Le Souk de Moustafette

Un no man's land où farfouiller, papoter, se régaler, rigoler de tout, de rien, mais toujours un livre à la main...

samedi 10 mai 2008

Les orgueilleuses

rose

Qui jouent les timides

rose2

Mettent du temps à se pomponner

rose1

Et qui s'exposent

rose4

Pas peu fières...

Posté par Moustafette à 10:40 - TAM-TAM - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 8 mai 2008

Némésis

9782070309818Il ne fait pas bon être une femme dans l'entourage d'Harry Hole.
Nous l'avions connu plutôt abattu dans "Rouge-gorge", suite au décès d'Ellen, sa coéquipière bien-aimée victime d'un tabassage en règle orchestré par Tom Waaler, mais laissé amoureux de la très comme il faut Rachel, connue lors de l'enquête dans les milieux fachos.
Rassurez-vous, rien n'arrive à Rachel, qui est occupée en Russie à se battre pour la garde de son fils.
Mais il n'en va pas de même pour Anna Bethsen, une ancienne conquête d'Harry Hole, qui reprend contact avec lui et l'invite à passer une petite soirée sympa en amoureux rue Sans-Souci, où elle habite.
Il sait bien, Harry, qu'il n'aurait pas dû accepter, c'est pas sympa pour Rachel, mais son égo de mâle esseulé a flanché, et puis que peut-il bien arrivé rue Sans-Souci, hein ? Rien, enfin en temps normal... Anna est retrouvée, le lendemain, une balle dans la tête.

Le problème d'Harry, c'est que pour lui, c'est le black-out total. Impossible de se souvenir comment la soirée s'est terminée, comment il est rentré chez lui, ni ce qu'il a bien pu faire de son portable. Son voisin Ali peut juste lui dire qu'il l'a réceptionné d'un taxi, dans un piteux état.
Parralèllement, une série de braquages de banques a lieu à Oslo. Harry travaille dessus avec une nouvelle recrue, Beate Lonn, jeune surdouée de l'analyse vidéo et dotée d'un gyrus fusiforme surdéveloppé.

"Harry tapota d'un index son front écarlate.
- Logiciel interne. Stocké dans le lobe tempotal, ne sert qu'à reconnaître des visages. C'est tout ce qu'il fait. C'est ce morceau qui fait que tu peux différencier des centaines de milliers d'individus, mais à peine une douzaine de rhinocéros.
- Des rhinocéros ?
- C'est un exemple, Halvorsen. Mais Beate Lonn doit être un cas tout à fait à part. Son fusiforme est doté de quelques circonvolutions supplémentaires, qui lui permettent de se rappeler pour ainsi dire tous les visages qu'elle a vus dans sa vie. Et je ne parle pas des gens qu'elle connaît ou avec qui elle a discuté, mais de visages derrière des lunettes de soleil, qu'elle a croisés dans la foule il y a quinze ans."

Qui a intérêt à vouloir encore mouillé Harry ? Y a-t-il un lien entre les braquages et la sulfureuse Anna ?
Qui et que manipule Raskol, cet étrange gitan emprisonné et seul parent d'Anna, au carnet d'adresses bien fourni et qui va collaborer avec Hole ? Qu'est-ce que manigance encore Tom Waaler, le trouble collégue d'Harry ?

Vous le saurez en lisant cette nouvelle enquête qui, cette fois, nous balade un peu au Brésil, mais surtout nous entraîne dans le monde et la tradition tziganes.
Contrairement à ce brave Harry, qui est devenu aussi sobre qu'un chameau ( il ne touche pas une goutte d'alcool avant la page 420 !), j'ai descendu ce livre cul-sec, tout comme les précédents.
L'enquête sur la mort d'Ellen n'étant toujours pas bouclée, et Tom Waaler toujours vivant, alors pour les addictes, rendez-vous au prochain "L'étoile du diable", qui n'est toujours pas sorti en poche.

Rue Sans-Souci    Jo Nesbo     Editions Folio Policier

nemesis2

 

Posté par Moustafette à 08:03 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 6 mai 2008

Les grâcieuses

clem

Premières clématites

clem1

Qui se prennent pour de vraies aquarelles !

Posté par Moustafette à 20:30 - TAM-TAM - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 2 mai 2008

Si la photo est bonne...

9782742774340Des photos prises au début du siècle par le jeune Romain à la veille de son départ pour la guerre, et décédé avant même d'avoir combattu, vont permettre à Miléna, elle-même photographe, de faire un retour en arrière sur sa propre histoire, alors que le défunt n'appartient pourtant pas à sa famille.

En effet, c'est dans une chambre de la maison familiale de Jorge, son compagnon, où vit encore Madeleine, la soeur de Romain, qu'elle découvre des plaques de verre où sont inscrits quelques instants figés de la vie des Maréchal.
Non seulement Madeleine est le dernier témoin des nombreux tourments qui ont frappé cette famille bourgeoise de Blois au début du siècle, mais c'est aussi celle qui a élevé et recueilli Jorge à la disparition de ses parents à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Jorge a six ans, il grandira chez ses grands-parents où la chambre qu'il choisit d'occuper n'est autre que celle de Romain.

Pendant que Miléna est à Blois, Jorge est à Lisbonne pour son travail. Une curieuse apparition le fait se repencher sur son enfance et le peu de temps qu'il a vécu avec sa mère dans le quartier de la Butte aux Cailles.

Leurs deux récits vont se répondre comme en écho.
Récits de deux déracinés, deux enfants ayant subi, chacun à leur façon la guerre des hommes, auprès de parents tout aussi impuissants qu'eux et pris dans leurs propres douleurs. Les traumatismes de ces années décideront de leur futur, de leur rencontre, de leur métier.
Récits du passé qui répondent au présent, jouant des filtres et des couleurs, l'assombrissant pour mieux l'éclaircir, et saisissant, juste avant qu'il bascule dans un trop tard, l'instant opportun afin de dévoiler les émotions.

"Je veux dans les regards le souvenir des guerres et des voyages, des images d'enfants perdus, la neige de l'hiver, une tombe en Mauritanie, le dernier baiser d'une mère et l'odeur de sa poudre, je veux le mensonge, la peur, l'illumination d'une rencontre sur le bord d'une allée, et que personne ne sache rien du souvenir que chacun garde dans les yeux. Cela regarde le photographe. Je veux faire une photographie de famille en noir et blanc. Négative, positive, où je ne serai pas. Tu me regarderas. Tu regarderas le point d'où je te vois, comme cela je serai tout entière dans la photographie, dans ton regard qui me rejoint par-dessus le damier en noir et blanc. Moi, je suis de l'autre côté. J'arrive juste. Je viens de loin, d'une île avant les souvenirs, d'une image d'hiver inversé. Il est grand temps de prendre la photographie, il faut se dépêcher. Avant que le nuage éblouissant d'absence, dans un grand éclair sidérant, efface le paysage de son silence."

Aux histoires de Miléna et de Jorge, qui s'emboîtent et forment la trame narrative, s'intercale par petites touches successives une voix du passé.
Publié en 1990, ce livre laisse déjà deviner le très beau "Dans la main du diable" (dont la suite, "L'Enfant des ténèbres" vient de sortir chez Actes Sud), puisqu'on y retrouve le début du XXe siècle, la guerre, la photographie, la chimie, les voyages, les exils, les secrets.

Mais la réussite de ce livre-ci tient surtout à la dextérité de l'auteur à jouer des mots comme de couleurs. Ne cherchez pas une palette à large spectre. Non, il faudra vous contenter de la gamme qui s'étend du noir au blanc avec, entre les deux, des camaïeux de gris et d'émotions qui se mêlent l'un à l'autre, imprégnant les corps et les esprits en silence et en souffrance.
L'oeil est le témoin et imprime des images, les mots en seront les révélateurs, mais le temps d'exposition est parfois plus long qu'on ne croit. Ou comment transformer les sensations en émotions, tout en fouillant les négatifs de l'inconscient.
Au final, outre une excellente réflexion sur l'acte et la fonction psychique de photographier, la pénombre de la chambre noire donne naissance à un très beau cliché sépia.

Alors, oui, la photo est bonne !
Dans mon panthéon personnel et littéraire, je ne suis pas loin de placer son auteur aux côtés de Sylvie Germain. Bien que dans un style différent, ces deux dames trempent leur plume dans de bien jolis mots et laissent traîner derrière elles des atmosphères uniques.

Chambre noire     Anne-Marie Garat     Editions Actes Sud Babel

10083019_Woman_Cautiously_Descends_a_Cliff_Path_to_the_Beach_Clutching_Her_Precious_Kodak_Affiches

 

Posté par Moustafette à 21:21 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 1 mai 2008

AU CHOIX

0530_075

Si pour vous
ce jour est férié, c'est bon signe.
C'est que vous avez du boulot...

Si vous n'en avez pas
ne suivez pas forcément ce conseil

1983_20Anonyme_20Chomeurs_20de_20tous_20pays_20suicidez_20vous

Enfin...c'est à vous d'voir...
Réfléchissez bien avant
Y'en a qu'en ont et qui se flinguent aussi
Bonne journée quand même !

Posté par Moustafette à 08:05 - TAM-TAM - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 29 avril 2008

Carpe diem

9782253123910En 1803, Vassili Evangelisto, moine orthodoxe, est envoyé en terre d'Arabie par le tsar Alexandre Ier, avec pour mission d'évangéliser les populations. Vassili n'arrivera jamais à destination, son navire faisant naufrage sur une île grecque non répertoriée, l'île de Labyrinthe, entourée d'un courant mystérieux précipitant les bateaux sur ses côtes, mais empêchant aussi à l'inverse de s'en éloigner.
Viendront ainsi s'échouer le Général Mendoza et le capitaine Spyros Parga.
Bloqués à jamais, ces trois hommes prendront en main le destin de l'île et de ses habitants, tout en essayant de découvrir le secret des coffrets de Tahar le Sage afin de détenir le trésor de vérité.

"(...) il se mit à neiger des papillons bleus. Les mêmes papillons, le même signe divin, la même neige insolite et colorée qui était tombée pour annoncer chacun des moments importants qu'avait connus l'île de Labyrinthe. Un nuage bleuté, aérien, obscurcit le ciel avant de s'abattre sur le village comme un ouragan. Il y eut des papillons bleus jusque dans les puits, les citernes, sur les toits et les terrasses, dans les cours et les ruelles. Tout était merveilleusement bleu, comme un ciel renversé et posé à terre sur lequel on n'osait marcher, de peur d'en blesser la beauté."

C'est avec toujours autant de sensualité et de poésie que l'auteur d'Opium, de L'Apiculteur et autres contes philosophiques, nous livre une réflexion sur le temps et toutes ses déclinaisons.
Cela dit, rien de renversant. Bien que j'aie trouvé l'histoire moins surprenante, elle n'en reste pas moins sympathique, et le charme opère une fois de plus.
Et pourquoi se refuser un petit moment de lecture colorée au milieu de cette grise et pluvieuse semaine ?

Le Labyrinthe du temps     Maxence Fermine     Editions Le Livre de Poche

sab2

Posté par Moustafette à 13:20 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 25 avril 2008

Dernière Manche

9782070336630Une première partie composée de portraits. Quelques uns des personnages qui ont vécu, aimé, souffert, pris du plaisir dans quatre maisons. Les Mouettes, Bellevue, Les Huguenans, Saint-Désir, quatre maisons posées à Saint-Contest, dans un décor de rêve, face à la Manche, sur une falaise inéxorablement grignotée par la mer, le vent, les tempêtes et la montée des eaux. Trois maisons dont il ne reste quasiment rien, et une dernière qui résiste, tout comme Eliane, sa propriétaire.

Une deuxième partie, où l'on retrouve Eliane venue pour un dernier séjour. Eliane, à qui Brigitte, qui était enfant à l'heure de gloire de Saint-Contest, rend visite et va recueillir, et devenir, la mémoire de ce microcosme, ses joies et ses drames, ses apparences et ses zones d'ombre, ses espoirs et ses déceptions.

Entre vérités et mensonges, Eliane farfouille au fond de sa mémoire, parfois vacillante, afin de déposer une page de vie auprès de la dernière survivante. Eliane et Brigitte, qu'un événement a liées à jamais. Pour que tout cela ne soit pas vain, effacé, balayé par le temps qui ronge les êtres et les choses. Et il y a urgence, la nature reprend toujours ses droits.

"J'ai défait mes valises sans me presser, la fenêtre grande ouverte sur la mer qui montait, l'été se présentait comme avant, plage de temps et de sable également uniformes, les jours de la semaine perdant leur couleur propre, celles qu'ils ont toujours eues pour moi - j'ai encore du mal aujourd'hui à admettre l'ignorance des autres, même si j'ai fini par découvrir que pour moi seule le lundi est bleu-gris, le mardi vert-bouteille, le mercredi rose, vieux rose, le jeudi rouge, le vendredi bleu vif, le samedi doré et le dimanche tout blanc. (...) Sans doute, à l'origine de ces associations, y a-t-il mon premier cahier de textes, ses languettes détachables aux tons tranchés, mais plus que la teinte, c'est l'intensité qui compte et détermine ma perception : le lundi, transitoire, conserve la faible luminosité du dimanche, vide, éteint; le mardi s'assombrit, le mercredi forme une bulle gaie, irisée, le jeudi déjà la chaleur du samedi le réchauffe, le vendredi n'a pas du tout la même couleur mais reste aussi soutenu, préparant les éclats du samedi. Sauf pendant les vacances."

Un titre trompeur, les finitudes ne sont jamais joyeuses.
L'auteur du "Colloque sentimental", réveille à merveille les ambiances de vacances des bords de mer, laissant son lecteur s'envelopper dans le drapé nostalgique et poisseux du passé, porté par le vent du large et corrodé par l'air salin.

Happy End     Julie Wolkenstein    Editions Folio

G91089_Granville_Affiches

Posté par Moustafette à 17:38 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 20 avril 2008

Tu vas passer Noël ici ?

9782757807255C'est la question que tout le monde pose au commissaire Erlendur Sveinsson qui, à l'égal de ses confrères Adamsberg (F. Vargas) ou Wallender (H. Mankell), respire toujours autant la joie de vivre, n'en finit pas de courir après les fantômes de son passé et de se faire du mouron pour sa toxico de fille.
Ici, c'est l'un des plus grands hôtels de Reykjavik. On vient d'y retrouver le portier et factotum de service en bien mauvaise posture, à savoir déguisé en Père Noël, le coeur transpercé de plusieurs coups de couteau, la quéquette en berne et au bout de laquelle pendouille un préservatif. Alors que tout le monde l'attendait pour animer le goûter des enfants, le Père Noël semble s'être offert une petite gâterie qui lui fut fatale.
Evidemment, ça fait un peu désordre dans cet îlot luxueux.

"Un imposant arbre de Noël trônait dans le hall et partout il y avait des décorations, des sapins et des boules scintillantes. D'invisibles haut-parleurs entonnaient le Douce nuit, sainte nuit. De grands bus étaient garés devant l'hôtel et leurs passagers s'attroupaient à la réception. C'étaient des touristes étrangers venus passer les fêtes de Noël et du nouvel an en Islande parce que, dans leur esprit, l'Islande était ce fascinant pays où l'aventure est au coin de la rue."

Rien d'étonnant à ce que le directeur veuille donc étouffer l'affaire au plus vite. Mais c'est quand même curieux que personne ne connaisse ce Gudlaugur Egilsson alors qu'il travaillait depuis une vingtaine d'années. Et pourquoi vivait-il dans ce cagibi du sous-sol de l'hôtel ?

Erlundur, qui n'a jamais trouvé un quelconque intérêt aux festivités de Noël, décide de squatter une minable chambre sans chauffage allouée à contre coeur par une direction qui n'apprécie guère que l'on vienne mettre le nez dans ses coulisses et dans sa cuisine interne. Furetant et discutant ça et là, il va dérouler petit à petit le fil de la vie de la victime, un curieux personnage qui fut jadis un enfant star.
Le brillant commissaire Erlunder est-il toujours aussi doué ? Combien de jours lui faudra-t-il pour plier l'affaire et pourra-t-il regagner ses pénates comme tout le monde le 24 Décembre ? "Arrête donc de me bassiner avec ça, répondit Erlunder, sur quoi il raccrocha."

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Erlundur et sa clique d'inspecteurs. Mais j'avoue avoir été un peu déçue par l'histoire qui sert de trame de fond à l'enquête.
Cela dit, même si à la longue je me suis un peu ennuyée, ça reste un polar correct et un huis-clos bien ficelé.
Faut dire qu'après "La femme en vert", que j'avais trouvé ABSOLUMENT puissant, la barre était bien haute...

Les avis plus enthousiastes de VAL  et  TAMARA

La Voix    Arnaldur Indridason     Editions Points Seuil

portier001

Posté par Moustafette à 22:15 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 17 avril 2008

Il l'a rêvé, il l'a fait

9782864246350Et il a bien eu raison, y'a pas d'âge pour se faire la belle !
C'est ce que pense Sébastien Lesquettes, dit "Einstein", qui en a assez de végéter aux "Cannabis" comme il a baptisé la maison de retraite où ses enfants l'ont laissé pour un mois et qui, trois ans plus tard, ne sont toujours pas revenus le chercher.

C'est accompagné de Laurent, chauffeur de taxi sénégalais qui le véhicule dès ses premières heures de liberté retrouvée, qu'Einstein nous balade parmi ses souvenirs, entre jours heureux et drames de sa jeunesse pendant la guerre et dans la Résistance, événements qui le mèneront à l'âge d'homme, mari et père de famille, mais aussi amant comblé de Paula.

Paula, désormais seul but de la vie d'Einstein.
Et nous voilà embarqués dans un road-movie entre Paris et province d'aujourd'hui, zone occupée et zone libre d'hier, à la recherche de Paula, jeune résistante croisée et aimée à la vitesse de la lumière, disparue dans la tourmente, retrouvée des années plus tard, aimée encore et à nouveau envolée.

"J'aime les femmes et les livres, Laurent, je les adorais, je les adore. Lire...aimer...les seules vérités qui restent accessibles et acceptables pour tous quand les utopies s'écroulent. Le reste... idéologies, blablas, révolutions, rêves, tout n'est qu'avortements, fausses couches, morts et résurections, spectacle permanent. (...) On tue pour rien, on ressuscite pour débouler sur le même néant. Vanité des vanités... Sauf... Sauf lire et aimer ! Ouvrir un bouquin, une femme, laisser courir le regard, accrocher une phrase sur l'écran de papier blanc, tourner une page, découvrir qu'une peau couleur d'ivoire contient mille palindromes que tu peux déchiffrer avec tes lèvres et tes doigts dans tous les sens de la volupté, ânonner l'alphabet de l'amour, une fois, puis une deuxième, une troisième... et entrer, en invité, dans une histoire qui n'a été écrite que pour toi. Ce jour-là, Paula était son histoire, la mienne, une folle envie de vivre que je lisais à voix basse pour elle et moi."

On se demande bien pourquoi un tel homme devrait finir ses jours enfermé dans un mouroir doré, entouré de mémères gâteuses en charentaises sucrant les fraises ou claquant du dentier à longueur de journée !

Prendre la poudre d'escampette n'est pas seulement une dernière bouffée d'air pur. C'est aussi l'occasion de revisiter l'Histoire, celle d'une génération, écloppée de la guerre et de ses souffrances.
Opportunité aussi de revisiter Paris et d'alpaguer, sur un ton gouailleur digne d'Audouard, notre société moderne.
Et enfin, ultime possibilité de partager deux jours de liberté avec un autre exclu, un autre déraciné, Laurent, personnage en exil, amoureux de la vie et pour qui la solidarité a encore un sens. Peut-être est-il le fils auquel Einstein aurait pu confier sa part d'ombre et de lumière, le fils qui aurait dû pouvoir témoigner pour son père ; mais on ne choisit pas sa famille...

Une très belle leçon de vie et de mort donnée par un vieux rebelle non dépourvu d'humour !
Un rôle en or pour Gabin. Comment ça, il est mort ? N'importe quoi !!!!!

Le Jour où Albert Einstein s'est échappé   Joseph Bialot   Editions Métailié

050405_einstein_tongue
"l'imagination est plus importante que le savoir" A.E

Posté par Moustafette à 08:12 - SOUK AUX LIVRES - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 9 avril 2008

003579

ENTRACTE

Posté par Moustafette à 23:57 - TAM-TAM - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »