mardi 29 janvier 2008

Cordes raides...

9782742769025Lorsque nous faisons connaissance avec le narrateur, Aldo est devenu un célèbre violoniste. Il partage la vie de Rose depuis vingt-cinq ans, femme plus âgée et luthière de son état.
Au matin d'un grand concert, il entre en possession d'un récit écrit par Anna, sa mère, quelques temps avant son suicide. Récit d'enfance puis de la vie qu'elle a menée, seule d'abord, puis sous la protection de Marguerite qui dirigeait la pension de famille du même nom où elle vécut et travailla.

C'est aussi là qu'elle rencontre il grande Cagliostro, ventriloque et artiste de cabaret, régulièrement de passage à Paris et dont elle aura un enfant, Aldo.
Avant de disparaître définitivement, cet homme transmet son art à Anna, et celle-ci aura l'idée géniale de faire appel à cette voix venue du ventre afin de continuer à faire exister ce père absent, cet homme follement aimé. Le temps passant, Aldo grandit entouré de l'affection et de l'attention de tous les pensionnaires. L'un d'eux, Monsieur Zoltan, vieil Hongrois en exil, initiera Aldo au violon.

"La perspective des applaudissements du soir calma son irritation. Ils allaient l'apaiser, il le savait. L'isoler, le protéger. Leur évocation le plongea dans le souvenir de la Pension Marguerite, lorsque tout le monde se disputait son affection. Il avait eu de la chance. Une enfance de petit roi. L'image lui parut à la fois juste et saugrenue. Il esquissa un sourire et secoua la tête dans un geste de dérision."


Au fil de la lecture des feuillets maternels, on suit les tourments du violoniste tout au long de cette journée qui se clôture par le concert. Entre reviviscence des souvenirs, répétition, lecture des critiques, interview, confession, appels au secours lancés à sa femme et pour finir, levée d'inhibition libérant enfin l'artiste du carcan technique dans lequel sa musique s'est enfermée, au détriment de l'émotion et de la sensibilité, eh bien on n'est pas fâché que la journée se termine !

Histoire de voix et de confusions identitaires, livre de la honte et de la culpabilité, il s'agit avant tout d'un récit bourré de clins d'oeil symboliques qui ravira les passionnés de psychanalyse.
Peut-être un peu trop réducteur et caricatural, il reste cependant une analyse juste du plus vieux fantasme du monde.
J'ai aimé ce livre sans plus. Point de dégoût, mais pas d'émotion non plus, ni de compassion.
Serais-je devenue insensible aux affres de la création et aux états d'âme narcissiques des artistes ?
A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une petite indigestion passagère suite à un abus de substances dangeureuses pour le moral, la misère et la souffrance humaines...

Je ne sais pas ce que je vais lire ce soir !

L'avis de BELLESAHI

La Pension Marguerite    Metin Arditi    Editions Actes Sud  Babel

044violon

 

Posté par Moustafette à 19:52 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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