lundi 15 janvier 2018

Paratac et vieux papiers !

sans-titreUne jolie couverture qui ne peut laisser indifférent, forcément !

Harry Steen, industriel canadien en transit, se réfugie dans une vieille librairie mexicaine afin d'échapper à une soudaine averse tropicale. C'est là que fortuitement il découvre un vieil opus relatant un mystérieux phénomène climatique s'étant déroulé en 1851 dans le ciel de Duncairn, petite bourgade écossaise où Harry a lui-même séjourné quelques mois dans sa jeunesse et où sa vie a pris un tournant décisif suite à une déconvenue amoureuse.

"Du sommet d'une colline à l'autre, nord, sud, est et ouest, le ciel de la localité était si noir et si lisse qu'il formait comme un miroir d'obsidienne au polissage parfait, reflétant toute la campagne au-dessous. (...) Ce nuage noir flottait si bas que certains des habitants possédant la vue la plus perçante  juraient même avoir réussi à discerner leur propre reflet, en miniature, qui les observait d'en haut."

Grâce à un conservateur en livres rares, un personnage improbable comme tant d'autres dans ce roman, nous voilà embarqués dans une quête littéraire originale. Parallèlement, cette trouvaille va mettre la mémoire de Harry a rude épreuve, l'obligeant à replonger dans son enfance à Tollgate, faubourg miteux de Glasgow, dont il s'échappe pour aller enseigner à Duncairn. Duncairn qu'il fuira à son tour pour s'embarquer sur de vieux rafiots qui le conduiront de l'Afrique de l'est à l'Amérique du sud, périples au cours desquels mille rencontres et aventures façonneront son destin jusqu'à son installation au Canada, son incursion au large des îles Fidji, dans l'étrange archipel d'Oluba et, pour finir, le retour dans son Ecosse natale grâce à ce mystérieux nuage d'obsidienne. La boucle est bouclée...

"Chez les Olubiennes, des jambes musclées sont considérées comme les attributs les plus désirables. Alors que je marchais sur la plage, lors de mes premières journées dans l'île, j'observai les insulaires de sexe masculin occupés à réparer leurs filets de pêche et les voiles tissées de leurs canoës à balancier. Mais le plus captivant, c'était de voir des femmes de tous âges effectuer de vigoureuses flexions des genoux et d'autres exercices de jambes. Répondant à mes questions, l'un des chefs olubiens m'expliqua que l'exercice correspondait au rite du paratac, un terme qui m'était alors inconnu."

J'ai retrouvé avec un vif plaisir l'imagination foisonnante de l'auteur que j'avais déjà appréciée dans L'épouse hollandaise. Erik McCormack est un amuseur, un conteur qui vous mène par le bout du nez dans des univers farfelus et réjouissants dont il est bien difficile de s'extraire pour retrouver un quotidien qui paraît soudain bien banal !

"Mais, pour moi, la pirogue restait le mode de déplacement le plus relaxant. Je m'allongeais sur le dos et me reposais pendant qu'on pagayait pour moi dans les eaux vaseuses des rivières de la jungle. Comme lors de mon précédent périple sur les routes d'Afrique, j'imaginais ces forêts primaires défilant de part et d'autre comme les rayonnages de certaines bibliothèques infinies, remplis de livres tous semblables d'aspect."

 

Le nuage d'obsidienne    Erik McCormack    (Traduit de l'anglais par J-F Hel Guedj )  

Editions Christian Bourgois

 

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mercredi 16 mai 2012

Balade écossaise

9782330001339Inspecteur à Edimbourg, Fin Macleod s'en revient dans son île natale afin de comparer le modus operandi d'un meurtre, qui vient d'être commis sur l'île Lewis, à celui dont il s'occupe dans la capitale écossaise.
Venant lui-même de perdre son fils de huit ans, inutile de vous dire qu'il n'est pas au mieux de sa forme. Il appréhende ce retour aux sources qui, inévitablement, va le confronter à ses fantômes et aux événements tragiques qui ont précédé son départ, pour ne pas dire sa fuite dix-huit ans auparavant. Tous ses vieux copains sont au rendez-vous, son amour de jeunesse aussi et si la victime, Angus Macritchie, a fait les quatre cents coups avec eux lorsqu'ils étaient gamins puis ados, il n'était pas des plus appréciés étant un faiseur d'embrouilles doublé d'un terrible castagneur. Il est donc un lien qui les relit tous et les motifs de vengeance ne manquent pas.

"Au moment où ils quittèrent la couche nuageuse, basse et épaisse, Fin put voir la mer d'ardoise qui se brisait en éclats blancs sur les longs doigts de roche noire qui avançaient depuis la péninsule d'Eye, un bout de terre sauvagement découpé appelé Point par les insulaires."
 
Au moment où Macleod débarque sur l'île, un autre événement se prépare, la fameuse chasse aux gugas, ces fous de bassan venus nidifier sur des falaises vertigineuses. C'est une tradition qui se veut presque un rite initiatique pour un ou deux jeunes choisis chaque année pour accompagner les plus anciens pendant deux semaines sur l'îlot d'An Sgeir , désert et battu par les vents. Macleod fait partie du cercle très fermé de ceux qui y sont allés en son temps.

"Il faut que tu le saches, Fin. C'est une règle non écrite. Tout ce qui se passe sur le rocher reste sur le rocher. Ca a toujours été comme cela, et ça le restera."
 

Voilà un livre autour duquel je tournais depuis un bon moment, retenue par la crainte d'être confrontée pendant plus de 400 pages à un huis-clos violent sur un morceau de caillou aride où un tas de chasseurs machos et égrillards, abreuvés de whisky et du sang issu d'un carnage de volatiles innocents, se livreraient à des bacchanales celtico-gaéliques. Bon, je vous rassure tout de suite, non seulement nous n'avons pas droit à des meurtres sortis d'un cerveau de psychopathe évadé d'une UMD, mais en plus, et je l'en remercie, l'auteur ne nous roule pas dans les plumes, le sang et le guano à longueur de pages, il nous épargne les détails des regards éplorés des oisillons qu'on assasine sous les yeux de leurs parents impuissants... Ceci étant dit, je m'en serais mordu les doigts d'être passée à côté de ce livre. Une fois harponnée, je ne l'ai plus lâché et pour tout vous dire, j'ai même été acheter hier le second de la série (impossible d'attendre une sortie poche) afin de parcourir à nouveau les sentiers de l'île Lewis.

 Il se dégage de ce roman tourmenté une mélancolie tout à la fois sauvage, passionnée et magique. Sauvage comme les étendues de dunes et de tourbières qui surplombent les côtes, passionnée comme la vie des îliens tourneboulés par les raffales de vent incessantes, magique car, pour qui connait l'Ecosse, il se dégage de ce pays une atmosphère ensorcelante et vivifiante qui donne envie de se couler, corps et âme, dans l'envoûtante lumière qui baigne son territoire.

 Laissez Fin Macleod vous prendre par la main pour une balade entre rudesse et nostalgie, dans des paysages magnifiques qui servent de toile de fond aux réminiscences d'un passé à première vue austère, mais derrière lequel se dissimulent les joies et les peines de l'enfance, les tourments et les turpitudes de l'adolescence et qui, confrontés au présent, éclatent avec panache dans la noirceur du ciel.

"Les gens nés dans les années cinquante décrivent parfois leur enfance en évoquant des tons bruns. Un monde sépia. J'ai grandi dans les années soixante et soixante-dix et mon enfance fut violette."

Ces vieux loups de mer et ces gamins sauvages repliés sur leurs secrets m'ont littéralement raptée ! Au point que je suis allée farfouiller dans une malle pour en extirper quelques photos qui donnent un aperçu de l'ambiance, en espérant qu'elles vous feront plonger au plus vite dans ce très beau roman et, pourquoi pas, vous donneront envie d'aller faire un tour en Ecosse.

L'avis d'ALAIN

L'île des chasseurs d'oiseaux     Peter May     Editions  Babel Actes noirs


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Ullapool
En attendant le ferry pour Lewis

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Lewis, patience sous l'averse...

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Des paysages lunaires où on a parfois l'impression
de marcher sur l'eau.

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En automne, tourbières dans les Highlands.

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Un château transformé en auberge de jeunesse
et à droite un aperçu de Lewis.

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"Le temps changeait constamment. La lumière et l'ombre se succédaient en permanence,
l'une derrière l'autre, pluie, soleil, ciel d'orage, ciel bleu. Et les arcs-en-ciel.
Mon enfance en est pleine. En général, par paire. Nous en vîmes un ce jour-là, qui se formait
rapidement au-dessus des tourbières. Ses couleurs éclataient contre le plus noir des ciels d'orage.
Une beauté qui vous laissait muet."

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Entre Inverness et Ullapool, la région des lochs à la tombée du jour.

"Dans le ciel d'août, une fine bruine masque les étoiles mais la lune, aux trois-quarts pleine,
parvient tout de même à projeter sa lumière fantomatiques sur le sable laissé humide
par la marée descendante. Avec douceur, la mer va et vient sur la plage. L'écume phosphorescente
libère des bulles argentées qui restent accrochées au sable doré."

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Vite, vite
un téléphone pour réserver un vol
et y retourner !
En Ecosse, l'automne y est splendide.

 

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dimanche 23 mars 2008

Histoire d'histoires

9782264044983Une petite fille d'une dizaine d'années, Vif-Argent, est recueillie par Pew, vieux gardien de phare et conteur intarissable.
Depuis 1828, il y a toujours eu un Pew au Phare de Cap Warth, à Salines au nord de l'Ecosse. De père en fils, les Pew ont vieillé sur les bateaux et les âmes de marins. Au fil des générations, ils ont recueilli les histoires d'amour ou de naufrages.
Ils se sont aussi transmis un handicap, la cécité. Le Pew d'aujourd'hui n'échappe pas à la règle. Mais justement, parce qu'il est aveugle, Pew voit au-delà du temps.
Le vieil homme choisit Vif-Argent pour prendre le relais, celui du phare mais aussi celui de sa mémoire. De sa nuit éternelle, au rythme du fracas des vagues qui balaient Cap Warth et son édifice témoin imperturbable, chaque soir Pew revisite l'histoire de Salines et de ses habitants.

"Pew, raconte-moi une histoire.
Quel genre d'histoire, petite.
Une histoire qui finit bien.
Cela n'existe pas.
Quoi, les fins heureuses ?
Les fins."

Ainsi allons-nous croiser Josiah Dark qui construisit le phare avec un ami, un jeune ingénieur nommé Robert Stevenson, et surtout Babel Dark son fils, premier pasteur de Salines, un être double aussi fougueux que tourmenté, l'esprit partagé entre la Bible, ses métaphores et les rondeurs de la belle Molly O'Rourke.
S'inviteront dans la danse, Wagner et son "Tristan et Iseult", Darwin et son "L'Origine des espèces" et  Robert Louis Stevenson, le fils de l'ingénieur, avec son "Ile au trésor" et son "Dr Jekyll et Mr Hyde".
Pew nous balade, nous emberlificote, car il n'a que faire de la chronologie, ses histoires s'emboîtant dans sa tête comme des poupées russes.
Mais les fins semblent pourtant bel et bien exister. Vif-Argent devra s'en aller poursuivre sa vie vers d'autres ailleurs, riche des enseignements du vieux Pew mais toujours un peu plus prompte à défendre sa liberté pour réaliser ce qu'elle sait faire de mieux... raconter des histoires.

"Il vaut mieux que j'envisage ma vie de cette façon: un mélange de miracle et de folie. Il vaut mieux que je me résigne à ne pouvoir contrôler aucune des choses essentielles. Ma vie est un chemin jonché de naufrages et d'appareillages. Il n'y a ni arrivées ni destinations; juste des bancs de sable et un naufrage; et puis, un autre bateau, une autre marée."

Me croirez-vous si je vous dis que j'étais triste d'avoir terminé ce livre ?
Il fait partie de ceux dont on a envie qu'ils durent toujours, comme les histoires du vieux Pew, de ceux dont on veut tourner encore et encore les pages afin de se laisser bercer par les vagues d'imagination qui se succèdent et retenir l'empreinte de leur poésie bien longtemps après avoir lu le mot FIN.
Bref, une très belle histoire d'amour et d'amitié sous le sceau de la transmission.
Je vous le conseille vraiment.

Garder la flamme     Jeanette Winterson     Editions 10/18

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lundi 7 mai 2007

Pour PAL peu élevée

9782264044006Alexander McCall Smith est le père de Mma Ramotswe, la célèbre détective du Bostwana, dont les sept tomes des aventures sont édités chez 10-18.
Ici, l'auteur retrouve le climat écossais et nous présente sa nouvelle héroïne Isabel Dalhousie.

Et celle-ci est à mille lieues de la drôlatique africaine. La quarantaine, célibataire, plutôt bien nantie, Miss Dalhousie est directrice d'une revue philosophique qui lui laisse beaucoup de temps libre, mais ce qui ne l'empêche pas de s'adjoindre les services d'une gouvernante scottish pur jus (de malt of course ah ah !), pour assurer la bonne marche de sa jolie demeure. Miss Dalhousie, entre deux sauts dans l'épicerie fine de sa nièce, ne rechigne pas à flaner dans les galeries d'art et à se détendre à l'opéra (elle a une vie épuisante et réfléchit beaucoup !).

"Ce qui conduit Isabel à se poser cette question: qui, des personnes lucides et en proie au doute ou bien des gens sûrs d'eux-mêmes et de leurs convictions au point de ne jamais se remettre en question, était le plus heureux ? " (T'as raison ! J'arrête pas de me le demander...)

Et c'est justement lors d'une de ces soirées musicales, qu'un jeune homme en profite pour atterrir à ses pieds. Non pas qu'il se pâme d'amour pour la belle quadra, mais tout simplement parce qu'il choit malencontreusement du paradis (ou poulailler en langage prolo). Suicide, accident, meutre ? Notre petite bourge penche pour la troisième hypothèse. Elle décide d'en rajouter à son emploi du temps déjà overbooké, en se lançant à la recherche du coupable, histoire de s'offrir quelques frayeurs et de nous faire partager ses réflexions éthiques.

" Isabel se promit d'explorer ce sujet en détail et d'écrire un papier argumenté, qu'elle intitulerait peut-être: "Eloge de l'hypocrisie". Les premiers mots lui virent aussitôt: "Taxer une personne d'hypocrisie revient en général à lui imputer une faiblesse morale. Mais l'hypocrisie est-elle forcément mauvaise? Certains hypocrites méritent une plus grande considération..." (Euh... c'est un extrait au hasard bien sûr, avec lequel je ne suis pas tout à fait d'accord.)

Bon, je vous l'accorde, mon ton ironique ne vous donnera pas envie de vous plonger dans l'univers de Miss Dalhousie. D'autant plus que l'enquête est en arrière plan, au moins jusqu'à la moitié du livre. Mais si vous aimez l'ambiance british et n'êtes pas contre un peu de considérations philosophiques, faites connaissance avec Miss Dalhousie. Ceux qui, comme moi, gardent un bon souvenir d'Edimbourg, apprécieront les quelques évocations géographiques et historiques.

Evidemment, les fans de la truculente Precious, trouveront l'écossaise un peu palote. Sans doute que le climat pluvieux a aussi déteint sur l'auteur qui a quitté son Afrique natale pour les cieux plus austères d'outre-Manche.
Un petit abus de la boisson locale n'aurait pas nuit à l'ensemble, à vous de voir ...SLAINTE !

Le club des philosophes amateurs    Alexander McCall Smith   Editions 10/18

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dimanche 29 avril 2007

Un train un bouquin !

9782757801413Saintes-Bordeaux-Saintes, 3 heures + 20 minutes de tram + disons 3 heures de terrasse, les repas compris, ( j'ai même été tentée de l'ouvrir pendant le colloque auquel j'assistais Vendredi, mais j'ai pas osé ) =  j'ai dévoré ce livre.
Et si comme moi, vous adorez que l'on vous raconte des histoires, n'hésitez pas. Et cette fois vous pouvez me croire, je l'ai terminé.

Un écrivain s'installe à Camberloo, au Canada. Il loue une maison, emménage avec chat, livres, feuilles et stylos. Son voisin, après quelques jours d'observation à travers la haie du jardin, finit par lui faire la causette. C'est Thomas Vanderlinden, vieux professeur d'histoire à la retraite féru d'auteurs du XVI siècle. Mais le vieil homme ne tarde pas à tomber malade et notre écrivain, en mal d'inspiration, lui rend visite chaque jour. Et le vieux Thomas va lui raconter l'histoire de sa mère, Rachel l'épouse hollandaise. Je vous laisse découvrir ce qu'est une épouse hollandaise !

Rachel a aimé deux hommes. Le premier s'appelait Rowland Vanderlinden, il est anthropologue, il voyage beaucoup et un jour... il ne rentre pas. Le second débarque un beau jour, il dit s'appeler Rowland Vanderlinden et être son mari. Rachel ne pose aucune question, et veut même surtout ne rien savoir. Peu de temps après, c'est la naissance de Thomas et le début de la Première Guerre Mondiale. Rowland Vanderlinden finit par s'engager... lui non plus ne reviendra pas. Thomas grandit, il est le fils de Rowland Vanderlinden.
Le temps passe, Rachel vieillit. Un jour elle annonce à son fils que celui qu'il croit être son père n'est pas son père. Et elle le charge de retrouver Rowland Vanderlinden, qu'elle veut revoir avant de mourir, si lui-même est encore en vie...

Le récit du vieux Thomas va nous entraîner de personnages en paysages, aux quatre coins du monde, à la découverte des deux mystérieux Rowland. Peuplades primitives ou occidentaux exilés, rites, mythes et médecine traditionnelle, voyageurs infatigables, ermites scientifiques ou sédentaires, marins, mineurs ou chaman, tous pourraient se croiser à "l'Institut des Egarés" ou échouer sur "la Barre des Naufrages" ; Amérique du Sud, Afrique, Inde, Tibet, Ecosse, Canada et pour finir îles du Pacifique, telles les Motamuas " l'aisselle puante de la planète ".
Outre Rowland, l'autre fil conducteur est le ver de Guinée, une charmante bestiole que vont rencontrer les protagonistes, comme un présage ou une fatalité.

Tout comme ce ver, Eric McCormack s'est immiscé l'air de rien dans mes deux dernières journées. Il m'a enchaînée à son imaginaire et ne m'a plus lachée. Et, tels les contaminés de cette histoire, à défaut d'allumette ou de brindille, je n'ai pas eu d'autre choix que de tourner, de tourner et de tourner encore les pages ...

" Pour savoir comment les histoires se finissaient, il fallait s'enraciner, rester suffissamment de temps dans un même endroit, une vie entière si nécessaire. Il avait déjà la certitude que son histoire serait la seule dont il verrait jamais la conclusion."

J'imaginais lire un roman interminable et captivant, dans un train qui semblait ne jamais s'arrêter. Et quand enfin il stoppa, je relevai la tête et vis sur le quai une foule bigarrée. Les femmes portaient des foulards colorés et les hommes des chapeaux que je reconnus immédiatement. Quand je demandai où nous étions, en éclatant de rire quelqu'un me répondit " Samarkand ! Samarkand ! "
Et je me dis que j'étais arrivée ...

Mais qu'est-ce que je raconte ?
Et qui est cet abruti qui gueule "Saintes, Saintes 3 minutes d'arrêt !"

L'épouse hollandaise     Eric McCormack     Points Seuil

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