Le Souk de Moustafette

Un no man's land où farfouiller, papoter, se régaler, rigoler de tout, de rien, mais toujours un livre à la main...

mercredi 30 mai 2007

Il était des fois ...

9782864245674Rien que le titre laisse rêveur, comme la femme sur la couverture qui contemple l'immensité du paysage.
Ce récit est un entre-deux, mi-réalité, mi-onirisme. Dans un tel univers, seul Eulalio pouvait en être le conteur. C'est le gecko qui vit sur les murs intérieurs de la maison de son ami Félix Ventura.

Félix ne peut pas être un individu ordinaire. Angolais, noir albinos, enfant abandonné dans un carton de livres, il vit encore dans la maison de celui qui l'a recueilli. Sa vie s'écoule parmi les photos, les tableaux, les encyclopédies, les journaux et les livres. Ses compagnons sont la Vieille Espérance, qui passe pour le ménage et la cuisine, et Eulalio le gecko qui observe.

"Quand j'étais enfant, avant même d'avoir appris à lire, je passais des heures dans la bibliothèque de notre maison, assis par terre, à feuilleter de grosses encyclopédies illustrées, pendant que mon père composait des vers ardus, qu'ensuite, de façon très raisonnable, il détruisait."
Et sa mère de lui dire : "Entre la vie et les livres, mon fils, choisis les livres."

C'est ainsi que, grâce à cette somme de documents, Félix exerce le métier extraordinaire de bouquiniste-généalogiste. Qui veut se refaire un passé vient sonner à sa porte. Et après guerre, ce ne sont pas les clients qui manquent. Mais Félix, qui est-il lui-même ?
Avec l'aide du gecko et par le biais des conversations avec ses curieux clients, quelques pans de l'histoire de Félix se déroulent, vite étouffés par la végétation chatoyante du jardin ou le bruit de la pluie.
Réalité ou fiction ?

"Il s'est renversé sur le dossier et a plongé ses yeux dans la profondeur prodigieuse du ciel. J'ai eu peur que ce soit pour sauter dedans. Je ne connaissais pas cet endroit. Je ne parvenais pas à me souvenir d'y avoir été, un jour, dans mon autre vie. Des cactus énormes, certains hauts de plusieurs mètres se dressaient parmi les dunes, derrière nous, eux aussi éblouis par l'éclat limpide de la mer. Un vol de flamands roses a glissé en un calme incendie à travers l'azur du ciel, juste au-dessus de nos têtes, et ce n'est qu'alors que j'ai été certain que j'étais en train de rêver. Félix s'est retourné lentement, les yeux humides.
- C'est ça la folie ?
Je n'ai rien trouvé à lui répondre."

Qu'importe. Tout n'est que poésie, rêverie, nostalgie...
Ne cherchez pas à comprendre, grimpez et laissez-vous entraîner car

"La mémoire est un paysage contemplé depuis un train en mouvement."

Lisez aussi les critiques de KATELL et de PASCAL 

Le Marchand de passés    José Eduardo Agualusa    Editions Métailié

lezard_003

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mardi 29 mai 2007

COLIS KROUSTI...LLANT !

Quand j'ai vu le colis, j'ai su tout de suite
qu'il ne venait pas de France
Quand j'ai vu qu'il arrivait tout droit de
BELGIQUE
J'ai pensé immédiatement que dedans
il y aurait sûrement
DU CHOCOLAT !
(j'ai honte mais...)
Gagné !!!!

PIC00138

J'y ai  trouvé aussi un livre qui m'intrigue depuis longtemps,
dans un merveilleux emballage de tulle, de perles et d'étoiles.
Un bloc courrier avec des enveloppes muticolores
Des petites bougies à la cire de miel
Une carte féérique
Et partout éparpillées
Des paillettes en forme de coeur !

Tout cela envoyé par KROUSTIK, que je ne connais pas et qui dit ne pas me connaître non plus, mais qui a pourtant réussi à me faire un immense plaisir avec tous ses cadeaux. Je vais enfin me perdre dans le monde fantastique de LA DAME N° 13. C'est un pavé épais comme je les aime, et je viens de découvrir que son auteur JOSE CARLOS SAMOZA est psychiatre. Alors je crains le pire, côté histoire délirante !
Un seul regret KROUSTIK, celui de ne pas pouvoir venir me balader sur ton site ...

MERCI MILLE FOIS  KROUSTIK
ET
AUSSI A FLO
POUR CETTE BELLE AVENTURE
ET SON ORGANISATION

yspect08

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lundi 28 mai 2007

familles006

En cette journée de la survie de l'espèce,
je précise que j'abandonne 7 H de rtt
UNIQUEMENT
aux 25% de vieux
qui n'ont pas voté pour qui vous savez...

Posté par Moustafette à 18:00 - CARAVANSERAIL - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bouillabaisse tchétchène

9782742764914

De l'Ukraine (cf ci-dessous) à la Tchétchènie, il n'y a qu'un pas, même s'il faut passer par Marseille. Je n'ai pas hésité à faire le détour car j'avais besoin d'une petite lecture légère. Bon, soyons franche, ce plat n'est pas du tout indigeste, mais de là à me relever la nuit pour en reprendre... En voici la recette, si ça vous tente.

Dans une cité marseillaise, Le Frais Vallon, mélangez les ingrédients suivants :
- Un sage, Dachi El Ahmed, mi médiateur-mi grand frère-mi prof de philo, amoureux de Brassens, de Lao tseu et du poête persan Khayyâm, "Il peut passer des heures assis en tailleur sur son tapis volant." (forcément, un tel homme ne peut que me plaire!)
- Un ancien truand corse, Nuage d'Acier, car reconverti en Apache et vivant dans un tipi sur le toît d'une tour du Frais Vallon.
- Un ébéniste grec retraité, Nestor Patipoulos, père de Léda, bombe rousse infirmière et qui ne laisse pas insensible le sage Dachi El Ahmed.
- Un journaleux alcoolo, Grook, et son acolyte Casimir l'Oblique, rapport à son profil.
- Un petit caïd de cité, Hocine, et sa bande.
- Deux barbouzes russes dignes des Pieds Nicklés, Igor et Vassiliev.
- Un colonel tchétchène, Khazman Idigov, en mission spéciale au Frais Vallon chez
- Feue Mémé Oumaraq, mère de son général de fils, chef de la résistance tchétchène, lui-même propriétaire de
- Hassan, chien beagle mascotte de la Tchétchènie, confié à feue sa môman.
- Et enfin Roberta Vadim-Angouste, autre bombe, mais blonde celle-ci, et membre actif de la SPA.

Faites courir tout ce petit monde après le très convoité canidé Hassan, pendant 243 pages, en passant par les quartiers, les caves, les villas. Ajoutez qu'il faut zigzaguer entre les flèches, les balles, les coups d'aspirateur et autres armes. Laissez reposer tout cela entre deux poursuites en BM, 106, 4L, scooter, à pied ou à quatre pattes.

"Dachi savait très bien ce qu'il aurait dû faire. L'aéropage de sages nichés dans son cerveau le lui soufflaient: Maintiens-toi en quiétude face à l'agitation fourmillante des choses, lâche négligemment Lao Tseu, Bois du vin, soupire Khayyâm, le nez dans les fleurs, Bande à part sacrebleu, c'est ma règle et j'y tiens, fredonne Brassens en grattant sa guitare. Tout envoyer valdinguer et rentrer au Frais Vallon, tel est le chemin de la sérénité."

En refermant ce livre, vous aurez passé un moment divertissant. Vous vous direz comme moi, que cela finira sans doute sur un écran de cinéma, avec des acteurs survoltés.
Alors à vous de voir où vous préférez investir 7€.
Peut-être ailleurs !

Le chien tchétchène     Michel Maisonnneuve     Babel Noir

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dimanche 27 mai 2007

Mélimélo de mots *

9782879293110Vous me décoreriez tout en couleurs si pas avant longtemps ce livre se retrouvait entre vos mains et inondait votre encéphale de toute son inventionalité !
Mais votre partie arrière devra se protéger de façon rembourée s'il ne vous remplit pas d'aise et si l'idée de le cloturer croise celle d'en élaborer un autre. Car MUSKY a la jambe grandement étirée et l'appendice qui prolonge celle-ci pourrait bien d'une rotation gigantesque balayer l'hexagone et se heurter à la partie arrière déjà dénoncée, laissant remonter jusqu'au sommet de votre chef des vociférations récriminatives :

"C'EST PAS POSSIBLE DE PAS L'AIMER CE LIVRE, COMPRIS ?!!!"

Je m'accorde avec elle, après avoir éliminé des neurones de mon lobe occipito-temporal gauche, déjà fortement en abime par tous les livres que je l'ai obligé à décaractériser. J'ai dû aussi calculer la géographie des félins rigolots afin de combler les déficits spatio-temporels du récit. Mais j'ai gagné le succès d'emjamber le commencement de l'histoire. Après, c'est comme tu bois beaucoup de vodka et que ça fait moins de douleur et tu réflexionnes plus. Tu lis, c'est tout.

Sur un plateau, je pose mes excuses pour l'omission du sujet concerné de ce livre. La vodka fait aussi ressembler mon cortex à chaussette usée  fromage helvétique (mieux littérairement élégant et moins mauvaisement odorant).
L'ouvrage est le rendez-vous d'un trio ukrainien, grand-père, petit-fils et chienne à quatre pattes (pas sale garce féministe !) qui réceptionne un héros juif d'outre-atlantique obsessionnalisé par le pauvre bout de terre d'où ses prédécesseurs familiaux ont failli être ravagés par la guerre. Contre numéraire dollarien, il met les trois  en pelote de nerfs, jusqu'au bout de retrouver celle par qui ses ascendants ont pu par grâce encore photocopier leurs chromosomes, comme exemple le héros.

L'homme étasunien écrit aussi des pages simplement, un livre pour le monde entier, alors c'est sympathiquement reposant pour que tout le monde comprenne bien. Il retricote l'histoire depuis son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, c'est longtemps comme 405 pages dans la poche. Comme sur un trampoline, tout rebondit et nous essore des rires, car sinon vous auriez trop de cascades d'eau sur les joues à cause de la douleur et de la tendresse qui habillent les personnages de l'auteur.

"Extrait du Livre des antécédents :
Les juifs ont six sens. Toucher, vue, goût, odorat, ouïe ... mémoire. Tandis que les Gentils perçoivent et traitent le monde par les sens traditionnels et se servent de la mémoire seulement comme un moyen de deuxième ordre pour interpréter les événements, pour les juifs, la mémoire n'est pas moins primordiable que la piqûre d'une épingle ... Ce n'est qu'en faisant remonter la piqûre d'épingle jusqu'à d'autres piqûres d'épingles...que le juif est capable de savoir pourquoi ça fait mal."
      

Comme eux, je fais trop de conserves dans ma mémoire. "Le souvenir était censé remplir le temps mais faisait du temps un trou à remplir". (Et je suis tranquille, c'est pas la vodka qui poinçonne mon cerveau).
Et le livre y est en plus aujourd'hui et je crois bientôt l'autre aussi du même écrivain.
MUSKY a tout bien arrangé chez elle; tout est illuminé là-bas, si c'est pas clarifiant ici.
Mais gaffe à vous! On est une paire maintenant à "investiguer et faire KGB  sur vous" derrière l'écran, et à articuler hautement :

OBLIGATION DE LIRE CE LIVRE, COMPRIS ?!!!!

* inscrupuleusement inspiré par l'original de l'auteur.

Tout est illuminé     Jonathan Safran Foer     Editions Points Seuil

noel_lumieres009

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vendredi 25 mai 2007

UN COCO DANS LE METRO

9782253115687_VC'est bien évidemment ce magnifique cliché noir et blanc qui dans un premier temps m'a fait flasher. Que d'érotisme et de sensualité dans cette jolie paire de gambettes ! Ah, les talons aiguilles, y a pas à dire, ça avait de la gueule, et quelle parfaite fluidité entre la ligne du tissus et l'imperceptible cassure de la cheville. Je comprends les fétichistes !!!
Bon, revenons aux choses sérieuses.
L'autre jour, chez Nanne, j'ai piqué cette idée de lecture.

Le cadre, la ligne de métro N°9, Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres. Pour les habitués, elle balaie large, cette ligne, des quartiers les plus chicos à l'ouest, aux plus populaires à l'est.
L'époque, 14 Juillet 1983; deux ans que la Gauche socialiste est au pouvoir. Les années fric n'en sont qu'à leurs débuts, le FN et la désillusion aussi...
Le héros, Jo Kaplan, 38 ans d'une histoire métissée juif-polac-parigot-rouge. Ultra rouge même car il a fait un parcours sans faute depuis sa tendre enfance. Elévé dans les drapeaux faucillisés, les poings lévés et les Internationales, il gravit un à un les échelons du PC. Conseillé municipal et journaliste à l'Huma, tout baigne pour lui, jusqu'au jour où le camarade Marchais prend la tête du Parti. Refusant les compromissions, Jo n'a pas envie d'être copain avec ce mec là. Il est exclu du PC.

"Traîner, marcher,draguer dans les rues et les cafés. Demeurer solitaire, plutôt que de plonger dans ce monde qu'il refusait, pour d'obscures raisons. Faire l'anar, persister à faire l'anar, en fredonnant une vieille chanson de Béranger, A mes amis devenus ministres ..."

Retrouvant sa liberté, vont suivre quelques années de dandysme libertaire, libertin et littéraire, au cours desquelles Jo va pouvoir se consacrer à une de ses passions, l'Histoire. Son autre passion c'est marcher, arpenter son territoire tout le long de cette ligne 9. Et c'est en métro, mettant toujours un point d'honneur à ne pas user des correspondances, qu'il se rendra à la garden party de l'Elysée, en cette journée de fête nationale. Mais que diable va-t-il faire dans cette galère ? Chercher la femme et vous aurez la réponse. Et comme d'une femme à l'autre, il n'y a qu'un pas, forcément ce beau mâle le saute (pour ne pas dire la !).

Vous me voyez sans doute venir.
Il a commencé par m'irriter Jo le rouge, l'intègre, quand lentement mais sûrement il vire au rose, pour les beaux yeux d'une Marie-Sébastienne, pseudo socialo, bourgeoise charentaise-maritime de surcroît et reine du boursicotage pas toujours très clean. Puis il m'a franchement fait bondir quand, sous les hospices d'anciens compagnons recyclés gauche caviar, il se laisse séduire par les sirènes de cette fin de siècle, je veux bien sûr parler de cette lèpre immonde qui nous contamine encore et toujours plus, la communication, ou plus vulgairement la pub. Et je l'ai carrément détesté quand il se roule dans les crachats qu'il a lui-même lancés dans ses années de lutte. "C'était un boulot de pute, comme tous ceux que Croissac lui commandait. La grande histoire mise au service de la communication d'entreprise ! Mais c'était tout de même l'histoire et Jo pouvait donc,, selon le mot de Croissac, qui n'en percevait d'ailleurs pas le cynisme, rentabiliser sa passion."

Mais comme un homme n'est jamais complètement mauvais, je l'aime, Jo, quand chaque station devient prétexte à raconter l'histoire des figures de la Révolution et de la Gauche, les célèbres et les anonymes. Je l'aime quand il raconte République, Charonne, Nation et la rue de Montreuil où j'ai tant de souvenirs. Je l'aime quand il parcourt les cours intérieures du faubourg Saint-Antoine et qu'il parle des ouvriers du bois. Mais je le déteste à nouveau quand il oublie de dire que c'est grâce à Tonton et à son opéra, qu'ils ont vendu leurs ateliers aux futurs lofteurs (non, monsieur Konopnicki, ce n'est pas seulement Ikéa qui les a fait couler. Ce sont les vôtres et la clique de flamands roses, tout émoustillés par les paillettes du pouvoir et de l'argent facile, qui sont venus s'encanailler rue de Lappe et spéculer rue de la Roquette). Et cet homme joue avec mes nerfs, quand je l'aime encore, le Jo qui fait son caractériel et refuse "de perdre mon temps à essayer de prolonger ma vie. C'est mathématiquement absurde."

Voilà comment la vie change sous le prisme rose de l'amour et de la politique. Voilà comment en quelques mois, on oublie ses  idéaux, on s'arrange avec ses contradictions, on justifie ses renoncements, on compose, ce qui permet d'avoir encore quelques sursauts de fidélité. On grandit, on vieillit, quoi.
Le livre se referme le 14 Juillet 1984. Un an de passé si vite, un an à se trimballer dans de la bien belle histoire, la nôtre. Et où l'on comprend aussi comment les mao-troskistes finissent socialos, quand ce n'est pas pour virer carrément umpistes-fumistes (mais j'anticipe ! )

N'oubliez pas de lire l'avis de NANNE.
Il est moins amer que le mien, mais j'ai une excuse. Je déteste l'année 1984.
C'est celle où j'ai décidé d'arrêter de grandir ...

Ligne 9      Guy Konopnicki     Le Livre de Poche

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mercredi 23 mai 2007

Les arpenteurs du ciel

9782070344635Il est enfin sorti en poche.
Je l'ai lu en 2005, lors de sa parution. Un ami me l'avait prêté, et j'attendais avec impatience l'édition de poche, car je déteste ne pas avoir près de moi un livre que j'ai adoré.
Celui-ci m'a embarquée pour un voyage extraordinaire au coeur des nuages, là où ma tête est le mieux à sa place, loin de ce bas monde.

Akira Kumo est un célèbre couturier japonais installé en France au début des années 60. Sur ces vieux jours, il décide d'engager une jeune bibliothécaire afin qu'elle l'aide à classer tous les ouvrages qui s'amoncellent sur les étagères de son hôtel particulier. Akira Kumo est aussi un riche collectionneur original. C'est, entre autre, un passionné de nuages et des hommes qui un jour ont décidé de les nommer, de les classer, de les étudier, ceux qu'on appelle les chasseurs de nuages. Et c'est leur histoire que le vieil homme va narrer à Virginie Latour, tout en rangeant les livres.

Ce sera l'occasion de remonter le temps et d'aller à la rencontre de Luke Howard, apothicaire Quaker londonien, qui le premier en 1802 "en parlera comme jamais personne avant lui. Avant lui, les nuages n'existent pas en tant que tels. Ce ne sont que des signes. Signes de colère ou de la félicité des dieux. Signes des caprices du Temps. De simples augures, bons ou mauvais. Mais signes seulement, sans existence propre. Or on ne peut pas comprendre ainsi les nuages. Pour les comprendre, prétend Luke Howard, il faut à un moment les considérer en eux-mêmes, pour eux-mêmes. Bref, il faut les aimer, et il est en réalité le premier à le faire, depuis l'Antiquité."
Nous croiserons aussi à la même époque, l'anglais Carmichael, guetteur de temps dans sa jeunesse et qui ne peindra que des nuages.

Mais ces doux rêveurs ouvriront la voie à des scientifiques tout ce qu'il y a de plus sérieux. Et heureusement pour le lecteur, les ancêtres de nos messieurs Météo actuels avaient une vie bien plus passionnante et plus risquée. C'est le cas du mathématicien Lewis Fry Richardson, du suédois Williamsson et surtout de Richard Abercrombie.
C'est ce dernier qui fascine Akira Kumo, et surtout son mystérieux Protocole, "serpent de mer météo-bibliographique" que personne n'a jamais vu, ni lu. Apprenant que la fille d'Abercrombie est mourante, le couturier lance la jeune bibliothécaire sur la piste du célèbre ouvrage car "Il semble que toute collection gravite autour d'une pièce manquante, sorte de moyeu autour duquel peut tourner, indéfiniment, la folie collectionnante de son propriétaire."

Mais ce livre ne se résume pas à cet aspect historique ni à cette chasse au trésor. C'est aussi la rencontre de deux êtres qui sauront l'un écouter, l'autre se livrer. Car la vie d'Akira Kumo est un roman dans le roman. Tout au long de ces séances de rangement, le vieil homme replonge dans les méandres de son histoire, et des brumes de sa mémoire émergent les souvenirs. Un autre nuage se dessine à l'horizon. Paradoxalement, il nous éclairera sur l'étrange fascination pour ces formes toujours mouvantes qui incitent tant à la rêverie.

"Comme toute chose et trop simple et trop belle, les nuages sont un danger pour l'homme (...) Certains hommes aiment à se pencher au-dessus de tels gouffres; les plus fragiles de ces hommes y tombent en tournoyant, dans la nuit éternelle du vertige."

Ce roman s'inscrit dans la lignée de "Les arpenteurs du monde", une pointe de modernité et de poésie en plus.
C'est le genre de livre qui laisse son lecteur orphelin... 

La théorie des nuages     Stéphane Audeguy     Editions Folio

aladdin_006

    

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mardi 22 mai 2007

Colimaçon ...

utcour47Voilà, mon colis est fait et bouclé.
Il aurait pu partir dès cet après-midi, si une fois arrivée à la poste, je n'avais oublié sur mon bureau l'adresse du(de la) mystérieux(se) destinataire !
Alors il partira demain matin.
Encore un peu de patience ...

escargot006

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lundi 21 mai 2007

BALADE CHARENTAISE

PIC00098

AVEC NINA

PIC00102Bien que le soleil ait boudé tout le week-end (pour revenir narguer la Charente-Maritime dès lundi), cela ne nous a pas empêché d'arpenter les ruelles de Talmont. Nous y avons fait peu d'emplettes, à l'exception de quelques matous miniatures. Les bobos pratiquant des prix exorbitants, car il faut bien préparer le prochain hiver à Bali, vous n'aurez droit qu'à la devanture de la boutique!
Un peu plus loin, dans un jardin peuplé de bric et de broc, nous avons découvert ceci

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                  et personne n'a craqué, si, si, je vous jure !

PIC00122Dimanche, un peu de culture chez le narcissique Pierre Loti ! Nina, en bibliothécaire sérieuse, a pris des notes et vous fera sans doute un compte-rendu ad hoc. Voici juste un aperçu du jardin de cette maison délirante.

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Nous avons terminé notre périple à Mornac, autre petit village typiquement charentais par son architecture. Malheureusement, ici aussi on trouve les mêmes bobos migrateurs et vendeurs d'artisanat asiatique. Il y a quelques artistes locaux qui recyclent le bois flotté, bricolent des bijoux, des émaux et autres matériaux.

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C'est ici que j'achète du très bon café à la noisette ou au caramel. Comme toute bonne anglaise qui se respecte, la propriétaire nous concocte des mélanges de thé originaux, quelques tisanes, des confitures, des gros caramels faits maison et des sucres parfumés à toutes sortes de fleurs.

Voilà, j'espère que Nina a passé un bon week-end. Quant à moi, je m'en vais lire un peu, car je n'ai pas ouvert un livre pendant ces trois jours !

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Juste eu le temps de jeter un oeil aux nouvelles*.

* Et j'en profite pour pester contre le gros lot qui a été attribué au ministère de la santé. Cette brave RB qui vient prendre possession de son chez soi tout neuf, avec môman et soeurettes, et qui a déjà paumé la clef de son bureau !
Et ce n'est qu'un début, j'en ai peur ...

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samedi 19 mai 2007

Temps couvert mais ...

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quand même !

Posté par Moustafette à 22:54 - TAM-TAM - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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