9782353060542Mamie Hélène aime avoir les mains dans la farine et fabriquer de bons gâteaux qu'elle livre à domicile. Mais elle déteste les Vendredis 13. Comme celui-ci où, lors d'une livraison chez ses voisins, elle est témoin d'un assassinat en règle. Toute la petite famille Devauchelle décimée en sept minutes trente-cinq secondes. Mamie Hélène n'a pas besoin de réviser ses séries américaines pour comprendre qu'il s'agit d'un contrat en bonne et due forme. Et pour cause, Mamie Hélène n'est pas exactement ce qu'elle paraît, une fragile petite veuve qui arrondit sa maigre retraite à coup de rouleau à pâtisserie. Elle a eu une vie avant, trépidante, agitée, musclée et un mari qui lui a appris la prévoyance et les ficelles d'un drôle de métier.

Repérée par les auteurs du massacre, une course poursuite s'en suit le long de la côte normande pour ne s'achèver que 221 pages plus loin. Et ça m'a laissé le sourire aux lèvres car on s'amuse beaucoup avec Mamie Hélène. Aucun temps mort dans cette cavale du troisième âge à l'exception de la fin du roman qui, je trouve, se termine de façon trop abrupte, pff j'ai carrément eu le sentiment de me faire éjecter du bouquin ! 

"La femme était là, tout près. Le logiciel affirmait que son téléphone cellulaire se trouvait dans un rayon de moins de 100 mètres. Ils avaient bien fait de surveiller la gare. Le train était un moyen de se déplacer plus discret que l'avion. Il chercha des yeux une grosse mémère affolée tirant sa valise à roulettes. Une Mamie Hélène."

Voilà, c'est tellement invraissemblable, comme toujours avec cette auteur, que ça ne se raconte pas, ça se lit, un point c'est tout. Je suis une inconditionnelle de Brigitte Aubert aussi ne comptez pas sur moi pour en dire du mal. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, je vous avais déjà présenté plus longuement un autre de ses livres ICI.

Et le billet d' YV, plus consistant que le mien, est par LA

Freaky Fridays      Brigitte Aubert      Editions la Branche


Et en face, de l'autre côté du Channel 

9782746730465

Dans un genre purement british, vous aimerez peut-être retrouver le style pince sans rire mais décomplexé de Willa March déjà croisé dans Meurtres entre soeurs et dans l'excellent Journal secret d'Amy Wingate.

Si vous êtes à la recherche de l'âme soeur et qu'un jeune veuf anglais, vivant dans un splendide manoir avec ses deux vieilles adorables tantines, tombe éperduement amoureux de vous, ne croyez surtout pas que c'est votre jour de chance, ne faites pas comme Clarissa, passez votre chemin.
Si malgré tout vous succombez et invitez votre meilleure amie juste pour le plaisir de la voir devenir verte de jalousie devant votre veine, bien fait pour vous.

"Lorsque Clarissa voit la maison pour la première fois, elle en a le souffle coupé. Le colombage, les tuyaux de cheminée en cuivre pur Tudor, les petits carrelages roses d'origine, les fenêtres à meneaux  et la grande porte de chêne la font soupirer d'aise.
- Oh, Thomas, dit-elle, les yeux humides. C'est absolument magique.
Thomas sourit avec gratitude."

Non, Thomas ne prendra pas Clarissa sur le capot de sa Ferrrrrari rouge, il a une Bentley. Et non, vous n'êtes pas dans un roman de la collection Harlequin. C'est juste un conte de fées machiavéliques, une histoire aussi invraisemblable que la précédente où les tantines Olwen et Gwyneth cachent sous un look Miss Marple une âme à la Rosemary's baby, version celtique.

J'emprunte la formule à CATHULU "grosses ficelles et sorcellerie païenne à deux balles, j'assume". Je l'ai moi aussi dévoré sans honte.

"- C'est injuste, soupire Clarissa.
Olwen et Gwyneth, postées devant la porte de la jeune femme, approuvent en silence la note de frustration qu'elles détectent dans sa voix et hochent la tête avec sagacité." 

Meurtres au manoir     Willa Marsh     Editions Autrement

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(porcelaines Yvonne Lee Schultz)