4141hpxKeULQuand on aime les polars et les écrivains un tel titre ne peut qu'attirer l'attention, même s'il ne vous est pas chaudement recommandé par l'auteur lui-même. Autant le dire d'emblée, côté polar faudra repasser, on est loin du suspense des Dix petits nègres auquel ce livre emprunte la trame ; par contre, côté écrivains, là nous sommes gâtés, quelle brochette... Que des auteurs que je ne lis pas ! Aïe, ça commence mal.

Dix auteurs sont invités par Un Cognito à  une rencontre littéraire, le temps d'un week-end dans le monastère de Saorge dans l'arrière-pays niçois.. Un lieu paradisiaque où "(...) dans la journée il fallait prendre garde aux scorpions, araignées - grosses comme des mygales - et autres serpents -vipères, couleuvres. Que ce soit dans les chambres, les parties commune ou le jardin. Sans oublier les crapauds par temps de pluie, les moustiques et les mouches en cas de canicule, les loups en cas de disette et les fantômes tout au long de l'année."  C'est bien connu, les écrivains travaillent toujours dans des conditions déplorables et les afters sont douloureux ...

Augustin Traquenard animera les débats entre Frédéric Belvédère, Michel Ouzbec, Yann Moite, David Mikonos, Jean de Moisson, Amélie Latombe, Kathy Podcol, Christine Légo, Delphine Végane et Tatiana de Roseray. Rien ne se découlera comme prévu, ou plutôt si, puisqu'ils sont tombés dans un piège qui vise à leur disparition. Sous son grand chapeau, Amélie Latombe s'acharne à mener l'enquête face aux disparitions et événements bizarres qui s'enchaînent.

La première partie du roman m'a bien fait rigoler. Les portraits des auteurs sont particulièrement réussis, difficile de les départager, et leurs petits problèmes d'égo et de rivalités sentent le vécu ; le monde de la presse et de l'édition n'est pas épargné non plus. Pour le reste, j'ai un peu décroché au fur et à mesure que le neveu d'Oscar Wilde rentre en scène et que l'intrigue se transforme en histoire d'âmes errantes et de fantômes.

Au final, un pastiche sympathique où le lecteur traque le vrai du faux et l'auteur s'amuse à brocarder un monde qu'il connaît bien puisqu'il a pas mal bourlingué dans celui des médias. J'ai pu lire çà et là quelques avis ulcérés concernant le traitement réservé aux écrivains et autres personnages de ce livre. Pour ma part, j'avoue n'avoir pas pris cette farce pour un règlement de comptes de la part de Guillaume Chérel qui n'est pas le dernier à se moquer de lui-même. Le bonhomme joue avec les mots, a le langage fleuri et l'ironie facile, plutôt le genre à se damner pour un bon mot que méchant. Et même si cette sauce aigre-douce relève quelques vérités qui font aussi, sans doute,  le charme de ces chers auteurs, on sait que l'important finalement, c'est qu'on parle d'eux... surtout de leur vivant !

"  ─ On dirait Guillaume Charal ! s'exclama Belvédère.

   ─ Qui ça ? demanda Yann Moite.

  ─ Guillaume Charal, un illustre inconnu à qui j'ai eu la faiblesse d'accorder un peu de mon attention, à ses débuts, et qui m'a chié dans les bottes au moment de mon manifeste sur les putes. Il m'a écrit une lettre ouverte dans Libé et Rue 89. C'est un auteur pauvre et méconnu qui envie les auteurs comme nous : riches et célèbres."

Un bon écrivain est un écrivain mort     Guillaume Chérel     Editions J'ai lu

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