UN P'TIT CINE ?
L'Oscar 2007 du meilleur film étranger, il l'a bien mérité !
Avec une sobriété toute en finesse, Florian Henckel nous plonge dans les méandres de la manipulation de l'ère post-stalinienne. Ou comment dans les hautes sphères privilégiées, on utilise les instruments bien rodés du pouvoir, afin d'assouvir des désirs personnels tout en servant la droite ligne du Parti !
Le grain de sable de cette parfaite mécanique viendra pourtant de l'intérieur. Il s'incarne en la personne de l'officier de la Stasi chargé de la surveillance d'un couple d'artistes intellectuels, qui jusque là, compose plus ou moins avec les exigences du régime. Cet officier modèle, obsessionnel à souhait, et dont la triste vie ritualisée ne laisse place à aucune fantaisie, va se laisser subvertir incidemment du fait de cette cohabitation forcée. Via micros et caméras, le germe de la résistance s'insinuera en lui.
Tout est juste dans ce film. Les artères vides de la ville, le kitch tout soviétique des bars et des théâtres, l'appartement de l'intello, le désespoir des auteurs interdits d'expression, la débrouille made in pays de l'Est, la dégaine de ceux qui tentent d'être en marge, etc, etc... Les techniques de manipulation, d'intimidation et d'emprise sont simples, précises et efficaces. Pas d'effets spéciaux, ni hémoglobine, ni parano excessive. Et pour emballer le tout, une lumière rideau de fer, qui a le don de rendre invisibles aussi bien les citoyens que les hommes de l'ombre. On est en 1984 (!).
Cinq ans après le Mur tombe et les archives s'ouvrent. Des hommes se croiseront à nouveau ...
La puissance subversive de l'Art a encore frappé. Bien fait !




