Poussez cette porte et entrez dans la peinture !

Sans avoir pris de bain de soleil dans l'atmosphère parisienne surchauffée, j'ai quand même pris des couleurs... Quel merveilleux moment j'ai passé ! Les trois expos qui s'enchaînent durent au total à peu près 55 minutes, j'y suis restée trois heures... Celle de Klimt est évidemment la plus belle, la plus émouvante aussi. Le début est plutôt austère, sombre, écrasant, à l'image de l'Empire austro-hongrois et de la musique de Wagner. Puis arrive la Sécession qui balaie classicisme et académisme d'un souffle coloré et débridé. Lorsque l'on voit apparaître toutes ces femmes que Klimt a peintes, Emilie, Adèle, Judith, Amalie, Johanna et les autres, ces femmes chapeautées, à éventail ou emmitouflées de fourrures, quand Le Baiser flotte tout autour de vous, que vous êtes noyés sous une pluie d'or, submergés et caressés de la tête aux pieds par les couleurs virevoltantes, que vous ne savez plus où donner des yeux et, enfin, qu'explose la musique de Guiditta, un lied de Malher ou un air de Madame Butterfly, j'avoue que je n'étais pas loin du paradis. J'avais déjà été très émue devant les tableaux de Klimt à Vienne mais là, vraiment, c'est magique !

 Une seconde vidéo, la musique en plus !

J'avais pu également admiré l'univers de Hundertvasser en Décembre dernier et, là encore, j'ai replongé dans son univers coloré, naïf et créatif à la Gaudí. J'ai adoré les cachalots voguant sur les murs, les personnages totémiques et certains effets d'optique qui donnent un court instant l'impression de chavirer soi-même. Un vrai trip psychédélique contrastant avec la dernière expo, Poetic_AI, qui cependant l'est tout autant, mais cette fois en noir et blanc, et qui vous entraîne de lignes en zig-zag, de courbes en gerbes, de cascades en explosions, pour se terminer dans une avalanche de bulles. Quel voyage...

Et quelle nouvelle vie pour cette ancienne fonderie qui renaît de ses cendres grâce à la révolution numérique ! Allez-y, c'est un moment inoubliable.

Pictures8

Artiste éclectique et architecte très tôt féru d'écologie, Hundertvasser (1928-2000) avait l'art de colorer l'espace urbain. Les HLM de la Kegelgasse, ici en Décembre 2017 ; en été les façades s'habillent de végétations diverses, un îlot fleuri qui aurait plu à Klimt et tranche avec l'architecture majestueuse, voire pompeuse, de Vienne.