jeudi 31 janvier 2008
Maison !
Il est rentré !
Et c'est avec plaisir que j'ai trouvé les petites miettes
que vous avez laissées entre les pages...
La Pyrénéenne a croqué la dernière bouchée
et m'a renvoyé le chouchou
accompagné d'une jolie carte aux parfums de souk.
Merci à toi !
Vous pouvez voir tout cela de plus près dans l'album photo
en bas à gauche.
Et lire ou relire leurs critiques et quelques autres
VAL , CATHULU , BELLESAHI , ELFE , TAMARA , CHATPERLIPOPETTE ,
LE BIBLIOMANE , YUEYIN , ANNE , BLADELOR , FLORINETTE , LA PYRENEENE
mercredi 30 janvier 2008
Vous en fichez-vous ?
Afin de lutter contre la généralisation des fichiers informatiques et pour demander notamment l'arrêt de l'expérimentation de la "base élèves" qui porte atteinte à la vie privée des enfants et de leurs parents, la Ligue des Droits de l'Homme, en association avec d'autres organisations, lance une pétition que vous pouvez consulter et signer ICI.
mardi 29 janvier 2008
Cordes raides...
Lorsque nous faisons connaissance avec le narrateur, Aldo est devenu un célèbre violoniste. Il partage la vie de Rose depuis vingt-cinq ans, femme plus âgée et luthière de son état.
Au matin d'un grand concert, il entre en possession d'un récit écrit par Anna, sa mère, quelques temps avant son suicide. Récit d'enfance puis de la vie qu'elle a menée, seule d'abord, puis sous la protection de Marguerite qui dirigeait la pension de famille du même nom où elle vécut et travailla.
C'est aussi là qu'elle rencontre il grande Cagliostro, ventriloque et artiste de cabaret, régulièrement de passage à Paris et dont elle aura un enfant, Aldo.
Avant de disparaître définitivement, cet homme transmet son art à Anna, et celle-ci aura l'idée géniale de faire appel à cette voix venue du ventre afin de continuer à faire exister ce père absent, cet homme follement aimé. Le temps passant, Aldo grandit entouré de l'affection et de l'attention de tous les pensionnaires. L'un d'eux, Monsieur Zoltan, vieil Hongrois en exil, initiera Aldo au violon.
"La perspective des applaudissements du soir calma son irritation. Ils allaient l'apaiser, il le savait. L'isoler, le protéger. Leur évocation le plongea dans le souvenir de la Pension Marguerite, lorsque tout le monde se disputait son affection. Il avait eu de la chance. Une enfance de petit roi. L'image lui parut à la fois juste et saugrenue. Il esquissa un sourire et secoua la tête dans un geste de dérision."
Au fil de la lecture des feuillets maternels, on suit les tourments du violoniste tout au long de cette journée qui se clôture par le concert. Entre reviviscence des souvenirs, répétition, lecture des critiques, interview, confession, appels au secours lancés à sa femme et pour finir, levée d'inhibition libérant enfin l'artiste du carcan technique dans lequel sa musique s'est enfermée, au détriment de l'émotion et de la sensibilité, eh bien on n'est pas fâché que la journée se termine !
Histoire de voix et de confusions identitaires, livre de la honte et de la culpabilité, il s'agit avant tout d'un récit bourré de clins d'oeil symboliques qui ravira les passionnés de psychanalyse.
Peut-être un peu trop réducteur et caricatural, il reste cependant une analyse juste du plus vieux fantasme du monde.
J'ai aimé ce livre sans plus. Point de dégoût, mais pas d'émotion non plus, ni de compassion.
Serais-je devenue insensible aux affres de la création et aux états d'âme narcissiques des artistes ?
A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une petite indigestion passagère suite à un abus de substances dangeureuses pour le moral, la misère et la souffrance humaines...
Je ne sais pas ce que je vais lire ce soir !
L'avis de BELLESAHI
La Pension Marguerite Metin Arditi Editions Actes Sud Babel
dimanche 27 janvier 2008
A votre kirghiz !
Seït a treize ans en 1943, et il se souviendra longtemps de cet été là.
Tous ses frères sont partis défendre la Patrie. Si le nomadisme des tribus d'Asie centrale a cessé depuis déjà quelques années, les familles vivent encore selon les lois ancestrales.
C'est en qualité d'unique fils resté auprès des siens, qu'il se retrouve à veiller sur Djamilia, la très jeune et rebelle épouse de son frère aîné.
En ces années de guerre, il faut atteindre le plan drastique décrété par les soviets afin de nourrir les troupes. Femmes et enfants travaillent au kolkhoze, ainsi que les soldats convalescents revenus au village.
C'est ainsi que Seït et Djamilia font connaissance et équipe avec Danïiar, jeune Kazakh solitaire, rêveur, taciturne et encore tourmenté par les années passées au front.
Seït, à peine sorti de l'enfance, a dû arrêter l'école et la peinture pour laquelle il montre de grandes dispositions. Veillant jalousement sur Djamilia, Seït n'en est pas moins fasciné par Danïiar, son mystère et sa voix envoûtante.
Sous les yeux de l'adolescent qu'il devient, et dans le décor somptueux qu'offrent les montagnes kirghiz et la plaine kazakh, il va être l'unique témoin et complice de la relation qui se noue entre ses deux compagnons de labeur.
Débordé par les émotions et les sentiments qui l'agitent mais qu'il ne sait identifier et encore moins nommer, la nature et le dessin seront ses seules voies de salut.
"Là-bas, au-delà de la rivière, quelque part au bord de la steppe kazakh, comme la bouche d'un tandyr (four) brûlant, flambait langoureusement le soleil vespéral de la moisson. Il s'enfonça lentement derrière l'horizon, trempant d'une lueur d'incendie de petits nuages friables sur le ciel et jetant ses derniers miroitements sur la steppe mauve, déjà couverte en ses bas-fonds par le bleu de ténèbres précoces."
J'ai eu un coup de foudre pour cette longue nouvelle et pour Seït, son jeune narrateur.
Outre l'aspect historique et ethnologique, cette balade en Asie centrale est un hommage vibrant à la terre.
Seït y ancre sa fierté de petit homme, mais la beauté brute des éléments et les parfums portés par les vents brûlants de la steppe lui permettront aussi de s'aventurer dans des territoires plus intimes.
Ce gamin est craquant de naïveté et c'est avec tendresse qu'on l'accompagne jusqu'à la découverte du sentiment amoureux. Sur le chemin du grandir, on n'a pas envie de lui lâcher la main, mais pourtant il faudra bien.
Grâce à ses couleurs et ses pinceaux, il trouvera seul la ressource de transformer sa souffrance.
C'est ce qu'on appelle l'art, et il vient de le rencontrer...
Pour ARAGON, qui a participé à la traduction et en signe la jolie préface, "c'est la plus belle histoire d'amour du monde".
Je ne suis pas loin de penser de même. C'est aussi un très beau portrait de femme libre. Et cette lecture fait un bien fou après les méandres nombrilistes dans lesquels je me suis fourvoyée il y a peu... C'est tout ce qu'il me fallait pour me purifier l'esprit !
Un petit tour au Kirghizstan ? C'est ICI et vous en saurez plus aussi sur cet auteur.
Djamilia Tchinghiz Aïtmatov Editions Folio
vendredi 25 janvier 2008
Et puisque...
c'est mon jour de bonté, je ne résiste pas à partager ce petit florilège.
Qu'elles sont sympathiques ces images que l'on donne de notre monarque.
On a pas l'air con...
Si quelqu'un a des infos similaires venant d'Inde, qu'il n'hésite surtout pas !
A lire ICI
AJOUT: Si déjà la honte avait pu vous effleurer à la lecture de l'image que notre petit monarque donne de notre pays (moi je me sentais plutôt bête d'être représentée par ce fat personnage), mais que dire de CELLE-CI .
Ce que raconte cette femme est effrayant, le mot est faible,.
Je suis scandalisée par cette violence et par LE SILENCE qui, une fois de plus, n'honore pas la presse française, alors qu'en Espagne cette affaire a été extrêmement médiatisée.
A choisir, je préfère encore avoir l'air con face aux frasques du nabot, mais là outre la honte, j'ai vraiment le dégoût au bord des lèvres.
Merci à ces deux femmes qui parlent pour toutes celles et ceux qui se taisent.
C'est la police qu'on devrait nettoyer au karcher.
Comment nomme-t-on déjà un pays où l'on craint de croiser "les forces de l'ordre", même quand on est en règle ?
Egotite aiguë
Euh là... je ne sais que dire.
Une chose est sûre, j'ai été prodigieusement agacée par ce bobo (j'aime pas les bobos, surtout ceux de l'île de Ré) narcissique et manipulateur à la personnalité limite et qui nous exhibe ses histoires de cul qu'il confond avec des histoires de coeur et qui, du coup, n'ont qu'un intérêt très limité.
La maestria avec laquelle cet homme instrumentalise son entourage, y compris ses lecteurs, me laisse un goût amer, celui de m'être faite moi-même piégée.
Et sa louable honnêteté est tout autant insupportable.
Je passe de la colère à la déception (mais de quel droit ?), de la déception à une approche psychanalytique qui ravive mon agacement face à cet exhibitionnisme aux relents incestuels (pas incestueux, nuance), tout en me faisant applaudir des deux mains le talent qui fait se lier et se mêler l'intime et le réel, la banalité et le drame, le conventionnel et la transgression.
Toutes ces tergiversations m'épuisent !
Ce billet sera peut-être éphémère. Je laisse décanter et y reviendrai, enfin vraiment peut-être...
Des avis plus ou moins convergents, celui du BIBLIOMANE , celui de KATELL , celui de SYLIRE .
Un roman russe Emmanuel Carrère Editions P.O.L
jeudi 24 janvier 2008
Willy Ronis (1938)
mardi 22 janvier 2008
P M D *
Pour Mère Défaillante,
Ou comment un simple acte notarié fait rebrousser chemin à la mémoire et parcourir des sentiers où l'enfance peut craindre de se perdre à jamais, risque d'autant plus grand quand on a une mère psychiquement malade mais que personne ne vous le dit.
Afin de signer une donation de leur vivant, un couple et ses deux filles adultes se retrouvent devant notaire, mot, dailleurs, qui à lui seul en dit long sur l'histoire ! Pour la narratrice, une des filles, c'est l'occasion de conjuguer le verbe "hériter" et de décliner les mots don, abandon, pardon.
Elle sait dire l'insécurité et le mystère qui entoure les fréquents séjours en maison de repos, la fragilité du sentiment de vie face aux sautes d'humeur et à la raison qui vacille, la culpabilité devant l'impuissance à aider cette mère imprévisible et l'effacement de soi afin de ne pas accabler davantage un père désemparé.
Quel ressenti éprouve l'enfant lorsqu'il constate qu'un jardin ou de vieux meubles, bien mieux que les relations familiales, comblent une mère qui sait alors trouver les mots pour dire son attachement et les gestes pour prendre soin des arbres ou de quelque commode, mais reste en apparence insensible à la présence des vivants ?
"La version de Papa était toujours la même: "Votre mère est une personnalité haute en couleur. Elle a, comme tout le monde, des hauts et des bas, mais comme c'est une Italienne, les hauts sont plus hauts et les bas plus bas..." Stop, c'était fini, ça s'arrêtait là. Il n'aimait guère parler en général. C'était un méditatif, un silencieux. Au fil du temps, il s'effaçait peu à peu lui aussi."
L'auteur aime les mots justes, en joue souvent avec humour et s'en délecte. Un point à l'endroit, un point à l'envers, passé et présent se répondent pour tisser un récit à la trame sensible et pudique, mais également d'une grande justesse clinique. Avec en arrière-fond, la crainte d'avoir reçu et, peut-être celle aussi, de transmettre ce petit gène qui fait la différence.
Entre réalité matérielle et inscription dans la chaînes des générations, la symbolique de la donation s'inscrit ici comme un révélateur. Celui d'un acte enfin posé par une mère qui n'a pas encore dit son dernier mot...
"Je me suis dit qu'en effet, nue-propriétaire ça n'était pas si mal. On a et on n'a rien. "Tout ce qu'on a , c'est ce qu'on n'a pas." Et rien n'empêche de bâtir sur ce manque, comme dans la vie. Finalement, cette métaphore me convient, ai-je pensé. Je la garde..."
* Ces trois lettres furent, dans un temps pas si lointain, signe d'un funeste diagnostic.
Depuis l'avènement du dsm IV, la bible de la psychiatrie américaine qui tend à classifier l'esprit humain et ses dérives via des grilles de symptômes, on parle de troubles bi-polaires; ça fait moins peur que Psychose Maniaco-Dépressive. C'est une pathologie caractérisée par une alternance de phases d'exaltation, d'agitation, et de périodes d'abattement, de dépression.
Funeste diagnostic car qui dit PMD, dit traitement à vie, avec les inévitables et désagréables effets secondaires des médicaments.
Autre inconvénient majeur, le caractère héréditaire de cette maladie.
La donation Florence Noiville Editions Stock
samedi 19 janvier 2008
Sacré frangin !
Le 15 mars 1705 naît en la République de Genève, François Rousseau.
Isaac Rousseau, le père, s'enfuit dès le lendemain vers Constantinople où il exerce sa profession d'horloger.
L'histoire pourrait s'arrêter là si ce n'est que six ans plus tard, ce cher homme réapparaît et offre à ce fils qu'il ne connait pas, un petit frère qu'on appela Jean-Jacques.
Un malheur n'arrivant jamais seul, Suzanne Rousseau décède des suites de ses couches, laissant seul Isaac qui n'a pas d'autre choix que d'assumer enfin sa double paternité.
Ainsi commence l'autobiographie imaginaire du frère du célèbre Jean-Jacques Rousseau.
Attachement oblige, Isaac Rousseau concentre son attention sur son dernier né, délaissant ce pauvre François. A lui de se trouver d'autres figures paternelles sur lesquelles s'appuyer et parfaire son éducation.
Très tôt, François prend la poudre d'escampette. Il a la chance de croiser Maximin de Saint-Fonds qui le prend sous son aile et l'instruit. Ce bourgeois genevois l'initie également aux choses de la vie et de la nature, armant ainsi solidement François qui, à dix-huit ans, se lance à la conquête de la France puis de sa capitale.
"L'officier de garde examina à peine cette pièce, et en un instant je fus dans Paris. Le soir commençait de s'annoncer. Un vent léger se leva, je reçus en plein visage l'haleine puissante de la ville. J'apprendrais bientôt que la puanteur de Paris était proverbiale; mais pour moi, qui avais toujours eu la passion des senteurs capiteuses, ce souffle lourd, méphitique, m'enivra: à l'entrée d'Enfert je m'arrêtai pour savourer ce fumet entêtant."
Sur un ton léger et dans un style fleuri très XVIIIe, c'est avec talent que l'auteur nous entraîne dans le monde du libertinage et dans le foisonnement intellectuel et politique du Siècle des Lumières. Pour le plus grand plaisir du lecteur, les sens et les idées se disputent le devant de la scène et donne au texte un fond de modernité dans lequel il fait bon se plonger en ces temps de quasi-monarchie...
De loin en loin, François règle ses comptes avec son illustre frère, mais c'est surtout le portrait d'un homme libre que nous offre là l'auteur, faisant montre d'une originalité bien différente de celle qu'il mit au service des nuages (voir La théories des nuages) mais toute aussi riche.
"Souvent la misère, la bêtise des Jacobins, la bienfaisance elle-même me lassaient. Je travaillais de moins en moins, et je me remis à arpenter les nuits de Paris. Elles avaient changé, elles aussi. La débauche avait perdu cet air de gaieté qu'elle avait prise après la révolution. L'abondance des gueux était décourageante; la disette poussait certains à brailler des chansons, d'autres à racler des violons discords, et des vieilleuses sans talent me faisaient grincer des dents. Même le costume des Parisiens se métamorphosait lentement: on tolérait encore les couleurs pour les femmes; mais les hommes ne portaient plus que du noir et marchaient avec un air farouche qui leur semblait romain. Les rues étaient infestées de ces prêtres de la nouvelle religion patriotique. La révolution avait eu des héros; elle se fabriqua des martyrs."
Une traversée historique et une lecture qui raviront les passionnés de plaisirs, de liberté, d'égalité et de fraternité !
PAPILLON et CATHE ont beaucoup aimé et vous le disent ICI
Fils unique Stéphane Audeguy Editions Folio

Isaac Rousseau
Collection JJ Monney
mercredi 16 janvier 2008
Des voeux caféinés ...
que je transmets à tous ceux et celles qui se sont régalés
en tournant les pages de
Et encore un grand merci Joëlle
pour cette délicieuse lecture !










