Le Souk de Moustafette

Un no man's land où farfouiller, papoter, se régaler, rigoler de tout, de rien, mais toujours un livre à la main...

vendredi 30 mai 2008

Du premier au dernier

9782070392841Publié en 1923, La steppe rouge est le premier ouvrage de Joseph Kessel; l'auteur a alors vingt-cinq ans.
Il s'agit d'un recueil de nouvelles ayant toutes pour cadre la Russie en ébullition, celle des Soviets  issue des révolutions de 17.
Aux quatre coins du pays règnent le chaos et la peur. Chacun tente de s'adapter, ceux qui ont tout perdu, comme ceux qui croient qu'ils ont tout à gagner.
Un petit professeur effacé se transforme en un redoutable commissaire du peuple. A Tachkent, la jeune fille instruite d'un noble déchu se laisse séduire par un vieil ami de la famille qui l'entraîne à Moscou, puis l'abandonne. Des mères sont impuissantes face à la Tchéka qui emprisonnent leurs fils. Les rouges envahissent Odessa, on y joue au fou pour sauver sa peau. A la frontière lettone, un homme rescapé des geôles raconte. Un soldat trouve du réconfort auprès d'une femme. Comment réagira-t-il lorsqu'il la retrouvera dans une cellule où elle attend d'être exécutée ?

9782070370726bPublié en 1975, Les temps sauvages est le dernier livre de l'auteur.
En Octobre 1918, au sortir de la guerre où il a combattu dans l'aviation française, Joseph Kessel s'engage comme volontaire pour une mission en Sibérie afin d'arrêter les Allemands entre l'Oural et la Volga. Il quitte Brest pour rejoindre New-York, traverse les Etats-Unis et s'embarque pour le Japon. Une dernière escale le conduit à Vladivostok où il rejoint d'autres volontaires venus de divers pays européens.
En attendant l'arrivée de leurs appareils, les hommes se retrouvent confrontés au grand chambardement de la Révolution d'Octobre et à l'anarchie la plus complète qui s'empare de la ville.
Entre les Cosaques vivant comme des princes dans des wagons du Transsibérien et les chaudes nuits à l'Aquarium, le cabaret où se retrouvent les occidentaux et où des femmes de l'ancienne Russie tentent de survivre de leurs charmes, le jeune Kessel plonge dans l'îvresse de la vie nocturne afin d'oublier la misère de cette cité mythique du bout du monde transformée en véritable cours des miracles.
Un épisode autobiographique romancé, mais surtout un témoignage unique et rare sur une époque troublée en cette contrée lointaine, un ultime livre écrit au seuil d'une vie bien remplie puisque J. Kessel décèdera quelques temps plus tard, en 1979.

Entre ces deux livres, une bibliographie impressionnante, romans, contes, reportages, témoignages, articles.
La vie même du grand Jeff est un roman à elle seule. Je vous conseille la magnifique autobiographie d'Yves Courrière "Joseph Kessel ou Sur la piste du lion" (éditions Plon).
Aviateur, journaliste, grand voyageur et baroudeur, écrivain, Kessel mêlera sa vie sur ces quatre registres et aux quatre coins du monde. Son âme slave lui donnera le goût extrême de la fête, le sens de l'amitié entre hommes et celui de la fidélité aussi bien en amitié qu'en amour.

Mon père avait une passion pour cet auteur qui croquait la vie à pleines dents, et dont les oeuvres occupaient plusieurs étagères de la bibliothèque familiale. 
Rien d'étonnant donc à ce qu'il ait bercé mon adolescence. Je lui dois l'envie de voyager. De tous ses livres, ma préférence va aux quatre volumes de "Le tour du malheur" et au célébrissime "Les cavaliers".
Un bien bel héritage littéraire...

ami_entends_tu

 

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mardi 27 mai 2008

Sauce aigre-douce

9782742775491Des cousins se retrouvent en vacances chez leur grand-mère tandis que leurs parents se sont envolés pour Hawaï au chevet d'un grand oncle mourant.
La vieille femme qui, si elle est ravie d'accueillir toute cette jeunesse chez elle, semble plus désemparée par les problèmes d'intendance que cela ne manque pas d'entraîner plutôt que par le décès imminent de son frère.
Tami, âgée de dix-sept ans, va tout naturellement seconder sa grand-mère à la cuisine et au potager.

Un lien particulier va se tresser entre les deux femmes. Si l'une prend soin de l'autre, la grand-mère, elle, ne prendra pas de gants pour révéler les secrets de familles.

"Au-dessus des reflets scintillants de l'eau du bain, se détachaient nos deux têtes, celle de grand-mère et la mienne. Avec la chaleur son visage était devenu rouge, et j'avais l'impression de voir une noix boursouflée. A côté de cette tête flottait doucement ce paradis qu'elle aimait tant.
Ma grand-mère devait toujours vivre ainsi en compagnie de ce paradis. Alors, la moitié de son coeur restait sans doute là-bas, et les choses issues d'un temps remontant à plusieurs dizaines d'années devaient ressembler à un rêve."

Un récit tout en retenue, pour un passage de relais entre générations. La transmission ne se fait pas sans douleur, mais comme souvent dans la littérature japonaise, pudeur et poésie remplacent les longs discours.
La duplicité des êtres est parfaitement incarnée par cette minuscule grand-mère, d'apparence fragile comme une pousse de bambou, mais cependant tout aussi robuste.

N'est-ce pas dans les vieux chaudrons que l'on fait les meilleures soupes ?
Si les secrets de familles ont parfois un goût amer, ce petit livre, lui, peut laisser sur sa faim le lecteur peu habitué à la cuisine littérature japonaise.

L'avis de NAINA

Le Chaudron    Kiyoko Murata    Editions Actes Sud

ynour39 

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dimanche 25 mai 2008

UN INDEX

elvgrenRare_Edition2

Cette charmante créature
brave tous les riques de fatwa
pour vous aider à vous y retrouver
dans ce Souk !
L'index est dans la liste des catégories.

alphabet_animaux_1  comme ...

* ABDOURAZZOQOV Barzov    Huit monologues de femmes  
* ADAMO Christine    Noir austral
* AÏTAMOV Tchinghiz    Djamilia   
* AGUALUSA José Eduardo    Le marchand de passés  
* ARDITI Metin    La pension Marguerite   
* ARRIVE Michel    La walkyrie et le professeur   
                              Une très vieille petite fille  
* AUDEGUY Stéphane    Fils unique 
                                       La théorie des nuages
                                          Petit éloge de la douceur
 
* AUBERT Brigitte    Une âme de trop 

alphabet_animaux_2  comme ...

* BACHMAN Ingeborg     Trois sentiers vers le lac   
* BAIL Murray    Eucalyptus   
* BANVILLE John    La mer   
* BARTELT Franz    Le jardin du bossu
                                Une belle maison

* BEAUJON Nicolas    Le patrimoine de l'humanité   
* BECK Béatrice    L'enfant chat  
* BERADT Charlotte     Rêver sous le IIIe Reich   
* BESSON Yvonne     Meurtres à l'antique
* BIALOT Joseph    Le jour où Albert Einstein s'est échappé
* BISSEL Tom    Dieu vit à Saint-Pétersbourg  
* BOLAN Gaetaño    La boucherie des amants   
* BOUÏDA Iouri    Le train zéro  
* BRAGANCE Anne    La reine nue   
* BROCHART Gilles    Le thé dans l'encrier   
* BRUEN Ken    Toxic blues   
                          Délirium tremens  

alphabet_animaux_3  comme ...

* CARRERE Emmanuel    Un roman russe   
* CATHRINE Arnaud    L'invention du père   
* CAUCHY Nicolas    De manière à connaître le jour et l'heure  
* CHAUVEAU Sophie    La passion Lippi  
* CIRINO Linda D.    La coquetière   
* CLAUDEL Philippe    La petite fille de monsieur Linh  
* COLLECTIF    Nouvelles de Bretagne  
* COLLINS Michael    La vie secrète de E. Robert Pendleton 
* COSNAY Marie    Déplacements  

alphabet_animaux_4  comme ...

* DORJE Péma    Tibet or not Tibet   
* DUGAIN Marc    Une exécution ordinaire  

alphabet_animaux_5  comme ...

* EGGELS Elle    La maison des sept soeurs   
* EPENOUX François d'    Deux jours à tuer   

alphabet_animaux_6  comme ...

* FAYE Eric    Parij  
* FERMINE Maxence    Le labyrinthe du temps  
* FICHTE Johann G.    De la liberté de penser   
* FITZGERALD Penelope    L'affaire Lolita
* FOUGERAY Karine    Elle fait des galettes, c'est toute sa vie   
* FOURNIER Gisèle    Non-dits

alphabet_animaux_7  comme ...

* GALLAY Claudie     Dans l'or du temps

* GARAT Anne-Marie    Les mal famées   
                                       Dans la main du diable   
                                       Chambre noire
                                       Aden 

* GARDELL Jonas    Et un jour de plus   
* GATTEGNO Jean-Pierre    Longtemps je me suis couché de bonne heure    
* GAUDE Laurent    La mort du roi Tsongor  
* GAUTIER Pascale    Les amants de Boringe   
* GERMAIN Sylvie    Immensités  
                                 Magnus   
                                 La pleurante des rues de Prague
* GOFFETTE Guy    Une enfance lingère 
* GOUR Betya    Meurtre à l'université      
* GRAN Iegor    O.N.G   
* GRONDAHL Jens Christian    Virginia   
* GRUSHIN Olga    La vie rêvée de Sukhanov   

alphabet_animaux_8  comme ...

* HALBERSTADT Michèle    Café viennois   
* HENRICHS Bertina    La joueuse d'échecs  

alphabet_animaux_9  comme ...

* IKONIKOV Alexandre    Dernières nouvelles du bourbier   
* INDRIDASON Arnaldur    La voix   
* INOUE Hisashu    Je vous écris   

alphabet_animaux_10  comme ...

* JAUNAY CLAN    Milosz ou l'idiot magnifique
* JENSEN Liz    La 9ème vie de Louis Drax   
* JOHNSON Jennifer    Ceci n'est pas un roman   
* JOYAUD Béatrice    Plaisir en bouche
* JUHEL Fabienne    Les bois dormants   

ecole_alpha1r_11  comme ...

* KASMAÏ Sorour    La vallée des Aigles   
* KEHLMAN Daniel    Les arpenteurs du monde   
* KESSEL Joseph    La steppe rouge   
                                 Les temps sauvages   
* KIYOURO Miura    Je veux devenir moine zen !  
* KONOPNICKI Guy    Ligne 9   
* KOSZTOLANYI Derzo    Alouette   

alphabet_animaux_11  comme ...

* LA BOETIE Etienne de    Discours de la servitude volontaire   
* LAFON Marie-Hélène    Le soir du chien
* LANDON Emmeline    Le voyage à Vladivostok   
* LARSSON Stieg    Les hommes qui n'aimaient pas les femmes 
                          La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
* LESBRES Michèle    Le canapé rouge  
                                      La petite trotteuse   
* LE TREUT Brigitte    Lumière du soir   
* LEUNEMS Christine    Le ciel en cage   
* LINQUIST Hakan    Mon frère et son frère   
* LOYS Pierre-Henri    Petites farces de la mort   

alphabet_animaux_12  comme ...

* MacCALL SMITH Alexander    Le club des philosophes amateurs   
* MacCORMACK Eric    L'épouse hollandaise   
* MAINARD Dominique    Le ciel des chevaux   
* MAISONNNEUVE Michel    Le chien Tchétchène   
* MEEK James    Un acte d'amour   
* MENDELSOHN Daniel    Les disparus  
* MINIERE Isabelle    La première marche   
* MOEX Corinne    Le grand menu   
* MONNEREAU Michel    On s'embrasse pas ?   
* MOOTOO Shani    Fleur de nuit   
* MORGIEVE Richard    Un petit homme de dos  
* MULISCH Harry    La découverte du ciel  
                                    Sigfried, une idylle noire   
* MURAKAMI Haruki    Les amants du Spoutnik   
* MURATA Kiyoko    Le chaudron   

alphabet_animaux_13  comme ...

* NEMEROVSKY Irène    Le bal   
* NESBO Jo     Rouge gorge  
                          Rue sans-souci  
* NOHANT Gaëlle    L'ancre des rêves   
* NOIVILLE Florence    La donation   

alphabet_animaux_14  comme ...

* OGAWA Yoko    Le musée du silence   
                               La petite pièce hexagonale   
* OULITSKAIA Ludmila    Les pauvres parents   

alphabet_animaux_15  comme ...

* PAGE Martin    De la pluie   
* PARIS Thomas    Pissenlits et petits oignons
* PAVLOFF Franck    Le pont de Ron-Mositar   
* PELEVINE Victor    La mitrailleuse d'argile   
* PELLISSIER Colette    Le chat dans la gorge  
* PEYRAMAURE Michel    Le chat et la plume   
* POMMAUX Yvan    Avant la télé  
* PONCINS Michel de   La luxure régnait sur la ville...   
* POUY Jean-Bernard    Nus   

alphabet_animaux_16 comme ...

alphabet_animaux_17 comme ...

* REYBOZ Cécile    Chanson pour bestioles   
* ROIG  José Miguel    Le rendez-vous de Berlin  
* RUY-SANCHEZ Alberto   9 fois 9 choses que l'on dit de Mogador 

alphabet_animaux_18  comme ...

* SAFRAN FOER Jonathan    Tout est illuminé      
                                            Extrêmement fort et incroyablement près  
* SAKHNOVSKI Igor    Roza               
* SCHLINK Bernhard    Le retour   
* SEONNET Michel    La marque du père 
* SERRANO Marcela    L'auberge des femmes tristes   
* SETTERFIELD Diane    Le treizième conte   
* SHIMAZAKI Aki    Tsubaki  
                                 Hamaguri  
* SOMOZA José Carlos    La dame N° 13  
* STAÏKOS Andréas    Les liaisons culinaires   
* STEINER Michel    La machine à jouir   
                                  Mainmorte   
                                  Petites morts dans un hôpital psychiatrique de campagne              
* STROGOFF Ilya    Le livre blanc   
* SVIT Brina     Un coeur de trop 
* SZABO Magda    Rue Katalin   

alphabet_animaux_19  comme ...

* TEJPAL Tarun J.    Loin de Chandigarh 
* TIANO Joëlle   L'illustrissime et enchanteur gâteau café café d'Irina Sasson 
* TREICHEL Hans-Ulrich    Le disparu   

alphabet_animaux_20  comme ...

alphabet_animaux_21  comme ...

* VAN DER MEER Vonne    Les invités de l'île   
* VERONESI Sandro    La force du passé

* VIGNE Fabrice     TS   

alphabet_animaux_22    comme ...

* WESTPHALEN Marie-Hélène   L'homme qui marche au bord du monde  (07/2007)
* WINTERSON Jeanette    Garder la flamme   (03/2008)
* WOLKENSTEIN Julie    Happy End   (04/2008)

alphabet_animaux_23  comme ...

alphabet_animaux_24  comme ...

alphabet_animaux_25  comme ...

* ZIAMATINE Evgenie    L'inondation   
* ZIMMERMANN Daniel    Le spectateur   
* ZUSAK Markus    La voleuse de livres  


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Mise à jour Juin 2008
BONNE LECTURE !

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jeudi 22 mai 2008

Les Abori-gênent...

978207034157370 000 av. JC, les continents sont en mouvement et l'homo sapiens aussi.
Suite à l'éruption gigantesque du Mont Toba, les péninsules de Sunda et de Sahul se sépareront à jamais pour, petit à petit, donner naissance à l'Océanie actuelle.
Le livre s'ouvre sur la longue marche d'une peuplade qui, poussée par la faim, quitte Sunda et brave les flots pour s'échouer sur une terre inconnue, Sahul. Pendant des millénaires, ces hommes peupleront Sahul, la parcourant de fond en comble, y puisant leurs mythes et leurs croyances, affrontant les changements climatiques, s'adpatant et survivant grâce à la faune et la flore dont ils tireront subsistance, remèdes et protections.
Cette odysée mènera les descendants de Yoolore, de Tjonambu et de Namoora, à l'aube du troisième millénaire dans l'Australie moderne dont ils ont été spoliés.

"8 000 ans av. JC.
Wirakee ramena le bras en arrière. D'un mouvement de poignet, il fit siffler le boomrang. Une étroite fraction de temps et, comme à chaque fois qu'il lançait le morceau de bois, il eut la vision de Tjoonake, l'enfant-ancêtre, issu de la lignée de Pinanga, de la rencontre entre ceux du monde-sur-la-terre et ceux du monde-sous-la-la-terre. Selon la légende, Tjoonake avait repoussé le ciel loin du sol avec un bâton, permettant aux hommes et aux animaux de ne plus ramper. Puis, sous l'effort, ce bâton s'était courbé. Alors, le croyant devenu inutile, Tjoonake l'avait jeté au loin. Mais le bâton était revenu à lui : le boomrang était né."

Parallèlement, en 2004 à Sydney, Liz enrage dans le Tribunal des Réfugiés où elle travaille. La défenestration d'une jeune Bangladaise et les méthodes humiliantes de la directrice lui sont devenues insupportables.
D'ascendance française, Liz largue tout et s'installe en Provence, là même où sa mère et sa grand mère ont séjourné pendant la guerre avant de s'embarquer pour l'Australie.
Bien décidée à découvrir l'histoire de cette mère qu'elle a si peu connue, et dont elle ne garde aucun souvenir,  elle mène l'enquête et finira par éclaircir les zones d'ombre que son père lui a toujours dissimulées.

Et bien évidemment, l'épopée des Aborigènes rejoindra l'histoire de Liz.

C'est un voyage passionnant et fort bien documenté au coeur de l'histoire de ce peuple (cartes, planches, généalogie, lexique et explications supplémentaires en fin de livre).
J'ai été réellement enchantée par leur cosmogonie, et j'aurais aimé que l'on traverse le Temps plus lentement encore, afin d'en découvrir davantage sur cette culture. Le récit faisant référence au XXe siècle est, lui aussi, riche d'enseignement sur le sort échu à ce peuple qui fut dépouillé, exploité, décimé et auquel les blancs ont volé ses enfants.

L'histoire de Liz permet un sympathique séjour provençal, bien qu'un peu trop simpliste à mon goût.
On aurait pu se passer des quelques cadavres, dont on ne sait qu'à la fin s'ils ont un lien avec l'histoire maternelle, une éventuelle magie aborigène, ou tout autre chose.
De même, jusqu'à la fin, on se demande bien par quelle pirouette l'auteur va s'en tirer pour conjuguer ces 70 000 ans d'histoire avec le chant des cigales et les parfums de la lavande.
Mais, tant bien que mal, elle y réussit...

Au total, un livre qui lie le romanesque et les références anthropologiques, et qui m'a permis de retrouver le même plaisir que j'avais déjà rencontré à la lecture de "Requiem pour un poisson" (Folio).

Noir austral    Christine Adamo    Folio policier

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Chez les bolcheviks, ça rigole pas...

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mercredi 21 mai 2008

L'envers du décor

9782070785377Prétendument envoyé d'Athènes, Hermès Diaktoros débarque sur l'île de Thiminos, pour assister la police locale afin d'élucider le meurtre d'une jeune femme retrouvée au pied d'une falaise.
Surprise, l'affaire est réglée et enterrée. Point de rapport d'autopsie, point de dépositions, on a conclu à un suicide, et Hermès est prié de renfiler ses sandales ailées et de s'envoler vers d'autres horizons.
Il n'en faut pas moins à ce drôle de personnage pour s'incruster.

"Depuis la mer, l'île de Thiminos apparaissait pour ce qu'elle était: un énorme rocher à la base tellement errodée par le ressac qu'il semblait flotter, porté par les vagues de la mer Egée. La plupart des côtes étaient des falaises abruptes; les autres, en pente plus douce, offraient un mélange de rocaille et de terre poussièreuse. Il n'y avait pas grand chose hormis quelques pins noirs plantés à des angles improbables dans le flanc de la montagne et des buissons épineux cachés entre les rochers. Pourtant, ça et là, quelques éléments colorés surprenaient le regard: sur une plage déserte, une minuscule chapelle blanche était entourée d'un jardin de plantes vivaces aux fleurs fuchsia."

Toujours aimable, trimballant en permanence un fourre-tout dont il tire un tas de choses plus hétéroclites les unes que les autres, notamment des cigarettes "Santé", entre nous soit dit elles sont infectes mais leur emballage est kitsch à souhait, chaussé de ses baskets blanches qu'il entretient avec une maniaquerie digne d'un vieux garçon, Hermès Diaktoros va parcourir l'île de fond en comble et tirer les vers du nez de ses habitants qui n'apprécient guère la manoeuvre !

Ce roman policier n'en est pas vraiment un, enfin au sens classique du terme. D'où mon avis mitigé.
Je n'ai pas un goût prononcé pour la tragédie amoureuse et le sens de l'honneur de la famille, ni pour l'hystérie machiste méditerranéenne. Il est beaucoup question de tout cela dans ce livre, et on rigole pas avec ces trois piliers de la culture héllénique.

Cependant j'aime la Grèce, ses îles et ses habitants. J'ai eu la chance d'y vivre deux ans. J'y ai donc connu les quatre saisons et leurs psychodrames !
L'été, c'est le grand melting-pot, les hommes trinquent dans les tavernes, les femmes triment, tout le monde sourit à tout le monde, business oblige et orchestre tout ... Puis l'été et les touristes passent. De septembre à novembre, c'est le paradis, presque plus de touristes, tout refleurit, la chaleur est douce, et on se dit qu'on pourrait finir ses jours ici...
Mais quand décembre arrive avec ses pluies continues et les premiers froids, les tempêtes repeignent le turquoise de la mer en gris acier, les petites maisons blanches et fraîches se transforment en petits chez soi froids et très humides, les pittoresques ruelles en pentes charrient boue et déchets divers, le "supermarket" est régulièrement en rupture de stocks (surtout si vous n'êtes pas du coin, ou alors les prix gonflent et dégonflent mystérieusement, c'est de bonne guerre !), les hommes partent en mer pour des périodes plus ou moins longues, où s'ils restent à terre, ils s'ennuient et traînent au kafénéon; les femmes triment, encore, mais à l'intérieur, et dépriment entre deux messes et dix commérages.

Car l'hiver, sur les petites îles, il n'y a RIEN à faire, si ce n'est ATTENDRE.
Attendre le ferry hebdomadaire, seul événement qui apporte un peu d'animation, ainsi que quelques colis espérés; attendre le retour des hommes; attendre des journées ensoleillées entre deux semaines de pluie, afin de s'oxygéner et de faire sécher les fringues; attendre que ça passe, tout simplement, en bouffant, en picolant, en fumant, en rigolant, en s'engueulant et en s'occupant de ce qui se passe chez le voisin. (Et en lisant aussi, me direz-vous, non ?. J'avoue que parfois on se lasse de tourner des pages gondolées, tout de vêtements humides vêtu et sous des couettes du même acabit !). Bref, attendre le retour du printemps devient une obsession, si on ne craque pas avant.

On retrouve tout cela dans ce bouquin, et c'est ce qui m'a plu.
De la pure tragédie moderne qui colle de près à la réalité, mais mâtinée d'un brin de fantaisie.
Et le rôle de ce curieux inconnu, venu semer la zizanie dans cet univers clos, se dévoile peu à peu.
Un livre pour qui a envie de connaître l'envers du décor estival égéen, et pour les amoureux de la Grèce.

L'inconnu d'Athènes     Anne Zouroudi     Editions Gallimard

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(paquet d'origine !)

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lundi 19 mai 2008

Le poids des hommes

9782070355570L'histoire débute en 1952 alors que la mère du narrateur (Pavel), médecin urologue, est appelée auprès de Staline afin de soulager les douleurs du Vodj par des techniques peu orthodoxes dont elle a le secret. Evidemment, ce qui devient une protection certaine exige quelques concessions, comme par exemple celle de quitter son mari...une broutille !
Heureusement, le petit père des peuples a la bonne idée de mourir l'année suivante, ce qui permet à la mère de Pavel de retrouver son mari, mais de perdre aussi son poste dans la capitale soviétique.

"Elle ne m'a jamais parlé de ses retrouvailles avec mon père. L'un et l'autre sont restés de bons communistes. Le retour à une vie ordinaire après avoir été supplicié était normal pour l'époque. Comme il l'était de ne pas tenir rigueur au régime. La dérive de certains n'assombrissait en rien le projet révolutionnaire et la foi qu'on avait en lui. Peu d'homme étaient alors capables d'ajouter à la souffrance de la torture celle de la désillusion.
Alors que les premiers sous-marins nucléaires appareillaient, mon père a été muté dans une base de la mer de Barens pour assurer le suivi technique de la flotte nucléaire. C'est là que je naquis en 1957."

Et l'histoire se termine quelques quarante ans plus tard, sur le destin tragique d'un sous-marin nucléaire, sur lequel Vania, le fils de Pavel, effectue sa première plongée lors de grandes manoeuvres de la Flotte du Nord.
Entre les deux, nous suivons le destin de deux hommes.

D'abord celui de Pavel, qui se débat entre sa femme diminuée suite à un traumatisme cranien, sa fille prise dans la nouvelle frénésie médiatique, ses vieux copains convertis au libéralisme de façon parfois radicale, les tractations avec le représentant de l'état suite au décès de Vania, son deuil et ses propres répères qui se brouillent. A quarante quatre ans Pavel change de vie. Il négocie sa mise en retraite anticipée, investit l'argent donné par l'état, prend une maîtresse mais s'accroche à ce bout de terre sibérienne où la dureté de la vie forge le carctère des hommes.

"Il nous arrivait de dormir à l'isba ou de nous improviser un campement de fortune dans des lieux plus reculés où nous ne rencontrions jamais personne. Il n'est pas rare qu'un couple se dise seul au monde, mais là nous l'étions pour de bon dans ces étendues sans fin où la nature paraît à son avantage, cachant sa maladie comme une vieille femme autrefois coquette le fait de son déclin."   

Parallèlement, nous suivons l'ascension d'un petit agent du KGB qui finira à la tête du pays et qui, comme tous ses prédécesseurs, aura peu d'états d'âme lorsqu'il s'agit de choisir entre le pays et les hommes. Patrie, empire ou fédération, selon les époques, peu importe, la règle du jeu est toujours identique, la valeur humaine est quasi nulle et seuls importent le pouvoir et la force lancés à la face du monde occidental.

Des petites histoires "sans importance" sur trois générations pour nous brosser la grande Histoire.
Un découpage en règle du fonctionnement paranoïaque d'un régime et les conséquences inéluctables sur les hommes qui y sont soumis.
Un mélange habile de fiction et de réalité.
Une construction originale et des personnages attachants de fragilité.
Conclusion, un livre à recommander sans hésitation.

Si vous avez du temps, cette vidéo , un très bon documentaire pour compléter la lecture, avec la voix de Bernard Giraudeau en prime.
Et l'avis de GAMBADOU.

Une exécution ordinaire     Marc Dugain     Editions Folio

soumarin001      

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samedi 17 mai 2008

Anne, ne lis pas ce billet...

9782253124719Je m'y suis reprise à trois fois pour lire ce petit roman de 189 pages, c'est dire si j'étais passionnée...
L'article d' INSATIABLE LECTRICE , concernant le film m'avait pourtant conquise. Albert Dupontel aidant, j'ai donc commencé ma lecture pour me retrouver en pleine crise conjugale, moi qui fuis ce genre de scénario comme la peste. Premier abandon.

Voilà que SYLIRE , qui vient aussi de voir le film, enfonce le clou et qu'un commentaire d'Anne m'encourage à poursuivre ma lecture. Consciencieuse, je reprends le livre et me retrouve là où j'avais laissé ce petit monde. A la crise conjugale, s'ajoute un anniversaire surprise, événement par moi honni entre tous. Décidément, j'ai pas de bol. Je poursuis cependant ma lecture, en diagonale je l'avoue, toujours aidée en cela par le cynique Albert Dupontel qui trotte dans ma tête. Le jeu de massacre me lasse à nouveau et la femme d'Albert m'énerve au plus haut point, sans doute la jalousie ! Deuxième abandon.

Hier, CATHULU , oh joie, émet un avis qui aurait tendance à se rapprocher du mien. Ouf, je me sens moins seule ! Je replonge donc dans le chapitre neuf, bien décidée à régler leur compte aux quelques soixante-dix pages restantes, avec le secret espoir que la fin saura enfin me faire apprécier ce pétage de plomb abracadabrantesque.
Et alors là, c'est tellement énorme que je suis morte de rire.
Pour garder l'effet de surprise, je ne peux guère en dire plus, si ce n'est que dans le genre pas crédible pour deux sous, on ne fait pas mieux. Franchement, la chute est à la hauteur du reste. Du grand n'importe quoi.
Contrairement à Cathulu, je n'ai pas réussi à entrer dans l'intensité dramatique de ce déchaînement qui va pourtant crescendo, tout simplement parce qu'on n'y croit pas. Cet homme aux abois, ce couple parfait, cette petite société de quadras embourgeoisés n'ont pas réussi à me faire compatir à leur triste sort. Mais SURTOUT, la logique des bons sentiments qui motive le héros à s'embarquer dans ce jeu de massacre, laisse plutôt à désirer côté crédibilité et véracité.

Je ne doute pas que le film soit d'un autre niveau, Jean Becker et Albert Dupontel réunis ne pouvant donner naissance à un navet. Et Dupontel est ABSOLUMENT taillé pour ce genre de tableau. Mais que fait-il, sur la couverture du livre, au bord de ce magnifique rivage, alors que le roman navigue entre Yvelines et Paris ?
Je ne le saurai jamais car j'ai perdu l'envie de voir ce film.

A lire vraiment si vous avez deux heures à tuer et rien d'autre sous la main...

Deux jours à tuer     François d'Epenoux     Editions Le Livre de Poche

anniv_17

Posté par Moustafette à 08:30 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 16 mai 2008

Céphalées

situ_sm

Décidément, ce pays va mal,
très mal.
Confirmation ICI

Posté par Moustafette à 16:54 - CARAVANSERAIL - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nihilisme américain

9782757806470Pour savoir de quoi il retourne, je vous renvoie à ce très bon article qui m'avait fait noter ce livre et tenter de lutter mollement contre mon allergie étatsunienne.
CATHULU et SERIAL LECTEUR ayant également apprécié l'ouvrage, je l'avais donc surligné.

Quant à moi, me direz-vous, qu'en ai-je pensé, mis à part le fait que je ne pouvais rater une telle couverture ?
Eh bien, ni envoûtement enthousiaste, ni rejet excessif, juste une grande vague dépressive qui m'a saisie dès le début, agrémentée d'une pointe d'ennui surgie au trois quarts du livre. Cependant, je suis allée jusqu'au bout.
Rien d'étonnant donc à tout cela, les Etats-Unis ayant la fâcheuse habitude d'éveiller en moi ces sentiments. Ma culture littéraire américaine s'étant tarie avec la disparition de Kérouac, c'est peu dire...
Roman noir à souhait, mais comment pourrait-il en être autrement , je vous invite donc à me pas suivre mon exemple, et à apprécier ce livre à sa juste valeur.

La vie secrète de E. Robert Pendleton     Michael Collins     Editions Points Seuil

diplomes002

Posté par Moustafette à 10:42 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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