vendredi 25 avril 2008
Dernière Manche
Une première partie composée de portraits. Quelques uns des personnages qui ont vécu, aimé, souffert, pris du plaisir dans quatre maisons. Les Mouettes, Bellevue, Les Huguenans, Saint-Désir, quatre maisons posées à Saint-Contest, dans un décor de rêve, face à la Manche, sur une falaise inéxorablement grignotée par la mer, le vent, les tempêtes et la montée des eaux. Trois maisons dont il ne reste quasiment rien, et une dernière qui résiste, tout comme Eliane, sa propriétaire.
Une deuxième partie, où l'on retrouve Eliane venue pour un dernier séjour. Eliane, à qui Brigitte, qui était enfant à l'heure de gloire de Saint-Contest, rend visite et va recueillir, et devenir, la mémoire de ce microcosme, ses joies et ses drames, ses apparences et ses zones d'ombre, ses espoirs et ses déceptions.
Entre vérités et mensonges, Eliane farfouille au fond de sa mémoire, parfois vacillante, afin de déposer une page de vie auprès de la dernière survivante. Eliane et Brigitte, qu'un événement a liées à jamais. Pour que tout cela ne soit pas vain, effacé, balayé par le temps qui ronge les êtres et les choses. Et il y a urgence, la nature reprend toujours ses droits.
"J'ai défait mes valises sans me presser, la fenêtre grande ouverte sur la mer qui montait, l'été se présentait comme avant, plage de temps et de sable également uniformes, les jours de la semaine perdant leur couleur propre, celles qu'ils ont toujours eues pour moi - j'ai encore du mal aujourd'hui à admettre l'ignorance des autres, même si j'ai fini par découvrir que pour moi seule le lundi est bleu-gris, le mardi vert-bouteille, le mercredi rose, vieux rose, le jeudi rouge, le vendredi bleu vif, le samedi doré et le dimanche tout blanc. (...) Sans doute, à l'origine de ces associations, y a-t-il mon premier cahier de textes, ses languettes détachables aux tons tranchés, mais plus que la teinte, c'est l'intensité qui compte et détermine ma perception : le lundi, transitoire, conserve la faible luminosité du dimanche, vide, éteint; le mardi s'assombrit, le mercredi forme une bulle gaie, irisée, le jeudi déjà la chaleur du samedi le réchauffe, le vendredi n'a pas du tout la même couleur mais reste aussi soutenu, préparant les éclats du samedi. Sauf pendant les vacances."
Un titre trompeur, les finitudes ne sont jamais joyeuses.
L'auteur du "Colloque sentimental", réveille à merveille les ambiances de vacances des bords de mer, laissant son lecteur s'envelopper dans le drapé nostalgique et poisseux du passé, porté par le vent du large et corrodé par l'air salin.
Happy End Julie Wolkenstein Editions Folio
Commentaires
J'avais bien aimé "Colloque sentimental", je crois que je peux me laisser tenter par ce nouveau titre !
Dans mon village natal il y a pas mal de maisons de ce style, construites en bord de mer au début du siècle. Elles m'ont toujours fait rêvée...Je me demandais qui avait bien pu y habiter, quelles histoires elles cachaient.
Je note ! Bon week-end Mous !
des maisons, un billet tentateur en poche en plus, je NOTE!!!
Moi aussi je note... j'aime bien ces histoires empreintes de nostalgie!
Bon dimanche
Un bonjour d'une nouvelle qui vient de découvrir ton blog, fais attention aux cactus ça pique
J'aime ces histoires de maisons.
Je ne connais pas cette auteure: je m'empresse de la noter.
@Gachucha,je suis comme toi et j'aimerais bien découvrir d'autres titres encore de cette Julie Wolkenstein !
@Sylire,oui ça fait toujours rêver. J'espère que contrairement à celles du livres, elles sont tjs debouts !
@Belle,Cathulu,j'espère que vous ne serez pas déçues.
@Karine,pour la nostalgie tu es à la bonne adresse, j'en ai des tonnes en stock ! je crains même parfois de lasser...
@Anne,les deux romans cités sont bien,mais surtout ne te fie pas au titre de celui-ci,c'est vraiment pas gai !
Je note mais pour plus tard!! J'ai besoin de léger même si je n'arrive pas à m'y plonger!
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