vendredi 24 juin 2011

Entracte

daoulaseucalyp

Je vous laisse un temps en compagnie
de ces jolis troncs d'Eucalyptus
(abbaye de Daoulas) 
et d'un roman éponyme ICI

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mercredi 22 juin 2011

Calme et volupté

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Sérénité

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Ombrage

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Lumière

daoulas

Hospitalité et générosité
On trouve tout cela dans les magnifiques jardins
de l'Abbaye de Daoulas.

303p

Mais aussi de l'exotisme
sur les traces de Victor Segalen qui est à l'honneur
de l'exposition actuelle.

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samedi 18 juin 2011

Marie-Blanche ou l'oubli !

arton25005-5aa22Qu'il était passionnant cet entretien avec l'auteur ! (vous pouvez l'écouter ICI.)
Et qu'elle semblait touchante l'histoire familiale qui devait nous narrer le destin tragique de la mère de l'auteur qui fut victime d'une filiation trouble, d'une mère plutôt toxique, d'un oncle incestueux et de déracinements successifs qui conduisirent rapidement Marie-Blanche à noyer ses blessures dans l'alcool et à séjourner dans des établissements psychiatriques pour finir par s'échapper définitivement de la vie en passant par une fenêtre.

Tous les ingrédients étaient réunis pour une fresque familiale comme je les aime. Seulement voilà, il suffit de pas grand chose pour qu'une mayonnaise ne prenne pas, et là la sauce a tourné rapidement. Je n'ai pas réussi à mettre la main sur "la puissance romanesque" d' "une saga familiale bouleversante" et "splendide" qui s'apparente au "chef d'oeuvre" et autres qualificatifs dithyrambiques qui parsèment la 4ème de couverture.

L'ennui m'étant tombé dessus très rapidement suite à une narration sans émotions ni intensité dramatique, à un style des plus banals, à une succession de faits qui laisse peu de place à l'introspection, j'ai jeté ce pavé l'éponge, à la page 229 (sur 606), ravalant ma déception, ruminant ma colère (22 € quand même) et ronchonnant qu'on ne m'y prendrait plus.

Des avis sur Babelio qui vont dans le même sens. Attendons de voir ce que donnera le partenariat de Newsbook. 

Après ça, comment voulez-vous que je me réconcilie avec les auteurs américains ?

Marie-Blanche     Jim Fergus      Editions Le cherche midi   

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mercredi 15 juin 2011

Gâteries littéraires

La talentueuse CLAUDIE vient rouler ses GALLAY
sur le rivage de Morlaix

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Ajout du 18 Juin :  Une rencontre très intimiste, cinq ou six lecteurs seulement,  pour écouter Claudie Gallay évoquer d'abord ce dernier livre (au passage, celui que j'aime le moins !). Ce fut l'occasion de nous parler du destin, de sa sensibilité envers ces petits moments qui tiennent à pas grand chose et qui font que la vie bascule d'un  côté ou d'un autre. Elle nous a également entraînés dans une jolie déambulation en Avignon, sur les pas de ses habitants et de leurs souvenirs de festivals qui ont pu inspirer son roman.
Puis il a été question des enfants, de leur authenticité,  enfants auprès desquels elle pense un jour reprendre son métier d'institutrice. Et pêle-même, des gens ordinaires, de leurs dualités et de leurs contradictions, des émotions, de la vraie vie et de l'empreinte que laissent les lieux en nous.

Je me suis permis de lui demander dans quel état elle était sortie de l'écriture de Les Déferlantes, m'imaginant qu'un tel exercice n'avait pu que lessiver, essorer, vider son auteure, un peu à l'image de la lectrice que j'ai été après la lecture de ce livre et du déluge émotionnel qu'il a généré en moi. Mais non, elle en est sortie apaisée comme après l'écriture de chacun de ses romans, sans plus. Mais elle s'est montrée curieuse de ma sensibilté exacerbée envers les personnages et l'atmosphère de son livre...

Sachez encore que son prochain livre est en cours d'écriture et que "Je m'y sens bien".
Mais nous n'en saurons pas plus...

Voilà, ce fut un beau moment, trop court, tout de calme et de simplicité. Il s'est terminé par
une douce dédicace où il est question de rencontres et de mélancolies.   

Et dimanche, direction

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Le week-end va être chargé !

Ajout du 19 Juin :  Agréables papotages en ce dimanche matin en compagnie de
- Michel Quint, à propos de son dernier roman "Avec des mains cruelles" qui a le coeur bien accroché pour me parler dès potron minet de bocaux planqués dans le grenier du musée de l'Homme et contenant des têtes guillotinées conservées dans le formol !
- Irène Frain, que j'ai félicité pour le très bon moment de lecture que m'a procuré "Au royaume des femmes".
- David Foenkinos, qui joue l'étonné quand je lui affirme qu'il est un auteur chouchou des blogs, quel comédien !
- Leslie Bedos et Joëlle Miquel, pour un échange tout en sensibilité autour de l'enfance malmenée.
- Véronique Olmi, plutôt sérieuse et pas très gaie la dame. A l'image des ses livres ?...
- Catherine Fradier, drôle et toute de noir vêtue comme l'univers de ses polars. "Cristal défense" et "La face cachée des miroirs" sont les deux premiers tomes d'une trilogie sur la guerre économique. Le premier est paru en poche chez Pocket "mais la 4ème de couv est du grand n'importe quoi. On dirait un truc planplan, mais c'est pas ça du tout !" dixit l'auteure, vous voilà prévenus.
- Delphine Coulin, pour partager notre mutuel agacement envers le narcissisme des acteurs... et la remercier de son émouvant roman "Les traces". 
- Emilie de Turckheim, au joli minois mais auquel il ne faut pas se fier... voir la délicate et cruelle couverture de son dernier roman qui fut l'occasion de parler de secrets qui pleuvent au mois de Mai.
- Serge Joncour, avec lequel j'ai papouillé dans la tête, enfin façon de parler (les auditeurs de France-Culture comprendront). La dégaine du monsieur est à l'image de sa voix et de son humour, il en impose le bougre !
- Julien Blanc Gras, nous étions en train de deviser sur la place délicate et l'éthique du "Touriste" et d'échanger sur nos prochaines destinations éventuelles quand une charmante vieille dame est venue se joindre à nous et m'a embarquée dans une discussion, fort intéressante au demeurant mais qui, allez savoir, m'a peut-être fait rater l'occasion de partir découvrir l'Ouzbékistan avec l'auteur (j'étais prête à lui suggérer une collaboration désintéressée pour un prochain livre ce pays l'attirant aussi beaucoup !).
- Harold Cobert, séducteur, pour ne pas dire un brin hystérique (c'est un beau gosse, certes, mais j'ai trouvé son attitude assez limite), s'est donc présenté à l'opposé de ses livres dont "Un hiver avec Beaudelaire" qui apparait souvent sur les blogs.
- Jean Teulé, était toujours hilare (voir chez Margotte !) mais très occupé à dédicacer à tour de bras à l'heure de l'apéro.

Sinon beaucoup de BD et livres pour enfants, d'elfes, de fées et de korrigans bien sûr.
Je n'ai malheureusement pas vu Edwy Plenel ni Philippe Grimbert ni Claude Villers mais je ne regrette pas cette visite matinale qui trouve des auteurs frais et dispos pour des échanges détendus et amicaux.
Et côté achats, j'ai été plus que raisonnable.

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Agenda Chats enchantés  Séverine Pineaux  Editions Au Bord des Continents

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lundi 13 juin 2011

Verba volant, scripta manent

69tiroirsOn a coutume de dire que la lecture est une activité solitaire. Rien n'est moins sûr...
Adam Lozanitch, étudiant en lettres et correcteur à ses heures, se plonge dans la lecture de "Ma Fondation", ouvrage publié à compte d'auteur en 1936 par un certain Anastase Branitza. Pour une somme mirobolante, un homme propose à Adam d'apporter des corrections conséquentes à l'ouvrage. Soulever la couverture de maroquin rouge va s'apparenter à une originale traversée du miroir et confirmer l'étrange sensation qui envahie le jeune homme depuis quelques temps.

"Depuis un an, en lisant, il lui semblait parfois rencontrer d'autres lecteurs. De temps en temps, peu souvent, mais toujours plus nettement, il se rappelait ces autres personnes, pour la plus part inconnues, qui lisaient en même temps le même livre que lui. (...), il arrivait à la conclusion que sa personnalité vacillait dangeureusement à l'extrême limite de la raison. Ou n'était-ce qu'une illusion due à un excès de littérature et à une carence de vie ?"

Cette fois encore, Adam s'aperçoit qu'il n'est pas seul à lire "Ma Fondation", livre pour le moins étrange puisqu'aucun personnage ne l'habite, qu'aucune intrigue ne s'y déroule. En effet, ce n'est, qu'une suite de descriptions minutieuses d'un domaine somptueux, de la villa qui y trône et de son riche mobilier.
Dans ce décor improbable, Adam va croiser une kyrielle de personnages qui ont tous plus ou moins à voir avec le fantasque Anastase. Au premier rang desquels la très attendrissante Natalia Dimitriévitch, fille de libraire qui, en son temps, a réussi à sauvegarder quelques exemplaires de "Ma Fondation". C'est aujourd'hui une vieille dame excentrique qui entretient un rapport fusionnel non seulement avec son passé - "Il me manque un souvenir... Je ne retrouve plus un souvenir de mon père... Comment ai-je pu, mon Dieu, comment ai-je pu l'égarer ?" -  mais aussi avec la lecture. D'ailleurs, elle vient d'embaucher la jeune Iélina pour l'assister dans son activité de prédilection. Mais Iélina n'est-elle pas justement cette jolie fille qu'Adam a aperçue un peu plus tôt dans la réalité ? 

"Natalia Dimitriévitch ayant prescrit que l'on devait alimenter le poêle de la bibliothèque le matin, le midi et le soir, on s'affairait autour du feu, on descendait à la cave chercher des bûches déposées là depuis longtemps, et l'on sortait jeter les cendres de la veille. Les jours de gel, la vieille dame vérifiait elle-même si chaque livre était bien enveloppé de sa jaquette ou remis dans son coffret de protection, si aucun signet ne dépassait...
- L'an dernier, un recueil de nouvelles a échappé à mon attention et quand je l'ai ouvert au printemps, je n'en revenais pas, il avait une extinction de voix, se plaignait-elle."

Les déambulations livresques d'Adam et de ses comparses vont nous livrer l'histoire tragique mais fabuleuse d'Anastase Branitza. Mais pas seulement. Car, roman à tiroirs par excellence, c'est aussi à un voyage dans l'histoire de Belgrade auquel nous convie Goran Petrovic. D'une plume alliant humour, poésie et merveilleux, il nous offre une fantastique ode à la mémoire, à la transmission et donc inévitablement aux livres. C'est également l'occasion, mais en doutons-nous, de nous rappeler que les livres sont de grands magiciens. Outre les voyages multiples dans lesquels ils vous embarquent, ils scandent sans doute les événements de votre vie, mais surtout ils peuvent se révéler de précieux magiciens de l'âme, quand ils ne vous changent pas radicalement.

Lorsque l'imaginaire chevauche si talentueusement la réalité, ne nous en privons pas.

" Un secrétaire en bois de rose et de citronnier. Il est vrai que vous n'allez peut-être pas le comprendre d'emblée, car il s'agit d'un vrai labyrinthe de compartiments secrets. Mais, si l'on ouvre chacun des soixante-neuf petits tiroirs dans l'ordre voulu, le double fond du soixante-dixième donne aussitôt sur un espace sans fin."

Un livre que l'on se doit de lire !

Soixante-neuf tiroirs      Goran Petrovic      Editions   Le Serpent à Plumes

tiroirs

 

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samedi 11 juin 2011

Sibérien clandestin ?

Hier, en cherchant de quoi illustrer le billet précédent, je suis tombée sur ça  .  Et depuis, de me demander si je n'ai pas recueilli il y a quelques années un chat sibérien ! J'ai toujours été étonnée par son engouement pour les longues vadrouilles lors des nuits d'hiver très froides, ceci expliquerait peut-être cela... En tout cas la ressemblance est troublante.

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En attendant de régulariser sa situation

 Copie de patchoulmbf

Patchouli se planque en Bretagne et vous souhaite un bon week-end !

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vendredi 10 juin 2011

СИБИРЬ

arton138-37575Un opus des plus brefs mais des plus passionnants pour celles et ceux  qui, comme l'auteur, voient leur imaginaire s'emballer à la simple prononciation de cette destination.

"Aimer la Sibérie, ça ne se fait pas. Pourtant, ce nom terrible a pour moi un charme secret. D'abord, il est beau. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais il est beau."

Immensités géographiques, historiques, culturelles, vous n'échapperez pas au voyage dans le Transsibérien, en compagnie d'auteurs contemporains, Sylvie Germain, Mathias Enard, Jean Echenoz, entre autres, mais aussi des précurseurs du genre qui les premiers ont été attirés par ce train mythique, Blaise Cendrars ou Joseph Kessel. Irkoutsk, Oulan-Oude, Vladivostok, autant de brèves escales propices à la réminiscence d'émois passés ou aux rencontres furtives. autant d'hommages aux grands hommes comme aux anonymes dont les yeux ont contemplé les mêmes paysages, bois, steppes, lacs, fleuves...

"Maisons de planches noires, palissades noires moirées d'argent, toîts de tôle blancs sous des fils électriques erratiques, pistes où cahotent des Ladas. J'ai lu quelque part, il me semble, que le goût russe des palissades était une façon de se protéger de l'espace immense, de l'angoisse qui naît de l'illimité."

La seconde partie du livre est composée de trois articles inédits qui nous entraînent vers la Sibérie septentrionale. Départ de Khatanga pour l'univers de la taïga et de la toundra, celui des petits peuples, Yakoutes, Tchouktches, Dolganes, rivages gelés de la banquise que se disputent aux rennes ou aux ours les épaves de sous-marins nucléaires et les brise-glace, pour arriver finalement au détroit de Béring et resdescendre vers Magadan et Sakhaline en passant par le Kamchatka. 

Russes ou autres,  "On croise ici des destins qui sortent de l'ordinaire. Des vies taillées à coups de hache."

Au premier rang desquels, les millions de Zeks dont les fantômes errent encore sur les routes des goulags. Et c'est là tout le paradoxe de ce continent. Tout comme la beauté fulgurante des paysages est soudain poignardée par la réalité du gloaque russe, tous ces noms, qui pour les uns résonnent comme autant d'ailleurs générateurs de rêves, ont été le lit des pires cauchemars des autres.

Dans un autre registre, il est à craindre qu'un autre cauchemar se profile. La Sibérie, terre d'exils par excellence, l'est aussi pour l'écologie. Si on peut comprendre que l'âpreté et la rudesse de la vie quotidienne n'en font pas une priorité, il n'en reste pas moins que cette terre sert de poubelle à l'armée et que l'exploitation de son sous-sol riche en gaz, pétrole et minéraux très recherchés remplit les poches des oligarques au mépris de tout.

Sibérie, soit 13 millions de km² que l'auteur nous fait traverser en quatre-vingt douze pages. Grâce à de nombreux instantanés agrémentés de références littéraires triées sur le volet, il réussit à balayer espace et temps qui n'ont plus grand sens sous ces latitudes.

Une petite virée dans l'île Sakhaline ? C'est  ICI  et c'est magnifique ! 

Sibérie      Olivier Rolin      Editions Inculte

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Boris Klevogin 2004

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mardi 7 juin 2011

Marche ou crève

La_diagonale_du__4dc2b5c2490c6Un homme d'affaires à qui tout réussit ou presque, sa femme l'a quitté et son associé est décédé brutalement, plaque tout du jour au lendemain pour se réfugier dans un gîte isolé sur un plateau ardéchois le long d'une ligne imaginaire au nom ensorcelleur, la Diagonale du vide. Cette ligne fictive s'étend grosso modo des Landes aux Ardennes et détient le record de la plus faible densité humaine au km². Voilà qui ne saurait déplaire à la sauvage que je deviens en vieillissant, et de me dire que je me suis peut-être trompée de destination en venant me perdre au fond du Finistère, mais passons...

"Ne plus bouger. Ne plus partir. Surtout ne plus parler. Trouver au plus vite un endroit retiré. Avec du silence. De la lenteur. Peut-être un brin de tristesse. De préférence dans une région sauvage."

Marc Travenne macère donc dans sa solitude quand surgit une blonde randonneuse qui n'a de cesse de l'intriguer. Pensant saisir une occasion de donner un tournant à sa vie, il décide de partir à sa recherche quelques jours après le départ cette femme mystérieuse. Il la retrouvera et s'embarquera dans un curieux périple, alors que parallèlement une ancienne et brève maîtresse entre à nouveau en contact avec lui et que sa vieille mère, elle aussi solitaire, lui réclame une dernière virée au village de son enfance.

Que dire de ce livre ? J'ai d'abord accusé une légère déception à la rencontre des protagonistes. Pierre Péju nous a habitués à des personnages à la marge, des paumés, des tourmentés, des exclus. Ceux croisés sur la diagonale du vide n'échappent pas à la règle mais, car il y a un mais, ils évoluent dans des milieux bien différents de ceux où l'auteur nous entraîne d'ordinaire. On a ici en toile de fond le monde du business, de la presse, de l'armée et des services secrets, ça pue donc le fric, la facilité, le pouvoir et les magouilles à plein nez.

La route de Marc Travenne dévie donc rapidement des GR français pour emprunter des chemins bien plus scabreux et plonger dans des ambiances de 11 Septembre new-yorkais et de guerre d'Afghanistan, ce qui n'est pas vraiment des randonnées de tout repos, vous vous en doutez, et pas spécialement mes road-movies favoris.

Fidèle à lui-même, Pierre Péju a toujours la grâce et le talent de nous peindre les grands espaces désolés qu'il affectionne tant. Y errent sur des fils fragiles, qui finiront par s'entre-mêler ou rompre, des personnages à la dérive mais envers lesquels j'ai eu du mal à éprouver l'empathie naturelle qui me saisit en général à la lecture des romans de l'auteur.

"Mais là-bas après chaque journée étouffante il y a ce que j'appelle la récompense du soir, ce moment de pure clarté afghane, lorsque les choses semblent posées dans la transparence et comme nimbées par un poudroiement doré, une pluie de particules d'or, poussière ou pollen autour des corps, tandis que les ombres des maisons, des hommes et des bêtes, ombres épaisses et brunes comme du feutre, s'allongent démesurément sur le sol encore brûlant jusqu'à ce que le soleil disparaisse et que le poudroiement ne soit plus qu'une nuée lasse et soudain cendreuse, soulevée par les sabots des bêtes qui ne bougent presque plus dans la nuit qui tombe, ou par les pneus d'un de ces magnifiques camions afghans, qui surgit tout à coup, surchargé, avec des images naïves, souvent drôles, peinturlurées partout sur son capot et ses portières."

J'aurais aimé retrouver davantage de ces envolées lyriques, de celles qui m'ont tant fait aimer "Le rire de l'ogre", mais l'auteur privilégie ici les ressorts d'une intrigue un peu convenue, à la fois facile et tirée par les cheveux, qui résonne plus avec l'actualité et moins avec l'anonymat. Il est beaucoup plus aisé d'être à la marge quand on est un nanti au portefeuille bien rempli, ce qui donne un aspect improbable à ce roman et une rédemption un peu surfaite. Un invisible aimant m'a cependant tirée jusqu'à la dernière ligne malgré la mise à distance de mes émotions.

L'avis de Krol plutôt enthousiaste  LA
Et celui de Bellesahi qui vous en parlait ICI 

La Diagonale du vide      Pierre Péju       Editions Folio

divers069  

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lundi 6 juin 2011

A méditer...

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Trouvé dans la campagne

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samedi 4 juin 2011

Jeux de lumière

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Dans la chapelle de Saint-Herbot

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Un style gothique flamboyant

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Pur kitsch breton qui a aussi son charme

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surtout quand il se double d'une sympathique brocante sous le soleil. 

 

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