. La débauche avait perdu cet air de gaieté qu'elle avait prise après la révolution. L'abondance des gueux était décourageante; la disette poussait certains à brailler des chansons, d'autres à racler des violons discords, et des vieilleuses sans talent me faisaient grincer des dents. Même le costume des Parisiens se métamorphosait lentement: on tolérait encore les couleurs pour les femmes; mais les hommes ne portaient plus que du noir et marchaient avec un air farouche qui leur semblait romain. Les rues étaient infestées de ces prêtres de la nouvelle religion patriotique. La révolution avait eu des héros; elle se fabriqua des martyrs."

Une traversée historique et une lecture qui raviront les passionnés de plaisirs, de liberté, d'égalité et de fraternité !

PAPILLON et CATHE ont beaucoup aimé et vous le disent  ICI

Fils unique    Stéphane Audeguy    Editions Folio

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Isaac Rousseau
Collection JJ Monney

 

29 février 2008

Marthe à l'ombre !

9782742771639Un beau matin, alors qu'elle cogite assise sur son poste de télévision, Marthe décide de changer de vie.
Ni une ni deux, elle saute dans un TGV afin d'aller annoncer la bonne nouvelle à son père.
Outre la décision de tout larguer (travail, appart, amant), Marthe décrète que dorénavant elle ne fera plus que ce qu'elle veut.
Jusque là donc, presque rien d'anormal...
Si ce n'est que Marthe a un curieux rapport à son corps et au monde.

Alors, quoi de mieux qu'un train bloqué des heures au milieu de nulle part pour commencer à mettre en pratique ses nouveaux principes. Tel une entomologiste, Marthe peut alors observer à la loupe le microcosme voyageur. D'accord, sa focale est un brin originale et la demoiselle, d'emblée, ne passe pas inaperçue. Non seulement elle devient la bête noire du contrôleur, mais ses façons d'être vont aussi en surprendre plus d'un.
Quand l'événement est médiatisé, Marthe n'est pas loin d'atteindre son heure de gloire, et lorsqu'on on sait que le nul part en question s'appelle Mourron... il y a vraiment de quoi s'en faire !
Hélas, les trains qui arrivent en retard chamboulent parfois l'ordre des choses. Marthe en fera l'expérience.

"Je nous regarde; nous formons un liseré de vie, une couture humaine surfilée à grands points sur le pont détruit. Devant une mer évaporée, nous composons une broderie de bestioles échouées, déposées en serpentin sur une digue abandonnée; la marée s'est définitivement retirée."

Voilà quelques semaines que je tournais autour de ce livre à la couverture loufoque et poétique. Les pages qu'elle protège le sont tout autant, et il en va de même pour l'esprit de Marthe.
On comprend vite qu'elle appartient à ces têtes étoilées qui peinent à trouver leur place dans notre réalité.
Si Marthe est à la fois, agaçante, rigolote, futile, pathétique, elle est surtout touchante et émouvante. Touchante dans ses tentatives maladroites d'échanges avec ce genre humain que l'on qualifie de normal, et émouvante face à cette liberté nouvellement acquise qui l'emporte avec îvresse vers les autres.
Comme tout le monde, Marthe ne demande qu'une chose, un peu d'amour et de reconnaissance.

J'ai une tendresse particulière pour ces être fragiles qui arpentent la vie en funambules et conjuguent le monde comme un jeu dont les règles oscillent entre logique des rêves et cruauté des cauchemars. Marthe fait partie de ces gens.
Un premier roman hors des sentiers battus pour nous conter la difficulté du papillon à s'extraire de sa chrysalide.

Chanson pour bestioles     Cécile Reyboz     Editions Actes Sud

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21 mai 2008

L'envers du décor

9782070785377Prétendument envoyé d'Athènes, Hermès Diaktoros débarque sur l'île de Thiminos, pour assister la police locale afin d'élucider le meurtre d'une jeune femme retrouvée au pied d'une falaise.
Surprise, l'affaire est réglée et enterrée. Point de rapport d'autopsie, point de dépositions, on a conclu à un suicide, et Hermès est prié de renfiler ses sandales ailées et de s'envoler vers d'autres horizons.
Il n'en faut pas moins à ce drôle de personnage pour s'incruster.

"Depuis la mer, l'île de Thiminos apparaissait pour ce qu'elle était: un énorme rocher à la base tellement errodée par le ressac qu'il semblait flotter, porté par les vagues de la mer Egée. La plupart des côtes étaient des falaises abruptes; les autres, en pente plus douce, offraient un mélange de rocaille et de terre poussièreuse. Il n'y avait pas grand chose hormis quelques pins noirs plantés à des angles improbables dans le flanc de la montagne et des buissons épineux cachés entre les rochers. Pourtant, ça et là, quelques éléments colorés surprenaient le regard: sur une plage déserte, une minuscule chapelle blanche était entourée d'un jardin de plantes vivaces aux fleurs fuchsia."

Toujours aimable, trimballant en permanence un fourre-tout dont il tire un tas de choses plus hétéroclites les unes que les autres, notamment des cigarettes "Santé", entre nous soit dit elles sont infectes mais leur emballage est kitsch à souhait, chaussé de ses baskets blanches qu'il entretient avec une maniaquerie digne d'un vieux garçon, Hermès Diaktoros va parcourir l'île de fond en comble et tirer les vers du nez de ses habitants qui n'apprécient guère la manoeuvre !

Ce roman policier n'en est pas vraiment un, enfin au sens classique du terme. D'où mon avis mitigé.
Je n'ai pas un goût prononcé pour la tragédie amoureuse et le sens de l'honneur de la famille, ni pour l'hystérie machiste méditerranéenne. Il est beaucoup question de tout cela dans ce livre, et on rigole pas avec ces trois piliers de la culture héllénique.

Cependant j'aime la Grèce, ses îles et ses habitants. J'ai eu la chance d'y vivre deux ans. J'y ai donc connu les quatre saisons et leurs psychodrames !
L'été, c'est le grand melting-pot, les hommes trinquent dans les tavernes, les femmes triment, tout le monde sourit à tout le monde, business oblige et orchestre tout ... Puis l'été et les touristes passent. De septembre à novembre, c'est le paradis, presque plus de touristes, tout refleurit, la chaleur est douce, et on se dit qu'on pourrait finir ses jours ici...
Mais quand décembre arrive avec ses pluies continues et les premiers froids, les tempêtes repeignent le turquoise de la mer en gris acier, les petites maisons blanches et fraîches se transforment en petits chez soi froids et très humides, les pittoresques ruelles en pentes charrient boue et déchets divers, le "supermarket" est régulièrement en rupture de stocks (surtout si vous n'êtes pas du coin, ou alors les prix gonflent et dégonflent mystérieusement, c'est de bonne guerre !), les hommes partent en mer pour des périodes plus ou moins longues, où s'ils restent à terre, ils s'ennuient et traînent au kafénéon; les femmes triment, encore, mais à l'intérieur, et dépriment entre deux messes et dix commérages.

Car l'hiver, sur les petites îles, il n'y a RIEN à faire, si ce n'est ATTENDRE.
Attendre le ferry hebdomadaire, seul événement qui apporte un peu d'animation, ainsi que quelques colis espérés; attendre le retour des hommes; attendre des journées ensoleillées entre deux semaines de pluie, afin de s'oxygéner et de faire sécher les fringues; attendre que ça passe, tout simplement, en bouffant, en picolant, en fumant, en rigolant, en s'engueulant et en s'occupant de ce qui se passe chez le voisin. (Et en lisant aussi, me direz-vous, non ?. J'avoue que parfois on se lasse de tourner des pages gondolées, tout de vêtements humides vêtu et sous des couettes du même acabit !). Bref, attendre le retour du printemps devient une obsession, si on ne craque pas avant.

On retrouve tout cela dans ce bouquin, et c'est ce qui m'a plu.
De la pure tragédie moderne qui colle de près à la réalité, mais mâtinée d'un brin de fantaisie.
Et le rôle de ce curieux inconnu, venu semer la zizanie dans cet univers clos, se dévoile peu à peu.
Un livre pour qui a envie de connaître l'envers du décor estival égéen, et pour les amoureux de la Grèce.

L'inconnu d'Athènes     Anne Zouroudi     Editions Gallimard

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(paquet d'origine !)

 

5 octobre 2007

Déception

ooooJe me faisais un plaisir de retrouver l'auteur de "Une très vieille petite fille", d'autant plus que la 4ème de couv annonçait encore un personnage féminin pour lequel j'ai eu d'emblée un élan de sympathie certain, vous pensez, une enfant de l'Allemagne nazie, le nez plongé en permanence dans les livres et l'écriture...
Et bien Kriemhild, c'est son prénom, a beau avoir était bercée par le doux grattement de la plume accrochant le papier, aidée en cela par une grand-mère institutrice à la retraite qui lui transmet également, par le biais des contes de Grimm, le goût de la création littéraire, cette enfant ne m'a pas émue un seul instant.
Même pas le moindre soupçon de compassion lorsque, à 13 ans, son inspiration se tarit et qu'elle se retrouve dans l'incapacité d'écrire le moindre mot.
Et je ne vous dis rien des sentiers tortueux sur lesquels, adulte, elle s'aventurera pour tenter de retrouver son inspiration.

On connait le dada de l'auteur, le lien entre langage et inconscient, sujet qui a tout pour me plaire en temps normal, mais là vraiment j'ai trouvé ça d'un ennui ... Pourtant tous les ingrédients sont là pour permettre au lecteur de détricoter les fils emmêlés de l'inconscient de la demoiselle qui l'ont conduite jusqu'à ce blocage. Mais justement trop de clichés, trop de cérébralité et un raccourci psychanalytique un peu simpliste ...

Où sont passées la fraîcheur et l'originalité qui m'avaient tant séduite chez Une très vieille petite fille ?
Même pas envie de mettre un extrait...
Allez, au suivant !

La walkyrie et le professeur    Michel Arrivé    Editions Champ Vallon

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2 mai 2008

Si la photo est bonne...

9782742774340Des photos prises au début du siècle par le jeune Romain à la veille de son départ pour la guerre, et décédé avant même d'avoir combattu, vont permettre à Miléna, elle-même photographe, de faire un retour en arrière sur sa propre histoire, alors que le défunt n'appartient pourtant pas à sa famille.

En effet, c'est dans une chambre de la maison familiale de Jorge, son compagnon, où vit encore Madeleine, la soeur de Romain, qu'elle découvre des plaques de verre où sont inscrits quelques instants figés de la vie des Maréchal.
Non seulement Madeleine est le dernier témoin des nombreux tourments qui ont frappé cette famille bourgeoise de Blois au début du siècle, mais c'est aussi celle qui a élevé et recueilli Jorge à la disparition de ses parents à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Jorge a six ans, il grandira chez ses grands-parents où la chambre qu'il choisit d'occuper n'est autre que celle de Romain.

Pendant que Miléna est à Blois, Jorge est à Lisbonne pour son travail. Une curieuse apparition le fait se repencher sur son enfance et le peu de temps qu'il a vécu avec sa mère dans le quartier de la Butte aux Cailles.

Leurs deux récits vont se répondre comme en écho.
Récits de deux déracinés, deux enfants ayant subi, chacun à leur façon la guerre des hommes, auprès de parents tout aussi impuissants qu'eux et pris dans leurs propres douleurs. Les traumatismes de ces années décideront de leur futur, de leur rencontre, de leur métier.
Récits du passé qui répondent au présent, jouant des filtres et des couleurs, l'assombrissant pour mieux l'éclaircir, et saisissant, juste avant qu'il bascule dans un trop tard, l'instant opportun afin de dévoiler les émotions.

"Je veux dans les regards le souvenir des guerres et des voyages, des images d'enfants perdus, la neige de l'hiver, une tombe en Mauritanie, le dernier baiser d'une mère et l'odeur de sa poudre, je veux le mensonge, la peur, l'illumination d'une rencontre sur le bord d'une allée, et que personne ne sache rien du souvenir que chacun garde dans les yeux. Cela regarde le photographe. Je veux faire une photographie de famille en noir et blanc. Négative, positive, où je ne serai pas. Tu me regarderas. Tu regarderas le point d'où je te vois, comme cela je serai tout entière dans la photographie, dans ton regard qui me rejoint par-dessus le damier en noir et blanc. Moi, je suis de l'autre côté. J'arrive juste. Je viens de loin, d'une île avant les souvenirs, d'une image d'hiver inversé. Il est grand temps de prendre la photographie, il faut se dépêcher. Avant que le nuage éblouissant d'absence, dans un grand éclair sidérant, efface le paysage de son silence."

Aux histoires de Miléna et de Jorge, qui s'emboîtent et forment la trame narrative, s'intercale par petites touches successives une voix du passé.
Publié en 1990, ce livre laisse déjà deviner le très beau "Dans la main du diable" (dont la suite, "L'Enfant des ténèbres" vient de sortir chez Actes Sud), puisqu'on y retrouve le début du XXe siècle, la guerre, la photographie, la chimie, les voyages, les exils, les secrets.

Mais la réussite de ce livre-ci tient surtout à la dextérité de l'auteur à jouer des mots comme de couleurs. Ne cherchez pas une palette à large spectre. Non, il faudra vous contenter de la gamme qui s'étend du noir au blanc avec, entre les deux, des camaïeux de gris et d'émotions qui se mêlent l'un à l'autre, imprégnant les corps et les esprits en silence et en souffrance.
L'oeil est le témoin et imprime des images, les mots en seront les révélateurs, mais le temps d'exposition est parfois plus long qu'on ne croit. Ou comment transformer les sensations en émotions, tout en fouillant les négatifs de l'inconscient.
Au final, outre une excellente réflexion sur l'acte et la fonction psychique de photographier, la pénombre de la chambre noire donne naissance à un très beau cliché sépia.

Alors, oui, la photo est bonne !
Dans mon panthéon personnel et littéraire, je ne suis pas loin de placer son auteur aux côtés de Sylvie Germain. Bien que dans un style différent, ces deux dames trempent leur plume dans de bien jolis mots et laissent traîner derrière elles des atmosphères uniques.

Chambre noire     Anne-Marie Garat     Editions Actes Sud Babel

 

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25 avril 2008

Dernière Manche

9782070336630Une première partie composée de portraits. Quelques uns des personnages qui ont vécu, aimé, souffert, pris du plaisir dans quatre maisons. Les Mouettes, Bellevue, Les Huguenans, Saint-Désir, quatre maisons posées à Saint-Contest, dans un décor de rêve, face à la Manche, sur une falaise inéxorablement grignotée par la mer, le vent, les tempêtes et la montée des eaux. Trois maisons dont il ne reste quasiment rien, et une dernière qui résiste, tout comme Eliane, sa propriétaire.

Une deuxième partie, où l'on retrouve Eliane venue pour un dernier séjour. Eliane, à qui Brigitte, qui était enfant à l'heure de gloire de Saint-Contest, rend visite et va recueillir, et devenir, la mémoire de ce microcosme, ses joies et ses drames, ses apparences et ses zones d'ombre, ses espoirs et ses déceptions.

Entre vérités et mensonges, Eliane farfouille au fond de sa mémoire, parfois vacillante, afin de déposer une page de vie auprès de la dernière survivante. Eliane et Brigitte, qu'un événement a liées à jamais. Pour que tout cela ne soit pas vain, effacé, balayé par le temps qui ronge les êtres et les choses. Et il y a urgence, la nature reprend toujours ses droits.

"J'ai défait mes valises sans me presser, la fenêtre grande ouverte sur la mer qui montait, l'été se présentait comme avant, plage de temps et de sable également uniformes, les jours de la semaine perdant leur couleur propre, celles qu'ils ont toujours eues pour moi - j'ai encore du mal aujourd'hui à admettre l'ignorance des autres, même si j'ai fini par découvrir que pour moi seule le lundi est bleu-gris, le mardi vert-bouteille, le mercredi rose, vieux rose, le jeudi rouge, le vendredi bleu vif, le samedi doré et le dimanche tout blanc. (...) Sans doute, à l'origine de ces associations, y a-t-il mon premier cahier de textes, ses languettes détachables aux tons tranchés, mais plus que la teinte, c'est l'intensité qui compte et détermine ma perception : le lundi, transitoire, conserve la faible luminosité du dimanche, vide, éteint; le mardi s'assombrit, le mercredi forme une bulle gaie, irisée, le jeudi déjà la chaleur du samedi le réchauffe, le vendredi n'a pas du tout la même couleur mais reste aussi soutenu, préparant les éclats du samedi. Sauf pendant les vacances."

Un titre trompeur, les finitudes ne sont jamais joyeuses.
L'auteur du "Colloque sentimental ", réveille à merveille les ambiances de vacances des bords de mer, laissant son lecteur s'envelopper dans le drapé nostalgique et poisseux du passé, porté par le vent du large et corrodé par l'air salin.

Happy End     Julie Wolkenstein    Editions Folio

 

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9 décembre 2007

Les bonnes affamées

9782742739646Hiver 1942, Marie et Lise se rencontrent avenue de Wagram, chez les Johnson, employeurs qui leur assurent le minimum vital en ces temps difficiles. Marie, la cinquantaine, y est cuisinière et Lise, la vingtaine, couturière de son état, s'occupe des enfants et du linge.
Grâce aux accointances de Mr Johnson avec l'occupant, elles devraient se considérer privilégiées puisque nourries et logées dans une maison chauffée et pouvant, de plus, jouir de certains petits avantages administratifs imputables à la collaboration.

Alors qu'est-ce qui leur prend de vouloir s'installer dans une maison délabrée, dans un quartier abandonné et dévasté par les bombardements, tout en conservant leurs emplois chez les Johnson ? Les activités de leur patron les gêneraient-elles ? Envisageraient-elles quelque action de résistance ? Non, c'est beaucoup plus simple que cela. Elles ont tout simplement besoin d'une histoire d'amour. Mais ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas de quelque amour honteux qu'elles voudraient cacher, non, mais plutôt d'une relation maternelle et filiale que l'une et l'autre ont si peu connue. Et puis elles ont cet imprérieux désir d'avoir enfin un lieu à soi, elles qui n'ont jamais vécu ailleurs que chez les autres.

"Alors, en pensée, j'ai dit: voilà, c'est la première fois que tu rentres dormir chez toi, dans ta propre maison. La première fois que tu enfiles un soir une clé dans une serrure à toi. La première fois que tu as un quelque part au monde..."

Leur vie s'organise chichement, entre récit de leur histoire respective et souvenirs partagés de leurs fiancés disparus. Celui de Lise se cache pour échapper au STO; quant à celui de Marie, il n'est jamais revenu de la guerre de 14-18, elle l'a à peine connu, mais l'illusion qu'ils se sont aimés l'accompagne et l'aide à vivre malgré tout ce temps passé. Alors s'adoptant l'une l'autre, elles vivotent ainsi jusqu'à ce soir de réveillon où, suite à un événement particulier, elles rendent fièrement leurs tabliers et se retrouvent vite à cours de ressources.
Mais en temps de guerre, on fait de drôles de rencontres. Et quand la faim tenaille, on se retrouve parfois à faire des choses dont on se serait cru incapable.

"Je songeais aussi à une bague de ma grand-mère à son petit doigt, au lard qui rissolle dans la poêle, au goût de la réglisse, je me souvenais de choses oubliées, innocentée du temps passé, lavée de tout soupçon, de toute peur. Aussi bien, pendant ce temps-là, une autre en moi humait de la chair fraîche, j'aiguisais mon petit couteau, mes dents grinçaient de terreur. Nous étions prêtes au crime, tranquilles, au repos, nous attendions."

J'ai lu ce petit roman car je souhaitais faire connaissance avec l'auteur, avant de me lancer dans la lecture de son dernier livre "Dans la main du diable". Je n'ai été déçue ni par l'écriture et le style, ni par l'histoire simple de ces deux femmes prises dans la tourmente de la guerre et qui se révèlent à elles-mêmes face aux difficultés extrêmes de la vie. Et de plus, c'est un sujet qui me taraude un peu. Savons-nous vraiment jusqu'où nous sommes prêts à aller pour survivre ?...

Les mal famées     Anne-Marie Garat     Editions Actes Sud  Babel

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30 octobre 2007

Transsibérien 2ème

9782756100890Jeannine Aubin est batelière dans le Nord de la France et en Belgique. Sa route va croiser celle du Russe Ivan Kirkov, marin au long cours. Une brève idylle de trois jours à l'hôtel Kuntz, un rendez-vous pris pour dans trois ans quand Ivan repassera par Dunkerque, et chacun reprend sa route. Trois ans plus tard, ils sont au rendez-vous, et cette seconde rencontre sera décisive pour la jeune femme.

Pour comprendre qui est et ce que fuit Ivan Kirkov, elle achète un aller-retour sur le Transsibérien Moscou-Vladivostok. Elle sait qu'il ne sera pas dans cet autre Finistère, mais elle veut rencontrer des gens qui lui parlent de lui, marcher dans les rues où ses pas ont cheminé, voir les quais d'où parfois il embarque et éprouver peut-être ce qui rend son homme si fragile et si rude à la fois.

"Sa tête tombe en avant et la réveille dans un basculement métallique. Où était-elle, tombée dans une Russie imaginaire fabriquée à partir de nouvelles de Tchékhov, de chapkas, de vodka, d'espaces froids, de militaires au visage boursoufflé, de belles femmes, d'une peur monumentale ? Dessine-moi une carte de Russie. L'URSS. Que s'est-il passé ?"

Ce roman est moins confortable et nostalgique que "Le canapé rouge", la vie des gens de mer y est sans doute pour quelque chose. Le récit adopte alternativement un ton syncopé et réaliste, des phrases courtes, des mots brefs qui claquent comme les roues sur les rails, et un rythme plus souple, parfois coloré et presque tendre. Dans l'entre-deux défile la Russie, suspendue entre passé et futur, et s'élaborent les sentiments.

Au terme du voyage, encore une femme qui connaîtra enfin sa destination.
Ce train a l'air d'avoir de sacrés effets, il semble agir comme un révélateur et je me demande si je ne vais pas aller de ce pas m'acheter un billet....

Le voyage à Vladivostok     Emmelene Landon     Editions Léo Scheer

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21 octobre 2007

L'art de se perdre

9782841568628Les étoiles ont toujours jalonné les errances de la narratrice.
Tout bébé, ses parents l'oublient déjà dans la nuit colorée d'une fête foraine. Le regard rivé au ciel, elle attend qu'un homme la sauve de l'hypothermie.
Plus tard, l'enfance l'entraîne sur les chemins buissonniers. Elle se perd, se retrouve. Lorsqu'elle ne court pas les bois et les champs, son esprit s'évade sur les grandes cartes de géographie accrochées au tableau noir ou dans les images du chocolat Poulain.
Adulte et jeune mère de famille, elle est de plus en plus souvent fantasque, voire étourdie, au point que son mari s'en inquiète et la décide à consulter. Le verdict sera sans appel. Une tumeur étoilée germe sous sa boîte cranienne.

"Le cerveau s'attriste. Il est dans la lune, prend la poudre d'escampette comme autrefois, rêve de lumières foraines, de constellations, de petites mûres sauvages...
Et le cerveau se suicide."

La narratrice ne tarde pas à tomber dans le coma, pour une ultime errance.
Inconsciente mais réceptive, la jeune femme travestit la réalité hospitalière et dérive dans un monde onirique. Elle navigue entre souvenirs récents et méandres du passé, elle revisite les siens, vivants ou disparus. Mais inexorablement, plus sa conscience s'enfonce, plus elle remonte vers les strates primitives de la mémoire, du côté des temps originaux, là où le refoulé ne fait plus loi, dans un labyrinthe où loin d'être seule, elle retrouve les empreintes d'êtres oubliés, personnages réels ou imaginaires qui l'aideront à apprivoiser l'inconnu pour finalement désapprendre à vivre.

"Un temps suspendu aux étoiles, déjà mortes. Des fils invisibles relient alors nos âmes aux mousquetons dans le ciel. Plus rien ne soudoie la nuit autour de moi.(...) Tout est calme, silencieux, engourdi de néant. La paire de ciseaux remisée dans la boîte à  couture de la nymphe. Et la nymphe endormie. C'est terrible le silence du monde dans le jardin des hommes."

Une pincée de fantaisie, un grain de folie, quelques gouttes d'humour, un grand souffle d'onirisme. Recette magique et indispensable pour faire la nique au drame et clouer le bec à la faucheuse.

"Trois femmes en blancs m'enveloppent d'une cape de lumière. Il n'y a ni étoiles ni vent, et ça ne fait pas mal." 

Les bois dormants    Fabienne Juhel    Editions du Rouergue

 

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