samedi 17 septembre 2011

Une journée d'été

batz

Cap sur l'île de Batz

batzplage0

Un peu de soleil dans l'eau froide

batzlande

Une touche de blanc entre vert et bleu

batzcapucines

Quelques taches de sanguine sur une plage

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Que demander de plus pour être heureux ?
Que ça dure encore et encore !

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vendredi 16 septembre 2011

Tout l'monde descend !

9782742799091Après quelques années passées à Rome, L. prend le train en compagnie de son jeune fils afin de rejoindre en Bretagne son amie d'enfance qu'elle m'a pas revue depuis vingt ans. Inévitablement, les souvenirs défilent derrière les vitres.

"Emmanuelle les attendrait à vingt et une heure sur le quai de la gare de Chateaulin. Si le temps le permettait, au cours du week-end ils passeraient une nuit dans la presqu'île de Crozon. Emmanuelle avait hérité du penty de ses grands-parents, une maison longue et basse au bord d'une falaise envahie par la bruyère et le vent, où les deux amies, à l'âge de neuf ans, avaient passé un mois de vacances, l'été."

Si c'est pas tentant tout ça ! J'aime beaucoup Chateaulin et les bords de l'Aulne, et le cap de la Chèvre, sans les touristes, c'est divin. Je me délectais donc de la suite et des turpides dans lesquelles les deux gamines allaient m'entraîner. 

Euh... seulement voilà, j'ai dû me tromper de train, rater la correspondance, oublier de composter mon billet, que sais-je encore ? Jamais lecture aussi courte (140 pages au format vertical, ce qui doit faire 80 en format poche, voire moins) ne m'a semblé si laborieuse.
Je suis restée totalement hermétique aux réminiscences du passé qu'évoque la narratrice, à sa rupture amoureuse, au devenir d'Emmanuelle. Et j'ai eu beau retourner tout le wagon, j'ai peiné à mettre la main sur la nostalgie qui habituellement va de pair avec ce genre littéraire. J'attends encore des nouvelles des retrouvailles entre copines et la scène de meurtre qui ouvre le roman ne m'a même pas fait tirer le signal d'alarme, pourtant c'est pas l'envie qui me manquait de descendre en marche...

J'aurais mieux fait de rester sur le quai ou de prendre le train d'avant, il paraît que le roman précédent semblait plus réussi. Bref, que l'auteur me pardonne, ce fut un voyage ennuyeux, sans émotion et qui n'encombrera guère ma mémoire.

Voilà, c'était ma piètre contribution à la rentrée littéraire !

Inverno     Hélène Frappat     Editions Actes Sud collection Un endroit où ne pas aller

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mercredi 14 septembre 2011

Mise en boîte

9782916589282La famille Tot se met en quatre pour recevoir le commandant Varro sous les ordres duquel leur fils Gyula combat sur le front russe.
Le militaire ayant les nerfs fragiles, toute contrariété doit lui être évitée pendant le séjour qui, s'il lui donne entière satisfaction, verra sans doute le sort de Gyula s'améliorer et ce dernier bénéficier de quelques privilèges non négligeables en ces temps de guerre. Mr et Mme Tot vont voir leur vie chamboulée, renier tous leurs principes, ramper devant l'imprévisible Varro, accepter  ses lubies les plus loufoques.

Sauf que.... entre chaque chapitre nous viennent des nouvelles du front. On apprend très vite que Guyla est mort. Un facteur délicat, voulant épargner la douleur des parents Tot, subtilise le courrier qui annonce son décès et le jette au puits.

 Moins connu que Ionesco ou Beckett, l'auteur a pourtant sa place dans la littérature et le théâtre de l'absurde. Car nous sommes ici dans le grotesque le plus complet. Que le lecteur soit détenteur d'une réalité que les personnages ignorent renforce le ridicule des situations auxquelles se plient les Tot, comme la fabrication des fameuses boîtes.

"- Et qu'est-ce que vous faîtes ?
- Le soir, comme ça, quand il n'y a rien de mieux à faire, on fait des boîtes.
Les yeux du commandant brillèrent.
- Des boîtes ? répéta-t-il. Mais c'est fichtrement intéressant ! s'écria-t-il. De quelles boîtes s'agit-il ?"

Métaphore d'une vaine servilité et de l'abnégation de l'être humain face au pouvoir, cette brève farce recule les limites de l'acceptable jusqu'à l'issue inévitable. La transgression, la révolte, la folie ou la mort ?  La réponse dans une fin surprenante de dignité !
Istvan Örkény est né en Hongrie et fut victime de la censure pour avoir participé à la révolution de 1956. 

"Rompu de fatigue, il regardait fixement devant lui. Il déroula le souvenir du jour précédent et, s'imaginant les jours à venir, dit d'un air sombre :
- Ca va mal finir, Mariska, je le crains."

Les Boîtes      Istvan  Örkény      Editions  Cambourakis  

ogjets27

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lundi 12 septembre 2011

J'aime...

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les nuages...

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les nuages qui passent...

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là-bas...

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là-bas...

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les merveilleux nuages ! 

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vendredi 9 septembre 2011

Drôles oiseaux, les vrais !

9782864247098Oui, mais ceux dont il est question ici sont mille fois plus attrayants. Loin d'être figés dans la froidure danoise, ils animent les rues poussièreuses de Yungay, petit village minier du nord du Chili qui subsiste tant bien que mal alors qu'alentour les mines ferment les unes après les autres.

C'est là que vit Malarossa, gamine d'une dizaine d'années, lucide, têtue, et un brin farouche. Elle veille sur Saladino Robles, son flambeur de père, seule famille qui lui reste, et le suit comme son ombre dans ses déambulations éthyliques et pugilistiques. Les tripots et les bordels n'ont plus aucun secret pour elle,  ses amis sont ceux de son père ou les prostituées du Pancho Déchiré, quartier général où se retrouve toute une clique de personnages truculents en quête d'un avenir meilleur tout en usant leurs vies à coup de pocker, à coup de poing et à coup de gnôle. Quand elle ne prend pas soin de son petit papa, Malarossa retrouve les objets perdus, maquille les morts, va à l'école quand il y a une institutrice et dessine des oiseaux en rêvant.

"Dans un de ces hameaux abandonnés, Malarossa aperçut quelque chose qu'elle prit pour une vision ou un bref mirage vespéral mais qui resta gravé sur sa rétine pour le reste de la journée et revint même dans ses rêves cette nuit-là : sur le quai désert, près d'un banc de bois, elle aperçut un homme, fantomatique dans les dernières lueurs du crépuscule. Haut comme une armoire, il portait un chapeau de paysan et se tenait près d'une pyramide de cages remplies d'oiseaux aux couleurs et aux plumages les plus variés."

Un arrière-fond nous brosse un aperçu de la situation sociale et politique du pays, et plus précisément de la lutte des mineurs qui voient leurs villages disparaître aussi vite qu'ils ont été construits, c'est à dire à la va vite pour alimenter les fûts des canons de l'Europe alors en guerre. Les années de paix et la crise de 29 aidant, le salpêtre n'intéresse plus personne et l'exode vers les villes de la côte s'intensifie.

Voilà, ça pourrait être sordide, misérabiliste, glauque, etc, etc mais comme ça se passe en Amérique du sud, forcément c'est cocasse, pittoresque, démesuré voire surnaturel... On côtoie les morts et les putains, ça picole et ça castagne à toutes les pages mais... re-forcément puisqu'on est en Amérique du sud, c'est magique et poétique.

Et le désert d'Atacama est là, toujours, écrasant de chaleur, aveuglant de blancheur, le plus aride de la planète mais qui n'en fait pas moins naître sous la plume de l'auteur des descriptions pleines de poésie, avant de replonger dans la tragi-comédie de la vie quotidienne.

"Le ciel du désert, haut, diaphane, explicite, est une éclatante célébration d'étoiles magnifiées par l'obscurité qui prétend les voiler ; des étoiles qui font briller et resplendir leur lumière naissante, de toutes les tailles et luminosités, étoiles proches ou lointaines, étoiles inaccessibles, belles comme des lanternes de papier, fixes comme des prunelles de chat ou clignotantes commes les yeux des lézards ; étoiles baptisées ou sans nom, étoiles mortes, étoiles froides comme le givre, ardentes comme des braises, mystérieuses comme des feux follets ; étoiles formant des croix, des voies, des constellations, un univers scintillant et mystérieux de corps célestes - astres, nébuleuses, soleils, planètes, aérolithes - réunis en grappes, là à deux doigts de son ivresse." 

En digne héritier des ses aînés, Hernan Rivera Letelier est un merveilleux conteur de la vie et de l'éphémère.
A ranger dans la catégorie réalisme magique sud-américain et à découvrir donc.

L'avis de KATHEL

Malarrosa      Hernan  Rivera Letelier       Editions  Métailié

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mardi 6 septembre 2011

Drôles d'oiseaux

LESPLUMESDUDINOEncore un polar nordique avec, cette fois, pour toile de fond une polémique scientifique autour de l'évolution des dinosaures.
Pas d'inquiètude, faut pas avoir un master de paléontologie pour suivre, l'essentiel du roman concernant plus la vie et l'histoire des protagonistes à savoir une chercheuse mère célibataire, ses collègues et leurs marottes, ses amis et bien sûr le flic de service.

Je n'ai pas ressenti une grande empathie pour les personnages et leurs problèmes d'égo, d'identité sexuelle, de désir ou non de paternité... Quant au flic, qui est quand même censé être le meilleur du Danemark, on peut dire qu'il plane complètement au-dessus de l'enquête, empêtré qu'il est dans ses souvenirs, vrais ou faux, et j'ai passé mon temps à avoir envie de lui filer des coups de pied au cul pour qu'il bouge le sien au lieu de laisser faire le boulot par la nana qui va présenter son mémoire et qui a p'tet autre chose à faire. J'avais envie de lire un polar pas un catalogue de SOS enfance maltraitée et des névroses qui vont avec. Si le mobile reste crédible, les moyens le sont un peu moins. L'écriture ? Ben, c'est écrit, c'est traduit, rien d'extraordinaire donc. Et je n'ai guère avancé sur la question cruciale, qu'est-ce que ça changerait que les oiseaux descendent ou non des dinosaures ?

Bref, je suis totalement de mauvaise foi (je l'ai quand même terminé), de mauvaise humeur (je voudrais du soleil pour mes vacances, pas la tempête) et je n'ai pas envie de faire un billet positif. Na.

Un avis plus enthousiaste, et sans doute plus objectif,   ICI  

Les plumes du dinosaure      Sissel-Jo Gazan      Editions Le Serpent à plumes   

 

bondecolere

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dimanche 4 septembre 2011

En boucle !

 

 Merci à Etta James et à la soul des années 60

 

Bon dimanche

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samedi 3 septembre 2011

Salade de livres

c075zivkovicE_v2bouquineuseLes uns grignotent du chocolat en bouquinant, d'autres sirotent un thé ou un café, certains cumulent et complètent le rituel en allumant une cigarette - ajoutez un chat qui ronronne pas loin et vous saurez comment j'aime lire...  Mlle Tamara, son truc c'est de manger des pommes minutieusement préparées à l'heure sacrée de la lecture, chaque bouchée devant durer le temps d'une page...
Le jour où elle s'aperçoit qu'elle a avalé son morceau de fruit alors qu'il lui reste encore deux paragraphes avant la fin de la page, la belle mécanique s'enraye, son quotidien bascule... de l'autre côté des livres.

"Si elle tournait la feuille, si elle passait à la page suivante... elle mourrait.
(...) Bien que rien de semblable ne lui eût jamais auparavant effleuré l'esprit, Mlle Tamara ne songea même pas à mettre en doute le pressentiment de la mort qui la guettait si elle poursuivait sa lecture. Cela lui semblait indiscutable et certain."

A partir de là, Mlle Tamara va commencer à travailler du chapeau. Elle va abandonner les pommes pour les citrons, puis les citrons pour les mûres et ainsi de suite. Parallèlement de curieux événements se produisent, des lettres s'échappent, des mots disparaissent, des livres se vident de leur contenu, d'étranges coïncidences se produisent et de mystérieuses rencontres ont lieu.

Voilà encore un bel exemple de l'originalité qui nous vient des Balkans.
Un délicieux méli-mélo de fruits et de saynètes pour aborder avec légèreté quelques angoisses qui, j'en suis certaine, traversent un jour ou l'autre les amoureux des livres, la vue qui baisse, la mémoire qui flanche, l'isolement etc...

"Elle venait de porter une nouvelle tranche à sa bouche, les yeux dirigés vers l'étagère de livres accrochée au mur en face de la fenêtre, lorsque surgit une autre question étrange. Quel serait le dernier livre qu'elle lirait ?
Qu'étaient donc ses pensées qui lui venaient à l'esprit ? Il était encore plus difficile de répondre à cette question. Se souvenir de son premier livre n'était peut-être pas impossible, mais savoir quel serait le dernier était inconcevable."

Pfff va falloir que je me penche sur ce problème qui ne m'avait encore jamais traversé l'esprit !
Mais rassurez-vous, Mlle Tamara a des solutions à tout et vous prouve que, loin de vous enfermer dans la solitude, la lecture vous ouvre des horizons infinis vers les autres.
Entre réalité et merveilleux, une petite fable farfelue se cache sous la couverture un brin surréaliste. Les livres nous montent parfois à la tête, c'est certain. Et ils ont une vie en dehors de leurs lecteurs...

La bouquineuse      Zoran  Zivkovic      Editions  Xenia

labouquineuse

(La bouquineuse Diane Ethier)

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lundi 29 août 2011

Jack, ça va ?

bruenJack Taylor va bien. Il sort de l'hôpital psychiatrique !
Il faut dire que ses dernières aventures ( Le dramaturge) l'avaient laissé plutôt exsangue suite à la mort de la petite fille de ses amis Jeff et Cathy.
C'est donc un Jack Taylor chargé aux neuroleptiques que l'on retrouve déambulant dans sa bonne ville de Galway en compagnie de ses fantômes dont la liste ne cesse de s'allonger. Faut croire que le sort a décidé de s'acharner sur lui.

Si, à la sortie de l'HP, ses potes ne sont pas au rendez-vous, le sympathique père Malachy ne tarde pas à lui tomber sur le paletot afin de solliciter ses services. On vient de retrouver la tête tranchée du père Joyce et ça tremble sous les soutanes, l'église irlandaise étant en pleine tourmente pédophile. Aussi sobre qu'un chameau et les narines vierges de toute trace de poudre, Jack Taylor renfile l'article 8234 et se remet au boulot.

Ne vous laissez pas abuser par le ronflant "Grand Prix de la littérature policière 2009". On se demande bien pourquoi d'ailleurs vu que côté polar c'est plus que léger, l'intérêt résidant ailleurs. Ken Bruen continue sur sa lancée et brosse ici un tableau de l'Irlande moderne, ultralibérale, le Tigre celtique au mieux de sa forme, qui n'a plus foi en rien si ce n'est en l'argent, et poursuit sa diatribe, débutée dans Le martyre des Magdalènes, contre l'église.

"Peut-être nous sommes-nous enrichis, mais jamais nous ne sommes devenus impulsifs. Une question est toujours suspecte. Durant les années de domination britannique, les années où il fallait dire oui, les questions, la plupart du temps posées par un soldat qui vous braquait une arme sur la figure, ont entraîné une certaine lassitude. S'il faut dire la vérité, et parfois c'est nécessaire, nous éprouvons le désir profond de réagir par deux autres questions.
La première : Pourquoi vous me demandez ça ?
La deuxième, peut-être plus fondamentable : En quoi cela vous regarde ?"

L'écriture de l'auteur est toujours aussi directe, nerveuse. A défaut de celui de la Guinness, que Jack Taylor regarde couler d'un oeil torve, c'est le goût de son île qui imbibe toutes les pages de Ken Bruen, toujours entre humour noir et mélancolie.

"Les alcooliques connaissent par coeur le contenu de tous les récipients : jamais suffisant. Comme pour un joueur de billard, ce qui importe c'est toujours le coup suivant. Ce qui se trouve devant vous, c'est comme si c'était fait."

Pour les amateurs ou les accros, et en attendant la sortie poche des deux prochains épisodes !

La main droite du diable      Ken  Bruen      Editions Folio policier 

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dimanche 28 août 2011

Psychose !

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Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce film
chaque fois que je passe devant cette auberge délabrée. 
Le mannequin derrière la fenêtre fait son effet !

aubtruite

Grandeur et décadence  ( voir ICI )
Quand on pense que Georges Pompidou aimait y séjourner !
Les propriétaires actuels ont le goût de la mise en scène.
Un jour je vous montrerai leur véhicule... 

Posté par Moustafette à 08:47 - - Commentaires [11] - Permalien [#]