vendredi 29 février 2008
Marthe à l'ombre !
Un beau matin, alors qu'elle cogite assise sur son poste de télévision, Marthe décide de changer de vie.
Ni une ni deux, elle saute dans un TGV afin d'aller annoncer la bonne nouvelle à son père.
Outre la décision de tout larguer (travail, appart, amant), Marthe décrète que dorénavant elle ne fera plus que ce qu'elle veut.
Jusque là donc, presque rien d'anormal...
Si ce n'est que Marthe a un curieux rapport à son corps et au monde.
Alors, quoi de mieux qu'un train bloqué des heures au milieu de nulle part pour commencer à mettre en pratique ses nouveaux principes. Tel une entomologiste, Marthe peut alors observer à la loupe le microcosme voyageur. D'accord, sa focale est un brin originale et la demoiselle, d'emblée, ne passe pas inaperçue. Non seulement elle devient la bête noire du contrôleur, mais ses façons d'être vont aussi en surprendre plus d'un.
Quand l'événement est médiatisé, Marthe n'est pas loin d'atteindre son heure de gloire, et lorsqu'on on sait que le nul part en question s'appelle Mourron... il y a vraiment de quoi s'en faire !
Hélas, les trains qui arrivent en retard chamboulent parfois l'ordre des choses. Marthe en fera l'expérience.
"Je nous regarde; nous formons un liseré de vie, une couture humaine surfilée à grands points sur le pont détruit. Devant une mer évaporée, nous composons une broderie de bestioles échouées, déposées en serpentin sur une digue abandonnée; la marée s'est définitivement retirée."
Voilà quelques semaines que je tournais autour de ce livre à la couverture loufoque et poétique. Les pages qu'elle protège le sont tout autant, et il en va de même pour l'esprit de Marthe.
On comprend vite qu'elle appartient à ces têtes étoilées qui peinent à trouver leur place dans notre réalité.
Si Marthe est à la fois, agaçante, rigolote, futile, pathétique, elle est surtout touchante et émouvante. Touchante dans ses tentatives maladroites d'échanges avec ce genre humain que l'on qualifie de normal, et émouvante face à cette liberté nouvellement acquise qui l'emporte avec îvresse vers les autres.
Comme tout le monde, Marthe ne demande qu'une chose, un peu d'amour et de reconnaissance.
J'ai une tendresse particulière pour ces être fragiles qui arpentent la vie en funambules et conjuguent le monde comme un jeu dont les règles oscillent entre logique des rêves et cruauté des cauchemars. Marthe fait partie de ces gens.
Un premier roman hors des sentiers battus pour nous conter la difficulté du papillon à s'extraire de sa chrysalide.
Chanson pour bestioles Cécile Reyboz Editions Actes Sud

mardi 26 février 2008
L'effet Breizh
Le livre de Sylire est venu apporter chez moi ses odeurs de varech et de sarrazin mêlés.
Et pour que je sois bien dans l'ambiance, il pleut et vente...
Mais je m'en fiche car je suis au coin du feu, à relire quelques pages avant d'écrire ce billet et à rêvasser qu'un jour, peut-être, j'habiterai en Bretagne.
En attendant, ce recueil met en appétit.
Une quinzaine de nouvelles qui nous plonge dans les aspects divers et variés de cette terre et de ses habitants.
J'ai été particulièrement séduite par "Les bonnes" et "Comment ne pas perdre la tête".
La première nous conte l'histoire de trois soeurs qui, chacune à leur tour, iront faire la bonne chez les bourgeois. Un texte simple pour dire la réalité d'une époque et de femmes résignées.
La seconde est l'histoire d'un rendez-vous manqué à Notre-Dame de Grainfollet au début du siècle dernier. Mais la Bretagne semble pouvoir faire des miracles, Madelon en fera l'expérience quelques soixante ans après. Un récit plein de nostalgie sur l'air de la chanson de Lucienne Delyle "Mon amant de Saint-Jean".
"Et, pareils à des cordes volantes, des sentiments dont ils ne soupçonnaient pas l'existence ont débordé de leur corps pour aller s'emmêler, faire des boucles, faire des noeuds, se nouer et se dénouer dans le coeur bouillant du feu de la Saint-Jean."
KATELL et LE BIBLIOMANE l'ont lu, ainsi que bien d'autres.
ELFE également, et en plus elle nous offre une belle surprise.
Et merci à SYLIRE pour ce prêt et les photos de son Finistère.
Elle fait des galettes, c'est toute sa vie Karine Fougeray Editions Pocket

MERCI AXEL !
Qui, en échange de quelques petits cochons,
m'a envoyé des douceurs emballées de rôôôôse
ainsi qu'une chouette carte jeu
(j'ai trouvé la réponse, ouf!).
Le papier-balle fera le bonheur des matous
et le chocolat le mien.
Mais le tout est bien gardé...
Bises à vous deux !
dimanche 24 février 2008
Fantaisie pédopsy !
Je ne sais pas ce qui m'a pris d'acheter ce livre.
J'achète rarement des poches dans les éditions "J'ai lu".
Je n'aime pas cette couverture.
Je donne peu dans le genre "paranormal".
J'ai trois kilomètres de pal qui m'attendent.
Une fois commencée la lecture, j'ai lu ce roman d'une traite.
C'est pas d'une écriture renversante, mais comme pour tous ces livres dont l'on sait bien que "ça ne se peut pas", si l'intrigue est bien menée et originale, et bien, on s'assoit sur ces invraisemblances et on tourne les pages sans s'arrêter, surtout si on est en vacances et qu'on peut lire jusqu'à trois du mat !
Evidemment, j'ai surtout apprécié les séances du petit héros chez son psy. C'est drôle et très juste.
L'auteur rend à merveille ce petit truc qui fait que les enfants prennent au pied de la lettre les propos des adultes,vous en livrent une interprétation parfois très fantaisiste, ou s'en font tout un film qui, la plupart du temps, n'a strictement rien à voir avec la réalité. Sauf que des fois...
"Maman m'a détesté avant de m'aimer à cause du premier accident. Celui de ma naissance. Ca s'est passé comme pour l'empereur Jules César. Ils enfoncent un couteau dans la dame jusqu'à ce que son ventre éclate et puis ils te sortent de là, tout hurlant et couvert de sang. Ils croyaient que je n'arriverais pas à sortir normalement."
Louis Drax, enfant précoce de neuf ans à l'imagination fertile, a une facheuse tendance aux accidents. Le jour de son anniversaire, lors d'un pique-nique avec ses parents, il tombe dans un ravin. Malgré la réanimation, force est de constater qu'il ne répond plus; il est déclaré mort. Mais quelques heures plus tard, il se réveille à la morgue, avant de sombrer dans le coma.
Une enquêtrice et un médecin vont se pencher sur son cas.
Des choses de plus en plus bizarres vont se produire...
Voilà, ça mange pas de pain de se laisser prendre par cette histoire abracadabrante, au rythme enlevé et qui se lit comme un polar.
Les critiques parlent de best-seller et un film est en préparation.
FLORINETTE l'a aussi lu.
La neuvième vie de Louis Drax Liz Jensen Editions J'ai lu
Réponse
A Cathe, dont j'ai lu le com hier après-midi en faisant ma pause clope-thé glacé, et qui se demandait : "mais où sont les chats ?"
Bonne question. J'ai fait mon tour d'inspection; la réponse en image.
Voilà, pendant que je trimais, les vieux faisaient la sieste ...
Jules et Nougatine squattaient la mezzanine, Alibaba bullait sur la terrasse.
Seul, Patchouli me soutenait à minina.
Il profitait du jardin des voisins, et de temps en temps surveillait le feu.
Mais comme tout grand fauve qui se respecte, dès que ça flambait
il a eu vite fait de repartir à ses rêveries ...
Et à 20h, tout le monde de s'étonner que la bouffe n'était pas prête !
QUEL SCANDALE !!!
samedi 23 février 2008
Dommage !

C'est à Paris que ça se passe !
Mais pour le plaisir des yeux, je ne résiste pas
à mettre cette belle affiche dans le Souk.
Merci NAINA pour le lien
Le programme est ICI
vendredi 22 février 2008
Au jardin
Des jonquilles du jardin pour vous souhaiter un bon week-end
Et des jolies fleurs de cognassier du Japon
que je guette avec impatience tous les ans
2ème journée au jardin.
Je taille, je ramasse, je brûle,
je taille, je ramasse, je brûle !
C'est pas original, ça fait mal au dos,
mais c'est drôlement bon de s'y remettre.
jeudi 21 février 2008
Amers ricains...
Six nouvelles écrites entre 1997 et 2002.
Et un contexte particulier, puisque nous sommes dans le nord de l'Afghanistan peu après le départ des Talibans, et dans les républiques d'Asie centrale récemment libérées du joug soviétique.
Nous suivons respectivement les tribulations de photographes de guerre plutôt mal en point, une scientifique venue au secours de la mer d'Aral, un couple de treackers, le fils d'un ambassadeur, des humanitaires tourmentés.
Premier point commun, tous ces personnages sont américains...
Voilà de quoi éclairer, déjà, l'angle sous lequel l'auteur va aborder la rencontre d'univers forcément aux antipodes les uns des autres.
J'ai été assez sensible à la première nouvelle "Défi à la mort", qui nous plonge dans le chaos politique afghan de l'après 11 septembre 2001 et dans la complexité des relations entre petits chefs de guerre et forces US agissant en sous-main des autorités officielles. Entre les deux, que pèse l'existence de civils et les codes habituels peuvent-ils encore régir les rapports humains ? Un récit réaliste et de beaux portraits.
Savoir-faire et négociations KGB-ONU à la sauce ouzbeke, dans "Aral". Désastre écologique et conséquences.
Crise conjugale lors d'un treacking dans les montagnes kazakhes, sous l'oeil imperturbable de Viktor, ancien combattant de la guerre soviétique en Afghanistan reconverti en guide touristique. Désenchantement et ironie !
"Sa critique de l'individualisme bourgeois ne l'avait pas préparé à de tels événements, de même que rien n'avait préparé les Américains à ce qu'un jour ils le paient pour veiller sur leurs loisirs."
"Le fils de l'amabassadeur" et "Dieu vit à St Pétersbourg" nous livrent une caricature d'expatriés, de milieux sociaux bien différents mais tout aussi désabusés les uns que les autres, imbus de leur supériorité, voire de leur impunité, et de leurs certitudes. Turpides sexuelles sur fond de désoeuvrement alcoolisé ou d'évangélisation !
Et dans quel état d'esprit revient-on au pays après plusieurs mois passés au Kirghizstan ? C'est ce à quoi ce confronte le héros de la dernière nouvelle "Les animaux de notre vie".
L'auteur, sans complaisance pour ses compatriotes, dresse un tableau plutôt désespéré de ces êtres en exil venus fuir on ne sait quoi. L'éloignement aidant et l'immersion dans un monde où les repères habituels n'ont plus cours, rien de mieux pour se révéler à soi-même.
Derrière la fiction, on sent le vécu. L'auteur est parti, à 23 ans, enseigner l'anglais dans ces territoires lointains. Il a été rapatrié au bout de huit mois, suite à des problèmes de santé et des désordres psychiques. Il participe ensuite à différentes missions des Peace Corps en Afghanistan et en Irak.
En filigramme, Tom Bissell pose la seule et unique question : qu'est-ce que les Etats-Unis sont venus foutre là, et de quel droit ?
"Parce qu'il était américain, Misterrr Timothy avait raison même quand il avait tort."
Dieu vit à Saint-Pétersbourg Tom Bissell Editions Albin Michel
mardi 19 février 2008
Bas les masques !
Dans la famille "Tout dans l'apparence", je voudrais... Personne !
C'est la première idée qui me vient en refermant ce livre.
En ce jour anniversaire du patriarche, on a droit à une belle brochette de personnages, puisque toute la tribu est réunie avec femmes et enfants, masques et colifichets Prada, complexes et vanités, rancoeurs et regrets.
Un ange trublion passe, Gabriel, très vieil ami de la famille, et dépose son cadeau enrubanné de mauvais augure.
On prend les mêmes moins un, le patriarche, et on recommence une semaine plus tard pour la grande comédie des funérailles. Les masques tombent, les complexes s'exposent, les vanités se ravalent, les rancoeurs se dévoilent mais les regrets restent.
Mais point de jeu de massacre, non, car chez ces gens-là on cause pas, on compte, et chacun de se confesser dans son coin, avare de partager ses émotions, de protéger ses vérités. C'est moins dangeureux de parler au mort, plutôt qu'aux vivants...
"Puis, gravissant le perron, traversant le hall, je suis entré dans le salon, comme quelques jours auparavant, où je les ai tous retrouvés, mais dans une configuration différente, comme une cellule dont les atomes auraient été mélangés, dans une répartition anarchique des plus et des moins, des noirs et des blancs.
Oui, c'est exactement cela que j'ai ressenti en les voyant, l'anarchie, le désordre, le renversement des valeurs, comme si l'unité et l'harmonie de ta famille avaient disparu en même temps que toi, parce que tu en étais le garant."
Un récit canon, à huit voix, qui apportent chacune leur tour une pièce supplémentaire à ce puzzle double-face. Celui qui inaugure le jeu, en posant la première pierre, détient aussi le pouvoir de faire voler le tout en éclats en tirant prématurément sa révérence.
Bref, une famille pas très sympathique, mais à laquelle, grâce aux dernières pages, j'abandonne tout de même un peu de compassion, et tous mes respects au patriarche...
Roman de la maîtrise, il en va de même pour le style et l'écriture de l'auteur, masculine, concise et pragmatique, sans bavure.
Un grand merci à SOPHIE qui n'a pas craint de faire traverser les mers à ce livre, afin de me faire découvrir son auteur. Je lorgne déjà sur son précédent !
L'avis de TAMARA et de FLO
Le blog du livre ICI
De manière à connaître le jour et l'heure Nicolas Cauchy Editions R. Laffont

lundi 18 février 2008
Potins d'hiver
Bon, BELLESAHI et NAINA, je m'y colle, mais c'est bien parce que c'est vous !!! Et désolée d'avoir un peu tardé à vous livrer ces fracassantes confidences...
* Je ne me plie jamais complètement aux réglements, c'est un principe.
* J'adore la cuisine épicée.
* Excepté dans les concerts et les manifs, je déteste la foule.
* Je peux passer des heures à regarder dans les kaléidoscopes, les microscopes, les téléscopes etc...
* Je n'ai pas de portable, je n'aime pas téléphoner et les serveurs vocaux me mettent en rage.
* Je fume.










