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Le Souk de Moustafette
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Le Souk de Moustafette
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10 avril 2007

Akomi ena taksidi stin Ellàda !

joueuse_echecs_piccEncore un petit voyage en Grèce !
Grâce à ce court roman qui se passe sur l'île de Naxos.

Eleni, la quarantaine passée, y est née, elle y vit avec son mari et ses deux enfants et y travaille comme femme de chambre. La vie s'écoule rythmée par les saisons, les papotages avec les copines et les rencontres furtives avec les touristes de passage dans le petit hôtel où elle travaille. En réalité, des touristes, elle n'en voit surtout que les affaires qu'ils laissent traîner dans leurs chambres.

Le séjour d'un couple parisien dans la chambre 17, va chambouler la vie d'Eleni.
D'abord il y a la langue française. " Ses mots dansaient sur un parquet ciré, faisant de petites arabesques, des courbettes, se saluant, tirant des chapeaux invisibles dans un frémissement de satin et de tulle. Ce déploiement ailé de danseurs d'opéra pour demander le sel ou s'enquérir du temps, n'était-ce pas le comble du luxe ? ".
Puis il y a l'Eau sauvage de Dior dont se parfume le Parisien de la 17. Pour Eleni, ce parfum, de par son qualificatif, est le symbole de la liberté. Car en secret, elle rêve des Champs Elysées !
Et enfin le comble du raffinement à la française, c'est cet échiquier et tous ces pions, jeu que ne connait pas Eleni.
Un jour, elle fait tomber une des pièces qu'elle ne sait où replacer. Et c'est là que commence la longue route qui mènera Eleni vers l'émancipation.

Le jeu d'échecs permettra à la jeune femme de se révéler à elle-même. Elle trouvera en elle des ressorts insoupçonnés pour apprendre, jouer et perfectionner ce qui deviendra une passion dévorante. " Elle fut frappée par l'agilité de la reine. Pièce redoutable par excellence, elle régnait sur la partie avec ses avancées rapides et ses capacités multiples. La seule figure féminine avait donc tous les pouvoirs. Cette idée subversive plut à Eleni. Elle faillit éclater de rire."

L'auteur décrit à merveille la vie en vase clos que connaissent les îliens. Les commérages et les rumeurs que l'on colporte et amplifie; les fâcheries et les points d'honneur que mettent certains à s'ignorer alors qu'ils se croisent chaque jour; les stratagèmes que l'on déploie pour préserver un peu de son intimité; le regard et l'opprobre de la communauté qu'il faut affronter s'il vous vient l'envie de vous écarter des chemins tout tracés ou l'idée de transgresser les règles de vie, etc, etc...

Une tendresse particulière pour un personnage secondaire ? Oui, pour Kouros, le vieux professeur d'Eleni, amateur d'opéras, et  qui deviendra son complice. " Par goût ou par paresse, il ne voyait plus grand monde. La solitude assumée, c'est la liberté, avait-il décrété. Il avait réussi à apprivoiser la solitude, à la faire sienne. Etre son unique interlocuteur était somme toute assez agréable. Il avait acquis ce privilège de ne plus s'ennuyer en société. Il pouvait enfin faire l'école buissonnière au lieu de se rendre à des réunions mondaines. Pour faire sa vie en tant qu'ours, il faut avoir les moyens ! "
Le portrait de Panis, le mari d'Eleni, est d'une justesse toute machiste. Et méfiez-vous aussi des bonnes copines !

Bref, un livre simple, vrai et intelligent, pour nous conter le tout petit combat d'une femme, qui peut nous paraître à nous, femmes émancipées, bien dérisoire. Le tout servi sur un plateau fleurant bon l'ouzo et le café frappé, les dolmades et les baklava dégoulinants de miel !

La joueuse d'échecs     Bertina Henrichs     Editions Liana Levi

 

ogjets91

 

 

      

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23 janvier 2011

Une petite vie sur la terre

9782755606898Suzanne n'a pas choisi sa vie, c'est la vie qui décide pour elle.
Très vite, elle devient une enfant hypermature par la force des choses afin de s'accomoder des brusques séparations et de l'insécurité permanente que fait régner une mère imprévisible.
Rien d'étonnant qu'une fois devenue adulte elle se trouve un mari tout puissant, sûr de lui, séducteur, forcément rassurant, imbu de sa personne mais qui lui fait l'honneur de la choisir, de la désirer, elle. Lui aussi décidera de tout, elle laissera faire, vivra dans son ombre.

La boucle est bouclée. Suzanne s'est jetée dans la gueule du loup comme avant elle était livrée, impuissante, à sa mère. Se soumettre plutôt que d'être abandonnée, c'est là son problème.

"Tu as toujours été du côté des victimes qui se taisent. Qui ne bronchent pas. Qui subissent sans sourciller. Tu as toujours cru que la soumission te permettrait d'accéder à une existence plus correcte. Sans trop de complication. Relativement tolérable."

Enfant non désirée, bonne petite-fille, soeur protectrice, épouse soumise, mère aimante, elle n'a jamais vécu pour elle. Suzanne est morte comme elle a vécu, elle est partie sur la pointe des pieds sans faire de bruit. Tout juste si elle ne s'excuserait pas pour le dérangement...

Sans larmoiements inutiles, un bel hommage rendu par une fille à sa mère pour nous conter la douleur de passer à côté de soi-même. Le tendre portrait d'une femme ordinaire pour une vie qui, au final, est loin de l'être.

Et un titre qui pourrait presque donner un sens à la mort...

Merci à   logobob01 

Les avis de SYLIRE  et de  GRIOTTE

Un jardin sur le ventre     Fabienne Berthaud     Editions  JBz & Cie 

arrosoir_bleue

 

 

18 janvier 2011

Une Miss so british

9782746714496Quand on a dans son entourage un ex-punk délinquant et un couple de trentenaires narcissiques, lesté comme il se doit de trois adorables bambins ainsi que d'une cour amicale toujours renouvellée, et que  lui vient l'idée de se transformer en diariste afin de juguler quelques mouvements d'humeur qu'elle ne maîtrise pas, Amy Wingate, la cinquantaine et professeur désormais à la retraite, ne sait pas où elle met les pieds, ou plutôt son stylo.

Secrète, réfugiée dans sa maison du bord de mer, cette demoiselle a toujours su cliver sa vie et camoufler sa vulnérabilité sous un masque de pince sans rire. Plus d'une fois échaudée, elle n'est plus jamais dupe des rôles que l'on veut lui faire jouer et est devenue elle-même orfèvre en manipulation. Entre virée chez une vieille copine, balades sur la plage et tea time ou verre de rouge, elle orchestre son petit monde qui n'a plus qu'à bien se tenir !

Mais si elle ne rechigne pas à égratigner les uns ou, plus rarement, encenser les autres, Amy se retrouve subitement prise à son propre piège. Car, à pratiquer ainsi l'introspection et à se triturer les émotions, il arrive que le couvercle de la mémoire s'entrouvre et laisse s'échapper des souvenirs que l'on s'est longuement appliqué à gommer.

"Suis-je en train de m'adoucir ? A Dieu ne plaise ! J'ai hâte de devenir une vieille femme difficile, tyrannique et totalement désagréable ! Après tout, il faut bien se réserver certains plaisirs pour ne pas devenir sénile."

Entre acidité de quelques gouttes de citron et velouté d'un nuage de lait, un roman réjouissant qui se déguste à petites gorgées pour faire durer le plaisir.

L'avis de Cathulu ICI
Celui de Luocine

Le journal secret d'Amy Wingate     Willa Marsh    Editions Autrement

ybois26   

 

3 février 2008

E piricoloso sporgersi

9782264036285...sur le passé !
Voilà ce que pourrait penser Gianni Orzan, qui quelques mois après la mort de son père, avec lequel il n'était pas en très bons termes, est contacté par un curieux personnage, Gianni Bogliasco, qui justement, souhaite lui parler du défunt.
Après un premier contact fort maladroit qui manque de le faire virer parano, Gianni va en apprendre des vertes et des pas mûres sur son paternel, qu'il croyait être un odieux réac, version social-démocrate à la sauce italienne qui fricote avec les fachos et les cathos.

Quelle n'est donc pas sa surprise d'apprendre que son père était en fait un agent du KGB et qu'il a passé toute sa vie à fréquenter des gens qu'il honnissait. Et de prendre conscience, par conséquent, que lui le fils communiste, n'a eu de cesse de s'affronter avec cet homme qu'il détestait pour ses opinions de droite. La pilule va être difficile à avaler !

"Et quand tu penses qu'ils mentent aussi entre eux, repart-il, que les enfants mentent à leurs parents, que les parents mentent à leurs enfants, et les frères entre eux, que mari et femme se mentent, tu comprends que le monde que tu penses connaître n'est qu'une illusion énorme, que croire à cette illusion n'est pas une question de bêtise mais de bon sens, la condition nécessaire pour que le monde, tout le monde, puisse continuer à..."

Mais comme un mensonge n'arrive jamais seul, se pourrait-il que d'autres pans de sa vie ne révèlent quelque tromperie supplémentaire ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il est légitime de se poser la question.

La 4ème de couv annonce un livre qui déclenche des fous rires, dixit une certaine Martine Laval. Bon, je n'ai sans doute pas le même humour que Télérama ! car si j'ai beaucoup aimé cet imbroglio italien, et surtout le personnage haut en couleurs de Bogliasco, de là à se bidonner, y'a un pas que je ne franchirais pas.
Ce livre ravira les amoureux de l'Italie, vespa, pizza, cremolati et tutti cuanti.
Une balade romaine sympathique et plaisante, aux effluves de jasmin et d'origan; et pour les adeptes, un texte truffé de références cinématographiques.
La vie peut-être un drôle de cinéma !

La force du passé    Sandro Veronesi    Editions 10/18

vespa

29 janvier 2008

Cordes raides...

9782742769025Lorsque nous faisons connaissance avec le narrateur, Aldo est devenu un célèbre violoniste. Il partage la vie de Rose depuis vingt-cinq ans, femme plus âgée et luthière de son état.
Au matin d'un grand concert, il entre en possession d'un récit écrit par Anna, sa mère, quelques temps avant son suicide. Récit d'enfance puis de la vie qu'elle a menée, seule d'abord, puis sous la protection de Marguerite qui dirigeait la pension de famille du même nom où elle vécut et travailla.

C'est aussi là qu'elle rencontre il grande Cagliostro, ventriloque et artiste de cabaret, régulièrement de passage à Paris et dont elle aura un enfant, Aldo.
Avant de disparaître définitivement, cet homme transmet son art à Anna, et celle-ci aura l'idée géniale de faire appel à cette voix venue du ventre afin de continuer à faire exister ce père absent, cet homme follement aimé. Le temps passant, Aldo grandit entouré de l'affection et de l'attention de tous les pensionnaires. L'un d'eux, Monsieur Zoltan, vieil Hongrois en exil, initiera Aldo au violon.

"La perspective des applaudissements du soir calma son irritation. Ils allaient l'apaiser, il le savait. L'isoler, le protéger. Leur évocation le plongea dans le souvenir de la Pension Marguerite, lorsque tout le monde se disputait son affection. Il avait eu de la chance. Une enfance de petit roi. L'image lui parut à la fois juste et saugrenue. Il esquissa un sourire et secoua la tête dans un geste de dérision."


Au fil de la lecture des feuillets maternels, on suit les tourments du violoniste tout au long de cette journée qui se clôture par le concert. Entre reviviscence des souvenirs, répétition, lecture des critiques, interview, confession, appels au secours lancés à sa femme et pour finir, levée d'inhibition libérant enfin l'artiste du carcan technique dans lequel sa musique s'est enfermée, au détriment de l'émotion et de la sensibilité, eh bien on n'est pas fâché que la journée se termine !

Histoire de voix et de confusions identitaires, livre de la honte et de la culpabilité, il s'agit avant tout d'un récit bourré de clins d'oeil symboliques qui ravira les passionnés de psychanalyse.
Peut-être un peu trop réducteur et caricatural, il reste cependant une analyse juste du plus vieux fantasme du monde.
J'ai aimé ce livre sans plus. Point de dégoût, mais pas d'émotion non plus, ni de compassion.
Serais-je devenue insensible aux affres de la création et aux états d'âme narcissiques des artistes ?
A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une petite indigestion passagère suite à un abus de substances dangeureuses pour le moral, la misère et la souffrance humaines...

Je ne sais pas ce que je vais lire ce soir !

L'avis de BELLESAHI

La Pension Marguerite    Metin Arditi    Editions Actes Sud  Babel

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11 novembre 2007

Simple et juste

jcRecueilli tout bébé par un couple de paysans, Milosz a grandi dans le village de Saint-Alban, en Saintonge. Le temps passant, il s'avère que Milosz est un simple d'esprit; doté d'une intelligence et d'une sentimentalité instinctives, il n'en reste pas moins l'idiot du village.
Ethan et Maud accueillent aussi Louise, surnommée "la vieille fille", une cousine éloignée et fantasque, qui bien vite devient la complice de Milosz. C'est elle qui lui apprend à vivre au rythme de la nature entre jardinage, construction de cabanes et longues courses dans les bois et les vignes. Malgré la différence d'âge, la loufoquerie et la tendresse de Louise transforment la vie de Milosz et adoucissent le sentiment de rejet dont il est victime de la part des autres enfants.

"Et Milosz se disait que plus tard il ferait comme elle: il n'en ferait qu'à sa tête. Et pendant qu'il se promettait cela (...) il pensait que tant que Louise serait là rien ne pourrait lui arriver."

Mais Louise ne pourra pas toujours protéger Milosz; on devra l'éloigner.
Le roman commence au retour de Milosz à Saint-Alban, vingt ans après. Louise, malade, réclame sa présence.

"A ses côtés, les mots étaient inutiles, toujours éloignés de ce que l'on voulait dire; on devenait quelqu'un d'autre, et lui, Milosz, était devenu un petit morceau de lune balancé au vent. Mais ça, personne n'avait pu le voir. Et il repensa à ce jour extraordinaire où il avait vu Louise pour la première fois."

Une histoire d'amour sur le fil du rasoir entre deux êtres à la tête étoilée d'originalité. Un amour qui mettra vingt ans à se reconnaître et à se dire. La tendresse de l'auteur pour ses personnages sert à merveille ce récit mélancolique au pays des taiseux. Un premier roman à l'écriture fragile, au ton hésitant entre sobriété et poésie et qui laisse traîner derrière lui un beau parfum de campagne et de pommes qui murissent au grenier.

Milosz ou L'idiot magnifique     Jaunay Clan     Editions L'Harmattan

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29 septembre 2007

Enfer au paradis

fleurdenuit_shanimootooUne bourgade au nom prometteur, Paradise, située sur l'ïle imaginaire et tropicale de Lantanacamara.
Le roman s'ouvre sur l'arrivée mouvementée d'une vieille femme à l'hospice. Soupçonnée de meutre, elle est amenée par la police qui vient de découvrir dans sa maison les restes d'un cadavre.
Sa réputation l'a précédée et comme depuis de nombreuses années déjà, personne ne se bouscule pour s'occuper de Mala Ramchandin, la nouvelle pensionnaire. Sauf Tyler, le seul infirmier récemment embauché et qui, jusqu'à ce jour, est relégué aux plus basses besognes par ses charmantes collègues plutôt méprisantes à l'égard de ce jeune homme un brin efféminé.

"Mala Ramchandin et moi avons nous aussi des points communs : nous avons trouvé notre propre voie et nous sommes forgé une armure contre le reste du monde.
Que dirait mémé si elle savait quelles circonstances m'ont permis de connaître l'histoire dans sa totalité ? Car il y a eu la singularité que je partageais avec Mala Ramchandin dont mémé avait entendu parler. La seconde découlant de la première."

Tyler, avec la sensibilité propre à ceux qui souffrent d'être différents, réussit à amadouer Mala la terrible et à reconstituer peu à peu l'histoire qui un jour a fait basculer la raison du côté de la folie.
Mala et sa soeur vivent seules avec leur père depuis le jour où son épouse le quitte pour partir avec la femme que lui-même convoitait alors qu'il était adolescent. Dans l'indifférence générale, la descente aux enfers commence pour cet homme et ses filles, jusqu'au jour où Mala commet l'irréparable pour sauver sa peau.
Noyée sous les parfums capiteux d'une végétation luxuriante, l'odeur de la mort sera la seule compagne de Mala. Dorénavant, recluse dans sa maison, si proche et pourtant si loin des vivants, elle n'accordera plus son attention qu'à son jardin et aux multiples petites bêtes qu'il héberge. Sa raison ne retrouvera que le chemin des souvenirs sur lesquels le temps n'a aucune prise.

"Jamais elle n'avait vu un clair de lune aussi brillant. Pendant toute la semaine précédente,elle était descendue chaque soir au jardin vérifier l'état d'avancement des bourgeons de cereus. Leur heure était venue et cet événement tant attendu coïncidait, du moins selon son interprétation à elle, avec l'épanouissement de la lune. A la tombée de la nuit, elle tira son fauteuil à bascule au bas de l'escalier de derrière, puis le traîna sous l'énorme mudar. Aussi droite qu'un chef d'orchestre, elle s'installa devant le mur. Au cours de la nuit, elle assista à la lente danse des gros bourgeons. Réverbérée par le blanc immaculé des fleurs, la lune faisait luire la cour."   

On croule sous les senteurs enivrantes des frangipaniers, des pamplemoussiers, des limettiers, des manguiers, des poivriers, des muscadiers, des jamboisiers... L'auteur s'y entend à merveille pour nous distiller les différents événements qui constituent le fatras psychique et physique où s'est enfermée Mala. La fin, très noire, explose pourtant dans un feu d'artifice de couleurs et d'odeurs, d'horreur et de tendresse.
C'est toute la problèmatique de la colonisation et de la christianisation qui sous-tend cette histoire. La  domination coloniale et masculine, la dépossession de son moi profond, de son genre, la sexualité, la culpabilité, l'humiliation, tous ces thèmes dénoncés forment la trame de ce très beau roman familial, tour à tour sauvage et cruel et cependant plein d'humanité.

Merci à  MUSKY qui commence à bien connaître mes goûts littéraires et qui me l' a offert !
Elle en parle ICI

Fleur de nuit     Shani Mootoo     Editions 10/18

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6 septembre 2007

Recto verso

9782070787012Côté face, Stéphane Eugerwicz raconte qu'il est arrivé en France en 1938 venant de sa Pologne natale, qu'il n'est pas juif et qu'il exerce la profession d'interprète. Mais en 1942, il débarque en Ardèche et s'installe à la Cour des Miracles, un ancien palace reconverti en centre d'hébergement de tout une faune hétéroclite.

"Ils se prétendaient tous princes, ducs ou millionnaires, ne vous y trompez pas, les citoyens de la Cour des Miracles n'étaient pour la plupart qu'un ramassis de traîne-savates et d'éleveurs de poux. C'est parmi ces brebis galeuses que mon père recruta ses seconds: Mietta, le manchot; Olga, la croqueuse d'hommes; le Bossu, poète et futur héros de la Résistance; Wiégo, le médecin éthéromane et philosophe à ses heures. Mon père n'avait pas l'intention de fomenter une révolution ou un 18 Brumaire à la Cour des Miracles, pas du tout. Son objectif, c'était de parvenir à ses fins et ses fins c'était de se remplir les poches. Son équipe recrutée et subjuguée par ses talents de baratineur, il lança immédiatement sa première opération."

En 1942, il rencontre aussi Andrée Edo, fille de la Boucherie Moderne. Il la séduit ainsi que toute sa famille et l'épouse. Il s'y connait en séduction et baratin, le petit Polonais de 1,68 m avec son écharpe de laine, son béret et son manteau bleu. Et il n'a pas que le sens du commerce amoureux. Bien sûr ses talents, il va les mettre au service du marché noir qui, en ces années de guerre, n'attendait que lui. Avec sa bande loufoque, ils vont dévaliser la nuit pour revendre le jour, d'ailleurs souvent à ceux-là mêmes qu'ils ont détroussé, et aux maquisards, et puis tiens, pourquoi pas à l'occupant aussi ! Les billets de banque coulent à flots et la bande de slaves fait la java et mène la belle vie.
Et c'est toujours l'amour fou avec la belle Andrée. A la Libération, la tribu migre et Stéphane a pignon sur rue. Il faut recycler l'argent sale, il ouvre un commerce à droite, un autre à gauche, une usine de confiserie, achète des immeubles, dépense sans compter pour les uns, pour les autres. Toujours plus d'argent, de fêtes, de cadeaux, Stéphane est arrivé enfin tout en haut de l'échelle.

"Quelle époque, certaines aubes, ils regardaient les étoiles s'éteindre une à une, il faisait froid, ils remontaient le col de leur veste ou de leur manteau, ils mettaient leurs mains dans leurs poches, leurs pas claquaient sur les trottoirs déserts d'un Paris désert comme un poème que l'on ne comprend pas. A ces moments ils avaient l'impression que le moindre mot dit par eux aurait des échos qui se répercuteraient jusque dans les couloirs de l'éternité."

Côté pile, une trahison va casser le dernier barreau de l'échelle, et c'est le début de la dégringolade. Revers de fortune, maladie d'Andrée, décès de ses plus chers amis, Stéphane se met à boire et végète dans sa dernière affaire, un restaurant, un bouchon à Lyon. La mort de sa femme va le laisser exangue, seul, ruiné, malade à son tour. Ses enfants ne réussiront pas à le raccrocher à la vie.

J'ai dévoré ce livre avec la même gourmandise que celle dont fait preuve le héros pour la vie.
Le narrateur de cette histoire est le dernier fils de ce couple farfelu, de ces deux êtres qui s'aimaient d'amour fou. Il a été spectateur de la deuxième partie de leur vie, pas la plus agréable, et tente après la mort de son père de reconstituer leur histoire.
J'ai été emportée par la truculence des personnages et ravie de me laisser embringuer dans le tourbillon de leur vie dissolue. L'émotion a pointé son nez au récit de la décadence de cet homme que l'on n'arrive pas à détester malgré sa cupidité. Les apartés du narrateur, qui observe la folie de ce père inaccessible et assiste au déclin de ce couple amoureux, ponctuent le roman.

BELLESAHI , qui vient aussi de le terminer prématurément, n'a pas aimé du tout, mais alors pas du tout, du tout. La preuve, elle ne l'a même pas fini, choquée qu'elle a été par certains passages.
Bof, moi ça ne m'a pas dérangé, faut dire qu'avec la vie que j'ai mené ...!

Un petit homme de dos   Richard Morgiève   Editions Joëlle Losfeld

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2 septembre 2007

Mitron bon, mitron mauvais

livreLa narratrice est la fille de l'aînée des sept soeurs en question, Martha.
Après Martha, il y eut Marie, puis Anne, Christina, Vincentia, et enfin les jumelles Clara et Camilla.
La mère de cette tribu meurt peu après la naissance des jumelles, laissant un mari inconsolable, au point que celui-ci disparait un beau jour sans laisser d'adresse. Martha n'a pas d'autre choix que de prendre les choses en main avec l'aide d'Omi, une vieille femme venue d'on ne sait où.

"Au bout d'un certain temps, tout le monde avait oublié ce que j'étais venue faire là et le schéma s'était rétabli, le schéma que Martha avait tissé treize ans auparavant lorsque son père avait disparu du jour au lendemain pour ne plus jamais revenir, la laissant seule avec ses soeurs et la petite boulangerie."

Car Sébastien, le mari de Martha, prend lui aussi la poudre d'escampette six mois après la naissance de sa fille, après avoir fait chavirer plus ou moins le coeur de toutes les soeurs.
A partir de là, la narratrice ne saura plus trop qui elle est, puisque toutes les soeurs vont s'occuper d'elle, comme une seule et unique mère aux multiples visages. Est-elle la fille de l'une ou la soeur de toutes ?
Au fil des pages et du temps qui passe, certaines d'entre elles tenteront l'aventure du mariage et quitteront momentanément la maison, mais pour toujours finir par y revenir suite aux aléas de leur vie conjugale. Et la narratrice, elle, n'aura de cesse d'essayer de découvrir qui était ce Sébastien dont on vient d'améner le cadavre à la boulangerie, événement qui réunit une fois de plus les sept soeurs.

Un roman qui m'a un peu surprise car je m'attendais à me rouler dans la farine et à me saturer les narines d'odeurs de viennoiseries et de bon pain. Au lieu de cela, la narration est plutôt axée sur les tribulations des soeurs qui m'ont un peu donné le tournis avec leurs aller et retour incessants et j'ai un peu mélangé les histoires des unes et les prénoms des autres.

"Clara avait déjà annoncé à plusieurs reprises qu'elle ne continuerait pas à travailler à la boulangerie, et du jour au lendemain elle disparut. Elle ne donna aucune nouvelle, et pendant trois ans on ne sut plus rien d'elle. Jamais après son retour, elle n'a donné la moindre explication quant à ce qu'elle avait fait pendant tout ce temps."

Au final, un livre pas désagréable mais qui se termine un peu en queue de poisson, puisque l'on passe des quinze ans de la narratrice à ses cinquante, en quelques pages seulement.
Il paraît qu'il y a une suite...

La maison des sept soeurs     Elle Eggels     Editions 10/18

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5 août 2007

O.N.G *

9782070304141*Ouvrage Non Garanti, malgré un Grand Prix de l'humour noir 2003 .
Déjà la couverture n'est pas engageante, mais pourtant j'aurais bien mis ce masque à gaz tant la lecture de ce livre m'a mis mal à l'aise.

Julien, jeune bègue de vingt-cinq ans, vit encore chez pôpa et môman. En recherche d'emploi, il se dégote un stage dans une ONG écolo extrémiste. Engagé sous le quota "handicapés" afin de bénéficier de la subvention, il devra suivre Ulis, le grand gourou qui dirige "La Foulée verte", et noter tous les faits et gestes ainsi que les bonnes paroles du maître.
Tout baigne jusqu'au jour où s'installe dans l'immeuble une autre ONG "Enfance et vaccin". La guerre va éclater sous prétexte de partage de l'espace d'affichage dans l'ascenseur. Et ce sera l'escalade jusqu'à plus soif.
Rien ne nous sera épargné, les clichés sectaires, les opérations coup de poing, les manipulations médiatiques, les magouilles financières, et les dérapages inévitables et incontrôlés.

"Comme j'allais protester, il m'a jeté un regard sans appel.
- Pas la peine de se voiler la face. Mon karma n'est pas des meilleurs en ce moment. Le feng shui est nord-ouest. L'année du cheval est mauvaise pour les Capricornes. Mon inconscient clignote à l'orange. Et avec moi c'est toute la Foulée verte qui est menacée... Ce qu'il nous faudrait pour nous réveiller c'est qu'un millier de baleines viennent mourir sur nos côtes ! Qu'une fuite radioactive contamine l'eau de la ville ! Une grande catastrophe écologique ! O ce serait... Où sont-elles ? Je doute... Parfois j'ai l'impression que les temps glorieux des Exxon Valdez appartiennent au passé... Laisse-moi.
Il s'est mis en position de lotus.
Je suis sorti, un peu sonné, ébloui par la grandeur de cet homme."

Pour m'encourager à poursuivre ma lecture, j'ai dû me répéter sans cesse que c'était une caricature, une satire grossière de ces associations pleines de bons sentiments. Le fond de vérité qui sous-tend tout cela a sans doute participé à ma hâte de refermer ce livre.
Certes le propos est féroce, mais j'ai à peine souri. L'artillerie sortie est trop lourde. A moins que ce soit l'aveuglement sectaire de Julien qui m'ait oppressée...

Katell, je vais me purifier l'esprit avec Christian Bobin. Là, sans hésitation, succès garanti  !

O.N.G !     Iegor Gran     Editions Folio

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6 août 2007

Chat va bien ?

9782869597778Que faire hier avec 33° au thermomètre, si ce n'est s'écrouler sur une chaise longue sous l'ombre fraîche du tilleuil, un verre de thé glacé dans une main et un livre dans l'autre. Même pas un souffle de vent pour tourner les pages. Rien pu faire d'autre, et ce petit livre y est passé dans l'après-midi.

La mère Herbe offre un petit chaton à Olga Bredaine, professeur en retraite venue s'installer à la campagne.
Peu ravie de devoir s'occuper de cette boule de poils même pas sevrée et qui plus est se prénomme Soizic, nom attribué d'office par la mère Herbe, Mme Bredaine va se laisser séduire par la bestiole.
Mais la mère Herbe, au regard de son patronyme, ne serait-elle pas un peu sorcière ? Car il s'avère qu'un jour Soizic se met à parler. D'abord surprise, Mme Bredaine accepte ce fait exceptionnel et ne tarde pas à rentrer dans le jeu de la minette.

Un conte qui prouve que l'auteur est une observatrice hors pair de la gente féline.

"Soizic s'installe devant le feu, dispose somptueusement sa queue autour d'elle comme une dame d'antan son boa. S'étire. Queue sur l'oeil, devient pirate borgne."

Mais aussi de la nature. Une occasion toute poétique de nous faire partager les petits bonheurs de la campagne.

"Par mimétisme avec le courrier, le potager qui jouxte le bureau a l'air d'une page d'écriture : le A du portillon, les O des choux, les I des poireaux, le E et le T de l'échelle et du râteau appuyés contre le mur, le U du sac de jute accroché à un clou, le K de l'arrosoir, le Y du cerisier, le Q du chat assis entre les salades, le H de la balançoire, le X de l'épouvantail crucifié sur une croix de Saint-André."

Ce court récit énervera ceux qui dénoncent le gâtisme de certains face à leur animal de compagnie. Les amoureux des chats, eux, se laisseront embringuer dans cette histoire anthropomorphique sans rechigner.

"Visiblement vexée par ma question, la chatonne, au lieu de répondre, se lèche avec affectation, passe lentement plusieurs fois sa patte par-dessus son oereille. Cette mégalomane s'imagine provoquer ainsi la pluie, alors que je dois accrocher la lessive sur les fils du jardins tendus du cerisier au cognassier, du cognassier au prunier, réseau par où on imagine les arbres échangeant des messages télégraphiques :
- Mieux vaut entretenir oiseaux (musique) que fournir Bredaine confiture. Messieurs Hâtifs.
- Musique vent suffit. Sommes harpes éoliennes. Montmorency.
- Sol manque potasse. Devrions réclamer purin, poudre d'os. Géant de V.
- Sommes mal émondés. Gourmands. Bredaine peu capable. Messieurs Hâtifs."

C'est joli tout ça, non ?
Merci Madame BECK pour ce beau moment plein d'imagination.

L'Enfant Chat     Béatrice Beck     Editions Arléa

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30 juin 2007

Grain de sel

9782221108208Une fois admis que :
1-des parents peuvent laisser leurs enfants se réveiller chaque nuit, suite aux cauchemars récurrents qui hantent leur sommeil, sans consulter d'urgence;
2- vivre au bord de la mer et interdire aux mêmes enfants de s'en approcher;
3- et surtout que ces gamins n'aient même pas l'idée de transgresser un tel interdit;

on peut se laisser embarquer dans cette histoire fantastique.

Ce livre a été longuement encensé et commenté, donc je n'en rajouterai pas. Comme tout le monde, je me préparais à me laisser embarquer avec plaisir pour cette croisière cauchemardesque et familiale. Seul bémol, étant donné que je planche depuis des mois sur les transmissions générationnelles inconscientes, je n'ai pas réussi à me départir d'un oeil critique et réaliste. J'ai vu venir le dénouement aussi sûrement que la nuit après le coucher du soleil, et ce, dès le début. D'où ma frustration.

Cela dit, l'auteur fait preuve un réel talent romanesque et d'un joli brin de plume.
Et il est toujours agréable de faire une virée en Bretagne et aux confins de ses univers légendaires.

Ce livre trouvera sans conteste sa place dans ma bibliographie, en tant qu'ouvrage librement paradigmatique de mon sujet de prédilection.
J'espère que l'auteur ne m'en voudra pas pour cet article quelque peu mitigé.

L'ancre des rêves     Gaëlle Nohant    Editions Robert Laffont

 

 

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13 mars 2007

Les années 50

9782211068635Florinette et Nina, avec leurs récents articles, m'ont donné l'envie d'une petite remontée dans le temps, c'est pourquoi je vous présente cet album. Sans doute d'ici quelques années, quelqu'un de nostalgique écrira la suite, " Avant l'ordi " !

L'auteur nous raconte l'année 1953 par le biais du regard d'un enfant, né après guerre. Alain a 8 ans, ses copains s'appellent René, Jacques, Solange, Gisèle... Et tout au long des pages, il nous montre à quoi ressemblait la vie des français. Les logements exigus, avec les wc sur le palier, sans salle de bains, les bouillotes que l'on met dans les lits, les édredons de plumes, les soirées autour du poêle à écouter " La famille Duraton " ou " Zappy Max ". C'est aussi l'occasion  de nous faire rencontrer les petits métiers aujourd'hui disparus, le charbonnier, le livreur de glace, le vitrier, le rémouleur et tous les petits commerces de quartier. Un pain vaut alors 48 Frs et les pièces sont toutes légères !

Bien sûr, on fait un tour à la confiserie, histoire de revoir les boîtes de coco de toutes les couleurs ! Sans crainte, les enfants jouent dans les rues; les garçons font du patin à roulettes dans un bruit d'enfer et les filles dessinent des marelles sur les trottoirs. L'école n'est pas mixte et les enfants portent des blouses. On écrit à la plume Sergent Major et on a des buvards publicitaires. Pour dix bons points on a une image, et si on travaille très bien on peut même obtenir la croix d'honneur. Les leçons de choses et les cours d'instruction civique sont dispensés par un maître qui a souvent la clope au bec ! Et le jeudi, les enfants vont au patronage.

Cette année là, lorsque l'on veut téléphoner, il faut demander le numéro à la demoiselle des Postes; très peu  de téléviseurs, alors on va chez ceux qui en ont un, pour regarder le couronnement de la reine d'Angleterre. Dans tous les quartiers et dans tous les faubourgs il y a des cinémas; on y va en famille voir Fanfan la tulipe, Le train sifflera trois fois ou La rivière sans retour. Après les actualités et les réclames, c'est l'entracte et l'ouvreuse vend des chocolats glacés. L'été on descent les chaises dans la rue et on discute entre voisins.

Mais aujourd'hui, Alain est grand-père. Il repense à tout ça en attendant sa petite fille à la sortie de l'école. Ses copains s'appellent Kévin, Idriss, Priscilla, Fatoumata... Certains adultes disent " Ah c'est plus comme avant ! " ou bien " Finalement c'est toujours pareil ". Alain ne dit rien, il sourit simplement ...

Les illustrations sont simples et réalistes. C'est un tendre retour au temps de l'enfance, pour tous ceux qui tournent autour de la cinquantaine... Un petit reproche, l'auteur a oublié les chanteurs de rue qui égaillaient aussi les cours des immeubles et auxquels j'adorais lancer une pièce !

Et vous, les quinquas, y a-t-il d'autres choses que vous ne retrouvez pas dans cette jolie description du début des Trente Glorieuses ?...

Avant la télé     Yvan Pommaux     L'école des loisirs

 

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18 mars 2007

UN KM A PIED ...

 

arpenteursLa couverture est splendide, le titre prometteur, la critique du Bibliomane impeccable. C'est malin, qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter !

Humboldt, l'aventurier optimiste que rien n'arrête et Gauss, l'obsessionnel dépressif et râleur , c'est un peu Laurel et Hardy au pays des merveilles. Ces deux visionnaires ont pourtant bel et bien existé. Ils nous entraînent dans une promenade scientifique et philosophique où l'on croise pêle-mêle Goethe, Kant, Aguirre, Daguerre, les frères de Montgolfier, La Condamine, Bolivar, le président Jefferson, le tsar de Russie, Napoléon.

Humboldt, assisté de Bonpland, son arpète rochelais, va crapahuter des rives de l'Orénoque aux sommets de la Cordillière des Andes. Ils y rencontrent de drôles de chiens volants, des poissons parlants, des cannibales, le maître du curare. A ses risques et périls, Humboldt prélève, cueille, examine, décortique, calcule, note, dessine tout et n'importe quoi " Il était toujours transporté de joie lorsqu'on mesurait quelque chose ". Il affronte ouragan et tempête de neige avec la même joyeuse fatalité. " Pour que l'orage serve quand même à quelque chose, Humboldt s'était fait attacher à la proue du bateau, à cinq mètres au-dessus de la surface de l'eau, afin de mesurer la hauteur des vagues qui ne se brisaient pas sur une côte. Il était resté suspendu ainsi toute une journée, du matin jusqu'à la nuit, l'oculaire du sextant devant son visage. Après, il était certes un peu désorienté, mais également rouge, rafraîchi et gai, et il n'avait pas compris pourquoi les marins, à partir de ce moment-là, l'avaient pris pour le diable."

Pendant ce temps, sur la terre ferme, Gauss, le prince des mathématiques, passe d'abord pour un hurluberlu. Son cerveau bouillonne de chiffres, d'équations, de théorèmes. Il mange à peine, dort peu, oublie ses emplois alimentaires; il calcule partout, toujours et encore. S'intéressant de plus en plus à l'astronomie, il vainc son appréhension des voyages et embarque dans une montgolfière, afin de se rapprocher des étoiles. Le voyant chuchoter, le pilote de l'engin lui demande : " Tu pries ? Non, je compte les nombres premiers, je fais toujours ça quand je suis nerveux ! ". Gauss a tellement la tête ailleurs qu'il ignore que la guerre est déclarée. Il interrompt sa nuit de noces pour noter quelque formule; il oublie que sa femme est en train d'accoucher et ne comprend rien quand on lui annonce qu'il a un garçon. D'ailleurs, ses congénères, y compris ses enfants, ne lui inspirent aucune  sympathie !

Car côté sentiments, Humboldt et Gauss ne sont pas mieux lotis. Le premier aurait un goût suggéré pour les petits garçons, et le second, et bien, il semble que seule sa môman ait grâce à ses yeux. Est-ce le lot de toutes les grosses têtes ?

Perdus l'un et l'autre dans leurs périgrinations, nos deux héros n'en oublient pas moins d'avoir un regard plein de naïveté et de sagesse sur l'espèce humaine. Très tôt, Gauss " comprit que personne ne voulait se servir de son entendement. Les êtres humains aspiraient au repos. Ils souhaitaient manger et dormir et aussi qu'on soit gentil avec eux. Ils ne voulaient pas penser ". Humboldt, moins misanthrope, militera contre l'esclavage et portera un jugement modeste sur son oeuvre. Si pour l'un " Connaître, c'était désespérer ", pour l'autre " Voyager, c'était la possibilité de ne jamais revenir ". Et de nous demander comme l'un des héros, qui des deux est allé le plus loin ? Mais ils ont bien fait de se croiser ces deux-là !

Le ton léger et humoristique de ce livre réconcilie avec le savoir tous les nuls en maths (dont je fais partie); l'air de rien, il nous cultive. Et que ça semble facile d'escalader les sommets, de pactiser avec les moustiques; les petits bobos ne sont plus terrifiants, non, y'a qu'un truc qui vraiment n'est pas sympa, c'est le dentiste de l'époque; les phobiques, sautez les pages 80-81 !

Les arpenteurs du monde     Daniel Kehlmann     Actes sud

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27 décembre 2017

Mais qu'est-ce que c'est que ce souk ?!!!

Ouh là là ... que de poussière ! Il est temps de remettre un peu d'ordre dans ce Souk.

Voilà plus de cinq ans que ces pages sont devenues le royaume de publicités diverses et (a)variées...

Cinq ans déjà ! 

Cinq belles années pendant lesquelles mon enracinement en terre bretonne s'est affirmé au point de vivre bientôt (enfin) sur la côte finistérienne pour le plus grand plaisir des yeux comme le prouve la nouvelle bannière de ce blog. Beaucoup de beaux voyages aussi sous des cieux lointains, de vieux rêves enfin réalisés, de nombreuses lectures bien sûr mais également de nouvelles activités professionnelles. Bref, la vie quoi !

S'il va falloir reprendre quelques habitudes, je ne serai sans doute pas aussi productive qu'avant même si je continue à dévorer les livres de façon déraisonnable.

Alors à bientôt peut-être si vous repassez par ici ! 

 

 

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19 janvier 2018

ARTSILAIRE !

20180115_201546copieIl existe un joli petit musée à Paris dans un lieu insolite, l'Hôpital Sainte-Anne (haut lieu de la psychiatrie pour les non parisiens). Ici, point de foule, ni de bousculade, ni de file d'attente interminable. C'est à l'entrée de l'hôpital, très facile à trouver, et c'est gratuit...

L'Hôpital Sainte-Anne a fêté ses 150 ans d'existence l'an dernier. A cette occasion, plusieurs expos sont organisées depuis Mai 2017. Celle que j'ai visitée la semaine dernière se tient jusqu'au 28 Février, elle s'intitule Elle était une fois ACTE-II et présente un fonds qui couvre les années 50; l'expo ACTE-I qui s'est tenue à l'automne dernier concernait les années 1858-1949, une prochaine aura lieu au printemps. 

J'ai été très émue de revenir à Sainte-Anne où j'ai étudié et travaillé pendant 10 ans. Je n'avais pas foulé les allées de l'hôpital depuis 1987 mais j'ai vite retrouvé mes marques, de nombreux bâtiments étant classés, ils sont toujours là, seuls les noms ont parfois changé. Il y a eu des changements, certes, mais ils concernent surtout ce qui se passe à l'intérieur des services...

Depuis quelques temps, ce qu'on appelle "l'Art Brut"  (que l'on nommait avant "l'art pathologique") est devenu la poule aux oeufs d'or de certains marchands d'art qui spéculent à tout va sur des oeuvres très souvent anonymes et dont les auteurs, de fait, ne voit jamais la couleur d'un euro. Le musée MAHHSA a eu l'excellente idée de récolter dans le monde entier des oeuvres de patients qui, au moins, sont à l'abri des rapaces cités plus haut ; certains sont cotés, voire devenus célèbres, la majorité sont restés anonymes. Les oeuvres de ces derniers sont particulièrement émouvantes. Une feuille de cahier, de l'encre, un peu de mercurochrome ou de teinture d'iode faisaient souvent l'affaire. Des pensées, compréhensibles ou pas, des représentations de leur réalité interne, l'expression de leur souffrance, de leurs délires ou tout simplement de leur quotidien, tout cela forme un bien beau témoignage du monde "artsilaire".

 

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Guillaume PUJOLLE   La loi des rebelles  1939  

 

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Caroline MACDONALD    Robespierre

 

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Amy  Wilde  juin 1948  

 

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A.P  BRAGANCA   1951

 

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Alexandre  NELIDOFF  Interné en 1947

 

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Un bien joli texte...

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Un autre plus angoissant !

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Certains plus récents s'affichent en extérieur

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La psychose, ça fait mal au schéma corporel....

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Mais ça n'empêche pas d'avoir parfois de l'humour !

©crédit photographique
Collection Sainte-Anne

 

Merci aux artistes, aux gardiens de fous puis aux infirmiers-ères psy, aux art-thérapeutes, aux psychiatres qui ont su protéger ces oeuvres, et à l'Hôpital Sainte-Anne où j'ai eu la chance d'avoir connu et pratiqué une psychiatrie que je ne reconnais plus au jour d'aujourd'hui, toute bardée qu'elle est de protocoles qui évitent de penser, une psychiatrie gestionnaire et sécuritaire où le soin s'oublie.

Et merci au MAHHSA d'exister, visitez leur site si vous voulez en savoir plus. 

Une autre exposition d'Art brut se tient à Paris à  La maison de Victor Hugo  jusqu'au 18 Mars. 

 

logoMahhsa

2 juin 2012

Farniente breton

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Un air de village méditerranéen ?

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Si ce n'est la boîte aux lettres, ce pourrait être aussi l'Irlande ?

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J'ai juste traversé le village de Spézet,
croisé la vierge des Montagnes Noires perdue en pleine forêt
et mis le cap au sud

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Moulins, maisons, lavoirs, chaos, tout est beau

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dans le petit village de Pont-Aven où même à 10h du matin
il est bien difficile de faire des photos sans qu'y apparaisse l'ombre d'un touriste.
J'ai repoussé à contre-coeur ma visite du musée investi par une horde d'Américains bruyants.
(pour info, le musée ferme ses portes pour plus d'un an en septembre prochain)

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J'ai garé ma 206 ailleurs pour ne pas gâcher le paysage des riches...

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Ici même les WC publics ont de la classe !

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J'ai délaissé les galettes de chez Traou Mad pour une chocolaterie des plus tentatrices
mais la chaleur m'a permis de résister au moindre achat, j'y reviendrai en hiver !!!
(les gourmandes peuvent agrandir la photo)

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Encore plus au sud. Tiens, une plage déserte rien que pour moi ?
D'où l'avantage de prendre son lundi de Pentecôte le mardi...

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Un goéland est venu partager mon pique-nique, un bar au menu pour lui
Lecture au rythme des vagues et d'une brise rafraîchissante pour moi.
Et premier bain de mer de la saison !

27 février 2012

Balade de La Pierre Bleue



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Agrandissez, vous verrez tout en haut
Le clocher de l'Abbaye du Relecq nichée au pied des Monts d'Arrée
Pâtures, landes, tourbières, sapinières, ardoisières
Du haut de cet éperon rocheux on embrasse tout cela
Rien n'arrête le regard...  De l'espaaaaaaaaace !!!

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Lichens, mousses, bruyères, genêts et ardoises font bon ménage
Mais l'été place aux fougères et aux myrtilles

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"La cathédrale"
une ancienne ardoisière perdue au milieu de nulle part
tellement bien cachée qu'on peut passer sans la voir.
Y'a pas à dire
Ils avaient du courage les anciens.... 

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1 janvier 2012

Ah s'ils pouvaient parler !

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Je les imagine poussant des hourras en ce rare jour ensoleillé et finissant de Décembre
  Ou au contraire en colère et se lamentant contre cet hiver vraiment trop doux...
  A moins qu'ils pestent tout simplement de ne pouvoir se sauter dans les bras l'un de l'autre
Pour se souhaiter  Bonne Année !
La subtile dentelle que dessinent leurs branchages sur le crépuscule n'y résisterait pas
Agrandisssez, c'est beau !

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En face, celui-ci se marre...

2 avril 2012

Vacances, mot d'excuse...

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Comment ne pas prendre la tangente devant

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toutes ces belles lignes de fuite qui rayonnent au bout de mon hameau ?

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Ce furent des vacances bucoliques, champêtres et revigorantes.
Beaucoup de temps à trimer au jardin et à musarder dans les fermes alentour

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Et bien que jouant aussi la garde-malade de la petite Gypsie
- ici en pleine convalescence après s'être fait une fracture ouverte -
j'ai assez peu lu durant ces deux semaines.
(il faut dire que les frais de véto ont grandement grevé mon budget lecture....)
Quelques billets cependant à rédiger si je trouve le courage de m'y attaquer !

5 novembre 2011

Sur les routes bretonnes

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 Je vous avais présenté l'auberge  ICI
Voici la voiture qui va avec !
Vue de derrière elle est chouette, rigolote,
parfaite pour Halloween
sauf que...

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Quand je vous disais que les proprios avaient le goût de la mise en scène
Ils ont aussi celui de la provocation.
Je me demande ce que peuvent bien penser les habitants
d'un petit village voisin, haut lieu de la Résistance bretonne sous l'Occupation,
lorsqu'ils voient passer ce véhicule...
Certes il n'y a pas, ou plus, les deux S au centre de cette croix de fer
mais je n'imaginais même pas qu'on puisse avoir le droit d'afficher
aussi ostensiblement ce genre de mauvais trip.

7 janvier 2012

Direction...

Des Ressources (vraiment) Humaines !

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Celles et ceux qui cet été étaient au pique-nique organisé dans la fotêt de Huelgoat reconnaitront
 sans doute ce lieu de perdition qui a l'avantage de se situer à quelques minutes de chez moi.
Si les librairies indépendantes sont fragilisées par on sait quoi
à mon avis celle-ci ne risque pas de sombrer sous les bourrasque de la crise...
En effet, outre un grand choix de livres sur deux niveaux, on y trouve surtout beaucoup de chaleur humaine.

Le taulier, s'il sert à boire et à manger, en a surtout fait une auberge espagnole où chacun peut y proposer ce qui lui chante. C'est ainsi que jeunes et vieux se retrouvent l'après-midi ou le soir autour d'un verre pour des échanges aussi variés que faire du tricot ou parler le breton, apprendre à fabriquer de l'encens ou du savon, participer à des apéros poésies ou littéraires, assister parfois à quelques spectacles théâtre, concerts et conférences et en même temps en profiter pour admirer des expos peintures ou photos. C'est avant tout un café-librairie citoyen, un Repaire Là-bas si j'y suis s'y tient tous les mois et ça gaze à plein pot depuis que l'Etat et ses sbires libéraux veulent nous fourguer leur centrale... Bref, on ne se sent jamais seul à L'Autre Rive, on y croise toujours une tête connue, s'asseoir avec celles qu'on ne connait pas n'est pas un problème, et mon plus grand plaisir est de savoir que je peux, au grand désespoir de ma pal, aller y acheter un livre sur un coup de tête un soir à 22h sept jours sur sept (arf les pulsions, vous savez ce que c'est !) Si en plus je vous dis que l'endroit où a poussé ce lieu magique est en pleine forêt, qui dit mieux ?  Maintenant vous comprenez pourquoi j'habite dans le coin...


Attention  L'Autre rive est fermée jusqu'au 3 février inclus. 

Je ne me souviens plus chez qui* j'ai piqué le logo ni qui avait lancé l'idée des blogs de lecture solidaires de leur libraire sous forme d'une présentation en image. Si il ou elle passe par là faites signe, en attendant je passe le relais à qui veut.

(Ajout du 19 janvier : Il s'agit de GEORGE, son billet est ICI)

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14 novembre 2011

Et après Lamballe...

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Faut déjà déballer ?..
Les tags se ramassent à la pelle
Merci les filles...

Le premier vient de chez GWENAËLLE.

- Un dessert ? Un plateau de pâtisseries orientales, sans complexe !
- Une mer ? La mer Egée, sans hésitation.
- Un mot compliqué ? Superfragilitiscexpialidocious, évidemment !
- Une essence d'arbre ? Le cèdre, pour son parfum, ses vertus et sa longivité.
- Une comédie ? Les Tontons Flingueurs, façon puzzle !
- Une province française ? La Bretagne, quelle question !
- Un air de jazz ? Un morceau de Chet Baker, sans doute.
- Un minerai ? Du cuivre, comme remède contre l'arthrose.
- Une chanson ? Celles de Barbara, impossible de choisir.
- Un pays d'Amérique du Sud ? La Patagonie, plutôt une région donc.

Le second de chez AIFELLE.

- Un monument ? La place du Réghistan, si ça ne vous dit rien c'est ICI 
- Une héroïne romantique ? Euh... La fiancée du pirate peut-être, c'est dire mon niveau de romantisme !
- Un animal ? Un chat, forcément.
- Un état d'esprit ? La nostalgie... pfff...soupirs.
- Un paysage ? La mer et le ciel, indissociables.
- Un défaut ? Je procrastine énormément quand je ne râle pas, mais la liste aurait pu être plus longue.
- Un alcool ? Un verre de Bordeaux avec du fromage de chèvre, indispensable.
- Un rêve ? Samarcande, un jour... un jour... j'irai !
- Une maison ? Une yourte ou une roulotte, j'hésite, pour déménager encore et encore.
- Une série télé ? Belphégor,  ça faisait rudement peur !

Qui n'a pas fait l'interro ? J'en vois une au fond de la classe qui se planque derrière ses bouquins, MARGOTTE, au tableau si tu veux bien !
Si tu étais un mot d'enfant, une héroïne de conte, un juron, une épice, une planète, une oeuvre d'art, un mythe, une gourmandise, une étoffe, la huitième merveille du monde...

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14 novembre 2011

Salon d'automne, troisième !

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Des noms prestigieux pour les 15 ans d'un salon noir
Jean-Bernard Pouy et son accent parigot
 Didier Daeminckx et un très beau livre de photos sur Belleville
 Marcus Malte et sa belle gueule
Jean-Paul Nozière et ses personnages qui parfois l'encombrent un peu
Alain Wagneur et sa gentillesse
Marin Ledun dont j'aurais aimé lire le livre qu'il m'a dédicacé et que je n'ai pas retrouvé....
Sans oublier Dominique Sylvain aussi sympathique que ses héroïnes
Et plein d'autres encore !

Il y avait aussi une exposition bien nostalgique d'objets qui ont marqué les quinze ans des auteurs
Une expo photos en noir et blanc 
Et les oeuvres de DIDIER LANGE qui est un peu à la peinture ce qu'Yves Jamait est à la musique
(d'ailleurs ils se ressemblent, même look de poulbot gouailleur)

 


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Des ambiances de bistrots de la marine, des personnages en partance ou en errance,
dans une atmosphère bien noire qui m'a rappelé les vieilles couvertures des livres de poche
de Francis Carco. Mais qui se souvient de Francis Carco ?!!

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31 octobre 2011

Salon d'automne, et de deux !

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Un dimanche Carhaix...ment livres
en bonne compagnie !
Gwenaëlle, Nicole et YvonSylire, Mireille
avaient répondu à l'appel

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Un salon très, très bretonnant mais, qui l'eut cru,
j'ai quand même déniché de quoi voyager
entre Vladivostok et le Turkménistan !...
(plus un petit polar qui se passe près de chez moi)

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