dimanche 25 mai 2008
UN INDEX

Cette charmante créature
brave tous les riques de fatwa
pour vous aider à vous y retrouver
dans ce Souk !
L'index est dans la liste des catégories.
comme ...
* ABDOURAZZOQOV Barzov Huit monologues de femmes
* ADAMO Christine Noir austral
* AÏTAMOV Tchinghiz Djamilia
* AGUALUSA José Eduardo Le marchand de passés
* ARDITI Metin La pension Marguerite
* ARRIVE Michel La walkyrie et le professeur
Une très vieille petite fille
* AUDEGUY Stéphane Fils unique
La théorie des nuages
Petit éloge de la douceur
* AUBERT Brigitte Une âme de trop
comme ...
* BACHMAN Ingeborg Trois sentiers vers le lac
* BAIL Murray Eucalyptus
* BANVILLE John La mer
* BARTELT Franz Le jardin du bossu
Une belle maison
* BEAUJON Nicolas Le patrimoine de l'humanité
* BECK Béatrice L'enfant chat
* BERADT Charlotte Rêver sous le IIIe Reich
* BESSON Yvonne Meurtres à l'antique
* BIALOT Joseph Le jour où Albert Einstein s'est échappé
* BISSEL Tom Dieu vit à Saint-Pétersbourg
* BOLAN Gaetaño La boucherie des amants
* BOUÏDA Iouri Le train zéro
* BRAGANCE Anne La reine nue
* BROCHART Gilles Le thé dans l'encrier
* BRUEN Ken Toxic blues
Délirium tremens
comme ...
* CARRERE Emmanuel Un roman russe
* CATHRINE Arnaud L'invention du père
* CAUCHY Nicolas De manière à connaître le jour et l'heure
* CHAUVEAU Sophie La passion Lippi
* CIRINO Linda D. La coquetière
* CLAUDEL Philippe La petite fille de monsieur Linh
* COLLECTIF Nouvelles de Bretagne
* COLLINS Michael La vie secrète de E. Robert Pendleton
* COSNAY Marie Déplacements
comme ...
* DORJE Péma Tibet or not Tibet
* DUGAIN Marc Une exécution ordinaire
comme ...
* EGGELS Elle La maison des sept soeurs
* EPENOUX François d' Deux jours à tuer
comme ...
* FAYE Eric Parij
* FERMINE Maxence Le labyrinthe du temps
* FICHTE Johann G. De la liberté de penser
* FITZGERALD Penelope L'affaire Lolita
* FOUGERAY Karine Elle fait des galettes, c'est toute sa vie
* FOURNIER Gisèle Non-dits
comme ...
* GALLAY Claudie Dans l'or du temps
* GARAT Anne-Marie Les mal famées
Dans la main du diable
Chambre noire
Aden
* GARDELL Jonas Et un jour de plus
* GATTEGNO Jean-Pierre Longtemps je me suis couché de bonne heure
* GAUDE Laurent La mort du roi Tsongor
* GAUTIER Pascale Les amants de Boringe
* GERMAIN Sylvie Immensités
Magnus
La pleurante des rues de Prague
* GOFFETTE Guy Une enfance lingère
* GOUR Betya Meurtre à l'université
* GRAN Iegor O.N.G
* GRONDAHL Jens Christian Virginia
* GRUSHIN Olga La vie rêvée de Sukhanov
comme ...
* HALBERSTADT Michèle Café viennois
* HENRICHS Bertina La joueuse d'échecs
comme ...
* IKONIKOV Alexandre Dernières nouvelles du bourbier
* INDRIDASON Arnaldur La voix
* INOUE Hisashu Je vous écris
comme ...
* JAUNAY CLAN Milosz ou l'idiot magnifique
* JENSEN Liz La 9ème vie de Louis Drax
* JOHNSON Jennifer Ceci n'est pas un roman
* JOYAUD Béatrice Plaisir en bouche
* JUHEL Fabienne Les bois dormants
comme ...
* KASMAÏ Sorour La vallée des Aigles
* KEHLMAN Daniel Les arpenteurs du monde
* KESSEL Joseph La steppe rouge
Les temps sauvages
* KIYOURO Miura Je veux devenir moine zen !
* KONOPNICKI Guy Ligne 9
* KOSZTOLANYI Derzo Alouette
comme ...
* LA BOETIE Etienne de Discours de la servitude volontaire
* LAFON Marie-Hélène Le soir du chien
* LANDON Emmeline Le voyage à Vladivostok
* LARSSON Stieg Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
* LESBRES Michèle Le canapé rouge
La petite trotteuse
* LE TREUT Brigitte Lumière du soir
* LEUNEMS Christine Le ciel en cage
* LINQUIST Hakan Mon frère et son frère
* LOYS Pierre-Henri Petites farces de la mort
comme ...
* MacCALL SMITH Alexander Le club des philosophes amateurs
* MacCORMACK Eric L'épouse hollandaise
* MAINARD Dominique Le ciel des chevaux
* MAISONNNEUVE Michel Le chien Tchétchène
* MEEK James Un acte d'amour
* MENDELSOHN Daniel Les disparus
* MINIERE Isabelle La première marche
* MOEX Corinne Le grand menu
* MONNEREAU Michel On s'embrasse pas ?
* MOOTOO Shani Fleur de nuit
* MORGIEVE Richard Un petit homme de dos
* MULISCH Harry La découverte du ciel
Sigfried, une idylle noire
* MURAKAMI Haruki Les amants du Spoutnik
* MURATA Kiyoko Le chaudron
comme ...
* NEMEROVSKY Irène Le bal
* NESBO Jo Rouge gorge
Rue sans-souci
* NOHANT Gaëlle L'ancre des rêves
* NOIVILLE Florence La donation
comme ...
* OGAWA Yoko Le musée du silence
La petite pièce hexagonale
* OULITSKAIA Ludmila Les pauvres parents
comme ...
* PAGE Martin De la pluie
* PARIS Thomas Pissenlits et petits oignons
* PAVLOFF Franck Le pont de Ron-Mositar
* PELEVINE Victor La mitrailleuse d'argile
* PELLISSIER Colette Le chat dans la gorge
* PEYRAMAURE Michel Le chat et la plume
* POMMAUX Yvan Avant la télé
* PONCINS Michel de La luxure régnait sur la ville...
* POUY Jean-Bernard Nus
comme ...
comme ...
* REYBOZ Cécile Chanson pour bestioles
* ROIG José Miguel Le rendez-vous de Berlin
* RUY-SANCHEZ Alberto 9 fois 9 choses que l'on dit de Mogador
comme ...
* SAFRAN FOER Jonathan Tout est illuminé
Extrêmement fort et incroyablement près
* SAKHNOVSKI Igor Roza
* SCHLINK Bernhard Le retour
* SEONNET Michel La marque du père
* SERRANO Marcela L'auberge des femmes tristes
* SETTERFIELD Diane Le treizième conte
* SHIMAZAKI Aki Tsubaki
Hamaguri
* SOMOZA José Carlos La dame N° 13
* STAÏKOS Andréas Les liaisons culinaires
* STEINER Michel La machine à jouir
Mainmorte
Petites morts dans un hôpital psychiatrique de campagne
* STROGOFF Ilya Le livre blanc
* SVIT Brina Un coeur de trop
* SZABO Magda Rue Katalin
comme ...
* TEJPAL Tarun J. Loin de Chandigarh
* TIANO Joëlle L'illustrissime et enchanteur gâteau café café d'Irina Sasson
* TREICHEL Hans-Ulrich Le disparu
comme ...
comme ...
* VAN DER MEER Vonne Les invités de l'île
* VERONESI Sandro La force du passé
* VIGNE Fabrice TS
comme ...
* WESTPHALEN Marie-Hélène L'homme qui marche au bord du monde (07/2007)
* WINTERSON Jeanette Garder la flamme (03/2008)
* WOLKENSTEIN Julie Happy End (04/2008)
comme ...
comme ...
comme ...
* ZIAMATINE Evgenie L'inondation
* ZIMMERMANN Daniel Le spectateur
* ZUSAK Markus La voleuse de livres
Mise à jour Juin 2008
BONNE LECTURE !
jeudi 22 mai 2008
Les Abori-gênent...
70 000 av. JC, les continents sont en mouvement et l'homo sapiens aussi.
Suite à l'éruption gigantesque du Mont Toba, les péninsules de Sunda et de Sahul se sépareront à jamais pour, petit à petit, donner naissance à l'Océanie actuelle.
Le livre s'ouvre sur la longue marche d'une peuplade qui, poussée par la faim, quitte Sunda et brave les flots pour s'échouer sur une terre inconnue, Sahul. Pendant des millénaires, ces hommes peupleront Sahul, la parcourant de fond en comble, y puisant leurs mythes et leurs croyances, affrontant les changements climatiques, s'adpatant et survivant grâce à la faune et la flore dont ils tireront subsistance, remèdes et protections.
Cette odysée mènera les descendants de Yoolore, de Tjonambu et de Namoora, à l'aube du troisième millénaire dans l'Australie moderne dont ils ont été spoliés.
"8 000 ans av. JC.
Wirakee ramena le bras en arrière. D'un mouvement de poignet, il fit siffler le boomrang. Une étroite fraction de temps et, comme à chaque fois qu'il lançait le morceau de bois, il eut la vision de Tjoonake, l'enfant-ancêtre, issu de la lignée de Pinanga, de la rencontre entre ceux du monde-sur-la-terre et ceux du monde-sous-la-la-terre. Selon la légende, Tjoonake avait repoussé le ciel loin du sol avec un bâton, permettant aux hommes et aux animaux de ne plus ramper. Puis, sous l'effort, ce bâton s'était courbé. Alors, le croyant devenu inutile, Tjoonake l'avait jeté au loin. Mais le bâton était revenu à lui : le boomrang était né."
Parallèlement, en 2004 à Sydney, Liz enrage dans le Tribunal des Réfugiés où elle travaille. La défenestration d'une jeune Bangladaise et les méthodes humiliantes de la directrice lui sont devenues insupportables.
D'ascendance française, Liz largue tout et s'installe en Provence, là même où sa mère et sa grand mère ont séjourné pendant la guerre avant de s'embarquer pour l'Australie.
Bien décidée à découvrir l'histoire de cette mère qu'elle a si peu connue, et dont elle ne garde aucun souvenir, elle mène l'enquête et finira par éclaircir les zones d'ombre que son père lui a toujours dissimulées.
Et bien évidemment, l'épopée des Aborigènes rejoindra l'histoire de Liz.
C'est un voyage passionnant et fort bien documenté au coeur de l'histoire de ce peuple (cartes, planches, généalogie, lexique et explications supplémentaires en fin de livre).
J'ai été réellement enchantée par leur cosmogonie, et j'aurais aimé que l'on traverse le Temps plus lentement encore, afin d'en découvrir davantage sur cette culture. Le récit faisant référence au XXe siècle est, lui aussi, riche d'enseignement sur le sort échu à ce peuple qui fut dépouillé, exploité, décimé et auquel les blancs ont volé ses enfants.
L'histoire de Liz permet un sympathique séjour provençal, bien qu'un peu trop simpliste à mon goût.
On aurait pu se passer des quelques cadavres, dont on ne sait qu'à la fin s'ils ont un lien avec l'histoire maternelle, une éventuelle magie aborigène, ou tout autre chose.
De même, jusqu'à la fin, on se demande bien par quelle pirouette l'auteur va s'en tirer pour conjuguer ces 70 000 ans d'histoire avec le chant des cigales et les parfums de la lavande.
Mais, tant bien que mal, elle y réussit...
Au total, un livre qui lie le romanesque et les références anthropologiques, et qui m'a permis de retrouver le même plaisir que j'avais déjà rencontré à la lecture de "Requiem pour un poisson" (Folio).
Noir austral Christine Adamo Folio policier
Chez les bolcheviks, ça rigole pas...
mercredi 21 mai 2008
L'envers du décor
Prétendument envoyé d'Athènes, Hermès Diaktoros débarque sur l'île de Thiminos, pour assister la police locale afin d'élucider le meurtre d'une jeune femme retrouvée au pied d'une falaise.
Surprise, l'affaire est réglée et enterrée. Point de rapport d'autopsie, point de dépositions, on a conclu à un suicide, et Hermès est prié de renfiler ses sandales ailées et de s'envoler vers d'autres horizons.
Il n'en faut pas moins à ce drôle de personnage pour s'incruster.
"Depuis la mer, l'île de Thiminos apparaissait pour ce qu'elle était: un énorme rocher à la base tellement errodée par le ressac qu'il semblait flotter, porté par les vagues de la mer Egée. La plupart des côtes étaient des falaises abruptes; les autres, en pente plus douce, offraient un mélange de rocaille et de terre poussièreuse. Il n'y avait pas grand chose hormis quelques pins noirs plantés à des angles improbables dans le flanc de la montagne et des buissons épineux cachés entre les rochers. Pourtant, ça et là, quelques éléments colorés surprenaient le regard: sur une plage déserte, une minuscule chapelle blanche était entourée d'un jardin de plantes vivaces aux fleurs fuchsia."
Toujours aimable, trimballant en permanence un fourre-tout dont il tire un tas de choses plus hétéroclites les unes que les autres, notamment des cigarettes "Santé", entre nous soit dit elles sont infectes mais leur emballage est kitsch à souhait, chaussé de ses baskets blanches qu'il entretient avec une maniaquerie digne d'un vieux garçon, Hermès Diaktoros va parcourir l'île de fond en comble et tirer les vers du nez de ses habitants qui n'apprécient guère la manoeuvre !
Ce roman policier n'en est pas vraiment un, enfin au sens classique du terme. D'où mon avis mitigé.
Je n'ai pas un goût prononcé pour la tragédie amoureuse et le sens de l'honneur de la famille, ni pour l'hystérie machiste méditerranéenne. Il est beaucoup question de tout cela dans ce livre, et on rigole pas avec ces trois piliers de la culture héllénique.
Cependant j'aime la Grèce, ses îles et ses habitants. J'ai eu la chance d'y vivre deux ans. J'y ai donc connu les quatre saisons et leurs psychodrames !
L'été, c'est le grand melting-pot, les hommes trinquent dans les tavernes, les femmes triment, tout le monde sourit à tout le monde, business oblige et orchestre tout ... Puis l'été et les touristes passent. De septembre à novembre, c'est le paradis, presque plus de touristes, tout refleurit, la chaleur est douce, et on se dit qu'on pourrait finir ses jours ici...
Mais quand décembre arrive avec ses pluies continues et les premiers froids, les tempêtes repeignent le turquoise de la mer en gris acier, les petites maisons blanches et fraîches se transforment en petits chez soi froids et très humides, les pittoresques ruelles en pentes charrient boue et déchets divers, le "supermarket" est régulièrement en rupture de stocks (surtout si vous n'êtes pas du coin, ou alors les prix gonflent et dégonflent mystérieusement, c'est de bonne guerre !), les hommes partent en mer pour des périodes plus ou moins longues, où s'ils restent à terre, ils s'ennuient et traînent au kafénéon; les femmes triment, encore, mais à l'intérieur, et dépriment entre deux messes et dix commérages.
Car l'hiver, sur les petites îles, il n'y a RIEN à faire, si ce n'est ATTENDRE.
Attendre le ferry hebdomadaire, seul événement qui apporte un peu d'animation, ainsi que quelques colis espérés; attendre le retour des hommes; attendre des journées ensoleillées entre deux semaines de pluie, afin de s'oxygéner et de faire sécher les fringues; attendre que ça passe, tout simplement, en bouffant, en picolant, en fumant, en rigolant, en s'engueulant et en s'occupant de ce qui se passe chez le voisin. (Et en lisant aussi, me direz-vous, non ?. J'avoue que parfois on se lasse de tourner des pages gondolées, tout de vêtements humides vêtu et sous des couettes du même acabit !). Bref, attendre le retour du printemps devient une obsession, si on ne craque pas avant.
On retrouve tout cela dans ce bouquin, et c'est ce qui m'a plu.
De la pure tragédie moderne qui colle de près à la réalité, mais mâtinée d'un brin de fantaisie.
Et le rôle de ce curieux inconnu, venu semer la zizanie dans cet univers clos, se dévoile peu à peu.
Un livre pour qui a envie de connaître l'envers du décor estival égéen, et pour les amoureux de la Grèce.
L'inconnu d'Athènes Anne Zouroudi Editions Gallimard
(paquet d'origine !)
lundi 19 mai 2008
Le poids des hommes
L'histoire débute en 1952 alors que la mère du narrateur (Pavel), médecin urologue, est appelée auprès de Staline afin de soulager les douleurs du Vodj par des techniques peu orthodoxes dont elle a le secret. Evidemment, ce qui devient une protection certaine exige quelques concessions, comme par exemple celle de quitter son mari...une broutille !
Heureusement, le petit père des peuples a la bonne idée de mourir l'année suivante, ce qui permet à la mère de Pavel de retrouver son mari, mais de perdre aussi son poste dans la capitale soviétique.
"Elle ne m'a jamais parlé de ses retrouvailles avec mon père. L'un et l'autre sont restés de bons communistes. Le retour à une vie ordinaire après avoir été supplicié était normal pour l'époque. Comme il l'était de ne pas tenir rigueur au régime. La dérive de certains n'assombrissait en rien le projet révolutionnaire et la foi qu'on avait en lui. Peu d'homme étaient alors capables d'ajouter à la souffrance de la torture celle de la désillusion.
Alors que les premiers sous-marins nucléaires appareillaient, mon père a été muté dans une base de la mer de Barens pour assurer le suivi technique de la flotte nucléaire. C'est là que je naquis en 1957."
Et l'histoire se termine quelques quarante ans plus tard, sur le destin tragique d'un sous-marin nucléaire, sur lequel Vania, le fils de Pavel, effectue sa première plongée lors de grandes manoeuvres de la Flotte du Nord.
Entre les deux, nous suivons le destin de deux hommes.
D'abord celui de Pavel, qui se débat entre sa femme diminuée suite à un traumatisme cranien, sa fille prise dans la nouvelle frénésie médiatique, ses vieux copains convertis au libéralisme de façon parfois radicale, les tractations avec le représentant de l'état suite au décès de Vania, son deuil et ses propres répères qui se brouillent. A quarante quatre ans Pavel change de vie. Il négocie sa mise en retraite anticipée, investit l'argent donné par l'état, prend une maîtresse mais s'accroche à ce bout de terre sibérienne où la dureté de la vie forge le carctère des hommes.
"Il nous arrivait de dormir à l'isba ou de nous improviser un campement de fortune dans des lieux plus reculés où nous ne rencontrions jamais personne. Il n'est pas rare qu'un couple se dise seul au monde, mais là nous l'étions pour de bon dans ces étendues sans fin où la nature paraît à son avantage, cachant sa maladie comme une vieille femme autrefois coquette le fait de son déclin."
Parallèlement, nous suivons l'ascension d'un petit agent du KGB qui finira à la tête du pays et qui, comme tous ses prédécesseurs, aura peu d'états d'âme lorsqu'il s'agit de choisir entre le pays et les hommes. Patrie, empire ou fédération, selon les époques, peu importe, la règle du jeu est toujours identique, la valeur humaine est quasi nulle et seuls importent le pouvoir et la force lancés à la face du monde occidental.
Des petites histoires "sans importance" sur trois générations pour nous brosser la grande Histoire.
Un découpage en règle du fonctionnement paranoïaque d'un régime et les conséquences inéluctables sur les hommes qui y sont soumis.
Un mélange habile de fiction et de réalité.
Une construction originale et des personnages attachants de fragilité.
Conclusion, un livre à recommander sans hésitation.
Si vous avez du temps, cette vidéo , un très bon documentaire pour compléter la lecture, avec la voix de Bernard Giraudeau en prime.
Et l'avis de GAMBADOU.
Une exécution ordinaire Marc Dugain Editions Folio
samedi 17 mai 2008
Anne, ne lis pas ce billet...
Je m'y suis reprise à trois fois pour lire ce petit roman de 189 pages, c'est dire si j'étais passionnée...
L'article d' INSATIABLE LECTRICE , concernant le film m'avait pourtant conquise. Albert Dupontel aidant, j'ai donc commencé ma lecture pour me retrouver en pleine crise conjugale, moi qui fuis ce genre de scénario comme la peste. Premier abandon.
Voilà que SYLIRE , qui vient aussi de voir le film, enfonce le clou et qu'un commentaire d'Anne m'encourage à poursuivre ma lecture. Consciencieuse, je reprends le livre et me retrouve là où j'avais laissé ce petit monde. A la crise conjugale, s'ajoute un anniversaire surprise, événement par moi honni entre tous. Décidément, j'ai pas de bol. Je poursuis cependant ma lecture, en diagonale je l'avoue, toujours aidée en cela par le cynique Albert Dupontel qui trotte dans ma tête. Le jeu de massacre me lasse à nouveau et la femme d'Albert m'énerve au plus haut point, sans doute la jalousie ! Deuxième abandon.
Hier, CATHULU , oh joie, émet un avis qui aurait tendance à se rapprocher du mien. Ouf, je me sens moins seule ! Je replonge donc dans le chapitre neuf, bien décidée à régler leur compte aux quelques soixante-dix pages restantes, avec le secret espoir que la fin saura enfin me faire apprécier ce pétage de plomb abracadabrantesque.
Et alors là, c'est tellement énorme que je suis morte de rire.
Pour garder l'effet de surprise, je ne peux guère en dire plus, si ce n'est que dans le genre pas crédible pour deux sous, on ne fait pas mieux. Franchement, la chute est à la hauteur du reste. Du grand n'importe quoi.
Contrairement à Cathulu, je n'ai pas réussi à entrer dans l'intensité dramatique de ce déchaînement qui va pourtant crescendo, tout simplement parce qu'on n'y croit pas. Cet homme aux abois, ce couple parfait, cette petite société de quadras embourgeoisés n'ont pas réussi à me faire compatir à leur triste sort. Mais SURTOUT, la logique des bons sentiments qui motive le héros à s'embarquer dans ce jeu de massacre, laisse plutôt à désirer côté crédibilité et véracité.
Je ne doute pas que le film soit d'un autre niveau, Jean Becker et Albert Dupontel réunis ne pouvant donner naissance à un navet. Et Dupontel est ABSOLUMENT taillé pour ce genre de tableau. Mais que fait-il, sur la couverture du livre, au bord de ce magnifique rivage, alors que le roman navigue entre Yvelines et Paris ?
Je ne le saurai jamais car j'ai perdu l'envie de voir ce film.
A lire vraiment si vous avez deux heures à tuer et rien d'autre sous la main...
Deux jours à tuer François d'Epenoux Editions Le Livre de Poche

vendredi 16 mai 2008
Céphalées
Décidément, ce pays va mal,
très mal.
Confirmation ICI
Nihilisme américain
Pour savoir de quoi il retourne, je vous renvoie à ce très bon article qui m'avait fait noter ce livre et tenter de lutter mollement contre mon allergie étatsunienne.
CATHULU et SERIAL LECTEUR ayant également apprécié l'ouvrage, je l'avais donc surligné.
Quant à moi, me direz-vous, qu'en ai-je pensé, mis à part le fait que je ne pouvais rater une telle couverture ?
Eh bien, ni envoûtement enthousiaste, ni rejet excessif, juste une grande vague dépressive qui m'a saisie dès le début, agrémentée d'une pointe d'ennui surgie au trois quarts du livre. Cependant, je suis allée jusqu'au bout.
Rien d'étonnant donc à tout cela, les Etats-Unis ayant la fâcheuse habitude d'éveiller en moi ces sentiments. Ma culture littéraire américaine s'étant tarie avec la disparition de Kérouac, c'est peu dire...
Roman noir à souhait, mais comment pourrait-il en être autrement , je vous invite donc à me pas suivre mon exemple, et à apprécier ce livre à sa juste valeur.
La vie secrète de E. Robert Pendleton Michael Collins Editions Points Seuil

jeudi 15 mai 2008
Aujourd'hui
lundi 12 mai 2008
Betty Boop en folie
Imaginez une Betty Boop quadragénaire en blouse blanche, un poil agoraphobe et accro aux cocktails Cognac, Chardonnay & psychotropes divers et variés. Comme il se doit, elle est aussi adepte de lingerie fine et de produits de beauté en tous genres. Lors d'un congé sans solde pour cause de burn out, elle reste cloitrée dans sa bonbonnière dorée mais branchée sur notre triste et dangeureux monde via son petit portable adoré, Babyphone, et son ordinateur chéri, MacChou. Voilà le tableau, vous avez une idée d'Elvira, infirmière de son état et célibataire, vivant dans une petite ville de la Côte d'Azur (tableau d'ailleurs pas si éloigné que ça d'une certaine réalité, j'ai connu des collègues prêtes à tout pour se faire remarquer des toubibs, autrement que pour leurs qualités professionnelles ça va sans dire...).
Comme il faut bien s'occuper, entre bains moussants et masques relaxants, pourquoi ne pas tenir un I-journal et se connecter sur des sites de rencontres afin de rêver un peu ?
Le meurtre d'une jeune femme va venir chambouler le petit coeur fragile d'Elvira et occuper notre pin-up, d'autant plus qu'une de ses collègues est la petite amie du commissaire Alvarès qui mène l'enquête, ce qui permet à Elvira d'avoir des infos en direct.
Quand une seconde victime est découverte et qu'il s'avère que l'hôpital où travaille Elvira pourrait bien avoir un lien avec les deux meurtres, ses petits neurones de baby doll attardée entrent en ébullition. Si en plus, il se passe des trucs bizarres sur son Babyphone et surtout sur son MacChou, son imagination ne tarde pas à carburer à plein régime.
Se pourrait-il que ses princes charmants virtuels soient mêlés à toute cette boucherie ?
Quand un troisième meurtre a lieu, une intution froufroutante s'insinue dans sa tête et ses neuro-transmetteurs clignotent à donf' pour lui signaler que le danger rôde et qu'elle pourrait bien être la prochaine victime.
"Je n'arrête pas de ruminer, impression d'avoir la tête comme une cage à hamster avec la roue qui tourne non stop."
Elle n'en mène pas large, notre Betty Boop, mais elle est vaillante et toujours prête à rendre service, en l'occurence à la police, qui pourtant n'a que faire de ses élucubrations de Miss Marple en string.
Heureusement, au-dessus de chez elle, vit Steven, son propriétaire et collègue, qui pourra être là en cas de pépin, et ainsi que ses copines de l'hôpital qui lui téléphonent régulièrement. Avec l'aide de ses chères petites pilules, qui lui permettent de rester zen malgré l'atmosphère gore qui se profile à l'horizon, Elvira se prépare au pire, et elle a bien raison.
"Cognac. Chocolat. Vague mal au coeur. Sais même pas l'heure qu'il est. Faim. Pizza. Micro-ondes. La neige a cessé de tomber. Gros nuages noirs. Lueurs d'orage. Besoin de chaleur, d'amour et de douceur. Pizza, pelotonnée sur le canapé, sous plaid écossais, bougies zen allumées, championnats de patinage artistique à la télé, gros couteau à découper sur la table basse. Torpeur. Dormir."
Je suis rassurée, Brigitte Aubert ne va pas mieux... Voire pire, son cas s'aggrave !
Son imagination déborde et a pris le pouvoir de son encéphale perturbé. Elle nous psychote un scénario en rouge et noir impeccable et joue toujours aussi bien du scalpel.
Alors enfilez vos mules à pompons, revêtez votre plus beau peignoir satiné, sortez du congélo votre masque anti-stress et plongez sans retenue dans cette sitcom déjantée ! Vos petits doigts manucurés tourneront les pages de ce délirant cauchemar jusqu'au bout de la nuit, tout en musclant vos zygomatiques et luttant ainsi sans efforts contre les rides. En cours de lecture, mesdames, vous clôturerez sans doute votre abonnement meetic, mais vous ne le regretterez pas !
Et ce n'est pas VAL qui me contredira...
Une âme de trop Brigitte Aubert Editions Points Thriller









