dimanche 30 septembre 2018

Tendre Septembre

music_instr_020J'ai toujours eu une tendresse particulière pour le mois de Septembre, sans doute une nostalgie de la rentrée des classes, la fin de l'effervescence estivale, les couleurs qui commencent à changer sous un soleil souvent encore généreux. Cependant, il faut bien se l'avouer, l'automne est là. Alors on pense à Vivaldi pour mettre un terme à ce mois italien du Défi littéraire de Madame lit. 

Pas d'images sur cette vidéo, alors fermez les yeux et laissez-vous porter par la voix de Philippe Jaroussky. Un pur moment de grâce...

 

  Bel automne à vous ! Et prochaine escale, la Grande-Bretagne.

 

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mardi 25 septembre 2018

Je t'aime moi non plus

product_9782070466122_195x320Voilà que j'ai enfin lu ce roman aux "dix millions de lecteurs" comme l'annonce le bandeau rouge de la présente édition ! L'avantage, c'est qu'il n'y a plus grand chose de neuf à en dire. J'avoue qu'au final cet engouement général m'a un peu surprise. L'histoire de ces deux gamines ne m'a pas d'emblée transportée. Cependant, je me suis laissée entraîner dans ce quartier populaire napolitain aux allures de village, sans déplaisir mais sans enthousiasme débordant non plus.

"Nous en discutâmes longuement. Nous avions douze ans et nous marchions sans fin dans les rues brûlantes du quartier, au milieu des mouches et de la poussière que les vieux camions soulevaient sur leur passage, comme deux petites vieilles qui font le point sur leur vie pleine de déceptions, en se serrant l'une contre l'autre."

L'amitié à géométrie variable des deux protagonistes est au centre du roman, avec en toile de fond la pauvreté et la violence ordinaire, machiste ou mafieuse, et l'émergence de la modernité. En ce début des années 60, la condition féminine n'est guère plus reluisante, soit promotion sociale via le mariage, soit les études au risque de se retrouver prise dans un conflit de loyauté vis à vis de son milieu. Après tergiversations, les deux héroïnes emprunteront chacune un chemin différent. Contre toute attente, la rebelle rentre apparemment dans le rang et la timorée va s'émanciper. 

Plaidoyer pour l'éducation, ce roman est agréable à lire. Certains aspects pourraient être transposés dans n'importe quel pays, de même que l'ambivalence des sentiments qui caractérise l'adolescence. Bref, je suis toujours à la recherche de la prodigiosité de cette amitié qui a fait couler tant d'encre. Pas sûre de lire la suite... sauf s'il y est question de chaussures italiennes, pour lesquelles j'avoue avoir un faible !

Dernière lecture italienne pour le Défi littéraire de Madame lit.

L'amie prodigieuse     Elena Ferrante (traduction Elsa Damien)     Editions Folio

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mercredi 12 septembre 2018

Du café et des langues

CVT_Albergo-Italia_3572Changement radical pour ce second polar italien, exit le brouillard et les années 2000. Un bond en arrière de plus d'un siècle nous amène sous le climat torride de l'Erythrée en 1899. Depuis 1869 l'Italie ne cesse d'étendre sa présence dans l'ancien royaume de Saba, il faudra attendre 1941 pour que les Britanniques délogent les Italiens, qui s'en sont retournés chez eux avec le goût et le savoir faire du bon café (raccourci qui vaut ce qu'il vaut).

"Pendant ce temps, Manna avait jeté une poignée de grains verts dans une petite poêle de fer-blanc et les secouait sur le feu pour les faire griller. Une odeur amère et forte de café tout juste brûlé remplit la pièce (...) Manna versa les grains grillés dans un mortier de bois et Lettebrahàn les écrasa avec un pillon. L'odeur de café devint plus fine et plus intense (...) Puis arriva l'odeur du café que Manna avait fait bouillir sur le charbon dans une carafe allongée de terre cuite noire, et Caloprico oublia vraiment tout, affaire et Margherita, et aussi qu'il était un feringi, un t'liàn carabinier."

La méthode est un peu désuète, je vous l'accorde, tout comme ce polar qui ne brille pas par son intrigue mais dont tout le charme réside dans l'atmosphère étouffante où se mêlent, aux odeurs poisseuses et poussiéreuses des villes, les sonorités des langues et des dialectes divers. Autre charme, et non des moindres, la personnalité des personnages, notamment le très perspicace abyssin Ogbà, carabinier indigène et assistant du capitaine Caloprico, lequel se voit confier la mission d'élucider le vol d'un coffre fort dans un dépôt de munitions et la mort du discret Farandola lors de l'inauguration de l'hôtel Albergo Italia.

Une délicieuse brochette de suspects s'offre à ce duo d'enquêteurs, proche de Holmes et Watson, qui s'en vont à la recherche d'indices entre Massaoua, sur la mer Rouge, et Asmara la montagneuse à 2400 m d'altitude, offrant au lecteur une virée sympathique dans les paysages tour à tour riches ou arides, virée agrémentée d'un aperçu de la cohabitation qui s'instaura et dut composer pendant plus d'un demi-siècle.

" - Parce que ce pays ne me plaît pas. Pire, je ne le supporte pas. Il n'y a rien et il n'y aura jamais rien. Même les femmes ne me plaisent pas, et je vous jure que je suis un homme fait de chair et de sang. Si vous voulez mon avis, nous n'aurions jamais dû y venir, et après Adoua nous aurions mieux fait de l'abandonner et de rentrer chez nous. Nous l'avons déjà en Italie notre Afrique. Et puis, putain, ici, on n'arrive pas à respirer."

Un roman dépaysant, léger, coloré, parfumé, chantant, qui donne envie de découvrir le premier titre de ce triptyque sur le colonialisme qui débute avec "La huitième vibration" (qui relate la bataille d'Adoua en 1896 qui vit s'affronter les hommes du Négus et les troupes italiennes) et s'achève par "Le temps des hyènes".

"Il pensait qu'en effet, à Massaoua, on respire et à un certain point on s'habitue tellement à la chaleur que, s'il n'y en a pas, elle manque. Mais à Asmara, dès qu'il arrêtait de pleuvoir et que le soleil sortait, c'était comme si tout fleurissait à l'instant. Des couleurs brillantes au point de sembler artificielles. Si pleines. A Massaoua lumières blanches et ombres noires, ici au contraire ce sont les yeux qui brillent."

Keisha également vient de le lire.

Lu dans le cadre du Défi littéraire de Madame lit.

Albergo Italia     Carlo Lucarelli  (traduction S. Quadruppani)    Editions Métaillié

 Un peu de propagande !

"Depuis qu'il était entré, Colaprico était resté le nez en l'air à admirer les stucs d'Angleo Polisco"

 

 Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 2017 pour son patrimoine architectural colonial et Art déco, ses rues à la propreté irréprochable, sans l'ombre d'un uniforme, et sa douceur de vivre grâce à son climat tempéré... Cependant, n'oublions pas que la ville, "la piccola Roma", est la capitale de "la petite Corée du nord africaine", un régime dictatorial à la liberté d'expression et de circulation inexistante, aux prisons souterraines ou à ciel ouvert et à la multitude de flics en civil, au service militaire à durée indéterminé apparenté à du travail forcé, au choix d'études et de métier impossible etc, etc... Alors, oui, Asmara est une jolie vitrine.

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La route entre Asmara et Massaoua (© Nicolas Germain)

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La vieille ville de Massaoua (© Charlotte Ficheux)

 

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mardi 4 septembre 2018

Un peu de Parmesan ?

9782757869581Si vous aimez les polars sanglants et trépidants, passez votre chemin. Celles et ceux qui ont déjà fait connaissance avec le commissaire Soneri dans le précédent roman, "Le fleuve des brumes", savent que ce n'est pas un agité. Il serait plutôt de la trempe d'un Adamsberg ou d'un Wallender, un être un peu rêveur et nostalgique, amateur de bonne cuisine et de cigares, à la réflexion éthérée qui lui permet cependant d'élucider des affaires criminelles qui ont la bonne idée de se dérouler en bord de Pô, dans la belle ville de Parme. Il n'aime rien tant que flâner dans ses ruelles, surtout la nuit, quand le brouillard, personnage quasi à part entière, permet de filocher en catimini tout en cogitant. 

"A cette heure, tout était privé de géométrie. La ville dans le brouillard, surtout. La ville sans aucune dimension certaine, au coeur sinué de ruelles, là où un voile d'eau déforme les distances comme un verre mal poli et les transforme en perspectives trompeuses. Là où les pas qui résonnent semblent attirés par un gouffre tout proche où le chemin s'enfonce. Où les hommes seuls se sentent encore plus seuls."

Et du brouillard, il y en a en cette semaine de Noël. La période s'annonce calme jusqu'à ce qu'on découvre la vieille Ghitta Tagliavini assassinée dans sa demeure, une ancienne pension pour étudiants devenue un lieu de rendez-vous pour des cinq à sept discrets. Car Ghitta avait de la ressource et le sens des affaires. Soneri connaît bien les lieux puisqu'il les a lui-même fréquentés dans sa jeunesse. C'est là que logeait celle qui allait devenir sa femme, épouse qui le resta peu de temps puisqu'elle mourut en donnant naissance à leur enfant mort-né.

"Puis, en proie à l'angoisse, il descendit l'escalier et une fois dehors, un flot de tristesse lui serra la gorge. Il regarda longtemps la rue : le brouillard épais élevait une muraille moelleuse tout autour. Et comme toujours, c'était ce qui représentait le mieux ce qu'il avait dans la tête."

Voilà donc Soneri se prenant le passé en pleine figure, obligé d'arpenter ce quartier de la vieille ville, où il n'a pas souvent remis les pieds, et de remonter le temps pour comprendre qui pouvait bien en vouloir à une vieille apparemment sans histoire. En repoussant la porte de la via Saffi, Soneri subodore qu'il va sans doute affronter des fantômes qu'il aurait préféré laisser dans un placard. D'autant plus que des ramifications politiques pointent le bout de leur nez entrant en résonance avec les difficultés du commissaire à s'accomoder des changements et des désillusions du XXIe siècle.

Un roman où on se glisse à pas feutrés. On baigne dans une atmosphère nébuleuse dans laquelle on se laisse porter comme en apesanteur. Les personnages vous prennent par la main et vous guident dans le vieux Parme au charme un peu désuet, comme si le brouillard déposait une couleur sépia sur la modernité pour mieux en atténuer ses travers.

"Après tout, la vie ne ressemblait-elle pas à un homicide ? Ne s'achevait-elle pas toujours avec un mort ? Ne tuait-elle pas le temps en le minant chaque jour de ses petits affronts jusqu'à l'effondrement ? Et puis le temps n'a pas besoin d'alibi, il est comme le bourreau, il accomplit son oeuvre. Ce sont leurs victimes qui doivent trouver une motivation capable de soutenir leur chemin quotidien."

Un auteur qui compte désormais dans la littérature policière italienne et un commissaire qu'on ne demande qu'à retrouver, laissez-vous interpeller !

Un roman pour ouvrir le Défi littéraire de Madame lit d'un Septembre italien.

La pension de la via Saffi     Valerio Varesi (traduction Florence Rigollet)      Editions Points

 

nebbia

Source ICI et un diaporama LA

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samedi 21 avril 2012

Philosophons à Venise...

9782081247475Arthur Schopenhauer quitte Leipzig en 1818 fâché contre son éditeur qui retarde encore la parution de son traité de philosophie. En voiture postale, il prend la route de Venise avec dans sa poche une lettre de Goethe qui l'introduira dans le cercle du poète Lord Byron, lui-même installé dans la Sérénissime alors sous le joug de l'empire autrichien.
Il rencontre sur sa route le fantasque Fidelis von Morgenrot avec lequel il se lie d'amitié. Celui-ci s'en revient d'Orient avec un goût prononcé pour l'opium, les brahmanes et les Upanishads. Or, Schopenhauer a lui aussi était fortement impressionné par la lecture de ces textes sacrés au point qu'il s'en est inspiré pour asseoir certaines de ses théories philosophiques.

"Fidelis fabulait déjà de nouveau : Les yeux s'ouvrirent : des yeux bondit un regard, et du regard naquit le soleil ; et il le répéta plusieurs fois.
Mais oui, ce sont bien mes paroles, jubila Schopenhauer, vous ne connaissez ni un soleil ni une terre, vous connaissez seulement un oeil qui voit un soleil, et une main qui touche une terre. Tout ceci est seulement votre représentation. Rien que de la représentation. Tout est représentation ! "

Lorsque le mot "brahmanes" tombe dans les oreilles des espions du gendarme de l'Europe, l'influent Metternich, Schopenhauer est dès lors dans l'oeil de mire des Autrichiens, ne fréquenterait-il pas des proches des Carbineri locaux, ces mystérieux agitateurs politiques. De là à penser que les brahmanes pourraient mettre en danger le pouvoir autrichien en Italie, il n'y a qu'un pas ! Schopenhauer devient persona non grata mais ne s'inquiète pas pour si peu, il est tombé amoureux de la belle Teresa, souffleuse de verre sur l'île de Murano, et fréquente le peuple des canaux, dont le célèbre gondolier de Lord Byron, Tita, qui lui apprendra à manoeuvrer les gondoles.

Si comme moi vous préférez la philosophie lorsqu'elle est romancée plutôt qu'enfermée dans l'austérité des manuels, peut-être aimerez-vous ce livre léger et drôle qui m'a permis de faire connaissance avec ceux qui n'étaient jusque là que des noms, Schopenhauer et Lord Byron. Les chapitres alternent les rencontres dans une Venise hivernale et pittoresque de ce début de XIXe siècle, mais nous entraînent aussi à Weimar où vivent la mère et la soeur de Schopenhauer avec lesquelles il entretient des relations compliquées.Voilà un tableau plus ou moins fidèle à la réalité mais qui s'appuie néanmoins sur des faits authentiques. A partir d'expériences et d'anecdotes dont Schopenhauer est l'acteur ou le témoin l'auteur jette des ponts vers la pensée originale de ce philosophe. De caractère plutôt bougon et virulent en son temps, la reconnaissance de son oeuvre et la valeur des ses théories ne vinrent qu'après sa mort mais influencèrent nombre d'auteurs, notamment Hermann Hesse. J'ai refermé le roman un petit peu moins inculte...

"Le matin, il allait souvent à la Fondamenta Nuova pour contempler le gris et voir comment la lagune, le brouillard et les nuages se disputaient pour lui donner sa meilleure expression : les nuages lui conféraient la forme, l'eau de l'éclat, le brouillard de la profondeur. Quand alors des bateaux, collier de perles noires, passaient sur San Michele derrière une gondole funèbre, tandis que retentissait toujours faiblement la clochette des morts, plus d'un sans doute aurait sombré dans la tristesse, au moins dans la mélancolie. Or, Schopenhauer goûtait ce monde indécis et sans ombres ; on était bien pour penser, en lui, et sur lui, et sa peinture en grisaille disait l'absence de tous extrêmes et le règne de l'équilibre."    

Le Monde est dans la tête      Christoph Poschenrieder     Editions Flammarion


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lundi 30 mai 2011

A quels seins se vouer ?

9782709634472La petite Agatina voit toujours arriver le 5 Février avec joie. Ce jour est synonyme de réjouissances culinaires en compagnie de sa grand-mère, elle aussi prénommée Agata, laquelle  met un point d'honneur à célébrer la sainte du même nom afin d'assurer la protection des femmes de la famille et de leurs précieux atours. Pour cela rien de plus simple, il suffit de confectionner les fameux gâteaux, les tétins de sainte-Agathe, spécialité sicilienne de Catane, sans doute la plus coquine et la plus suggestive des pâtisseries comme l'atteste la photo ci-contre.

Ce moment partagé est aussi l'occasion pour la grand-mère de préparer la fillette à sa future vie de femme et de lui asséner quelques maximes de son cru afin de la mettre en garde contre la gente masculine, tâche non négigeable dans l'univers machiste sicilien. Une femme avertie en vaut-elle deux ? Rien n'est moins sûr...

"Au moment du café, les cassatelle étaient accueillies par des applaudissements. Le grand plateau débordait de ces petites montagnes invitantes, disposées deux par deux. Elles incitaient d'abord à toucher, puis à lêcher le sucre glace et enfin à mordre avec délicatesse, pour ne pas les blesser. Quand je croquais, la crème à la ricotta, au sucre et au chocolat envahissait ma bouche, je la sentais s'étaler sur mon palais ; je fermais les yeux et le plaisir s'étendait à tout mon corps de petite fille (...)"

Mais pour la narratrice, cette cérémonie culinaire est surtout une délicieuse occasion de revisiter l'histoire familiale et de nous conter ce qu'est devenue la petite Agatina. Au fil des pages, nous nous embarquons pour un savoureux voyage au pays de la ricotta, des boulettes de thon à l'orange et au thym, des artichauts panés et de la gelée au café et à la cannelle ! Préparez-vous à une explosion de saveurs et de parfums qui viendront chatouiller vos papilles et vos narines tandis que vous cheminerez sur les chemins caillouteux ou les rues poussièreuses de la Sicile en compagnie de personnages hauts en couleur et aux caractères bien trempés !

"Assunta avait rencontré son mari, mon arrière-grand-père, à l'époque de la moisson : un bandit de passage qui battait la campagne en évitant les routes fréquentées et les places des villages. Ils s'étaient croisés une nuit d'août, avant l'aube, quand l'air condense les rêves sur les hommes et les transforme en désir. Le ciel était un pan de tissu sombre tendu entre les étoiles qui en trouaient la trame."

Dotée d'un talent évocateur indéniable, l'auteure nous offre une vision sans fioriture de la société sicilienne où, si les hommes n'ont pas le beau rôle, les femmes ne sont pas en reste non plus... Entre dévotions et autres bondieuseries, les langues de vipères vont bon train tandis que mafiosi machos font la loi et chavirer le coeur des femmes, même celles les plus émancipées ou les plus averties... La cuisine et l'amour ont toujours fait bon ménage, la fillette Agatina n'échappera pas à son destin. Le Sirocco balaiera de son souffle torride sa vie adulte, un souffle qui peut rendre fou, mais la sensualité qu'il génère vaut peut-être la peine de s'y laisser emporter.

Comme le pendant italien à "L'illustrissime gâteau café café d'Irina Sasson " de Joëlle Tiano, "Les tétins de sainte-Agathe" viennent lui faire une douce et sympathique concurrence. Ils trouveront leur place sur les étagères de votre bibliothèque ou de votre cuisine, c'est au choix, car bien sûr la recette y figure mais, comme pour le précédent, ne comptez pas sur moi pour la divulguer ici... Ne me remerciez pas de prendre soin de votre ligne ! 

Merci à l'équipe de     Logo-Partenariats-News-Book    pour ce délicieux premier partenariat !

Les tétins de sainte-Agathe      Giuseppina Torregrossa      Editions JC Lattès

ste-agathe
Sainte-Agathe de Catane
(Francisco de Zurbaran
1630-1633
Musée Fabre Montpellier)

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samedi 26 février 2011

Chocolat light (Challenge Chocolat 10)

9782743600990Que celles et ceux qui, par le titre alléchés, salivent déjà, je suis au regret de leur dire qu'hélas ils ne friseront pas l'indigestion chocolatée en dégustant ce roman.

L'intrigue se déroule près de la frontière italienne, dans une Suisse à peine éclaboussée par les soubresauts de la Seconde Guerre mondiale, plus exactement à Chesa Silviscina, petit paradis entouré de lacs et de montagnes, où vit Madame Arnitz. Autour d'elle gravite toute une jeunesse insouciante dont elle aime à s'entourer, parmi laquelle ses filles Isabella et Margot ainsi que leurs amis.
L'équilibre doré se brise le jour où Isabella introduit Arturo, jeune professeur juif venu ici incognito, se mettre à l'abri des lois antisémites italiennes. Margot et Arturo vont s'amouracher l'un de l'autre ce qui provoquera un drame et précipitera leur fuite.
Des années plus tard, la fille d'Isabella va tenter de reconstituer cet épisode auquel sa mère, aujourd'hui disparue, a pris part.

Chassés croisés amoureux, dévoilements familiaux distillés au compte-gouttes, dédale de témoignages entrecroisés à diverses époques jusqu'aux dernières pages où, tel un nom de code, le chocolat chez Hanselmann tant attendu livre un ultime éclairage.
Ce roman est à l'image de la Suisse, à savoir une intrigue calfeutrée narrée sur un ton presque bénin mais lourd de sous-entendus et qui ne se révèle pas facilement.

"La bibliothécaire avait pris l'habitude ensuite de poser à côté de son livre une tablette de chocolat, de celle avec une vue de la Suisse, parce qu'elle avait compris qu'il avait des difficuktés pour se nourrir et que ces biscuits qu'elle lui offrait avec le thé elle les voyait disparaître en un instant. Elle restait là l'air satisfait à le regarder manger, carré après carré, sans cesser de lire. Mais un après-midi où Arturo avait glissé la tablette dans sa poche, elle s'était approchée et avec un sourire bizarre lui avait demandé s'il la mettait de côté pour quelqu'un."
 
Une histoire plutôt bien écrite même si le montage est complexe (je me suis plus d'une fois égarée dans les époques) pour, au final, une révélation qui n'en est pas vraiment une et n'a rien de fracassant.
L'atout de ce livre réside dans cette atmosphère particulière, un brin surannée, qui fait le fameux charme discret de la bourgeoisie et qui contraste avec le contexte dramatique de l'époque.

Je suis donc restée un peu sur ma faim tout en appréciant l'arrière-fond historique.

Un chocolat chez Hanselmann      Rosetta Loy      Editions  Rivages

 

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vendredi 10 décembre 2010

Un joyeux diable au corps

9782757802205La guerre a aussi ses bons côtés... On peut parfois en douter mais c'est ainsi.
Pour Nenè, jeune garçon au sortir de l'enfance, elle lui permet de découvrir l'empire des sens ! Cet empire, c'est la villa qui abrite la Pension Eva, pudique appellation pour désigner le bordel du petit bourg de Vigàta.
Et forcément, lorsqu'en plus, on a pour copain Jacolino, le fils du nouveau gérant, ça ouvre des portes, surtout celles de la pension pas faciles à franchir quand on n'a pas encore atteint l'âge légal, et ça aide à lier connaissance avec la gente féminine et la vie tout simplement.

"Souvent Nenè rêvait que là-dedans habitaient les gentilles fées, celles qui courent te sauver quand tu as fait un faux pas et que tu appelles terrorisé et désespéré."

Mais Nené n'a pas attendu Jacolino pour découvrir que les garçons et les filles ne sont pas tout à fait pareils, voire même qu'anatomiquement, ils seraient plutôt complémentaires ! Sa cousine Angela puis la veuve Argiro vont progressivement lui montrer le chemin qui mène aux mystères du corps et du plaisir.
Finalement, ce que Nené trouvera à la Pension Eva ne sera pas forcément ce qui, longtemps, l'aura fait fantasmer.

Un savoureux roman d'apprentissage, plein d'humour, de naïveté et de tendresse, qui permet de gommer les angoisses et les réalités de la guerre dans l'Italie fasciste. Un court texte empreint d'humanité, des personnages attachants, le tout garanti sans vulgarité.

"Manger, vivre et écouter le ressac. Avec l'ami retrouvé. Qu'y avait-il de mieux dans la vie ?"

Première découverte pour moi. Je n'avais jamais lu cet auteur, célèbre pour son commissaire Montalbano, personnage récurrent d'une série d'enquêtes que je vais sans doute m'empresser de lire.

L'avis de CATHE

 

La Pension Eva     Andrea Camilleri    Editions Points

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jeudi 13 mars 2008

Mauvaises pioches

9782070306817Abandon !
C'est coloré, chatoyant, artistique en diable, mais les aventures du bel éphèbe surdoué, Fra Fillipo Lippi, peintre et moine libertin de surcroit , m'ont profondément ennuyée.
Celui-ci aura beau devenir le futur maître de Botticelli, il n'aura pas réussi à me faire dépasser la page 91.
Pour les inconditionnels de la Florence du XVe siècle

La passion Lippi     Sophie Chauveau     Editions Folio

 

 

9782742758364Abandon !
Lu dans le cadre de lectures autrichiennes afin de tenter une réflexion sur l'insidence de la collaboration de ce pays avec le IIIe Reich dans l'oeuvre des auteurs modernes.
Cinq portraits de femmes qui toutes adoptent des stratégies diverses et variées pour composer ou fuir leur réalité.
Ces nouvelles et ces femmes m'ont vite lassée avec leurs tergiversations peu palpitantes !

Trois sentiers vers le lac   Ingeborg Bachmann   Editions Actes Sud Babel

 

 

9782350870304

Abandon !
Là, ça m'embête car j'aime beaucoup et le titre et cette couverture, de plus la 4ème de couv était alléchante.
Sur une ïle du Chili, une ancienne militante de gauche a ouvert une maison afin d'accueillir des femmes en perdition. Perdition plus psychique que sociale puisque qu'on y croise entre autres une historienne, une femme d'affaires, une journaliste, mais aussi des femmes plus modestes.
Les vingt locataires de l'Auberge se livrent mutuellement leurs histoires et leurs désillusions.
Et inévitablement le sujet qui, toujours et encore, revient sur le tapis, l'amour et les hommes.
Et que croyez-vous qu'il arrive ? Comme par hasard, sur cette île battue par les vents, au bout du bout du monde, le seul médecin est un beau mec venu lui aussi s'exiler pour soigner quelques blessures secrètes.
Et bien sûr, ce gros bourdon viendra affoler les guêpes de la communauté, enfin au moins deux, peut-être plus, mais je ne le saurai jamais puisque j'ai refermé ce livre à la moitié des 326 pages tant leurs digressions sur les relations hommes-femmes m'ont rasée (lassée, ennuyée, rasée, je suis à bout de synonymes !).

"Ton désir de te protéger est désespéré car tu n'as pas la force de caractère pour te défaire totalement de l'amour. Mais tu te se sens en danger. Floreana, quel est le pire qui puisse t'arriver ? Qu'on ne t'aime pas.
Serait-ce si grave ? "

Enfin une parole sensée...

L'Auberge des femmes tristes   Marcella Serrano   Editions Héloïse d'Ormesson

 

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dimanche 3 février 2008

E piricoloso sporgersi

9782264036285...sur le passé !
Voilà ce que pourrait penser Gianni Orzan, qui quelques mois après la mort de son père, avec lequel il n'était pas en très bons termes, est contacté par un curieux personnage, Gianni Bogliasco, qui justement, souhaite lui parler du défunt.
Après un premier contact fort maladroit qui manque de le faire virer parano, Gianni va en apprendre des vertes et des pas mûres sur son paternel, qu'il croyait être un odieux réac, version social-démocrate à la sauce italienne qui fricote avec les fachos et les cathos.

Quelle n'est donc pas sa surprise d'apprendre que son père était en fait un agent du KGB et qu'il a passé toute sa vie à fréquenter des gens qu'il honnissait. Et de prendre conscience, par conséquent, que lui le fils communiste, n'a eu de cesse de s'affronter avec cet homme qu'il détestait pour ses opinions de droite. La pilule va être difficile à avaler !

"Et quand tu penses qu'ils mentent aussi entre eux, repart-il, que les enfants mentent à leurs parents, que les parents mentent à leurs enfants, et les frères entre eux, que mari et femme se mentent, tu comprends que le monde que tu penses connaître n'est qu'une illusion énorme, que croire à cette illusion n'est pas une question de bêtise mais de bon sens, la condition nécessaire pour que le monde, tout le monde, puisse continuer à..."

Mais comme un mensonge n'arrive jamais seul, se pourrait-il que d'autres pans de sa vie ne révèlent quelque tromperie supplémentaire ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il est légitime de se poser la question.

La 4ème de couv annonce un livre qui déclenche des fous rires, dixit une certaine Martine Laval. Bon, je n'ai sans doute pas le même humour que Télérama ! car si j'ai beaucoup aimé cet imbroglio italien, et surtout le personnage haut en couleurs de Bogliasco, de là à se bidonner, y'a un pas que je ne franchirais pas.
Ce livre ravira les amoureux de l'Italie, vespa, pizza, cremolati et tutti cuanti.
Une balade romaine sympathique et plaisante, aux effluves de jasmin et d'origan; et pour les adeptes, un texte truffé de références cinématographiques.
La vie peut-être un drôle de cinéma !

La force du passé    Sandro Veronesi    Editions 10/18

vespa

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