lundi 6 août 2007

Chat va bien ?

9782869597778Que faire hier avec 33° au thermomètre, si ce n'est s'écrouler sur une chaise longue sous l'ombre fraîche du tilleuil, un verre de thé glacé dans une main et un livre dans l'autre. Même pas un souffle de vent pour tourner les pages. Rien pu faire d'autre, et ce petit livre y est passé dans l'après-midi.

La mère Herbe offre un petit chaton à Olga Bredaine, professeur en retraite venue s'installer à la campagne.
Peu ravie de devoir s'occuper de cette boule de poils même pas sevrée et qui plus est se prénomme Soizic, nom attribué d'office par la mère Herbe, Mme Bredaine va se laisser séduire par la bestiole.
Mais la mère Herbe, au regard de son patronyme, ne serait-elle pas un peu sorcière ? Car il s'avère qu'un jour Soizic se met à parler. D'abord surprise, Mme Bredaine accepte ce fait exceptionnel et ne tarde pas à rentrer dans le jeu de la minette.

Un conte qui prouve que l'auteur est une observatrice hors pair de la gente féline.

"Soizic s'installe devant le feu, dispose somptueusement sa queue autour d'elle comme une dame d'antan son boa. S'étire. Queue sur l'oeil, devient pirate borgne."

Mais aussi de la nature. Une occasion toute poétique de nous faire partager les petits bonheurs de la campagne.

"Par mimétisme avec le courrier, le potager qui jouxte le bureau a l'air d'une page d'écriture : le A du portillon, les O des choux, les I des poireaux, le E et le T de l'échelle et du râteau appuyés contre le mur, le U du sac de jute accroché à un clou, le K de l'arrosoir, le Y du cerisier, le Q du chat assis entre les salades, le H de la balançoire, le X de l'épouvantail crucifié sur une croix de Saint-André."

Ce court récit énervera ceux qui dénoncent le gâtisme de certains face à leur animal de compagnie. Les amoureux des chats, eux, se laisseront embringuer dans cette histoire anthropomorphique sans rechigner.

"Visiblement vexée par ma question, la chatonne, au lieu de répondre, se lèche avec affectation, passe lentement plusieurs fois sa patte par-dessus son oereille. Cette mégalomane s'imagine provoquer ainsi la pluie, alors que je dois accrocher la lessive sur les fils du jardins tendus du cerisier au cognassier, du cognassier au prunier, réseau par où on imagine les arbres échangeant des messages télégraphiques :
- Mieux vaut entretenir oiseaux (musique) que fournir Bredaine confiture. Messieurs Hâtifs.
- Musique vent suffit. Sommes harpes éoliennes. Montmorency.
- Sol manque potasse. Devrions réclamer purin, poudre d'os. Géant de V.
- Sommes mal émondés. Gourmands. Bredaine peu capable. Messieurs Hâtifs."

C'est joli tout ça, non ?
Merci Madame BECK pour ce beau moment plein d'imagination.

L'Enfant Chat     Béatrice Beck     Editions Arléa

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dimanche 5 août 2007

BEAU FIXE...

soleil013

Alors une petite pensée pour
la CRAPAUDE
qui doit pas rigoler !

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O.N.G *

9782070304141*Ouvrage Non Garanti, malgré un Grand Prix de l'humour noir 2003 .
Déjà la couverture n'est pas engageante, mais pourtant j'aurais bien mis ce masque à gaz tant la lecture de ce livre m'a mis mal à l'aise.

Julien, jeune bègue de vingt-cinq ans, vit encore chez pôpa et môman. En recherche d'emploi, il se dégote un stage dans une ONG écolo extrémiste. Engagé sous le quota "handicapés" afin de bénéficier de la subvention, il devra suivre Ulis, le grand gourou qui dirige "La Foulée verte", et noter tous les faits et gestes ainsi que les bonnes paroles du maître.
Tout baigne jusqu'au jour où s'installe dans l'immeuble une autre ONG "Enfance et vaccin". La guerre va éclater sous prétexte de partage de l'espace d'affichage dans l'ascenseur. Et ce sera l'escalade jusqu'à plus soif.
Rien ne nous sera épargné, les clichés sectaires, les opérations coup de poing, les manipulations médiatiques, les magouilles financières, et les dérapages inévitables et incontrôlés.

"Comme j'allais protester, il m'a jeté un regard sans appel.
- Pas la peine de se voiler la face. Mon karma n'est pas des meilleurs en ce moment. Le feng shui est nord-ouest. L'année du cheval est mauvaise pour les Capricornes. Mon inconscient clignote à l'orange. Et avec moi c'est toute la Foulée verte qui est menacée... Ce qu'il nous faudrait pour nous réveiller c'est qu'un millier de baleines viennent mourir sur nos côtes ! Qu'une fuite radioactive contamine l'eau de la ville ! Une grande catastrophe écologique ! O ce serait... Où sont-elles ? Je doute... Parfois j'ai l'impression que les temps glorieux des Exxon Valdez appartiennent au passé... Laisse-moi.
Il s'est mis en position de lotus.
Je suis sorti, un peu sonné, ébloui par la grandeur de cet homme."

Pour m'encourager à poursuivre ma lecture, j'ai dû me répéter sans cesse que c'était une caricature, une satire grossière de ces associations pleines de bons sentiments. Le fond de vérité qui sous-tend tout cela a sans doute participé à ma hâte de refermer ce livre.
Certes le propos est féroce, mais j'ai à peine souri. L'artillerie sortie est trop lourde. A moins que ce soit l'aveuglement sectaire de Julien qui m'ait oppressée...

Katell, je vais me purifier l'esprit avec Christian Bobin. Là, sans hésitation, succès garanti  !

O.N.G !     Iegor Gran     Editions Folio

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samedi 4 août 2007

MERCI !

St_Pierre2

Ces roses trémières d'Oléron
pour remercier Frédérique

mpfred

qui m'a rendu visite hier, et qui n'est pas arrivée les mains vides !
Rien que des Actes Sud, mes chouchous ...
Je ne me lasse pas de les admirer.
Frédérique est une chasseuse de marque-pages redoutable...
Merci encore pour ce sympatique moment passé avec toi !

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jeudi 2 août 2007

Drôles d'oiseaux

9782070306749Après une enquête en Australie et une autre en Thaïlande, Harry Hole se tient à carreau en Norvège.
Il a émergé tant bien que mal de sa dépression éthylique, et ce en partie grâce à Ellen, sa coéquipière à la criminelle.
Ils enquêtent sur une série d'agressions racistes orchestrée par des hommes de main de l'Alliance Nationale, parti d'extrême-droite et sacré nid d'anciens volontaires norvégiens ayant portés l'uniforme allemand lors de la dernière guerre.
Mais lorsqu'il s'avère qu'un fusil datant de cette époque, et payé à prix d'or, est entré sur le territoire, ça sent l'attentat terroriste à plein nez.
Y a-t-il un lien entre ces deux affaires ? Harry et Ellen en sont persuadés. Mais suite à une bourde, Harry est muté dans un autre service avec ordre de laisser tomber illico ses investigations.
Pour ceux qui connaisent l'énergumène Hole, il va sans dire que c'est un voeu pieux. Surtout quand Ellen, qui continue de s'occuper du dossier, se fait tabasser et décède.

"Moller ferma les yeux. "Et comment imagines-tu ton rôle dans la poursuite de cette enquête, Harry ?"
- Une sorte de libero, répondit Harry avec un sourire. Je suis ce type du SSP qui fonctionne en solo, mais qui a besoin de l'aide de tous les services en cas de besoin. Je suis celui qui n'en réfère qu'à Meirik, mais qui a accès à tous les documents concernant cette affaire. Celui qui pose des questions, mais de qui on ne peut exiger de réponses. Et ainsi de suite."

C'est clair. Harry embarque alors dans la machine à remonter le temps et nous entraîne sur le front de Léningrad dans les années quarante, où des soldats norvégiens se battent pour Hitler face aux "Bolcheviks". Une poignée d'hommes qui se sont volatilisés à la fin de la guerre et dont nous suivons l'histoire parrallèlement à l'enquête ménée tambour battant par un Harry Hole au mieux de sa forme.

Un rythme qui ne décelère pas, une traversée historique, des personnages attachants, un embrouillamini d'identités, un sac de noeuds démêlés de main de maître, et sans le moindre tremblement, par les doigts abstinents de Hole. Et un bluff final étonnant au bout de ces quelques six cents pages.
Bref, un livre que j'ai descendu cul sec ! Exactement ce qu'il me fallait en ces jours interminables et solitaires de permanence.
Allez vite, les trois autres enquêtes à suivre en poche, s'il vous plait. Car d'ici le 20 Août et à ce rythme, ma pile à lire va sacrément baisser.

Rouge-Gorge     Jo Nesbo     Editions Folio policier

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mardi 31 juillet 2007

Sombre velours

sgJe poursuis ma découverte de Sylvie Germain.
J'ai un peu traîné pour cause de festival et de jardinage intensif.
Et puis aussi parce que ce livre, même s'il est très bien écrit, m'a moins transportée que MAGNUS .

Prokop Poupa et ses amis dissidents, intellectuels comme lui, exercent des petits boulots à Prague. Prof de littérature, Prokop se voit assigné, par le régime communiste et à titre de représailles, à un poste de balayeur.
Divorcé et père de deux enfants, Prokop vit seul et s'accomode de son sort. En fait, il ne vit pas complètement seul, puisqu'il partage son logis et ses lectures avec son dieu Lare*, sous l'égide duquel il médite et s'interroge sur tout et rien, la vie, la nature, les hommes et Dieu.

"Ce fut un choc, une sensation physique; ce qui était écrit avec une si belle densité venait, dans l'instant même de la lecture, de se matérialiser. Chaque mot se faisait grain de pluie, de soleil, de vent, se faisait fleur, fleur de rocaille, lichen et lierre. Et ces mots végétaux, minéraux, granuleux, lui emplissaient la bouche, lui fondaient dans la gorge."

Prokop nous entaîne dans l'immensité de ses territoires intimes, sa mémoire, ses rêves et ses souffrances. Au risque de s'y perdre et de ne pouvoir, ni de vouloir, prendre le train de l'Histoire. Car la Révolution de Velours couve et les rues de Prague bruissent des revendications des manifestants. Prokop assiste aux événements comme dans un état second. Tout engoncé qu'il est dans ses doutes et sa dépression, il ne sait que faire de sa dignité enfin retrouvée et de cette nouvelle liberté pour laquelle y a lutté.
Pour ne pas sombrer définitivement et résister à la vague consumériste qui balaie le pays, il se raccrochera à la banalité des choses, un chemin de terre, des sculptures, un air de saxo ...

"Prokop, planté sur le trottoir, regardait le passager au saxo rouler des épaules derrière la vitre. Il reconnut Viktor. Il ne l'avait pas vu depuis deux ans. Viktor ne le remarqua pas; il jouait les yeux fermés. Les portes du wagon s'ouvrirent. La musique déboula dans la rue, éclaboussant la nuit de sons or et vermeils. Prokop resta un instant ébloui par cette lumière sonore qui jaillissait à profusion du corps ondoyant de Viktor; les notes rebondissaient sur les rails et l'asphalte avec la turbulence d'une giboulée de grêle."

Un roman emprunt de mélancolie et qui colle bien au temps maussade qui plombe nos cieux. C'est donc ma seconde rencontre avec un héros germanien, et je suis encore surprise que celui-ci ne se soit pas suicidé avant la fin du livre ! Mais l'auteur est une désespérée optimiste qui sauve ses personnages grâce à une écriture sensuelle dont elle seule a le secret, comme en témoignent ces deux extraits !

* Pour en savoir plus sur les dieux Lares, c'est .
   

Immensités     Sylvie Germain     Editions Folio

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dimanche 29 juillet 2007

Belles pierres

Trizayroute1Au bout de cette voûte de verdure, sur la droite se dissimule l'Abbaye de TRIZAY.
On aborde l'Abbaye par l'arrière. C'est la vue que j'ai mise vendredi en fin d'article.
Lorsqu'on pénêtre dans l'enceinte, on est accueilli par la sculpture d'un cheval fougueux et si l'on s'asseoit sur l'un des bancs qui lui font face, on a une splendide vue d'ensemble des bâtiments. Si j'étais toute seule lors de la visite de l'expo et des diverses salles, dehors nous étions deux, la dame en rose et moi ! Je n'ai pas osé lui demander de se pousser, elle désherbait les allées un petit couteau à la main, et comme nous avions fait un brin de causette, il fallait qu'elle se remette au boulot. En agrandissant la photo, on la voit vraiment bien ! C'est ma façon de la remercier pour le soin qu'elle apporte à cet espace intemporel ...

Trizay1

L'Abbaye a été restaurée tout récemment, ce qui explique la blancheur étincellante de la pierre.

Trizay7

Par contre, j'ai été déçue par les vitraux modernes
dans ce lieu millénaire

Trizayvitr1

Mais dès que le soleil donne
tout prend un aspect poudré

Trizay2

Morceaux choisis

collage4

Et je laisse ces bienheureuses créatures ruminer
dans leur petit paradis ...

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A bientôt pour une autre balade en

Saintonge_carte

FREDERIQUE vous propose aussi sa visite ICI

 

 

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samedi 28 juillet 2007

GRRRR ....

PIC00008

La Crapaude va être contente,
ainsi que cette petite rainette
qui squatte mon sureau,
IL PLEUT !
Katell, svp, rappelle ce petit crachin breton
qui n'a rien à faire chez moi, si ce n'est
arroser ce que j'ai tondu hier ...
GRRRR encore !

1meteo10e

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AHHHH !!!

Tout en râlant, je m'en vais au courrier.
Sans doute avez-vous remarqué qu'en ce moment c'est des boîtes aux lettres que surgissent de sympathiques et attentionnés rayons de soleil.
C'est le cas chez VAL, chez FLO, chez KATELL et j'en oublie peut-être...

Et en ce jour pluvieux, c'est mon tour !

chat__Belle

Ce beau matou a des airs de JUJU.
Normal, c'est BELLESAHI qui me l'envoie !
Il est sorti à pas de velours de l'enveloppe,
bientôt suivi d'un autre

cb

Le petit plus, c'est le parfum de garrigue qui s'échappe de l'enveloppe.
Quelques feuilles de laurier et un odorant brin de thym !
Un vrai rayon de soleil que tout cela, et qui m'a fait chaud au coeur.

Merci 1000 fois BELLE, et à très bientôt !...

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vendredi 27 juillet 2007

Belles lettres

Expo_calligraphieJusqu'à la fin du mois, dans la très belle Abbaye de Trizay, se tient l'exposition de HASSAN MASSOUDY.

Célèbre calligraphe irakien, il est installé en France depuis 1969.
Ses larges traits aériens sont maintenant célèbres.
Il a signé les illustrations de nombreux ouvrages, notamment de Sindbad le Marin (Ed. Alternatives).

Voici un florilège de ce que j'ai pu admirer.

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quelques détails

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les pigments et les calames

Cette expo est un vrai plaisir pour les yeux.
Elle est organisée dans un lieu paisible où j'aime me réfugier l'été, loin de l'agitation touristique, un ancien prieuré bénédictin du XIe siècle qui a été restauré récemment, et dont voici un premier aperçu.

Trizay13

 

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