mardi 30 octobre 2007
Transsibérien 2ème
Jeannine Aubin est batelière dans le Nord de la France et en Belgique. Sa route va croiser celle du Russe Ivan Kirkov, marin au long cours. Une brève idylle de trois jours à l'hôtel Kuntz, un rendez-vous pris pour dans trois ans quand Ivan repassera par Dunkerque, et chacun reprend sa route. Trois ans plus tard, ils sont au rendez-vous, et cette seconde rencontre sera décisive pour la jeune femme.
Pour comprendre qui est et ce que fuit Ivan Kirkov, elle achète un aller-retour sur le Transsibérien Moscou-Vladivostok. Elle sait qu'il ne sera pas dans cet autre Finistère, mais elle veut rencontrer des gens qui lui parlent de lui, marcher dans les rues où ses pas ont cheminé, voir les quais d'où parfois il embarque et éprouver peut-être ce qui rend son homme si fragile et si rude à la fois.
"Sa tête tombe en avant et la réveille dans un basculement métallique. Où était-elle, tombée dans une Russie imaginaire fabriquée à partir de nouvelles de Tchékhov, de chapkas, de vodka, d'espaces froids, de militaires au visage boursoufflé, de belles femmes, d'une peur monumentale ? Dessine-moi une carte de Russie. L'URSS. Que s'est-il passé ?"
Ce roman est moins confortable et nostalgique que "Le canapé rouge", la vie des gens de mer y est sans doute pour quelque chose. Le récit adopte alternativement un ton syncopé et réaliste, des phrases courtes, des mots brefs qui claquent comme les roues sur les rails, et un rythme plus souple, parfois coloré et presque tendre. Dans l'entre-deux défile la Russie, suspendue entre passé et futur, et s'élaborent les sentiments.
Au terme du voyage, encore une femme qui connaîtra enfin sa destination.
Ce train a l'air d'avoir de sacrés effets, il semble agir comme un révélateur et je me demande si je ne vais pas aller de ce pas m'acheter un billet....
Le voyage à Vladivostok Emmelene Landon Editions Léo Scheer
dimanche 28 octobre 2007
Dimanche d'automne
et petit salon, artistique et littéraire, pépère en bord de mer.
L'invité d'honneur était Jean-Louis FOURNIER, que je n'ai jamais lu mais dont je connaissais un titre "Il a jamais tué personne mon papa". Je me serais bien offert son dernier ouvrage "Histoires pour distraire ma psy" ,
mais prudente, je n'avais sur moi que quelques kopecks et un seul chèque que je réservais à un autre auteur, répéré lors d'un premier round d'observation.
Il s'agit de JAUNAY CLAN qui, après s'être consacré à la poésie, publie son premier roman "Milosz ou L'idiot magnifique" chez L'Harmattan. Le personnage semblait décalé et aussi s'ennuyer ferme dans cette réunion du terroir ! J'ai aimé cet être un peu androgyne qui laissa s'échapper, en même temps que les quelques mots échangés, fêlures et tourments que l'on retrouve dans sa poésie. J'ai craqué aussi pour son recueil quand, en l'ouvrant au hasard, j'ai lu ceci :
"Il nous faudrait mourir d'une belle mort
contre un mur fusillé
fusillé mais debout
impassible et têtu
gueulant à tête nue
Vêtu d'apparat
suis poète et voleur
et voudrais bien mourir de cette belle mort"
Côté peinture, étaient exposées quelques oeuvres sombres, chaudes ou chamarées
de l'Oléronais Jean-Louis BONAMY
et de La Rochelle venait Evelyne PORTAL
Pour finir, une petite balade dans un crépuscule cotonneux

TERRE MER
CIEL ET BRUME
Eléments mêlés...
samedi 27 octobre 2007
Peur bleue
Imaginez, nous sommes en 2052. La Terre n'est plus la planète bleue, mais la Ville bleue, les nations sont devenues des districts, les villes des faubourgs, la Pensée Unique Totalitaire (P.U.T) a triomphé, les Zenbas (rappelez-vous, la France d'en bas...) ont remplacé les bobos, les sdf ont mystérieusement disparu laissant la place aux SDF, grands patrons itinérants sans bureaux fixes si ce n'est les suites somptueuses de grands hotels. Dans la Ville bleue, exit chômage et pauvreté, "le capitalisme conduisait à la gratuité tellement l'abondance était grande". Les normes ont remplacé les lois, rien ne se fait sans avocats ni psys, les logiciels régissent tout, puces et messages subliminaux sont omniprésents et tout se monnaie d'une simple empreinte de pouce.
C'est dans ce paradis cauchemardesque que vont se rencontrer deux êtres aux antipodes l'un de l'autre. Pierre-Paul, richissime et talentueux SDF, homme d'affaires trouble et père du mystérieux projet Amadeus, et Myriam, maquettiste de renom recrutée pour l'assister et qui, tout en en profitant, regarde ce monde d'un air sceptique et n'hésite pas, à l'occasion, à se ressourcer dans la prière.
Le projet Amadeus serait-il un nouvel outil préparant la LDP (Lecture De la Pensée) ? Quels liens Pierre-Louis entretient-il avec Les Saigneurs, ces dirigeants de La Ville que personne ne connait et sur lesquels courent toutes les rumeurs ?
Quand Amadeus et LPD se transforment en Antéchrist, j'ai refermé définitivement ce catalogue de tous les poncifs. Le libéralisme, surtout lorsqu'il est mâtiné de morale catholique, n'est pas si terrible que ça ! Car bien sûr, qui sauvera le monde si ce n'est le Bon Dieu, évidemment...
Amen... ez-moi un autre livre, vite !
La luxure régnait sur la ville Michel de Poncins Editions F-X de Guibert
et la ville était bleue

Terre nordique
Après être passées par chez GACHUCHA
KATARINA MAZETTI
et
les Editions GAÏA
sont venues se poser quelques heures
par chez moi pour un échange très chaleureux
J'ai beaucoup apprécié la simplicité de cette femme et la belle complicité qu'elle entretient avec sa traductrice et son éditrice. De son accent rocailleux, elle nous a parlé de sa grand-mère militante pour les droits des femmes, d'un ex-mari fermier, de son fils étudiant et de sa propre méfiance vis à vis de la sentimentalité, d'où le ton ironique qu'elle aime adopter pour nous raconter des histoires d'amour !
Armée de son stylo et d'un petit apéro local, elle s'est livrée à la rituelle séance de dédicaces au milieu des livres, des marque-pages et autres babioles dont, vous pensez bien, j'ai rempli ma besace...
vendredi 26 octobre 2007
LITHERAPIE
A défaut de génie
ce qui peut enfin s'échapper de cette théière
c'est l'adresse du mystérieux destinaire de mon colis
http://ikastor.blogspot.com
que je remercie à mon tour pour son commentaire
laissé sur le message ci-dessous.
mardi 23 octobre 2007
A vos tasses ...
prêts, par-Thé !
C'est fait
Colis envoyé.
dimanche 21 octobre 2007
L'art de se perdre
Les étoiles ont toujours jalonné les errances de la narratrice.
Tout bébé, ses parents l'oublient déjà dans la nuit colorée d'une fête foraine. Le regard rivé au ciel, elle attend qu'un homme la sauve de l'hypothermie.
Plus tard, l'enfance l'entraîne sur les chemins buissonniers. Elle se perd, se retrouve. Lorsqu'elle ne court pas les bois et les champs, son esprit s'évade sur les grandes cartes de géographie accrochées au tableau noir ou dans les images du chocolat Poulain.
Adulte et jeune mère de famille, elle est de plus en plus souvent fantasque, voire étourdie, au point que son mari s'en inquiète et la décide à consulter. Le verdict sera sans appel. Une tumeur étoilée germe sous sa boîte cranienne.
"Le cerveau s'attriste. Il est dans la lune, prend la poudre d'escampette comme autrefois, rêve de lumières foraines, de constellations, de petites mûres sauvages...
Et le cerveau se suicide."
La narratrice ne tarde pas à tomber dans le coma, pour une ultime errance.
Inconsciente mais réceptive, la jeune femme travestit la réalité hospitalière et dérive dans un monde onirique. Elle navigue entre souvenirs récents et méandres du passé, elle revisite les siens, vivants ou disparus. Mais inexorablement, plus sa conscience s'enfonce, plus elle remonte vers les strates primitives de la mémoire, du côté des temps originaux, là où le refoulé ne fait plus loi, dans un labyrinthe où loin d'être seule, elle retrouve les empreintes d'êtres oubliés, personnages réels ou imaginaires qui l'aideront à apprivoiser l'inconnu pour finalement désapprendre à vivre.
"Un temps suspendu aux étoiles, déjà mortes. Des fils invisibles relient alors nos âmes aux mousquetons dans le ciel. Plus rien ne soudoie la nuit autour de moi.(...) Tout est calme, silencieux, engourdi de néant. La paire de ciseaux remisée dans la boîte à couture de la nymphe. Et la nymphe endormie. C'est terrible le silence du monde dans le jardin des hommes."
Une pincée de fantaisie, un grain de folie, quelques gouttes d'humour, un grand souffle d'onirisme. Recette magique et indispensable pour faire la nique au drame et clouer le bec à la faucheuse.
"Trois femmes en blancs m'enveloppent d'une cape de lumière. Il n'y a ni étoiles ni vent, et ça ne fait pas mal."
Les bois dormants Fabienne Juhel Editions du Rouergue
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Bio-dégradant...
Sommes-nous obligés de faire tout ce que nous savons faire ?
Ces médecins devraient se poser la question.
HONTE à eux de se livrer à de telles pratiques.
A lire ICI .
vendredi 19 octobre 2007
La vie du moment
Dans le mythique Transsibérien, une femme partage ses pensées avec le lecteur.
Elle roule vers Gyl, ancien amant exilé près du lac Baïkal. Leur échange épistolaire s'étant soudainement interrompu, elle décide de partir à sa recherche.
Momentanément, elle laisse derrière elle Clémence, sa vieille voisine du dessous, dont la mémoire défaille et à qui elle passe régulièrement faire la lecture. Les deux femmes partagent, sur le canapé rouge, le goût pour les femmes insoumises et les confidences amoureuses.
"Je pensais à Gyl, à cette maxime tibétaine disant que le voyage est un retour à l'essentiel. Et puis je m'étais tue, absorbée par l'inquiètude qui me poussait si loin, seule.
A quoi pensez-vous ? avait demandé Clémence Barrot.
A quelqu'un, avais-je répondu.
Vous avez de la chance de pouvoir penser à quelqu'un, avait-elle murmuré."
Ce livre fut, pour la contemplative et la nostalgique que je suis, un vrai bonheur.
J'aime cette femme qui voyage seule avec quelques livres et qui regarde défiler les paysages russes, bois de bouleaux, isbas, usines en ruines et gigantesques portraits des dirigeants déchus, paysages auxquels se mêlent sa vie passée, ses utopies révolues, ses amours défuntes, ses affinités liitéraires et son amitié pour Clémence.
J'aime cette idée d'un long et lent voyage ouvert à toutes les rencontres et dont le terminus n'est pas celui que l'on était parti chercher.
"Pendant plusieurs jours, tout se mêle, la pensée se trouble, divague entre deux langues, le monde se déchire, puis peu à peu le voyage trouve sa place dans la mémoire, dans les jours ordinaires, tout s'estompe, reste l'essentiel, ces endroits où les souvenirs vont et viennent et nous entraînent dans des rêveries nomades."
J'aime la fragilité et la disponibilité auxquelles on s'expose lorsqu'on accepte la solitude et que l'on chamboule ses repères.
J'aime ces petits morceaux de soi que l'on laisse chez l'autre ou que cet autre nous abandonne.
J'aime la mélancolie des pensées vagabondes et de ce face à face avec la fin des choses.
J'aime la possibilité de choix parfois inéluctables.
J'ai aimé ce livre qui m'a parlé de tout cela.
Et j'ai aimé la joie d'être triste quand je l'ai eu refermé.
"J'allais bientôt quitter ces rues, ce pays où je ne reviendrais jamais, mais j'étais enfin dans ce bel abandon, cette façon de respirer et de penser différemment dans une ville étrangère, d'être en apesanteur avec le sentiment d'appartenir au monde, à cette humanité rêvée que je cherchais sur les visages, dans la musique de la langue, les gestes, les détails infimes qui nous relient les uns aux autres, malgré tout."
Le canapé rouge Michèle Lesbre Editions Sabine Wespieser
jeudi 18 octobre 2007
Petite ville
petite manif...
le long de la Charente














