mercredi 2 mai 2007

REVUE DE PRESSE

084eb111a6a0f44341caf78fe624506dL'autre soir, je me disais que j'allais arrêter les revues de presse. D'abord parce que ça me prend beaucoup de temps et qu'inévitablement mes activités annexes en pâtissent, genre les piles qui ne baissent pas et le mémoire qui n'avance pas. Et comme, au regard de l'horizon qui se profile, ce n'est pas la matière première qui viendra à manquer, il me faudrait envisager sérieusement réduire mes heures de sommeil. Et ça, ce ne serait pas raisonnable.

D'autre part, je ne souhaite pas faire la claque à SR, même si bien évidemment c'est un moindre mal, et en donner virtuellement à l'autre excité ne m'apporte que peu de satisfactions. Alors j'avais décidé que seuls des événements d'une extraordinaire exception me feraient revenir sur ma décision. Par exemple un très gros coup de grisou made in banlieue, un couvre feu généralisé avec chars, militaires ou milices à chaque coin de rue, un coup d'état d'un peuple extra-terrestre venant à notre secours, voire un attentat qui coûterait la vie à notre futur président...

Je n'en continue pas moins à lire la presse. Et ce matin, j'ai pensé que nous vivions nos derniers jours de cette bonne vieille chiraquie, qu'il reste à peine cinq jours de joyeuse insouciance et de totale impunité pour des propos qui seront peut-être bientôt qualifiés comme subversifs. Donc, j'en concluais qu'une petite dernière ne ferait de mal à personne avant le grand saut dans la sarkopénie.

Alors voici ce qui, momentanément, m'a fait changer d'avis.

Décidément je n'aimerais ni vivre ni travailler dans le grand laboratoire sécuritaire du 9.2, à cause de ça , le contrat local de sécurité, Mission Possible (il fallait y penser à celle-là ! c'est dire les convictions qui les animent et les conclusionss inévitables qu ils en tireront...) et tutti quanti !

Et allez entendre comment ns parle de ses électeurs, ici , cela n'a rien d'étonnant mais c'est toujours bon à rappeler. C'est curieux, le lien est bloqué, mais en allant sur Betapolitique(lien dans Caravanserail), cherchez dans les dernières brêves à la date du 30 Avril " ns méprise les téléspectateurs ". Vous avez trouvé ?

Et puis j'ai pas aimé comment ce même personnage m'a dit de tourner la page de mes 10 ans et des conséquences qui s'en sont suivies. Daniel Riot non plus et il le dit beaucoup mieux que moi.

Pour finir sur un sourire c'est .

Et pour un petit souffle de nostalgie, poussez la porte de la Samaritaine , et si  d'ici quelques jours, on apprend qu'elle a brûlé, nous saurons pourquoi !

bonjour_027

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mardi 1 mai 2007

UNE COQUINE ...

9782876734470de 91 ans, voilà ce qu'est Geneviève Briand-Lemercier !
Et elle lutte vaillemment contre le vieillissement sous la férule de l'odieuse Mme Bertrand, prof d'astrologie transcendantale, dont elle suit l'enseignement depuis douze ans et qui, non contente de la dépouiller financièrement, veut aussi la déposséder de ses écrits. Sa théorie est simple; le thème astral de Geneviève se rapprochant dangeureusement de ceux de certains écrivains morts prématurément, il devient impérieux de se débarrasser de tous ces mots qui encombrent les placards de notre héroïne.

Car Geneviève suit depuis toujours les conseils de son père : tenir chaque jour son journal et noter ses rêves. S'attelant à ce travail de désécriture, c'est l'occasion pour Geneviève de relire ses anciens cahiers et de nous faire partager l'histoire de sa vie. Elle en profite aussi pour nous faire partager ses autres marottes. Toujours dans un but profilactique et scientifique, elle tient à jour deux sortes de chroniques nécrologiques dans des grands répertoires. Quand elle n'écrit pas, Geneviève est une adepte forcenée des achats par correspondance et de petits calculs en tout genre, pour bénéficier de super cadeaux et autres chèques de gros lots.
Mais comme vous vous en doutez, loin de l'enrichir, cette activité n'est guère lucrative. Alors, avec la complicité de son concierge, elle devient la championne du trafic de friteuse, d'appareil à fondue et autres ustensiles dont elle ne se sert pas et qu'elle entasse dans son appartement. Elle est aussi la reine des emprunts auprès des membres de sa famille, pour lesquels elle ne nourrit pas le même amour qu'elle a pour les mots !

Sur la pointe des pieds, je me suis introduite dans l'entrée de Geneviève et j'ai fureté dans "son placard aux écritures". Voici ce que j'ai trouvé :
"Dans la partie supérieure, des cahiers d'écolières. Leur apparence varie un peu selon les époques et les modes. Certains sont décorés sur la page de couverture.(...) Sur la dernière page, il y a presque toujours les tables de multiplication.(...) Sur l'étagère du milieu, il y a les dix sept cahiers de quatre cents pages plus récents.(...) Au dessus des cahiers récents, il y a les dossiers des rêves."

Et là, perdue dans ses récits oniriques, je me suis faite piquer par Geneviève. Mais peu perméable aux discours sécuritaires, elle ne s'est pas précipitée sur son téléphone pour composer le 17 ! Au contraire, elle m'a proposé de poursuivre ma visite en sa compagnie ...
" Sur l'étagère au-dessus des rêves, c'est la documentation que j'accumule sur les cas de très grande longévité. Il y a un peu de tout là-dedans : des coupures de presse, des photos, des notes recopiées, et même des lettres.(...) Les deux derniers éléments à inscrire à l'inventaire de mes écritures sont le Grand Répertoire Rouge et le Grand Répertoire Noir. Ils sont rangés dans le tiroir du placard, toujours fermé à clef."

L'heure passant, j'ai refusé le goûter qu'elle me proposait (vous comprendrez pourquoi, si vous lisez ce livre) et après lui avoir souhaité longue vie, je suis rentrée chez moi pour écrire cette critique. J'ai passé un agréable après-midi en compagnie de cette espiègle petite vieille, craquante de naïveté et qui a plus d'un tour dans son sac ...
Mais est-elle si naïve qu'elle en a l'air ?

Pour une critique à un degré supérieur, voir la critique d'Oedipe. Car l'auteur est un linguiste émérite, qui ne pouvait que faire des ponts avec la discipline psychanalytique. Et ce sera aussi l'occasion de découvrir un autre de ses romans, plus ancien celui-ci.

Une très vieille petite fille     Michel Arrivé     Editions Champ Vallon

3eme_age21

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ymuguet07

Bon 1er Mai à tous et surtout à ceux qui travaillent

Ici ça va donner ça

1meteo10e   +    001

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lundi 30 avril 2007

EST-CE POSSIBLE ?

9782228898959Peut-on encore rêver sous un régime totalitaire ? 
Non pas fantasmer tout éveillé au jour de la libération et à la chute du tyran, non, rêver en dormant, tout simplement, librement.
Telle est la question que s'est posée l'auteur Charlotte Beradt (1901-1986).

Un mot sur l'auteur. Juive allemande communiste, elle émigre en Angleterre en 1939, puis aux Etats-Unis en 1940. Dans les années vingt, elle travaille dans une grande maison d'édition et fait alors la connaissance de nombreux écrivains. Parmi eux Heinrich Blücher, le futur mari d'Hannah Arendt, et Martin Heradt qui deviendra son mari. Les deux couples se lient d'amitié et se retrouveront en exil à New York.
En Allemagne, elle choisit de s'engager aux côtés des communistes, seule résistance face au régime hitlérien. Plus tard, elle reviendra sur son engagement, mais affirmera que " la terreur brune et la politique rouge furent les événements déterminants qui ont marqué ma vie". De 1933 à 1939, sans doute pour juguler sa peur face à ses propres rêves, elle décide de collecter les rêves de ses compatriotes. Elle en rassemblera plus de trois cents. Rêves de médecins, d'avocats, de commerçants, d'industriels, d'employés, d'ouvriers, de femmes au foyer etc... Au fur et à mesure, elle les rédige de façon déguisée et les envoie à l'étranger. Elle expliquera qu'elle cherchait à réunir du matériel d'information pour la presse en exil.
Ce travail prendra la forme d'un livre et sera publié pour la première fois en 1966.

Mais C. Beradt n'aborde pas cet ouvrage sous un angle purement psychanalytique, bien qu'elle ne soit pas opposée à cette discipline. Elle veut établir " un rapport entre le monde le plus intime des sujets et le monde politique, assumer qu'il puisse y avoir des rêves politiques inspirés chez eux non par les conflits de leur vie privée mais par ceux dans lesquels les a plongés l'espace public". Elle rejoint ainsi Hannah Arendt sur le versant psychique du totalitarisme et son intériorisation par les sujets un par un. Seront aussi écartés les rêves de violences physiques.

Alors, quelles sont les constantes retrouvées par l'auteur ?
* La mise au pas du sujet s'effectue par le biais de la honte en public, sous le regard inexpressif de l'entourage.
* L'omniprésence de la propagande sous forme de lois, décrets, haut-parleurs, banderoles, affiches qui s'insinuent jusque dans la vie nocturne. On retrouve aussi le monde cauchemardesque de la bureaucratie cher à Kafka, auquel s'ajoute l'absurdité poussée à l'extrême.
* La crainte de ne pas satisfaire aux critères de l'aryanité, avec des focalisations sur des détails physiques ou sanguins, mêmes chez les sujets les moins "suspects".
* Le passage de la suggestion à l'autosuggestion, de la censure à l'autocensure.
* Et chose surprenante, le déplacement de cette dernière dans le domaine privée et notamment sur de simples objets, susceptibles de dévoiler les pensées intimes de leurs propriétaires. C'est Big Brother avant l'heure dans l'imagination terrorisée des êtres sous emprise.
* Enfin vient l'incrédulité face à ce que le sujet observe et ressent. D'où l'utilisation, en un renversement en son contraire, de l'humour noir et du grotesque comme ultime lutte contre l'angoisse, la lâcheté, la peur.

Quelques exemples :
* Tel homme rêve qu'au moment où il s'apprête à lire un auteur réprouvé par le régime, bien tranquillement allongé sur son sofa, les murs de son appartement disparaissent.
" Effrayé, je regarde autour de moi : aussi loin que porte le regard, plus de murs aux appartements. J'entends un haut-parleur hurler : conformément au décret sur la suppression des murs du 17 de ce mois ..."
* Telle femme se voit dénoncer par son poêle à bois dont la porte s'ouvre comme une bouche.
* Tel jeune homme rêve qu'il ne rêve plus que de formes géométriques parce qu'il est interdit de rêver, ou cet autre qui, par précaution, rêve qu'il rêve en russe, langue qu'il ne comprend ni ne parle.
* Tel autre, ancien militant, se parodie,
"je rêve que je m'installe solennellement à mon bureau après m'être enfin décidé à porter plainte contre la situation actuelle. Je glisse une feuille blanche, sans un mot dessus, dans une enveloppe et je suis fier d'avoir porté plainte, puis j'ai vraiment honte."
* Tel médecin, qui s'était juré de résister, rêve qu'il est renvoyé puis rappelé car lui seul est capable de soigner Hitler. Il en est fier et se réveille en larmes.

La dernière partie du livre se compose de deux textes récents (2002). L'un d'un historien allemand, qui démontre en quoi ce recueil est spécifiquement politique et trouve sa place dans le débat de la responsabilité pour les générations actuelles. L'autre d'un psychanalyste français, qui s'appuie sur les théories classiques du rêve et du traumatisme, afin d'éclairer le travail de l'auteur et le totalitarisme, d'un point de vue plus clinique.

J'ai trouvé dans cet ouvrage des résonances très actuelles, toute proportion gardée. Et c'est justement cela le problème, là nous sommes dans l'extrême, dans l'énorme. Mais quand les frontières de l'intimité des individus s'estompent sous l'emprise sectaire quelqu'elle soit, l'autoritarisme politique ou le matraquage médiatique, aveuglement et irrationnel ne sont pas loin. Quand les individus vivent dans un monde où tout est réglementé, anticipé, organisé, contrôlé, sécurisé, le terme individu n'a plus lieu d'être puisqu'un tel sujet n'a presque plus besoin de penser, il est "programmé", pire il s'auto-programme insidueusement. C'est exactement ce dont nous parle C. Beradt.
Pour conclure, je citerai ce dirigeant nazi qui déclarait "La seule personne qui soit encore un individu privé en Allemagne, c'est celui qui dort ", comme quoi il sous-estimait les possibilités du III ème Reich car comme le démontre C. Beradt " le rêve lui-même n'est plus un refuge. "
Alors résistons et pensons pendant que nous sommes bien réveillés ...

Rêver sous le III ème Reich     Charlotte Beradt     Editions Payot

 

rodin

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dimanche 29 avril 2007

Un train un bouquin !

9782757801413Saintes-Bordeaux-Saintes, 3 heures + 20 minutes de tram + disons 3 heures de terrasse, les repas compris, ( j'ai même été tentée de l'ouvrir pendant le colloque auquel j'assistais Vendredi, mais j'ai pas osé ) =  j'ai dévoré ce livre.
Et si comme moi, vous adorez que l'on vous raconte des histoires, n'hésitez pas. Et cette fois vous pouvez me croire, je l'ai terminé.

Un écrivain s'installe à Camberloo, au Canada. Il loue une maison, emménage avec chat, livres, feuilles et stylos. Son voisin, après quelques jours d'observation à travers la haie du jardin, finit par lui faire la causette. C'est Thomas Vanderlinden, vieux professeur d'histoire à la retraite féru d'auteurs du XVI siècle. Mais le vieil homme ne tarde pas à tomber malade et notre écrivain, en mal d'inspiration, lui rend visite chaque jour. Et le vieux Thomas va lui raconter l'histoire de sa mère, Rachel l'épouse hollandaise. Je vous laisse découvrir ce qu'est une épouse hollandaise !

Rachel a aimé deux hommes. Le premier s'appelait Rowland Vanderlinden, il est anthropologue, il voyage beaucoup et un jour... il ne rentre pas. Le second débarque un beau jour, il dit s'appeler Rowland Vanderlinden et être son mari. Rachel ne pose aucune question, et veut même surtout ne rien savoir. Peu de temps après, c'est la naissance de Thomas et le début de la Première Guerre Mondiale. Rowland Vanderlinden finit par s'engager... lui non plus ne reviendra pas. Thomas grandit, il est le fils de Rowland Vanderlinden.
Le temps passe, Rachel vieillit. Un jour elle annonce à son fils que celui qu'il croit être son père n'est pas son père. Et elle le charge de retrouver Rowland Vanderlinden, qu'elle veut revoir avant de mourir, si lui-même est encore en vie...

Le récit du vieux Thomas va nous entraîner de personnages en paysages, aux quatre coins du monde, à la découverte des deux mystérieux Rowland. Peuplades primitives ou occidentaux exilés, rites, mythes et médecine traditionnelle, voyageurs infatigables, ermites scientifiques ou sédentaires, marins, mineurs ou chaman, tous pourraient se croiser à "l'Institut des Egarés" ou échouer sur "la Barre des Naufrages" ; Amérique du Sud, Afrique, Inde, Tibet, Ecosse, Canada et pour finir îles du Pacifique, telles les Motamuas " l'aisselle puante de la planète ".
Outre Rowland, l'autre fil conducteur est le ver de Guinée, une charmante bestiole que vont rencontrer les protagonistes, comme un présage ou une fatalité.

Tout comme ce ver, Eric McCormack s'est immiscé l'air de rien dans mes deux dernières journées. Il m'a enchaînée à son imaginaire et ne m'a plus lachée. Et, tels les contaminés de cette histoire, à défaut d'allumette ou de brindille, je n'ai pas eu d'autre choix que de tourner, de tourner et de tourner encore les pages ...

" Pour savoir comment les histoires se finissaient, il fallait s'enraciner, rester suffissamment de temps dans un même endroit, une vie entière si nécessaire. Il avait déjà la certitude que son histoire serait la seule dont il verrait jamais la conclusion."

J'imaginais lire un roman interminable et captivant, dans un train qui semblait ne jamais s'arrêter. Et quand enfin il stoppa, je relevai la tête et vis sur le quai une foule bigarrée. Les femmes portaient des foulards colorés et les hommes des chapeaux que je reconnus immédiatement. Quand je demandai où nous étions, en éclatant de rire quelqu'un me répondit " Samarkand ! Samarkand ! "
Et je me dis que j'étais arrivée ...

Mais qu'est-ce que je raconte ?
Et qui est cet abruti qui gueule "Saintes, Saintes 3 minutes d'arrêt !"

L'épouse hollandaise     Eric McCormack     Points Seuil

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jeudi 26 avril 2007

INTERIM

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Comme je vous ai laissé ci-dessous plein de bonnes choses à lire, je vous laisse aussi la place jusqu'à Samedi.
Je m'en vais un peu plus au sud, travailler et surtout faire quelques emplettes ...

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Revue de presse

084eb111a6a0f44341caf78fe624506dJe croyais avoir tout entendu ces dernières semaines, mais non, on peut toujours faire pire. Max Gallo et FOG, via le Point, en donnent un exemple. Je ne mettrai pas le lien de cet hebdomadaire, allez plutôt lire en écho l'excellent article de Vive le feu, qui réussit, toujours et malgré tout, à me faire rire .

Un petit peu de censure pour poursuivre, c'est ici .

Et un long mais passionnant article sur le système de communication de ns et consors, , ou comment s'exerce la démocratie entre tv et presse ...

Une bonne nouvelle pour finir, le livre de Serge Portelli  RUPTURES  va bientôt être édité .

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mercredi 25 avril 2007

A TIRE D'AILE

9782878582062Alouette est fille unique, elle a 35 ans et elle est laide.
Ses parents, petits bourgeois de province, désespèrent de lui trouver un mari.
Chacun, sans se l'avouer, c'est fait une raison. Et la vie, ô combien ritualisée, de cette famille suit son cours.
Jusqu'au jour où Alouette part une semaine chez un oncle à la campagne, et laisse en tête à tête ses vieux parents.
Les préparatifs du voyage donnent à eux-seuls une idée de "l'obsessionnalité" de cette famille !

D'abord désemparé au premier soir, le couple va devoir s'organiser pour "survivre" aux sept jours d'absence de leur fille chérie.Trés vite, une seconde jeunesse s'emparera d'eux. Restaurants, sortie au théâtre, rencontres, retrouvailles, tout va s'enchaîner avec le naturel propre à la vie.
Le père renouera avec ses anciens compagnons, Les Guépards, dont la devise est de "populariser la consommation des boissons alcoolisées tout en cultivant l'amitié virile". Ce qui nous vaudra une description savoureuse de leurs agapes et d'une fort sympathique partie de tarots.
La mère retrouvera des gestes simples de séduction toute féminine et rejouera même du piano.
Mais la veille du retour de l'enfant prodige, la crise éclate. Le père craque, aidé il est vrai par une alcoolémie en forte hausse ! Et le sujet tabou, la laideur de la fille, arrive enfin sur le tapis. Les parents videront leur sac lors d'une nuit blanche telle qu'ils n'en ont sans doute jamais connue.
Au retour d'Alouette, l'ordre reprend sa place.
Les parents redeviennent vieux, banalisant l'insouciance retrouvée pendant ces quelques jours. Et la fille rentre plus laide encore, car le régime crème et beurre de la campagne lui aura été profitable.
Parents et enfant s'enferment à nouveau dans leur souffrance et leurs mensonges, chacun se persuadant qu'il a manqué à l'autre.

Que les amateurs de romans au rythme trépidant passent leur chemin, ce livre n'est pas pour eux. N'attendez pas non plus un jeu de massacre, ni un ton acerbe et décapant. On est plus proche de Balzac et de Flaubert, n'oublions pas que ce livre parut pour la première fois en 1924.
L'auteur nous décrit la vie d'une petite ville de province et de son microcosme, et dépeint à merveille la vie étriquée de ces trois personnages que les rituels aident à lutter contre l'angoisse. Et gare à la vie si par hasard elle tentait de s'immiscer dans cet univers figé !

A n'en pas douter, de nos jours, ce couple et sa fille bénéficieraient d'une indication de thérapie familaile ! Ce roman illustre parfaitement les théories systémiques. A savoir que le symptôme d'un des membres de la famille a une fonction pour l'individu, mais aussi et surtout pour l'entourage. Et qu'un tout petit changement en entraîne d'autres, parfois majeurs, qui en retour agissent sur le symptôme. Mais pour que cela dure, encore faut-il que la fonction symbolique de la parole puisse opérer, sinon chacun continuera à porter son fardeau...
Merci MUSKY qui a conseillé et aimé ce livre. Il trouvera donc sa place dans mon mémoire et, par la même occasion, me déculpabilise de consacrer si peu de temps à ce dernier !!!

Alouette     Dezso Kosztolanyi     Editions Viviane Hamy

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Revue de presse

084eb111a6a0f44341caf78fe624506dUn florilège de la saga des machines à voter, ici .

Parce que je ne veux plus voir sa tête chez moi, si vous voulez découvrir la nouvelle affiche, elle est !

Réglement de compte au PCF .

Petit rajustement historique concernant le très beau film " La vie des Autres " .

C'est pas encore la Stasi, mais je ne sais pas pourquoi, cette activité citoyenne m'y fait furieusement penser. C'est sur le site Jean PLOI à la date du 21 Avril, (le lien refuse obstinément de fonctionner) et aussi  .

Et maintenant, elles parlent ! C'est en Angleterre, mais ne doutons pas qu'un jour elles apprennent le français ! Des caméras parlantes sont mises sur vingt sites nationaux, pour 740 000 €. Les agents de contrôle pourront intervenir quand un individu laissera tomber papier ou mégot au sol, lors d'une dispute ou d'un tagage. On compte déjà 4,2 millions de caméras, soit une pour 14 habitants, le pays le plus surveillé, avant Singapour. (Le Monde Libertaire du 19 Avril 2007)

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lundi 23 avril 2007

Rêver ...

Dimanche soir je suis allée me coucher de mauvais poil, 30% en travers de la gorge.
A cela s'est rajouté une discours fleuve (forcément, faut ratisser large) et soporifique et je me disais qu'on était mal barrés pour le débat TV et donc, le 6 Mai. Et encore, je n'avais pas l'image, heureusement car j'aurais souffert davantage.
Dans le fond, ce  n'était pas inintérressant, seulement je venais à peu de choses près et sous une autre forme, d'entendre des propos similaires de la bouche de celui qui jouait dans sa voiture à faire la nique au vieux (JC).

Elle m'a fait de la peine la dame; car la construction médiatique de sa candidature, qui n'émanait pas d'elle mais à laquelle elle s'est prêtée et prise au jeu, lui balançait une grande claque dans son joli visage.
Je lui reconnais le courage d'avoir affronté seule le machisme de ses pairs, car on ne peut pas dire que ses copines l'aient beaucoup soutenue. Et ces messieurs, eux, se retrouvaient coincés, car comment dire à tous ces militants enthousiasmés par l'audacieux changement,  que la manip médiatique les avaient un brin aveuglés. Certains ont pu croire que la sauce prendrait, mais on n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace. Alors ils ont fait les cons... normal. Et comme ils étaient les plus nombreux ... pas de bol. D'autres ont senti le vent tourner et l'ont suivi ... C'est terrible d'être mal entourée à ce point.

Les médias ont moins géré FB et ses électeurs. Et en fait pour l'instant, c'est lui le gagnant, le trublion de l'année, comme JMLP l'a été en 2002, à la différence près qu'il a raté la deuxième marche du podium, mais finalement la troisième est beaucoup plus confortable que celle qu'occupait JMLP. Je me prends à rêver qu'il mette la zizanie aux législatives avec son nouveau parti, à défaut de basculer du bon côté dès le 6 Mai. Nous prépare-t-il un truc dans le genre nouvelle cohabitation ? Je dis "il", mais je devrais dire "les français", qui sont capables de se faire des frayeurs et puis de faire marche arrière, une fois qu'ils ont le nez dedans,  c'est du déjà vu, non ?

Oui, je rêve, car j'ai horreur qu'on fasse des rêves pour moi ! Petit ns, tu t'es trompé de rêve. Celui dont tu nous parles, c'est le tien. Celui de parader dans ton beau costume, faire le paon avec les plus grands, t'en mettre au passage dans  les poches et dans celles de tes copains, et décider, décréter, exiger. Ton égo a raison, qu'il gonfle, qu'il gonfle, qu'il gonfle et que tu éclates, voilà c'est ça aussi mon rêve à moi ! J'ai aussi pensé à toi, petit ns, cet après-midi, en travaillant avec des enfants en Atelier contes. Je leur ai raconté Les habits neufs de l'empereur; tu sais comment il se termine... ça nous a un peu remonté le moral.
Les précaires et les chômeurs, ils n'en ont rien à foutre de rêver, eux ils veulent de la réalité, bosser dignement, bouffer ailleurs qu'aux restos du coeur et avoir un toît au dessus de leur tête. Après, ils pourront peut-être s'autoriser à rêver. Et ils seront assez grands pour, eux seuls, choisir leurs rêves ... Et arrête de te prendre pour un symbole américain, tu ne lui arrives pas à la cheville. Qu'est-ce que tu y connais toi, à la discrimination, entre ton VII ème arrondissement et Neuilly ?

En relisant son discours, je me demande comment on peut encore gober tout ça, après avoir vu l'homme oeuvrer ces dernières années et en connaissant la fourberie de l'individu . Ce matin, dans la rue où je bosse, sur le trottoir, il y avait une télé posée à côté d'une benne à ordures. Et je me suis dit qu'elle avait bien trouvé sa place celle-là, et que son ancien proprio avait décidé d'arrêtez de se faire rincer le cerveau. Je me console toute seule aussi, petit ns. Et pendant que je vous écris, j'entends Enrico Macias chanter "qu'on est bien dans les bras de Nicolas" et le traître ex-socialo Besson crier "Forza Nicolas". Au secours !!!!!!!!
Et l'autre, le petit ns de "demander un peu d'ouverture d'esprit et de tolérance"; je ne demande que ça moi, qu'il en ait un peu d'ouverture d'esprit, ce psycho-rigide, et qu'il conjugue le verbe tolérer à la première personne du singulier pour commencer !

Les médias, encore eux, n'ont rien trouvé de mieux à nous pondre qu'un retour d'un bon vieux match gauche-droite. Euh, svp, c'est par où la gauche ? Elle est où Ma gauche ? Parce qu' à moins d'être devenue dyslexique, je ne sais plus dans quelle direction m'orienter. Je crois plutôt voir un match centre-extrême, car comme disait Higelin, lors d'un concert mémorable à Mogador et en des temps plus cléments, " en faisant le tour par la gauche, on revient forcément par la droite " !

Certains diront que je suis bien pessismiste et se demandent ce que j'écrirai au soir du 6 Mai. Et bien, je n'écrirai rien puisque ça sera déjà fait.
Par contre, moi je me demande ce que Coluche et Desproges diraient de ce bordel. Ils me manquent ces deux là...
Allez, je vais bouquiner un peu. En ce moment je lis " Alouette " de D . Kosztolanyi; c'est un auteur hongrois, conseillé par Musky. Tiens un hongrois ! Alors espérons que SR, elle le plumera, l'autre, le petit ns, on peut toujours rêver !...

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